CDL(1995)023f-rev-restr
Strasbourg, le 9 août 1995
M E M O R A N D U M
PARTICIPATION DES MINORITES A LA
VIE PUBLIQUE: ELEMENTS DE REFLEXION POUR LES ACTIVITES FUTURES DE LA COMMISSION
DE VENISE
établi par le Secrétariat
Suite à la 22e réunion de la
Commission de Venise (mars 1995), M. Matscher, Président de la sous-commission
"minorités", a proposé une liste provisoire de points qui pourraient
être examinés dans le cadre de l'observation du fonctionnement des institutions
démocratiques.
Parmi ces points figure la participation
des minorités à la vie publique. Cette question a déjà été abordée dans le
cadre des travaux de la Commission - voir notamment l'ouvrage Science et
technique de la démocratie, n° 9 - La protection des minorités au niveau international : un projet
européen - La protection des minorités au niveau national : une variété de
modèles juridiques - La protection des minorités dans les Etats fédéraux et
régionaux. La Commission a également pris connaissance d'un rapport de M.
Stéphane Pierré-Caps, élaboré dans le cadre du projet Démocratie véritable et
intitulé : "La participation des personnes appartenant aux minorités
nationales au fonctionnement des institutions démocratiques" (document
CDL-MIN (93) 2).
Par ailleurs, à l'initiative du
Secrétaire Général adjoint du Conseil de l'Europe, et dans le cadre de la promotion
de la protection des minorités, l'accent a été mis sur les travaux de la
Commission de Venise sur deux points :
- fédéralisme, régionalisme et
protection des minorités;
- droit électoral et
représentation des minorités.
Le premier point (fédéralisme,
régionalisme et protection des minorités) a déjà fait l'objet des travaux
de la Commission publiés dans la collection Science et technique de la
démocratie, n° 9. Les sous-commissions "minorités" et
"institutions démocratiques" sont maintenant invitées à examiner les
possibilités d'étudier cette question dans le cadre de l'observation du
fonctionnement des institutions démocratiques.
Le deuxième point (droit
électoral) n'a jusqu'à présent pas fait l'objet d'une étude spécifique de
la part de la Commission. Il a été abordé à l'article 14 de la Proposition pour
une convention européenne pour la protection des minorités et au point 12 du
questionnaire sur les droits des minorités.
La sous-commission
"minorités" pourrait être invitée à préparer une étude sur la
question du droit électoral et de la représentation des minorités. La même
sous-commission ou la sous-commission "institutions démocratiques"
pourrait être invitée, dans le cadre de l'observation du fonctionnement des
institutions démocratiques, à déterminer si la représentation des minorités au
sein des organes élus correspond à leur importance. L'étude devrait porter non
seulement sur l'échelon national, mais aussi sur les échelons régional, local,
etc.
Il paraît souhaitable de distinguer
les cas de minorités dispersées et de minorités concentrées.
En ce qui concerne les minorités
dispersées, l'accent pourra être mis sur :
- l'existence d'un système
électoral proportionnel (intégral) favorisant la création de partis de
minorités;
- les règles spécifiques
garantissant une représentation minimale des minorités dans les organes élus
(vote des personnes appartenant à des minorités nationales dans des collèges
séparés - obligation de présenter un certain nombre de candidats appartenant aux
minorités au scrutin de liste, etc.);
- les systèmes permettant
l'allocation de sièges à des individus (et non - seulement - à des partis) sur
une base proportionnelle, ou à un électeur de cumuler plusieurs suffrages sur
un candidat.
En ce qui concerne les minorités
concentrées, outre les éléments relevés ci-dessus, on pourra mentionner :
- le découpage des circonscriptions
favorable (ou défavorable) à la représentation des minorités concentrées;
- la représentation des minorités
au niveau national à travers la représentation de collectivités territoriales
où elles sont majoritaires.
Action à
entreprendre
En s'inspirant de ce qui précède,
les membres de la Commission sont invités à donner des informations sur le
droit électoral de leur Etat, en répondant aux questions suivantes :
A. 1. Existe-t-il des dispositions
qui visent spécifiquement à la représentation des minorités (concentrées ou dispersées) ?
2. Si oui, le résultat escompté
est-il atteint ? Quelle est la représentation réelle des minorités ?
3. Existe-t-il au contraire des
dispositions qui pourraient rendre difficile la représentation d'une minorité,
ou qui ont été critiquées comme rendant celle-ci difficile ?
4. Les partis représentant une
minorité en tant que telle sont-ils interdits ? Dans la négative, existe-t-il
de tels partis ?
B. Existe-t-il des règles, outre
celles mentionnées sous A., qui ont pour résultat de garantir
une représentation des minorités correspondant à leur importance
numérique ? (des indications chiffrées sont alors souhaitables).
C. De favon générale, dans quelle
mesure le système électoral garantit-il la représentation des courants
politiques minoritaires (par exemple partis minoritaires, ou courants
politiques minoritaires au sein d'un parti) ?
Un questionnaire plus détaillé
pourra être élaboré.