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Strasbourg, 1
April 2000
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Diffusion restreinte
CDL-RA (99)001
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COMMISSION
EUROPEENNE POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION
DE VENISE)
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RAPPORT ANNUEL
D’ACTIVITES POUR 1999
TABLE DES MATIERES
VOLUME I – Présentation des activités de la
Commission
Allocution de M. Antonio La Pergola, Président de la Commission
de Venise devant le Comité des Ministres (le 3 mai 2000) 8
MEMBRES. 14
ACTIVITES. 16
I. Activités de la Commission
européenne pour la démocratie par le droit dans le domaine des réformes
démocratiques 16
1. COOPERATION AVEC L’ALBANIE.. 16
2. COOPERATION
AVEC L’ARMENIE.. 18
3. COOPERATION
AVEC L’AZERBAÏDJAN.. 18
4. COOPERATION
AVEC LE BELARUS. 18
5. COOPERATION
AVEC LA BOSNIE-HERZEGOVINE.. 18
6. COOPERATION
AVEC LA BULGARIE.. 21
7. COOPERATION
AVEC LA CROATIE.. 22
8. COOPERATION
AVEC LA GEORGIE.. 23
9. COOPERATION
AVEC LE KAZAKHSTAN.. 24
10. COOPERATION AVEC LA LETTONIE.. 24
11. COOPERATION AVEC LA MOLDOVA.. 25
12. COOPERATION AVEC LE MONTENEGRO (REPUBLIQUE FEDERALE
DE.. 27
YOUGOSLAVIE) 27
13. COOPERATION AVEC LE PORTUGAL.. 27
14. COOPERATION AVEC LA SLOVAQUIE.. 27
15. COOPERATION AVEC LA SLOVENIE.. 28
17. COOPERATION AVEC L’UKRAINE.. 30
18. SITUATION AU KOSOVO.. 31
19. PACTE DE STABILITE POUR L’EUROPE DU SUD-EST.. 32
LISTE DES AVIS ADOPTES. 35
II. Coopération
de la Commission avec les organes du Conseil de l’Europe, l’Union européenne,
ainsi qu’avec d’autres instances internationales. 38
- Coopération
avec le Comité des Ministres. 38
- Coopération
avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. 40
- Coopération
avec les autres organes du Conseil de l’Europe. 41
- Congrès
des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe. 41
- Banque de
développement 42
- Coopération
avec l'Union européenne et avec d'autres instances internationales. 42
III. Les études de la Commission de
Venise. 44
2. L’autodétermination et la sécession en droit
constitutionnel 46
3. Les entités
fédérées et régionales et les traités internationaux. 48
4. Le droit
électoral et les minorités nationales. 50
LISTE DES RAPPORTS ET ETUDES
ADOPTES. 54
IV. Centre de justice
constitutionnelle. 56
V. Le programme UniDem
(Universités pour la démocratie) 58
1. Séminaire
sur "L’Etat fédéral et régional dans la perspective de l’intégration
européenne" (Bologne, 18-19 mars 1999) 58
2. Séminaire
sur "Le droit à un procès équitable" (Brno, République tchèque, 23-25
septembre 1999) 58
3. Séminaire
sur "Les sociétés en conflit : la contribution du droit et de la
démocratie au règlement des conflits”, (Bled, 26-27 novembre 1999) 59
4. Séminaire
sur "La mise en œuvre de la nouvelle constitution albanaise” (Trieste,
13-14 décembre 1999) 60
5. Séminaires
UniDem en préparation. 60
VOLUME II – TEXTES DES AVIS ADOPTES – See documentCDL-RA(1999)002)
Avis sur la compatibilité de la peine capitale avec la
Constitution albanaise
Avis sur l’étendue des compétences de la Bosnie-Herzégovine
en matière d’immigration et d’asile, eu égard notamment à un
éventuel partage de compétences avec les entités
Avis sur la répartition des compétences en matière de conclusion
et d’exécution des accords internationaux dans le cadre de la
constitution de la Bosnie-Herzégovine
Rapport du Groupe de Travail de la Commission de Venise et la
Direction des Droits de l’Homme sur les institutions de médiature
en Bosnie-Herzégovine
Proposition préliminaire de restructuration des mécanismes de
protection des Droits de l’Homme en Bosnie-Herzégovine
Avis sur la réforme du système de protection judiciaire des
Droits de l’Homme en Fédération de Bosnie-Herzégovine
Avis sur le projet de loi sur la fonction publique de la
République de Bulgarie
Avis sur la réforme du système judiciaire en Bulgarie
Avis sur les questions soulevées quant à la conformité des lois de
la République de Moldova sur l’administration locale et
sur l’organisation administrative et territoriale à la législation
en vigueur relative au régime de certaines minorités
Rapport intérimaire sur la réforme constitutionnelle en
République de Moldova
Avis sur le projet de loi de l’Ukraine sur le système judiciaire
ANNEXES – see document
CDL-RA(1999)003)
Annexe I - Liste des membres
Annexe II - Fonctions et
composition des Sous-Commissions
Annexe III - Liste des réunions 1
Annexe IV - Liste des publications
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VOLUME I
Présentation des Activités
de la Commission
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PRESENTATION DU RAPPORT D’ACTIVITES
POUR 1999 DE LA COMMISSION DE VENISE
Monsieur le Président, Ambassadeurs, Mesdames, Messieurs,
Je n’ai guère besoin de vous rappeler que nous célébrerons cette année le
dixième anniversaire de notre Commission. Vous avez tous été invités aux
festivités organisées à Venise le 17 juin, et j’espère que vous serez nombreux
à pouvoir vous joindre à nous pour fêter cet événement.
Entre-temps, j’ai le privilège de prendre la parole, comme je le fais
chaque année à Strasbourg, devant une assistance distinguée. Permettez-moi de
mettre à profit cette occasion pour retracer devant vous l’évolution de la Commission
de Venise jusqu’à ce jour et pour esquisser, en outre, nos priorités pour
l’avenir.
Remontons un peu dans le temps. La Commission a été créée au sein du
Conseil de l'Europe en vue d’assurer un service collectif d’assistance, en
matière de droit constitutionnel, aux démocraties qui émergeraient des ruines
du bloc soviétique. Elle assume les tâches qui lui ont été confiées depuis le
début de ce tournant radical de l’histoire qu’a représenté la disparition de la
monstrueuse division de l’Europe en deux camps opposés. Notre réputation
d’équipe d’experts juridiques hautement qualifiés est aujourd’hui bien établie.
Notre Commission a toujours été réputée entièrement indépendante des
gouvernements nationaux qui nomment les membres qui la composent. Elle en est
venue à être considérée comme un organisme de conseil impartial qui peut aider
le pays concerné à régler des questions d’ordre constitutionnel, quelque
épineuses et controversées qu’elles soient, en respectant, dans la mesure du
possible, les normes reconnues à l’échelle européenne. Nous sommes fiers
d’avoir été témoins de l’avènement de l’état de droit et de la démocratie à
travers l’ensemble de notre continent, et heureux d’avoir joué un rôle de plus
en plus important dans ce processus, en raison de l’élargissement et de
l’importance croissante du Conseil de l'Europe. Notre vocation initiale
consistait, bien entendu, à participer à l’élaboration des constitutions des
démocraties naissantes. Au cours des années 1990, la plupart des pays d’Europe centrale
et orientale se sont dotés de constitutions démocratiques ; en
conséquence, nous nous sommes occupés de la mise en œuvre, souvent laborieuse,
de celles-ci. Nous assistons aujourd’hui à la première vague d’amendements à
ces constitutions. De fait, la nécessité pressante d’une révision
constitutionnelle se fait jour dans des pays tels que l’Ukraine, la Moldavie et
l’Arménie. En l’occurrence, les relations entre le président et le parlement
sont tendues, voire conflictuelles, et la question sous-jacente est de savoir
si leurs pouvoirs respectifs devraient être mieux équilibrés par une
modification des dispositions du texte original, et, le cas échéant, de quelle
manière procéder. Autre domaine crucial dans lequel la Commission s’est
investie, celui de l’autonomie accordée, pour des raisons d’ordre notamment
ethnique, à certains territoires qui font partie d’Etats unitaires voire
fédéraux, tels que le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, la Crimée ou Transnistria.
La Commission a également été amenée, à diverses reprises, à remplir
d’autres fonctions que celle de conseil pur et simple. En d’autres termes, il
lui est fréquemment demandé d’interpréter des textes à portée normative déjà en
vigueur, plutôt que de recommander ou de commenter l’adoption de nouvelles lois.
La Commission est donc amenée à assumer des fonctions juridictionnelles, témoin
son récent avis sur la constitutionnalité de la peine capitale en Albanie et en
Ukraine, ou celui sur le référendum controversé organisé à l’initiative du
président de ce dernier pays. Là encore, c’est l’impartialité dont elle fera
preuve qui permettra à la Commission de développer son potentiel dans ce
nouveau domaine. Tout aussi essentielle est son aptitude à expliquer clairement
les normes européennes communes sur lesquelles elle s’appuie pour interpréter
un texte donné. Il convient de noter que cette approche eurocentrée de
l’interprétation, et les avis qui en ont résulté, ont été cautionnés par les
cours constitutionnelles des pays dont la législation était en question. Cette
tendance donnera peut-être lieu à une diffusion et un partage fructueux des
valeurs constitutionnelles communes dans l’ensemble des pays membres du Conseil
de l'Europe. Le meilleur exemple est précisément celui de l’interdiction
constitutionnelle de la peine capitale, dans la mesure où nous pouvons
attribuer sa généralisation à un principe européen commun intégré, en tant que
tel, dans tous les systèmes législatifs nationaux.
Le rôle de la Commission s’est élargi, en outre, pour englober les questions
du maintien de la paix et de la démocratie. Il existe bien entendu des
situations dans lesquelles ces deux valeurs sont inséparables et doivent être
protégées simultanément. La Commission a donc été chargée par le Conseil de
l’Europe de définir et de proposer un type de système juridique susceptible de
garantir que soit atteint le double objectif de paix et de démocratie. Telle
est notamment la situation dans les régions déchirées par la violence et dont
l’avenir démocratique, une fois la paix rétablie, est condamné à rester
incertain ; des mesures de prévention efficaces sont donc requises pour
éviter tout retour en arrière. Notre mandat prévoit que nous travaillions pour
le Conseil de l’Europe. Nous avons été honorés de coopérer avec ses organes, et
cette collaboration est devenue au fil du temps un devoir naturel et
apprécié ; nous avons particulièrement coopéré, comme le montre notre
histoire, avec l’Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux. Je voudrais rappeler au Comité des Ministres et au Secrétaire
Général, si vous me le permettez, que la Commission est à leur disposition
chaque fois qu’ils estiment nécessaire de recourir davantage à ses services.
Nous nous concentrons, dans le cadre de nos attributions, sur le maintien
de la paix en tant que condition nécessaire à la démocratie dans le sud-est de
l’Europe. Diverses institutions ont pris des mesures en vue de préserver la
stabilité de cette zone sensible. La Commission est bien entendu consciente de
la nécessité de coordonner ces efforts afin d’éviter leur fragmentation et de
maximiser leur efficacité. A cet effet, elle collabore également avec des
organismes extérieurs au Conseil de l’Europe. Des liens étroits ont été
maintenus avec le Bureau du Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine, la MINUK,
le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH)et
l’OCDE ; ils ont contribué à éviter que soient inutilement déployés les
mêmes efforts. En ce qui concerne la Commission européenne, je suis heureux de
vous faire part de la mise en place d’un Programme joint, intitulé
« Renforcer la démocratie et l’évolution constitutionnelle dans les pays
d’Europe centrale et orientale et les pays du Commonwealth des Etats
indépendants (CEI) ». La Commission de Venise apprécie tout
particulièrement ce support, qui lui permettra d’accroître ses activités tout
au long des deux années que doit durer le programme.
En outre, la Commission prend une part active au Pacte de stabilité pour le
sud-est européen et a organisé, à la fin de l’année dernière, une conférence en
Slovénie sur « La contribution des dispositions constitutionnelles à la
stabilité du sud-est de l’Europe ». Nous avons récemment créé une
sous-commission sur le sud-est européen afin que cette région fasse l’objet de
l’attention qu’elle mérite. La Commission consacre toujours une grande part de
ses activités à la coopération avec la Bosnie-Herzégovine, compte tenu
notamment de l’éventuelle adhésion de celle-ci au Conseil de l’Europe. Au cours
de la seule année passée, nous avons adopté quatre avis et un rapport, et nous
poursuivons nos travaux sur trois autres questions. Dans l’avenir, nous nous
consacrerons principalement à la fusion de la Chambre des Droits de l’Homme et
de la Cour constitutionnelle ; il conviendra également de réorienter les
activités du médiateur vers des domaines plus traditionnels, de sorte qu’il
puisse notamment se consacrer à la médiation, et non, comme à l’heure actuelle,
à des plaidoiries devant les tribunaux. En outre, dans le cadre de notre
collaboration avec la Bureau du Haut représentant, nous nous efforcerons de
créer une Cour d’État en Bosnie-Herzégovine - vraisemblablement une cour
fédérale chargée des questions de lois administrative, pénale et électorale au
niveau de l’État. Dans cette perspective, nous organiserons en
Bosnie-Herzégovine, en collaboration avec les autorités allemandes, un
séminaire sur le fédéralisme dans le courant de l’année.
Nos travaux actuels sont notamment consacrés au système juridique du
Kosovo, à la réforme des institutions d’État en Bosnie-Herzégovine à la fin de
la période de transition prévue par les Accords de Dayton, à la réforme du
système juridique concernant les minorités en Croatie et à la conformité de la
réforme constitutionnelle en Moldavie avec les normes du Conseil de l’Europe en
matière de démocratie.
Notre histoire comporte une autre facette, que son importance m’interdit de
laisser dans l’ombre. La Commission a bénéficié de la valeur ajoutée d’un
atelier permanent consacré à la loi constitutionnelle appliquée et aux
techniques juridiques de la démocratie – bien qu’il produise également ses
propres avis et propositions sur l’intégration transnationale, plus
particulièrement en ce qui concerne l’Europe. Nous mettons un point d’honneur à
devenir un groupe de réflexion capable d’engager des recherches, des réflexions
et des débats, non dans un but purement académique, bien entendu, mais en vue
de réaliser des analyses approfondies de questions actuellement soulevées
devant la Commission ou susceptibles de l’intéresser en tant qu’organe
d’experts. Nous publions à ces fins un certain nombre de rapports et organisons
à intervalles réguliers les séminaires UniDem, chacun d’eux étant conçu comme
une sorte de champ commun pour les experts dans le domaine de la loi
constitutionnelle. Ces initiatives nous permettent de couvrir un certain nombre
de sujets cruciaux dans notre domaine d’intérêt et d’interpréter les signes de
notre époque en tant que juristes. Il n’est que de rappeler l’attention que nous
avons portée aux questions du fédéralisme, des minorités et de la citoyenneté
européenne, l’accent mis sur la justice constitutionnelle par l’intermédiaire
de notre Bulletin et de notre base de données, ainsi que les informations que
nous échangeons au cours de nos réunions, afin que les cours récemment
instaurées puissent s’inspirer pour leur jurisprudence de l’expérience de leurs
aînées.
A cet égard, notamment, la Commission est une institution nouvelle qui a
comblé un vide, puisqu’aucun organe comparable n’existait auparavant. Le seul
nombre de ses membres suffit à démontrer amplement qu’il existait de bonnes
raisons de la créer et d’élargir son rôle, comme cela fut le cas. Avec
l’arrivée récente du Royaume-Uni, de la Géorgie et de la principauté d’Andorre,
nous comptons désormais 40 membres, contre dix-huit au départ. Mais l’intérêt
suscité par la Commission de Venise n’est pas limité à l’Europe. Nous sommes
heureux d’encourager les relations avec des pays non européens, partout où nous
pouvons contribuer à la promotion de valeurs à la défense desquelles œuvre le
Conseil de l’Europe. Le fait de travailler pour l’Europe en raison de ce que
celle-ci signifie pour des juristes d’autres continents attachés à son monde de
valeurs constitutionnelles est une façon de répondre à un intérêt sincère porté
à l’Europe. La République de Corée s’est vu octroyer le statut d’observateur
auprès de la Commission l’année dernière et le Secrétaire d’État brésilien aux
Droits de l’Homme a récemment participé à une réunion. La Commission de Venise
a également conclu un accord avec l’Association des Cours constitutionnelles de
langue française – l’ACCPUF – aux termes duquel celle-ci pourra
utiliser la structure du Bulletin de jurisprudence constitutionnelle et les bases
de données CODICES pour son propre journal et sa propre base de données. En
outre, dans le cadre de son programme avec l’Afrique du Sud, la Commission de
Venise a contribué à l’organisation d’une conférence, à la fin de l’année
dernière, en vue d’examiner l’évolution du constitutionnalisme dans les pays du
sud de l’Afrique au cours des 40 dernières années. La conférence a examiné la
possibilité de créer une Commission pour la démocratie et le
constitutionnalisme dans le sud de l’Afrique, sur le modèle de notre propre
commission. Nous œuvrons actuellement à la mise en place de cette Commission
sœur, qui fournira un moyen de renforcer la démocratie dans les pays de la
région et maintiendra un lien entre nos deux continents. Une telle commission,
si elle avait déjà été en place, aurait éventuellement pu être d’un grand
secours dans la crise qui secoue actuellement le Zimbabwe. Certains pays
d’Amérique latine, qui s’intéressent depuis longtemps aux méthodes de travail
et aux réalisations de la Commission, envisagent également des initiatives
similaires.
Ce qui nous amène inévitablement à la question de la révision du statut de
la Commission de Venise, qui s’est posée à la suite du Rapport des Sages, en
vue d’en faire un accord partiel élargi. J’espère que cette question pourra de
nouveau être débattue dans un avenir proche, afin que l’on puisse trouver un
cadre satisfaisant pour poursuivre les activités de la Commission au cours des
dix prochaines années, voire au delà.
A l’avenir, comme par le passé, nos priorités dépendront des priorités
politiques de notre continent. Nous continuerons donc, dans un avenir
prévisible, à concentrer toute notre énergie sur les pays du sud-est de
l’Europe et les pays du Caucase. En ce qui concerne la nature de nos tâches,
nous sommes aujourd’hui passés à un stade supérieur d’assistance
constitutionnelle, celui du « réglage » des constitutions que nous
avons contribué à rédiger au cours des dix dernières années, en tenant compte
des exigences particulières de chaque pays. Nous consacrerons également le
meilleur de nos efforts à la médiation constitutionnelle, lorsque les autorités
politiques qui consultent la Commission nous le demanderont, en tant qu’experts
juridiques, pour faire face à des situations de conflit. Nous élargirons nos activités
dans le domaine de la justice constitutionnelle, ce qui est essentiel à la
croissance et à l’équilibre de la démocratie constitutionnelle sur notre
continent. Nous ne devons pas non plus omettre, je crois, de nous développer en
tant que laboratoire d’essai de la démocratie ; et en tant que centre de
recherches, nous pouvons nous réaliser dans l’accomplissement de nos devoirs.
Les séminaires UniDem que nous organisons deviendrons peut-être des campus
UniDem – nous espérons établir l’un d’entre eux à Trieste, dans le cadre
du Pacte de stabilité, afin qu’il serve de centre de formation aux juristes et
aux fonctionnaires du sud-est de l’Europe. Cette initiative a déjà bénéficié
d’une aide dont elle avait grand besoin et nous espérons qu’elle en recevra davantage
dans un avenir proche. Sur un plan plus général, notre priorité constante
reste, et je conclurai ainsi, si vous me le permettez, de continuer à mériter
les encouragements dont nous avons besoin, encouragements que le Comité des
Ministres nous a toujours prodigués et pour lesquels je vous remercie du fond
du cœur. Encore une fois, sachez que j’espère vivement vous revoir à Venise
lors des prochaines festivités.
Fin 1999, la Commission comptait 39 membres à part entière, 4 membres
associés et 9 observateurs.
Membres
Au cours de l’année 1999, le Royaume-Uni et la Géorgie ont adhéré à
l’Accord Partiel. M. Avtandil
Demetrashvili, Président de la Cour Constitutionnelle de la Géorgie et M. Gela
Bezhuashvili, Directeur, Département de droit international, Ministère des
affaires étrangères ont été nommés membre et membre suppléant au titre de la
Géorgie. Le Royaume-Uni n’a pas encore
désigné son membre.
M. Vital Moreira, Professeur, Faculté de droit, Université
de Coimbra a été nommé membre au titre du Portugal remplaçant M. Armando
Marques Guedes dont le mandat avait expiré, M. Pieter van Dijk, Conseiller
d’Etat, ancien juge à la cour européenne des droits de l’homme et M. Erik
Lukacs, ancien conseiller juridique, Ministère de la Justice ont été membre et
membre suppléant au titre des Pays-Bas remplaçant M. Godert Maas Geesteranus
qui a démissionné de ses fonctions.
En outre, Mme Ivana Janu, Vice-Présidente de la
cour constitutionnelle de la République tchèque a été nommée membre suppléante
au titre de la République tchèque.
Membres associés
M. Gaguik Harutunian, Président de la cour constitutionnelle de l’Arménie a
été désigné membre associé au titre de l’Arménie remplaçant M. Khatchig
Soukiassian.
Observateurs
La République de Corée a obtenu le statut d’observateur et a nommé M. Choi
Dwa-Hwa, Ambassadeur de la République de Corée auprès de la Belgique, du
Luxembourg, et de l’Union européenne, comme observateur auprès de la
Commission.
M. Yoshihide Asakura, Consul, Consulat Général du Japon a été désigné
observateur au titre du Japon replaçant M. Akira Ando.
En outre, M. Gregori, Secrétaire d’Etat pour les Droits de l’Homme du
Brésil, a assisté à la 41e réunion plénière.
Il juge important que le Brésil participe aux travaux de la Commission
et une demande d’obtenir le statut d’observateur sera reçue prochainement.
La liste complète des membres, des membres associés et des observateurs par
ordre d’ancienneté figure à l’Annexe I au présent rapport.
Sous-Commissions
Aucune nouvelle Sous-Commission n’a été créée en 1999. En outre, la Commission a décidé de créer une
«task force » sur les autonomies en crise, comme les Balkans, et plus
précisément le Kosovo, Nagorniy Karabakh, Moldova et autres, composée des
membres de la Commission ayant l’expérience dans le domaine
La composition des Sous-Commission figure en annexe II au présent rapport.
Au cours de l’année 1999, la Commission de Venise a continué ses travaux
sur les réformes constitutionnelles et le fonctionnement effectif des
institutions démocratiques. Les activités de la Commission ont porté sur l’ensemble
du continent, mais le conflit au Kosovo et la consolidation de la paix dans la
région du Sud-est européen ont naturellement occupé une grande partie de ses
travaux.
La consolidation de la paix et de la démocratie dans les régions affectées
par la violence et la précarité démocratique sont la priorité politique de la
Commission pour l’an 2000. Le régime juridique du Kosovo, la réforme des
institutions de l’Etat de Bosnie-Herzégovine après la fin de la période
transitoire prévue par les accords de Dayton, la révision du régime juridique
des minorités en Croatie et la compatibilité de la réforme constitutionnelle en
Moldova avec les standards démocratiques du Conseil de l’Europe sont les
objectifs prioritaires de ses activités.
Une brève description des activités de la Commission dans ce domaine
(Chapitre A) est suivie de la liste de certains avis que la Commission a décidé
de rendre publics (Chapitre B). Les
textes de ces avis sont reproduits en Volume II.
Description des activités de la Commission
Compatibilité de la peine capitale avec la Constitution albanaise
À la demande de l’Assemblée parlementaire, la Commission a élaboré un avis
sur la compatibilité de la peine capitale avec la Constitution albanaise. À sa 38e réunion plénière, la Commission a
adopté l’avis à ce sujet et a décidé de le transmettre à l’Assemblée
parlementaire. La Constitution albanaise
ne comporte aucune disposition explicite qui autorise, interdise ou abolisse la
peine capitale mais la logique de la Constitution, les engagements
internationaux de l’Albanie et les standards européens suggèrent que la peine
de mort est contraire à la Constitution de l’Albanie.
En particulier :
- l'absence
d'une base constitutionnelle explicite permettant le recours à la peine
capitale;
- l'absence
de toute exception (explicite ou implicite) à la protection de la vie énoncée à
l'article 21 de la Constitution, qui ne reprend que le principe général
inscrit à l'article 2 de la CEDH (droit à la vie) mais non l'exception à
celui‑ci (peine capitale);
- le
rôle important accordé à la protection de la vie qui découle de son inscription
au premier rang des droits énoncés par la Constitution;
- l'obligation
de veiller à ce que toute limitation aux droits et libertés énoncés par la
Constitution ne viole pas l'essence même de ces droits et libertés;
- le
fait que l'interdiction, par la Constitution, de toute torture, peine ou
traitement cruel, inhumain ou dégradant ainsi que l'importance essentielle
accordée à la dignité de la personne (article 3 et préambule de la
Constitution) ne laissent dans la pratique aucune place à la possibilité de
prononcer et d'appliquer la peine capitale en Albanie;
- l'évolution
de l'ordre juridique européen dans le sens d'une abolition de la peine
capitale;
Lors de sa 38e réunion plénière, la Commission a adopté son avis à ce sujet
et a décidé de le transmettre à l’Assemblée parlementaire. Le texte de cet avis est reproduit dans le Volume
II.
Lors de sa 41è réunion plénière, la Commission a été informée de la
décision de la Cour constitutionnelle albanaise selon laquelle la peine de mort
est contraire à la Constitution et ce, conformément à son avis. La Commission se félicite de cette décision.
Projet de loi sur
l'organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle
À la demande de la cour constitutionnelle de l’Albanie, la Commission a
examiné le projet de loi sur l'organisation et le fonctionnement de la Cour
constitutionnelle, élaboré par les membres de la cour. MM. Solyom, Bartole et Lopez Guerra ont été
nommé rapporteurs et ont présenté leurs commentaires écrits. Sur la base de ces commentaires, la cour a
préparé un projet révisé qui a été discuté lors d’une réunion entres la Cour et
MM. Bartole et Lopez Guerra à Tirana, le 8 novembre 1999. Les rapporteurs ont pris note que beaucoup de
leurs commentaires ont été pris en considération dans le texte révisé et ont
suggéré des modifications supplémentaires pour l’améliorer. À sa 41è réunion plénière la Commission a
approuvé les résultats de la réunion entre la cour et les rapporteurs.
Loi sur la cour suprême de l’Albanie
À la demande des autorités albanaises, la Commission a examiné la loi sur
la cour suprême de l’Albanie. Lors de sa
39e réunion plénière, M. Torfason a informé
la Commission des résultats de la réunion avec les autorités albanaises qui
s’est tenue à Tirana les 4-5 juin 1999. Un nombre important de points
concernant la composition de la Cour, sa division en chambres et le rôle du
Président de la Cour ont été abordés. Le
travail sur cette question continue.
La réforme du système
électoral en Albanie
Lors de sa 38e réunion plénière, le Secrétariat a fait rapport sur la
participation d’un groupe d’experts à une réunion en Albanie pour discuter avec
les autorités de ce pays le projet de réforme électorale. Ce groupe a rencontré
M. Imami, Ministre de la Réforme législative de l’Albanie, ainsi que les
fonctionnaires qui travaillent sur le projet de révision de la législation
électorale. Le but de ce projet consiste à assister l’Albanie dans la révision
et l’élaboration de l’ensemble de la législation électorale, qui touche les
élections parlementaires, les élections locales, la Commission électorale centrale,
la procédure électorale, les référendums, le financement des élections, les
médias et la campagne électorale. Les autorités albanaises préparent les
projets des lois en question, qui seront soumis à l’examen de la Commission.
* * * * * *
En outre, un séminaire UniDem sur la mise en œuvre de la nouvelle
constitution de l’Albanie s’est tenu à Trieste les 13-14 décembre 1999.
La Commission a été informée des derniers développements constitutionnels
en Arménie tout au long de l’année, et elle continue à suivre de près les
développements dans ce pays.
Une réunion avec des représentants du Ministère des affaires étrangères de
l'Arménie a eu lieu. Ceux-ci ont exprimé le souhait que la Commission présente
des commentaires sur le projet de nouvelle Constitution, que la Commission de
réforme constitutionnelle arménienne devrait présenter à la fin de
l'année. La Commission espère pouvoir
travailler sur cette question au début de 2000.
En outre, un séminaire sur « les cas de conflits de compétence entre
les pouvoirs de l’Etat devant la Cour constitutionnelle » s’est tenu à
Erevan les 4-5 octobre 1999.
Un séminaire sur l’autonomie régionale s’est tenu
à Bakou les 22-23 avril 1999.
Suite à la demande formulée auprès du Secrétaire Général du Conseil de
l'Europe par M. Ural Latypov, Vice-Premier Ministre de la République du
Bélarus, la Commission a été chargée d'une expertise sur le projet de loi
électorale du Bélarus. Prof. Richard Rose (Glasgow) et M. Hans Birchler
(Zurich), ont élaboré un avis à ce sujet qui a été transmis aux autorités du
Bélarus début novembre.
La Commission a poursuivi tout au long de 1999 sa coopération intense et
particulièrement fructueuse avec les autorités de Bosnie-Herzégovine, et les
institutions de la communauté internationale dans ce pays sur un vaste
programme de consolidation des institutions démocratiques et des structures de
l’Etat. Malgré certains événements alarmants mais sporadiques, les principales
forces politiques en Bosnie-Herzégovine montrent actuellement un sincère
intérêt à trouver des réponses adéquates aux défis de la paix durable et de la
démocratisation. La communauté internationale contribue grandement à ce
processus de consolidation et la Commission de Venise se réjouit de pouvoir
participer positivement à cette opération.
Le principal domaine d’intervention de la Commission fut la mise en place
d’un régime fédéral cohérent et fonctionnel.
Dans ce cadre, la Commission a adopté, lors de sa 38e réunion plénière, à
la demande du Haut Représentant un avis
sur l’étendue des responsabilités de la Bosnie et Herzégovine dans le domaine
de l'immigration et de l'asile, en particulier en ce qui concerne les
possibilités d'implication des entités.
Le texte de cet avis est reproduit dans le Volume II.
En outre, lors de sa 39e réunion plénière, la Commission a adopté, toujours
à la demande du Haut Représentant, son avis
sur la conclusion et la mise en œuvre des accords internationaux en
Bosnie-Herzégovine. La Commission
note dans cet avis qu’en vertu de la Constitution, l’Etat de Bosnie-Herzégovine
est compétent pour la politique étrangère mais n’a que peu de compétences sur
le plan interne. La plupart des accords internationaux seraient donc à mettre
en œuvre par les entités qui de leur côté, peuvent conclure des accords
internationaux avec l’accord de l’Assemblée parlementaire de
Bosnie-Herzégovine. Dans ce contexte une coopération entre les deux entités et
entre les entités et l’Etat de Bosnie-Herzégovine est indispensable. Le texte
de cet avis est reproduit dans le Volume II.
Par ailleurs, la sentence finale du 5 mars 1999 du Tribunal arbitral sur le différend relatif à la limite entre les
entités dans la région de Brčko a invité à des
commentaires sur les solutions proposées pour le statut futur du district de Brčko dans l'annexe provisoire à
la sentence, en vue de la version finale de cette annexe. À la demande de
l'OHR, un groupe de travail de la Commission a préparé des propositions
d'amendements à cette annexe. Ces propositions ont été transmises par l'OHR au
Tribunal arbitral.
Suite à l'adoption de l'annexe révisée par le Tribunal arbitral, le groupe
de travail a discuté le contenu du statut futur de la région avec des
représentants de l'OHR, y compris des membres du personnel du superviseur pour
la région de Brčko.
Le superviseur a participé à la 41e réunion plénière de la
Commission, et a remercié la Commission de sa contribution.
La Commission a en outre suivi de près les travaux portant sur la loi électorale de Bosnie Herzégovine. Au
nom de la Commission, M. Owen et M. Rose ont formulé des observations
sur le projet de loi préparé par un groupe de travail mis en place par le Haut
Représentant. La plupart des observations des experts de la Commission ont été
incorporées au projet final. Les aspects essentiels du projet de loi
comprennent: le droit de vote des personnes déplacées, un système de liste
ouverte au lieu du système de liste fermée qui existe déjà, un mode de scrutin
préférentiel pour la présidence de l’Etat de Bosnie-Herzégovine, des
circonscriptions multinominales, des limites aux mandats multiples, la
limitation des dépenses engagées lors des campagnes, l’interdiction de toute
publicité payante dans les médias électroniques et une règle sur la présence
des membres des deux sexes sur les listes de candidats. L’une des
principales préoccupations des experts de la Commission concernait la
Commission électorale qu’ils ont jugé trop puissante. Compte tenu de cette
préoccupation, le projet de loi dispose désormais que les décisions
essentielles de la Commission électorale peuvent être revues par un tribunal
spécifique. Ce dernier sera fusionné avec la cour d’Etat de Bosnie-Herzégovine
lorsqu’elle aura été créée. M. Owen et M. Rose ont donné des avis
supplémentaires sur la version définitive du projet de loi électorale. M. Froment-Meurice,
Président du groupe de travail sur la loi électorale, a confirmé que ces avis
seront pris en considération dans les débats qui auront lieu devant l’Assemblée
parlementaire.
La Commission a en outre travaillé dans le domaine des réformes
institutionnelles en Bosnie-Herégovine. Partant de la constatation que
l’appareil judiciaire de protection des droits de l’homme est extrêmement
complexe et tenant compte du fait que la période transitoire en
Bosnie-Herzégovine touche à sa fin et que les institutions internationales
provisoires devront bientôt être substituées par des organismes bosniaques, la Commission
a adopté, lors de sa 39e réunion plénière une Proposition préliminaire pour la restructuration des mécanismes de
protection des droits de l’homme. Selon
cette proposition, à la fin de la période transitoire des accords de
Dayton :
- la
Chambre des Droits de l’Homme devrait fusionner avec la Cour constitutionnelle,
et cette dernière assumera la responsabilité de défendre les Droits de
l’Homme;
- l’Etat
de Bosnie et Herzégovine devra se doter d’une juridiction à part, compétente en
matière électorale et en matière de contentieux administratif électoral et
pénal; et, enfin
- la
fonction d’Ombudsperson doit être réformée.
En ce qui concerne, la Fédération de Bosnie-Herzégovine, la Commission a
proposé que la Cour des droits de l’homme de la Fédération soit abolie. Le texte de cette proposition est reproduit
dans le Volume II.
Sur demande du Haut Représentant, la Commission a continué ses travaux dans
le domaine des Institutions d’Ombudsman. Lors de sa 39e réunion plénière, elle
a approuvé, le Rapport final du Groupe de
travail sur les institutions de médiature en Bosnie-Herzégovine qui
contient trois projets de lois sur les institutions d’Ombudsman de l’Etat et
des deux entités. Ces projets étaient
présentés aux assemblés législatives compétentes au cours de 1999. Un séminaire a été organisé par la Commission
à Sarajevo, en coopération avec l’Ombudsman de la Fédération en novembre en vue
de stimuler le débat public sur ces projets. Le texte de cet avis est reproduit
dans le Volume II.
Enfin, lors de sa 41è réunion plénière,
la Commission a adopté son Avis
sur la réforme du système de protection judiciaire des droits de l’homme en
Fédération de Bosnie-Herzégovine qui
concrétise la proposition d’amendement constitutionnel portant abolition de la
Cour des droits de l’Homme de la Fédération. Le texte de cet avis est reproduit
dans le Volume II.
Projet de loi bulgare sur la
fonction publique
À la demande de l'Assemblée parlementaire, la Commission a examiné le
projet de loi bulgare sur la fonction publique.
Lors de sa 38e réunion plénière, MM. Tuori et Herbiet ont présenté
l'avis consolidé sur le projet de loi bulgare sur la fonction publique. Les rapporteurs ont indiqué que leur examen a
porté sur une deuxième version de la loi reçue par la Commission en janvier
1999. Ce projet a connu un certain nombre d’améliorations par rapport au projet
initial ; néanmoins, certaines questions
devraient encore être résolues. Le projet de loi ne permet pas de dire
clairement si le modèle d’administration est celui d’emploi ou de carrière, les
concepts de base et le champ d’application de la loi ne sont pas bien définis
et les pouvoirs octroyés à la Commission d’Etat chargée du contrôle sur
l’administration publique sont trop vastes, ce qui pourrait donner lieu à des
abus de pouvoir et à une forte politisation de la fonction publique.
M. Gotsev, Ministre de la Justice de Bulgarie et M. Djerov ont informé la
Commission que le texte examiné a été adopté en première lecture, mais qu’il
est encore possible d’y introduire les changements proposés par la Commission.
La Commission adopte l’avis sur le projet de Loi sur la fonction publique
en Bulgarie et charge le Secrétariat de le transmettre à l’Assemblée
Parlementaire du Conseil de l’Europe. Le
texte de cet avis est reproduit dans le Volume II.
La réforme du système
judiciaire
À la demande de l’Assemblée parlementaire, la Commission a examiné la Loi
sur le système judiciaire en Bulgarie.
Lors de la 38e réunion plénière les rapporteurs ont présenté le projet
d'avis consolidé sur la réforme du système judiciaire en Bulgarie en présence
de M. Gotsev, Ministre de la justice et de l’intégration juridique européenne
de la Bulgarie.
Ils rappellent qu'ils n’avaient pas à vérifier la constitutionnalité de la
loi en question, tâche accomplie par la Cour constitutionnelle dans sa décision
du 14 janvier 1999, mais d’examiner la conformité de cette loi par rapport aux
normes européennes. Les points principaux qui avaient soulevé des critiques
étaient la terminaison prématuré du mandat du Conseil supérieur de la justice,
le mode d’élection du quota parlementaire du nouveau Conseil (avec les voix de
la majorité uniquement) et un renforcement du pouvoir disciplinaire du Ministre
de la justice. Bien que les nouvelles mesures introduites par la loi, et telles
que censurées par la Cour constitutionnelle, correspondent aux normes
européennes en matière d’indépendance judiciaire, elles présentent une
augmentation considérable des pouvoirs du Ministre de la justice. En
conséquence, les rapporteurs recommandent de les utiliser avec prudence. Un consensus politique et la confiance entre
les partis de la majorité et de l’opposition doivent être établis afin
d’assurer la bonne application de la loi et la prévention des violations de ses
dispositions.
M. Gotsev a remercié les rapporteurs pour leur travail et a assuré la
Commission que ses observations seront sérieusement étudiées par les autorités bulgares.
Néanmoins, il a souligné que dans d’autres pays européens le ministre de la
justice jouit de pouvoirs encore beaucoup plus larges que lui en Bulgarie.
L’immunité complète des juges, procureurs et investigateurs avait conduit à la
corruption ainsi qu’à un très grand nombre d’affaires non traités par les
cours. La simple existence des nouvelles mesures disciplinaires avait déjà
contribué à une réduction substantielle de ces affaires non résolus. Le climat
politique en Bulgarie ne permettait pas d’établir une coopération du
gouvernement avec l’opposition. Il
assure la Commission que le gouvernement en place fera tout pour que les
dispositions de la Constitution et de la législation en vigueur soient
respectées.
La Commission a adopté l’avis sur la réforme du système judiciaire en
Bulgarie et a décidé de le transmettre à l’Assemblée parlementaire. Le texte de cet avis est reproduit dans le
Volume II.
En 1999, la coopération avec la Croatie s’est poursuivie tant eu égard à la
révision des dispositions suspendues de la Loi constitutionnelle sur les droits
de l’homme et des minorités de 1991 que de la participation des conseillers
internationaux aux travaux de la Cour constitutionnelle.
Révision
de la loi constitutionnelle
Le 29 avril, l’Assemblée parlementaire, par sa résolution 1185 (1999) sur
le respect des engagements par la Croatie «
regrette que la Croatie ait réalisé peu de progrès dans le respect des
engagements et obligations liés aux principes fondamentaux du Conseil
del’europe (démocratie, prééminence du droit, droits de l’homme) » et fait
appel aux autorités croates, inter alia,
à « adopter une loi constitutionnelle qui révise les dispositions
suspendues de la loi de 1991 …. en conformité avec les recommandations de la
Commission de Venise et en prendant en considération la nouvelle situation,
avant la fin du mois d’octobre 1999 au plus tard ».
Suite à l’invitation de M. Zoricic Tabakovic, Président du Conseil des
minorités nationales, Messieurs Maas Geesteranus and F. Matscher participèrent
à une réunion du Conseil des minorités nationales à Zagreb, le 5 mai 1999. Au
cours de la réunion, l’urgence de la révision a été relevée et référence a
été faite au Mémorandum adressé en 1997
par la Commission de Venise au Parlement croate indiquant les thèmes principaux
qui devaient être traités dans le cadre de la révision. Ces points
comprenaient, le statut du Conseil des minorités nationales ainsi que d’autres
institutions pour les minorités, la représentation des minorités dans les
institutions législatives et au gouvernement ainsi que la garantie pour une
autonomie au niveau de l’enseignement et de la culture. Il a été communément
reconnu que les points relevés par le Mémorandum de la Commission pouvaient
constituer la base de la révision. Il a été souligné que l’implication de la
Commission dès le début de la révision rendrait la coopération plus facile et
plus effective. A cet égard, on a souligné la nécessité de soumettre à la
Commission dès que possible tout projet d’amendements à la loi
constitutionnelle, y compris les dispositions relatives aux droits électoraux
des personnes appartenant à des minorités. Le Directeur du bureau
gouvernemental pour les minorités indiqua que le travail de la révision suivait
son cours, mais qu’aucun projet n’avait été encore terminé. Dès que ce projet
serait terminé, il serait envoyé pour examen à la Commission de Venise et au
Conseil pour les minorités nationales.
Cependant, jusqu’au mois de décembre 1999 aucun projet n’a été communiqué à
la Commission et lors de sa 41e réunion, la Commission conclu avec regret
qu’aucun progrès significatif n’avait été fait en la matière depuis que la
Commission avait transmis son Mémorandum aux autorités de la République croate
(juin 1997), et ce malgré l’engagement pertinent de la Croatie et les
déclarations de personnalités officielles croates.
Participation
de conseillers internationaux aux travaux de la Cour constitutionnelle
Conformément aux engagements pris par la Croatie, des conseillers internationaux
nommés par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe ont participé aux
travaux de la cour constitutionnelle sur des affaires concernant le droit des
minorités. La Cour constitutionnelle a invité les conseillers à participer dans
cinq affaires portant sur la législation sur la propriété, l’accès à la
fonction publique de personnes appartenant aux minorités ainsi que
l’enseignement de la langue minoritaire. Les conseillers participèrent aux
travaux préparatoires, aux audiences ainsi qu’aux délibérations.
Le 8 novembre 1999, la Cour rendit sa décision dans les affaires concernant
l’enseignement de la langue minoritaire, abrogeant les textes contestés qui ont
été jugés inconstitutionnels pour manque de clarté suffisante. Dans leur
opinion provisoire, les conseillers internationaux exprimèrent leur opinion que
les textes contestés étaient inconstitutionnels. Les textes abrogés cesseront
leur effet à compter du 30 juin 2000. Conformément aux informations reçues par
le greffe de la Cour, les décisions sur les affaires restantes dans lesquelles
les conseillers internationaux sont impliqués seront prises en 2000.
À la demande des autorités géorgiennes, la
Commission a examiné les projets d’amendement de la loi organique sur la Cour
constitutionnelle de Géorgie. Lors de la 38e réunion plénière, les rapporteurs
ont présenté
leurs commentaires sur cette question.
En particulier, ils ont indiqué plusieurs points de la loi qui peuvent
poser des problèmes substantiels:
- la
procédure d’interprétation postérieure des décisions par la Cour peut porter
préjudice au principe «res judicata » -
la décision de la Cour doit être définitive;
- si
cette procédure est maintenue, le délai d’introduction d’une demande d’interprétation
d’une décision de la Cour, qui ne doit pas excéder un mois, n’est pas justifié
- les questions d’interprétation peuvent surgir beaucoup plus tard dans le
cadre d’autres affaires;
- les
opinions dissidentes doivent être rendues publiques avec la décision de la
Cour ;
- la
décision de la Cour doit prendre effet après sa publication et non après sa
proclamation .
M. Demetrashvili a remercié les rapporteurs pour leurs commentaires. Il
considère que la disposition qui permet à la Cour d’interpréter ses décisions,
devrait rester dans le texte. Il évoque également le problème de l’exécution
des décisions de la Cour. Il explique que dans la pratique de la Cour,
plusieurs jours s’écoulent entre le moment où la décision est prise par la cour
et sa publication; cette situation explique la présence de la disposition
sur l’effet immédiat de la décision de la Cour constitutionnelle.
Les commentaires écrits des rapporteurs ont été
transmis aux autorités géorgiennes.
En outre, un séminaire sur « Le contrôle de
la constitutionnalité dans les Etats fédéraux et unitaires » s’est tenu à
Batumi, les 1er-2 juillet 1999.
Lors de sa 39e réunion plénière (Venise, 18-19 juin 1999), la Commission a
eu un échange de vues avec M. Kim, Président du Conseil constitutionnel du
Kazakhstan. M. Kim a informé la
Commission sur les développements constitutionnels dans son pays.
Lors de la 40e réunion plénière, M. Endzins, au nom de la Cour constitutionnelle
de Lettonie, demande à la Commission de nommer des experts sur le projet
d'amendement de la loi sur la Cour constitutionnelle, élaboré par les juges de
la Cour. Le but de ces amendements est de donner accès à la Cour
constitutionnelle au médiateur, aux tribunaux de juridiction générale et aux
individus. La Commission a demandé à MM. Solyom, Klučka, Lavin et
Schwartz de préparer un avis sur cette question.
À la 41è réunion plénière, les rapporteurs ont présenté leurs
commentaires. Les amendements introduisent
le contrôle constitutionnel dans les affaires individuelles et favorisent une
procédure écrite et non la procédure orale qui existe actuellement. M. Solyom
recense trois grands domaines de préoccupation: le fait que les amendements
permettront aux juges de la Cour constitutionnelle d'être relevés de leurs
fonctions par un pouvoir extérieur (le pouvoir législatif) et non par la cour
elle-même; l’extension des compétences du président de la Cour
constitutionnelle avec la possibilité pour celui-ci de constituer des collèges
de juges dans chaque affaire; et le moment auquel l’annulation d’une norme par
la Cour constitutionnelle devient effective: actuellement, il s’agit du moment
auquel la décision est prononcée et non de celui auquel elle est publiée, ce
qui est contraire au principe de la sécurité juridique.
M. Endzins a remercié les rapporteurs de leurs travaux. Un nouveau projet
est actuellement élaboré sur la base des différentes observations communiquées
par la Commission et par d’autres experts. À la demande de M. Endzins, il
est décidé qu’un séminaire sera organisé avec la Cour constitutionnelle lettone
en février 2000 sur les problèmes soulevés par les amendements.
Lois relatives à l’organisation territoriale et aux autorités locales
Suite à une demande du Comité de suivi de l’Assemblée parlementaire et des
autorités moldaves, la Commission a été invitée à examiner les lois relatives à
l’organisation territoriale et aux autorités locales. Le Secrétariat avait
préparé une série de remarques préliminaires qui sont formulées dans un
mémorandum. Etant donné que le Congrès
des Pouvoirs Locaux et Régionaux de l’Europe travaille également sur cette
question et qu’un rapport sur ce sujet a été préparé, le Congrès coopère avec
la Commission à ce sujet. Une délégation
composée de membres de la Commission ainsi que des experts du Congrès s’est
rendue en Moldova en mai 1999.
Lors de sa 39e réunion plénière, la Commission a eu un échange de vues avec
M. Eugene Rusu, Président de la Commission
juridique du Parlement moldave. M.
Rusu a informé la Commission que les deux lois examinées, à savoir la loi
sur les autorités locales et l’organisation territoriale et la loi sur
l’administration publique, font partie de la réforme de l’administration et de
l’organisation territoriale. Cette réforme était nécessaire depuis longtemps et
les autorités ont pris du temps pour l’élaborer en tenant compte des
dispositions de la Charte européenne de l’autonomie locale, des traditions locales
et des réalités économiques du pays. M. Rusu évoque tout particulièrement la
situation autour de Taraklia en indiquant que les localités et municipalités de
la région en question gagnent plus d’autonomie avec la nouvelle organisation
territoriale. Il estime que l’opposition à la reforme dans ce district vient
des politiciens locaux qui ne veulent pas perdre leur influence. M. Rusu
considère que malgré quelques difficultés et un volume important de travail,
les autorités de Moldova arriveront à mettre en place les nouvelles
institutions en tenant compte des recommandations de la Commission de Venise et
du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux.
À la même réunion, M. Tuori a présenté l’avis établi sur la base du
mémorandum du Secrétariat et sur les résultats de la visite de la délégation de
la Commission de Venise en Moldova en mai 1999. Il estime que les autorités
moldaves et la partie gagaouze semblent être sur la voie de coopération, prêtes
à résoudre leurs problèmes par le biais de négociations. M Tuori exprime l’avis
que le conflit de hiérarchie entre la loi sur le statut spécial de Gagaouzie et
la loi sur l’administration publique, étant donné que les deux lois sont
organiques, peut être réglé en appliquant le principe lex specialis. En ce qui concerne la minorité bulgare, les membres
de la délégation de la Commission n’ont pas pu rencontrer les représentants de
cette minorité, mais d’après les informations reçues, on ne peut pas constater
de violations évidentes de la Convention-cadre sur la protection des minorités,
ni d’autres instruments du Conseil de l’Europe portant sur les droits des
minorités.
Lors de sa 40e réunion plénière, la Commission a adopté le projet d’avis
sur les questions posées quant à la conformité des lois de la République de
Moldova sur l'administration locale et sur l'organisation administrative et
territoriale et de la loi sur l’administration publique locale à la législation
en vigueur relative au régime de certaines minorités établi sur la base des
commentaires des rapporteurs et a décidé de le transmettre à l’Assemblée
parlementaire et aux autorités moldaves.
Le texte de cet avis est reproduit dans le Volume II.
Réforme constitutionnelle en
Moldova
À la demande de l’Assemblée parlementaire et des autorités moldaves, la Commission a suivi de près le processus
de réforme constitutionnelle en Moldova. Lors de sa 39e réunion plénière, la
Commission a examiné le projet proposé par 39 membres du parlement moldave. M.
Moreira a présenté ses commentaires et a observé que le projet de réforme
soumis à la Commission par les membres du parlement semble respecter les
principes démocratiques et les standards européens en la matière. Il suggère
que la Commission continue sa coopération avec les autorités moldaves dans ce
domaine.
Une délégation de la Commission s'est rendue au mois de septembre en
Moldova, où elle a discuté en particulier du projet de révision
constitutionnelle. Ce projet à pour but
l’introduction d’un système de gouvernement présidentiel en Moldova.
Une deuxième réunion a eu lieu avec les représentants de la commission
constitutionnelle instituée par la Président de la République et du Parlement,
suite à la 40è réunion plénière de la Commission. L'organisation de cette rencontre est déjà un
succès, puisque il implique la recherche d’une solution consensuelle à la
question de la révision constitutionnelle.
Lors de sa 41è réunion plénière, la Commission a examiné le rapport
intérimaire élaboré sur la base des commentaires des rapporteurs. La Commission
a souligné que la critique des experts porte sur le texte du projet dans son
ensemble. Certaines dispositions du projet seraient acceptables prises
isolément mais elles présentent un grave problème si elles sont combinées à
d'autres articles. Les experts estiment que le principe de la séparation des
pouvoirs n'est pas pleinement respecté et qu'il n'existe pas de système de
poids et de contrepoids entre le pouvoir exécutif et le parlement.
La Commission a adopté le rapport intérimaire sur la révision
constitutionnelle dans la République de Moldova et a décidé d'y annexer les
observations des autorités moldaves et de transmettre ce dernier à l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe. Le
texte de ce rapport est reproduit dans le Volume II.
En outre, la Commission se félicite de la décision des autorités moldaves
de créer un groupe de travail conjoint composé de représentants de la
Commission constitutionnelle et du parlement qui sera chargé d'élaborer un seul
projet de révision constitutionnelle. La
coopération entre la Commission et les autorités moldaves dans ce domaine
continue en 2000.
* * * * * *
En outre, un séminaire sur « Le rôle de la Cour constitutionnelle dans
la protection de la propriété privée » s’est tenu à Chisinau les 30-31
mars 1999.
Le 20 octobre, le Président de la Commission ainsi que des membres du
Secrétariat ont tenu un échange de vues avec une délégation de la République de
Montenegro concernant les modalités de coopération future avec la Commission.
Les domaines suivants ont été identifiés comme souhaitables en vue d’une
possible coopération future :
- la
protection des minorités
- la
création d’un Ombudsman
- la
justice constitutionnelle
Lors de la 39e réunion plénière, la Commission a eu un échange de vues avec
M. Seixas da Costa, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères du Portugal. M. Seixas da Costa estime que la coopération
juridique est un des domaines très importants au sein du Conseil de l’Europe et
qu’elle contribue à trouver des approches communes aux situations de crise en
Europe. L’importance de promouvoir les valeurs démocratiques exige que le champ
d’action du Conseil de l’Europe aille au-delà du continent. La Commission de
Venise, organe composé de juristes, experts indépendants, peut contribuer à ce
processus. M. Seixas da Costa souhaite que la Commission ait plus d’autonomie
et que son statut soit amendé afin de lui permettre d’impliquer davantage les
pays non-européens dans ses activités.
Lors de la 41e réunion plénière, M. Klucka a informé la Commission du
groupe de travail parlementaire spécial qui a été créé en mars 1999 pour élaborer
des amendements à la Constitution. Ceux-ci seront importants. La 1re
Constitution slovaque a été rédigée en l'espace de trois mois seulement en
1992 et la pratique a depuis lors mis en évidence un certain nombre de
faiblesses. Le projet définitif sera prêt en janvier 2000 et les députés
pourraient demander à la Commission de formuler des observations à son sujet.
Certains des grands changements proposés comprennent une nouvelle
réglementation de la relation entre le droit international et le droit interne,
une confirmation de l'étendue des compétences de la Cour constitutionnelle, une
réduction des possibilités, pour les particuliers, de saisir la Cour
constitutionnelle (seules les plaintes constitutionnelles demeureront
possibles), la réglementation des situations d'urgence et la mise en place d'un
conseil judiciaire chargé de proposer des juges pour les tribunaux de droit
commun. L'amendement apporté à la
Constitution en mars 1999 qui prévoit l'élection directe du Président de la
République slovaque.
En coopération avec le Ministère des Affaires étrangères de la Slovénie, la
Commission a organisé un Séminaire UniDem sur "Les sociétés en
conflit : la contribution du droit et de la démocratie au règlement des
conflits” qui s’est tenu à Bled les 26-27 novembre. Ce séminaire a été suivi par une Conférence
sur "La contribution des dispositions constitutionnelles à la stabilité de
l'Europe du sud-est", qui s’est tenue à Brdo, Slovénie, les 29-30 novembre
(voir point 19 ci-dessous).
16. COOPERATION AVEC L’AFRIQUE DU SUD
« La démocratie, du
livre de droit à la vie réelle »
La Commission a poursuivi ses activités dans le cadre du programme
« La démocratie, du livre de droit à la vie réelle », financé par le Département
fédéral suisse des affaires étrangères.
Une conférence sur « Les relations intergouvernementales et la
coopération entre collectivités publiques : encourager la coopération
mutuelle » a eu lieu en mars. La conférence a été ouverte par le Vice-Président
Thabo Mbeki et avait pour but d’évaluer en présence des acteurs principaux les
relations intergouvernementales au cours des cinq dernières années. Il y a eu
une bonne participation à un niveau très élévé. Parmi les participants se
trouvaient des représentants des pouvoirs nationaux, provinciaux et locaux, des membres des
conseils exécutifs des provinces (MECs) et du Conseil national des Provinces
(NCOP) ainsi que des professeurs et d’autres intéressés. C’est une activité que
le Département pour le Développement Constitutionnel, devenu le Département
pour les pouvoirs locaux et provinciaux, espère pouvoir renouveler sur une base
annuelle.
Une autre conférence a été organisée en novembre sur le thème de la
« Renaissance africaine ». L’objectif de cette conférence a été de
discuter de la démocratie et du constitutionalisme en Afrique australe au cours
des 40 dernières années et d’examiner la possibilité de renforcer la
coopération dans ce domaine à travers la création d’une Commission en Afrique
australe pour le Constitutionalisme et la Démocratie, selon le modèle de la
Commission en Europe. Des participants de nombreux pays africains, notamment
des pays membres de la Southern African
Development Community (SADC), y ont assisté. Suite à la résolution qui a
été adopté à la fin de la conférence, les autorités sud-africaines se sont
engagées à poursuivre cette initiative.
Les autres activités qui ont été mises en oeuvre sont les suivantes :
- une
visite d’étude pour le Directeur de la Cour constitutionnelle sud-africaine à
la Cour européenne des droits de l’homme et à la Bundesverfassungsgericht (Allemagne) sur la gestion efficace d’une
cour ;
- une
visite d’étude des fonctionnaires du Département du Développement
constitutionnel en Italie, en Espagne et en Suisse sur les pouvoirs régionaux
dans ces pays ;
- une
conférence sur « Open and democratic government », organisée par la
Commission sud-africaine des droits de l’homme ;
- un
atelier sur le rôle des « district councils » dans l’administration
locale ;
- un
atelier pour des fonctionnaires provinciaux organisé par le « Cape
Administrative Academy » sur l’état constitutionnel et l’administration
publique, avec une référence particulière aux provinces ;
- quatres
bourses de recherche en Europe pour des maîtres de conférence de l’
« University of South Africa » sur les thèmes suivants :
La transparence dans le service public : dimensions et conséquences
éthiques – leçons de l’Europe ;
L’informatisation et l’administration publique : démocratie quo vadis ;
Le développement de la diplomatie dans un système politique international
en évolution ;
Dispositions et institutions constitutionnelles qui pourraient faciliter le
développement économique en Afrique du Sud et dans la région d’Afrique
australe.
- participation
des experts sud-africains à des conférences sur les thèmes suivants :
Culture constitutionnelle, organisée par le Centre polonais pour le
Constitutionalisme et la Culture juridique de l’Institut des Affaires
publiques ;
« Etats fédéraux et régionaux dans la perspective de l’intégration
européenne », organisée dans le cadre du programme UniDem, à Bologna,
Italie ;
16ème réunion de la Sous-Commission sur la Justice Constitutionnelle au
Liechtenstein ;
« Droit à un procès équitable », organisée dans le cadre du
programme UniDem, à Brno, République Tchèque.
De plus, des publications de la Commission et du Conseil de l’Europe sur le
droit administratif et le droit constitutionnel ont été énvoyé à toutes les
administrations provinciales en Afrique du Sud.
Chaires sur les relations
intergouvernementales et la coopération entre collectivités publiques
La Chaire de l’Université de Natal a continué à fonctionner au cours de
l’année 1999. Un atelier y a été organisé sur « La réalité des relations
intergouvernementales : gestion de l’environnement et des services locaux
d’eau », réunissant des représentants du pouvoir national ainsi que des
représentants des pouvoirs locaux et provinciaux, des ONGs et des organisations
communautaires de Kwa-Zulu Natal. Ceci a permis de réfléchir sur la
coordination entre les différentes sphères de gouvernement dans la pratique et
sur les moyens d’améliorer cette coopération. Des experts d’Espagne et d’Italie
ont apporté une contribution précieuse puisée de l’expérience de leurs pays
dans la gestion d’une administration décentralisée.
L’Université de Fort Hare, où la deuxième Chaire a été établi, a connu des
difficultés sérieuses de gestion et d’administration financière en 1999. Etant
donné que le titulaire de la Chaire a été appelé à gérer le processus de
restructuration en tant que Recteur adjoint de l’Université, les activités de
la Chaire ont été de facto suspendues
pour la plus grande partie de l’année. On espère qu’elles pourront être
reprises en l’an 2000.
Bien que le soutien aux Chaires dans le cadre du programme financé par les
Suisses devait se terminer à la fin de l’année 1999, il a été convenu de
reporter la date limite jusqu’à la fin de l’année 2000.
Projet de loi sur
l’organisation du pouvoir judiciaire
Lors de sa 38e réunion plénière, la Commission a examiné les suites
possibles à donner à la demande d’avis de l'Assemblée parlementaire sur le rôle
et le fonctionnement des tribunaux et du Bureau du Procureur en Ukraine. Elle
constate que, pour le moment, il existe plusieurs projets de lois relatifs à
ces questions et qu’il est difficile de dire quel projet pourrait servir comme
base de travail. Compte tenu de la situation
complexe en Ukraine, le processus de réforme est très lent malgré le fait que
les dispositions transitoires de la Constitution fixent un délai de 5 ans pour
réformer le système judiciaire. Plusieurs membres proposent d’attendre que les
projets de lois sur le système judiciaire et la procuratura soient passés en
première lecture.
Lors de sa 40e réunion plénière, la Commission a été informée que le projet
de loi sur l'organisation du pouvoir judiciaire venait d'être reçu. MM. Svoboda, Torfason, Said Pullicino et Mme Suchocka
ont été nommés rapporteurs sur ce projet de loi. Lors de la 41e réunion plénière, la
Commission a examiné les avis rapporteurs et a proposé que le Secrétariat
élabore un rapport de synthèse axé sur les principes généraux et non sur des
questions spécifiques. M. Holovaty a
remercié les rapporteurs de leur travail.
Le texte du rapport consolidé est reproduit dans le Volume II.
La loi sur les élections
parlementaires
Lors de sa 40e réunion plénière, la Commission a été informée que les autorités
ukrainiennes ont demandé une expertise de la loi sur les élections
parlementaires, dont l'adoption était comprise dans les engagements pris par
l'Ukraine lors de son adhésion au Conseil de l'Europe. Ce travail a été confié
à la Commission, qui a demandé deux expertises, de M. Florian Grotz
(Heidelberg) et de M. Michael Krennerich (Hambourg). Les avis ont été transmis aux autorités
ukrainiennes.
* * * * * *
En outre, les séminaires et ateliers suivants se
sont tenus en Ukraine en 1999 :
- Atelier sur « les relations entre
la cour constitutionnelle et le médiateur » (Kyiv, 1er-2
juillet 1999) ;
- Séminaire
sur « l’exécution des décisions de la Cour constitutionnelle » (Kyiv,
28-29 octobre 1999) ;
- Conférence des Secrétaires généraux des
cours constitutionnelles européennes et des instances équivalentes (Kyiv, 25-26
novembre 1999).
Suite à son implication dans la rédaction de différents textes préparés en
vue d'une règlement politique par le Groupe de contact, la Commission a été
invitée à être représentée aux conférences de paix de Rambouillet et de Paris.
M. Scholsem, Président du Groupe de travail de la Commission, a participé à une
partie des négociations, et un membre du secrétariat a été présent durant les deux
conférences, en qualité de conseiller juridique du négociateur de l'Union
européenne, M. l'Ambassadeur Petritsch.
Immédiatement après l'établissement de l'administration de l'UNMIK au
Kosovo, M. Russell, un expert de la Commission de l'Irlande, a pris part aux
premières missions exploratoires au Kosovo et à la rédaction de recommandations
sur l'organisation du pouvoir judiciaire.
Le conseiller juridique de l'UNMIK, M. Anthony Miller, a en outre demandé à
la Commission de commencer à examiner les aspects juridiques de l'établissement
et du fonctionnement d'une Assemblée du Kosovo pendant la période transitoire.
Une équipe des membres du Groupe de travail de la Commission est allée au
Kosovo du 10 au 14 novembre 1999, afin d'obtenir davantage d'informations sur
la situation, ainsi que le point de vue de l'UNMIK et de représentants locaux.
L'étude est en cours.
En outre, à la demande du Représentant Spécial du Secrétaire Général des
Nations -Unies au Kosovo, un Groupe de travail joint de la Commission et de la
Direction des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a été constitué afin de
rédiger, en coopération avec l’unité de soutien pour le Médiateur de la mission
de l’OSCE au Kosovo, le statut d’un médiateur pour le Kosovo. La Commission est
particulièrement satisfaite de l’étroite collaboration qui s’est instaurée dans
ce domaine entre le Groupe de travail et l’OSCE.
Le Groupe de travail s’est réuni pour la première fois, à Pristina en
septembre, en y incluant un échange de vues avec des membres des communautés
locales. Le projet de statut, se concentrant sur les compétences du Médiateur
eu égard aux violations des droits de l’homme et à la mauvaise administration,
a été complété lors de deux réunions supplémentaires à Paris et à Strasbourg.
Le Groupe de travail a particulièrement insisté sur la possibilité pour le
médiateur de faire des recommandations tant à l’administration internationale
au Kosovo qu’aux autorités locales. Le projet de statut a été présenté à
l’UNMIK au mois de novembre. Les travaux continuent en vue de l’adoption du
statut en 2000.
Par ailleurs, le projet de règlement sur les élections municipales préparé
par l'OSCE a été discuté lors d'une réunion à Strasbourg le 20 décembre 1999.
Un représentant du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe a
participé aux discussions.
Lors de sa 41ème réunion plénière, la Commission a eu un échange de vues
avec Mme Magdelena Tovornik, Représentante permanente de la Slovénie auprès du Conseil
de l’Europe concernant le pacte de Stabilité (voir également coopération avec
le Comité des Ministres ci-dessous).
À cet égard, une nouvelle Sous-Commission sur l’Europe du Sud-Est a été
créée et commencera ses travaux en 2000.
Conférence sur "La contribution des dispositions constitutionnelles à
la stabilité de l'Europe du sud-est", Brdo, Slovénie, 29-30 novembre 1999
La conférence internationale sur "La contribution des dispositions
constitutionnelles à la stabilité de l'Europe du sud-est" s'est tenue les
29 et 30 novembre 1999 à Brdo, Slovénie. La Conférence a été co-organisée par
le Ministère des affaires étrangères de la République de Slovénie, la Faculté
de droit de l'Université de Ljubljana et la Commission de Venise. La Conférence
s'est tenue dans le cadre de la table de travail pour la démocratisation et les
droits de l'homme du Pacte de stabilité pour l'Europe du sud-est; elle était
l'une des premières contributions dans le cadre de cette table de travail. Des
représentants des Etats et des organisations internationales, de même que des
experts indépendants, ont participé à la Conférence. M. Bodo Hombach,
coordonateur spécial du Pacte de stabilité pour l'Europe du sud-est, est
intervenu lors de la session d'ouverture de la conférence.
La conférence a traité de deux thèmes principaux, l'efficacité des
standards constitutionnels en matière de droits de l'homme et le cadre
constitutionnel de la répartition des pouvoirs.
En ce qui concerne l'efficacité des standards constitutionnels en matière
de droits de l'homme, il a été affirmé que les standards internationaux en
matière de droits de l'homme doivent être intégrés dans l'ordre juridique
national, mis en œuvre et protégés par les institutions nationales.
L'importance de l'inclusion de droits spécifiques des minorités au niveau le
plus haut, c'est-à-dire au niveau constitutionnel, a été soulignée.
L'intégration des minorités doit être assurée à travers leur implication dans
la prise de décisions à tous les niveaux. La protection des minorités peut être
traitée à travers différents modèles d'autonomie.
Généralement, l'opinion suivante a été exprimée : dans beaucoup de pays, la
situation pratique en matière de droits de l'homme n'est pas conforme aux
standards théoriques. Des différences existent entre les garanties figurant
dans des textes tels que les constitutions et les lois, d'une part, et la
pratique d'autre part. Un certain nombre de propositions générales destinées à
aider à franchir ce fossé entre la situation normative et la situation réelle
ont été identifiées.
Un accent grandissant devrait être mis sur l'instruction, la formation et
des programmes de sensibilisation du public dans le domaine des droits de
l'homme et du droit constitutionnel. De tels efforts devraient viser le public
en général, les juristes et les juges, ainsi que les forces de police et de
sécurité. L'importance de la formation des juges, y compris l'augmentation de
la conscience des standards en matière de droits de l'homme, a été soulignée de
manière répétée. En outre, l'amélioration des moyens à disposition est
nécessaire; par exemple, un meilleur accès aux décisions des tribunaux et à la
documentation juridique doit être assuré. Les Etats, les organisations
internationales et le Pacte de stabilité devraient fournir des contributions
financières pour soutenir le fonctionnement du système judiciaire dans les pays
connaissant des difficultés.
Les discussions ont souligné l'importance de l'examen de la création
d'institutions nationales en matière de droits de l'homme (c'est-à-dire des
mécanismes non judiciaires d'amélioration de la protection des droits de
l'homme), tels que les médiateurs et les commissions des droits de l'homme.
En ce qui concerne le cadre constitutionnel de la répartition des
pouvoirs, la nécessité d'avoir des règles constitutionnelles très précises
sur les pouvoirs des différentes institutions a été soulignée. Sinon, l'ancien
système d'unité du pouvoir risque de revenir de manière rampante à travers les
lacunes des règles actuelles. Une relation équilibrée entre les deux branches
du pouvoir est nécessaire pour une vie politique plus démocratique, responsable
et stable dans ces pays.
Dans ce contexte, les participants ont souligné le rôle important de la
cour constitutionnelle et ont accueilli favorablement la position forte donnée
à de telles cours par les constitutions de la région. De telles cours pourront
cependant jouer pleinement leur rôle seulement si les parlements et les
politiciens en général acceptent comme allant de soi que leurs décisions
doivent être mises en œuvre.
Les participants ont souligné de manière unanime que l'indépendance du
pouvoir judiciaire constitue de nos jours le coeur de la séparation des
pouvoirs. L'indépendance du pouvoir judiciaire est une condition préalable de
la primauté du droit. Les participants ont aussi souligné les conditions
garantissant l'indépendance fonctionnelle du pouvoir judiciaire. Ils ont
mentionné en particulier des questions telles que la durée des fonctions des
juges, leur immunité, l'incompatibilité des fonctions judiciaires et politiques
et, tout particulièrement, l'indépendance économique des juges et l'allocation
de moyens budgétaires suffisants aux tribunaux sur la base de critères
objectifs. Tous les Etats doivent respecter pleinement les standards développés
dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme à cet égard.
En outre, un conseil de la magistrature indépendant, auquel sont réservées
les décisions sur la nomination, la promotion et le transfert des juges ainsi
que les procédures disciplinaires, s'est montré un outil particulièrement
efficace de préservation de l'indépendance du pouvoir judiciaire. Les
participants ont indiqué qu'un tel conseil peut pleinement exercé son rôle
uniquement si sa composition prévoit une représentation adéquate des juges élus
par leurs pairs.
Les participants ont en outre souligné l'importance de l'autonomie locale
pour le développement de la démocratie dans la région. Ils ont accueilli favorablement
le fait que les Etats membres du Conseil de l'Europe situés en Europe du
sud-est ont ratifié la charte européenne de l'autonomie locale et ont appelé à
sa pleine mise en œuvre. Les constitutions devraient faire référence au
principe de l'autonomie locale et il devrait y avoir des limites au contrôle
des municipalités par les instances supérieures. En pratique, l'autonomie
budgétaire des municipalités et l'attribution de fonds adéquats à celle-ci sont
d'une importance particulière.
Les textes de ces avis sont reproduits dans le Volume II.
ALBANIE
- Avis
sur la compatibilité de la peine capitale avec la Constitution albanaise
(CDL-INF (99) 4), adopté par la Commission lors de sa 38e réunion plénière
(Venise, 22-23 mars 1999) ;
BOSNIE-HERZEGOVINE
- Avis
sur l’étendue des compétences de la Bosnie-Herzégovine en matière d’immigration
et d’asile, eu égard notamment à un éventuel partage de compétences avec les
entités (CDL-INF (99) 6), adopté par la Commission lors de sa 38e réunion
plénière (Venise, 22-23 mars 1999) ;
- Avis
sur la répartition des compétences en matière de conclusion et d’exécution des
accords internationaux dans le cadre de la constitution de la
Bosnie-Herzégovine (CDL-INF (99) 9), adopté par la Commission lors de sa 39e
réunion plénière (Venise, 18-19 juin 1999) ;
- Rapport
du Groupe de Travail de la Commission de
Venise et la Direction des Droits de l’Homme sur les institutions de
médiature en Bosnie-Herzégovine (CDL-INF (99) 10), adopté par le Groupe de
Travail lors de sa réunion à Paris le 11 mai 1999 et approuvé par la Commission
lors de sa 39e réunion plénière (Venise, 18-19 juin 1999) ;
- Proposition préliminaire
de restructuration des mécanismes de protection des Droits de l’Homme en Bosnie-Herzégovine
(CDL-INF (99) 12), adopté par la Commission lors de sa 39e réunion plénière
(Venise, 18-19 juin 1999) ;
- Avis sur la réforme du
système de protection judiciaire des Droits de l’Homme en Fédération de
Bosnie-Herzégovine (CDL-INF (99) 16), adopté par la Commission lors de sa 41e
réunion plénière (Venise, 10-11 décembre 1999) ;
BULGARIE
- Avis sur le projet de loi
sur la fonction publique de la République de Bulgarie (CDL (99) 14), adopté par
la Commission lors de sa 38e réunion plénière (Venise, 22-23 mars 1999) ;
- Avis sur la réforme du
système judiciaire en Bulgarie (CDL-INF (99) 5), adopté par la Commission lors
de sa 38e réunion plénière (Venise, 22-23 mars 1999) ;
MOLDOVA
- Avis sur les questions soulevées
quant à la conformité des lois de la République de Moldova sur l’administration
locale et sur l’organisation administrative et territoriale à la législation en
vigueur relative au régime de certaines minorités (CDL-INF (99) 14), adopté par
la Commission lors de sa 40ème réunion plénière (Venise, 15-16 octobre
1999) ;
- Rapport intérimaire sur la
réforme constitutionnelle en République de Moldova (CDL (99) 88), adopté par la
Commission lors de sa 41e réunion plénière (Venise, 10-11 décembre 1999) ;
UKRAINE
- Avis
sur le projet de loi de l’Ukraine sur le système judiciaire (CDL-INF (2000) 5)
établi par le Secrétariat sur la base des observations des Rapporteurs.
Au cours de l’année 1999 des représentants du Comité des Ministres ont
participé à toutes les réunions de la Commission.
À la 38e réunion plénière, la Commission a tenu un échange de vues avec M.
Sten Lundbo, Représentant permanent de la Norvège auprès du Conseil de l'Europe
et Président du groupe de rapporteurs sur les relations entre le Conseil de
l'Europe et l'Union européenne, qui a informé la Commission sur l’avancement
des travaux au sein des réunions quadripartites. La Commission européenne
manifeste un grand intérêt à coopérer avec le Conseil de l’Europe et la
Commission de Venise, particulièrement dans les programmes d’assistance
concernant l’Albanie, la Fédération de Russie, l’Ukraine, les Républiques
transcaucasiennes, ainsi que la promotion des Droits de l’Homme, la lutte
contre la corruption et l’indépendance des médias.
M. Alfred Rüegg, Représentant permanent de la Suisse auprès du Conseil de
l'Europe, a également participé à la 38e réunion plénière, et a souligné que le
Comité des Ministres apprécie le caractère impartial du travail fait par la
Commission. En même temps, la Commission de Venise est parmi les organes du
Conseil de l’Europe qui promeuvent les valeurs de cette organisation bien
au-delà des frontières de l’Europe. Il affirme que le Comité de Ministres est
en train d’examiner les moyens par lesquels la flexibilité de cet organisme
pourrait être maintenant développée. En ce qui concerne la Suisse, M. Rüegg
rappelle qu’elle soutient financièrement le programme de coopération entre la
Commission et l’Afrique du Sud et que le gouvernement de son pays serait prêt à
continuer son soutien à ce programme dans l’avenir.
Lors de la 39e réunion plénière, M. Josef Wolf, Représentant permanent du
Liechtenstein auprès du Conseil de l'Europe, informe les participants que le
Comité de Ministres a étudié le rapport annuel de la Commission de Venise avec
beaucoup d’intérêt. Ce document a eu des échos très positifs au sein du Comité
de Ministres. M. Wolf estime que le travail de la Commission doit être plus
médiatisé. Il se félicite du fait que la contribution volontaire de 100 000 FF
du Liechtenstein a aidé à couvrir les frais de voyage de membres de l’Europe
centrale et orientale, car une participation pan-européenne aux travaux de la
Commission est essentielle. M. Wolf informe les participants sur les activités
dans le domaine des mesures de confiance.
À la même réunion, M. Olexandre Koupchyshyn, Représentant permanent de
l’Ukraine auprès du Conseil de l'Europe et Président du groupe de rapporteurs
sur la coopération juridique a souligné que la coopération juridique est un des
domaines prioritaires du Conseil de l’Europe. Il a informé la Commission sur la
restructuration du Conseil de l’Europe suite au rapport du Comité des Sages. Le
groupe de rapporteurs sur la coopération juridique travaille actuellement sur
plusieurs sujets d’importance majeure dont la question de l’autorité qui sera
chargée d’interpréter les Conventions du Conseil de l’Europe, les relations
entre le Comité des Ministres et l’Assemblée Parlementaire, le code de conduite
européen portant sur la vente des armes et la coopération juridique avec les
Etats non-européens.
M. Koupchyshyn a également informé la Commission de la situation en Ukraine
et notamment des problèmes du respect par son pays des engagements pris au
moment de l’adhésion au Conseil de l’Europe. Il a souligné l’importance que
donne son pays à la coopération avec la Commission de Venise.
Lors de sa 40e réunion plénière, la Commission a tenu un échange de vues
avec M. Sveinn Bjornsson, Représentant permanent de l'Islande auprès du Conseil
de l'Europe et Président des Délégués des Ministres, Justin Harman, Représentant
permanent de l'Irlande auprès du Conseil de l'Europe, et Igor Grexa, Chargé
d'affaires a.i. de la Slovaquie auprès du Conseil de l'Europe.
M. Sveinn Bjornsson a fait une brève présentation de l'activité de la Présidence
islandaise. La stabilité en Europe est l'un des objectifs principaux de la
Présidence islandaise. Le Conseil de l'Europe participe pleinement aux
développements en Europe du sud-est notamment après l’établissement du Pacte de
Stabilité de l’Union européenne; ainsi, il a été représenté au sommet de
Sarajevo à fin juillet.
C’est au cours de la Présidence islandaise que le Comité des Ministres a eu
l’occasion d’accueillir M. Walter Schwimmer, nouveau Secrétaire Général du
Conseil de l’Europe.
Les domaines d'activité principaux du Conseil de l'Europe sont les droits
de l'homme et l'Etat de droit; ce sont des domaines où la Commission de Venise
joue un rôle particulièrement important. M. Bjornsson a souligné que le travail
de la Commission fait l'objet d'une appréciation unanime au sein du Comité des
Ministres.
M. Harman, qui présidera les Délégués des Ministres à partir du mois de
novembre, indique que la Présidence irlandaise souhaitera une coopération
étroite avec la Commission, notamment en ce qui concerne la préparation de la
conférence UniDem de Dublin. Il a fait également une brève présentation des
activités prévues pendant la Présidence irlandaise.
Les relations avec l'Union européenne seront importantes dans le cadre du
développement du rôle futur du Conseil de l'Europe. Le projet de Charte des
droits fondamentaux a été discuté actuellement lors du sommet de Tempere, mais
un certain nombre de décisions relatives à la Charte n'ont pas encore été
prises. Le Comité des Ministres souhaite que cette Charte n'entraîne pas une
duplication ou un rôle plus réduit de la Convention européenne des droits de
l'homme.
M. Grexa a indiqué que les travaux de la Commission sont bien connus par le
Comité des Ministres, mais qu'il conviendrait d'accroître la diffusion de
l'information à l'extérieur. Aujourd’hui, il n’est en effet plus possible de
s’occuper de la démocratie au seul niveau national, ni même de se limiter au
niveau régional sans s’intéresser aux autres régions du monde.
Lors de sa 41è réunion plénière, la Commission a tenu un échange de vues
avec Mme Magdelena Tovornik, Représentante Permanente de la Slovénie auprès du
Conseil de l’Europe qui a confirmé le soutien du Comité des Ministres aux
travaux de la Commission de Venise.
Elle a mentionné les deux activités que la Slovénie a récemment
accueillies, à savoir un séminaire UniDem sur «les sociétés en conflit, la
contribution du droit et de la démocratie au règlement des conflits» qui a eu
lieu à Bled et une conférence internationale sur «la contribution des
dispositions constitutionnelles à la stabilité en Europe du Sud-Est» qui a eu
lieu à Brdo. Elle a souligné que la conférence devra faire l'objet d'un suivi
et indique que le rôle de la Commission à cet égard sera important (voir point
Pacte de Stabilité ci-dessus).
M. Jacques Warin, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de
l’Europe a également participé à la 41e réunion plénière, et a informé la
Commission des activités du Groupe de travail du Comité des Ministres sur la
politique d’information. Il note que ce groupe est particulièrement attentif au
problème de l’élaboration d’une politique d’information efficace au Conseil de
l’Europe en général et présente les dernières propositions du groupe.
M. Warin est d'avis que la Commission pourrait également améliorer la
visibilité de ses travaux, par exemple en publiant régulièrement un journal
spécial décrivant ses activités et en créant un site Internet où la plupart de
ses documents seraient mis à la disposition du public. Il invite également la
Commission à examiner la possibilité de désigner un porte‑parole qui
pourrait informer la presse et le grand public des travaux de la Commission.
Tout au long de l’année 1999, la Commission a poursuivi et même renforcé sa
coopération avec l’Assemblée parlementaire.
Des représentants de l’Assemblée parlementaire ont participé à toutes
les réunions plénières de la Commission.
Lors de sa 38e réunion plénière, la Commission a eu un échange de vues avec
Lord Russell-Johnston, Président de l’Assemblée parlementaire. Celui-ci a souligné le respect et la
reconnaissance de l’Assemblée parlementaire pour le travail de la Commission de
Venise, travail qui est très souvent extrêmement difficile, mais toujours d’une
valeur inestimable. Il a également souligné qu’il y a un grand nombre des
points de l’ordre du jour de la 38e réunion de la Commission qui se rapprochent
des sujets abordés par le bureau de l’Assemblée Parlementaire. La Bosnie-Herzégovine
est un de ces sujets. Il exprime sa préoccupation pour la situation en
Republika Srpska et informe la Commission qu’une délégation de l’Assemblée se
rendra en Bosnie- Herzégovine. Il évoque également le Kosovo, qui fait l’objet
des préoccupations de toute la communauté internationale. Tout en regrettant
l’absence de développements positifs dans les négociations entre les parties,
le Président de l’Assemblée Parlementaire remercie la Commission et son équipe
d’experts pour le remarquable travail qu’ils ont fait à Rambouillet et à
Paris. Il considère que la Commission
doit rester un organe impartial et indépendant et que, suite au rapport du
Comité des Sages son rôle doit être réaffirmé.
En réponse, M. La Pergola a souligné qu’il existe une coopération très
active entre la Commission de Venise et l’Assemblée Parlementaire. La
Commission, en tant qu’organe indépendant comprenant des juristes éminents des
pays membres, joue un rôle important en aidant les Etats membres et candidats à
affirmer les principes de l’Etat de droit et dans la promotion des valeurs du
Conseil de l’Europe non seulement en Europe mais également au-delà du
continent. Suite au rapport du Comité des Sages du Conseil de l’Europe, qui a
reconnu l’importance et la qualité du travail accompli par la Commission, ce
rôle doit être davantage affirmé.
Encore une fois, le nombre de demandes d’avis adressées à la Commission par
l’Assemblée a augmenté. La Commission a
coopéré avec l’Assemblée parlementaire notamment sur les questions
suivantes :
- Avis
sur la compatibilité de la peine capitale avec la Constitution albanaise
- Loi
sur la fonction publique de la Bulgarie
- Loi
sur le système judiciaire en Bulgarie
- Coopération
avec la Croatie, révision de la loi constitutionnelle sur les droits de l’homme
et droits des minorités nationales
- Questions
soulevées quant à la conformité des lois de la République de Moldova sur
l’administration locale et sur l’organisation administrative et territoriale à
la législation en vigueur relative au régime de certaines minorités
- Réforme
constitutionnelle en Moldova
- Loi
de l’Ukraine sur le système judiciaire
- Loi
de l’Ukraine sur le Bureau du Procureur
En outre, les rapports suivants, qui ont été élaborés à la demande le
l’Assemblée, ont été adoptés par la Commission au cours de l’année 1999 :
- L’autodétermination
et la sécession en droit constitutionnel
- Lignes
directrices sur l’interdiction et la dissolution des partis politiques et les
mesures analogues
Tout au long de l’année, la Commission a été informée du progrès des
travaux de la Commission des affaires juridiques et des droits de l'homme de
l’A.P., notamment en ce qui concerne l’abolition de la peine de mort, des
demandes d'adhésion au Conseil de l’Europe et l'application des conventions
internationales dans le domaine des droits de l'homme. La Commission a pris
note des travaux menés au sein de l’Assemblée parlementaire et, lors de sa 41e
réunion plénière, a décidé de procéder à
une étude sur l’exécution des décisions des cours constitutionnelles, en
particulier de celles des cours constitutionnelles récemment créées en Europe
centrale et orientale.
La coopération avec le CPLRE s’est poursuivie en
1999, notamment en ce qui concerne l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la
Croatie, la Moldova, la situation au Kosovo ainsi que l’étude sur le
financement des partis politiques.
L’étude de la Commission sur les entités fédérées et régionales et les
traités internationaux s’inscrit parallèlement aux travaux du Congrès sur les
régions à pouvoir législatif. En 1999 des représentants du Congrès ont
participé à toutes les réunions plénières de la Commission.
Lors de sa 38e réunion plénière, la Commission a
eu un échange de vues avec M. R. Alomar, Gouverneur de la Banque, qui a exposé
les activités de la Banque et les possibilités de coopération future entre la
Commission et la Banque de développement. La Banque est un des plus
anciens accords partiels au sein du Conseil de l’Europe et, en tant
qu’organisme autonome, a la possibilité d’agir comme une banque multilatérale à
forte vocation sociale. Sur le plan financier elle est complètement
indépendante du Conseil de l’Europe. Ces dernières années, la Banque s’est
élargie et compte à présent 34 pays membres.
La tâche principale de la Banque est d’accorder des prêts. À l’origine,
l’objectif principal de la Banque était le retour des réfugiés. À présent, le
champ d’action du Fonds est plus large et comprends les domaines de la santé,
du patrimoine historique, de l’éducation, de la lutte contre le chômage et
différents projets des différentes autorités locales des pays membres. La
Banque ne reçoit pas de contributions des Etats et a une très bonne cotation
sur les marchés mondiaux.
Les priorités de la Banque comprennent la lutte contre le chômage et
intensifie son action dans les pays de l’Europe centrale et orientale.
La Banque a actuellement un bilan de 12 milliards d’Euros. Son bénéfice sur
les marchés mondiaux de capitaux en 1999 est estimé à 2,5 - 3 milliards d’Euros
et son capital de garantie s’élève à 1,1 milliards.
Les principaux « clients » du Fonds sont les gouvernements, les
collectivités locales et des organismes de financement publics ou privés.
Le Fonds ne donne pas des subventions
mais accorde des prêts à un taux avantageux.
M. Alomar estime que la Banque et la Commission ont beaucoup de choses en
commun et qu’il est temps d’établir une coopération plus étroite entre les deux
institutions. Il pense que les deux organismes contribuent à la démocratisation
en Europe car il y a un lien étroit entre la stabilité économique et la
stabilité démocratique. La Banque est particulièrement intéressée à travailler
dans les domaines des droits sociaux, des minorités nationales et des réfugiés.
La Commission a exprimé son souhait d’approfondir sa coopération avec la
Banque.
Lors de sa 38e réunion plénière (Venise, 22-23 mars 1999), la Commission a
eu un échange de vues avec M. Angel Vinas, Directeur à la DGIa de la Commission
européenne. La Commission européenne est
très intéressée à continuer sa coopération avec la Commission de Venise, dont
le programme d’activités pour 1999 rentre tout à fait dans le champ d’action de
la Commission européenne.
Un cadre pour un programme commun, « pour renforcer la
démocratie et le développement constitutionnel dans l’Europe centrale et
orientale et la CEI » a été élaboré et sera mis en œuvre en 2000.
La Commission européenne a participé activement
aux travaux de la Commission de Venise et a été représentée à la plupart des
réunions plénières au cours de l’année 1999.
La coopération avec l’OSCE et avec l'ODIHR s'est
également poursuivie. Des représentants de ces organisations ont participé à
beaucoup de réunions, séminaires et Conférences organisés par la Commission au
cours de 1999
1. Les lignes directrices sur
l’interdiction et la dissolution des parties politiques et mesures analogues
À la demande du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, la Commission a
entrepris une étude sur l’interdiction des partis politiques et les mesures
analogues.
Les Etats qui participent aux travaux de la Commission de Venise ont été invités
à répondre à un questionnaire relatif à l’interdiction des partis politiques et
portant sur l’existence de règles interdisant les partis politiques ou
permettant des mesures analogues afin d’étudier la situation actuelle dans les
différents pays. 40 pays ont contribué à cette étude.
L’étude a relevé un certain nombre de points communs :
dans tous les pays, l’activité des partis politiques est garantie par la
liberté d’association ;
plusieurs pays qui ont répondu au questionnaire disposent des mécanismes
permettant de sanctionner les partis qui ne respectent pas un certain nombre
des règles, ce qui peut conduire à leur interdiction ou dissolution ;
les procédures d’imposition des restrictions sur les activités des partis
politiques montrent le souci des autorités de respecter le principe de la
liberté d’association.
La Commission a adopté le rapport relatif à l’interdiction des partis
politiques et aux mesures analogues (CDL-INF (98) 14) lors de sa 35e réunion
plénière à Venise, les 12-13 juin 1998. Ce rapport a
constitué une bonne base pour continuer l’examen de cette question. La commission a décidé de continuer l’étude
de ce problème afin d’élaborer des lignes directrices en la matière et a nommé
des rapporteurs.
Le projet de lignes directrices sur l’interdiction des partis politiques a
été examiné par la sous-commission des institutions démocratiques lors de sa
réunion du 17 juin 1999. Les membres de la sous-commission ont
apporté un certain nombre de modifications au texte élaboré par M. Alexandru
Farcas et révisé par le secrétariat en fonction des commentaires formulés par
MM. Kaarlo Tuori et Joseph Said Pullicino. En outre, le secrétariat a
été invité à rédiger un rapport explicatif concernant ces lignes directrices.
La Sous-commission sur les institutions démocratiques a examiné le projet
des lignes directrices sur l’interdiction des partis politiques et les mesures
analogues et le rapport explicatif lors de sa réunion à Venise le 9 décembre
1999, et a décidé de les soumettre à la session plénière. Lors de sa 41e
réunion plénière, la Commission a adopté les deux documents et a décidé de les
transmettre à l’Assemblée Parlementaire et au Secrétaire Général du Conseil de
l’Europe.
A N N E X E
Les lignes directrices de la Commission sur l’interdiction des partis
politiques et les mesures analogues se lisent ainsi :
« La Commission de
Venise :
S’étant engagée à promouvoir les principes fondamentaux de la démocratie,
de l’Etat de droit et de la protection des droits de l’Homme, dans un contexte
d’amélioration de la sécurité démocratique pour tous, dans tous les domaines
d’intervention du Conseil de l’Europe ;
Prenant en considération le rôle essentiel des partis politiques dans toute
démocratie, considérant que la liberté d’opinion politique et la liberté
d’association, y compris la liberté d’association politique, sont des Droits de
l’Homme fondamentaux protégés par la Convention européenne des Droits de
l’Homme et sont des éléments primordiaux pour toute véritable démocratie telle
qu’envisagée par le Statut du Conseil de l’Europe ;
Attachant une attention particulière à la pratique des Etats dans le
domaine de la protection (et de l’organisation) d’exercice du droit à la
liberté d’association et à la liberté d’expression ;
Souscrivant au principe que ces droits ne peuvent faire l’objet de
restrictions autrement que par une décision d’une juridiction compétente dans
le plein respect du principe de l’Etat de droit et du droit à un procès
équitable ;
Reconnaissant le besoin de promouvoir davantage les normes futures dans ce
domaine, s’appuyant sur les dispositions de la Convention européenne des Droits
de l’Homme et sur les valeurs du patrimoine juridique européen ;
À adopté les lignes directrices suivantes :
1. Les Etats reconnaissent que
chacun a le droit de s’associer librement à un parti politique. Ce droit
comprend la liberté d’avoir des opinions politiques et de recevoir et
transmettre de l’information sans interférence de la part des autorités publiques
et sans se soucier des frontières. L’exigence d’enregistrer les partis
politiques ne sera pas, en tant que telle, considérée comme violant ce droit.
2. Toutes restrictions à
l’exercice des droits de l’homme fondamentaux mentionnés ci-dessus à travers
l’activité des partis politiques, doivent être conformes aux dispositions de la
Convention européenne des Droits de l’Homme et autres traités internationaux,
en période normale mais aussi dans les cas d’urgence nationale.
3. L’interdiction ou la dissolution
forcée de partis politiques ne peuvent se justifier que dans le cas où les
partis prônent l’utilisation de la violence ou l’utilisent comme un moyen
politique pour faire renverser l’ordre constitutionnel démocratique, mettant en
danger de ce fait les droits et libertés protégés par la constitution.
4. Un parti politique, en tant
que tel, ne peut pas être tenu responsable de la conduite de ses membres qui
n’aurait pas été autorisée par le parti à l’intérieur du cadre politique/public
et des activités du parti.
5. L’interdiction ou la
dissolution de partis politiques, comme mesure particulière à portée
considérable, doivent être utilisées avec la plus grande retenue. Avant de
demander à la juridiction compétente d’interdire ou de dissoudre un parti, les
gouvernements ou autres organes de l’Etat doivent établir - au regard de la
situation dans le pays concerné - si le parti représente réellement un danger
pour l’ordre politique libre et démocratique ou pour les droits des individus,
et si d’autres mesures moins radicales peuvent prévenir ledit danger.
6. Les mesures juridiques
prises pour interdire ou faire respecter la dissolution de partis politiques
doivent être la conséquence d’une décision judiciaire d’inconstitutionnalité et
doivent être considérées comme exceptionnelles et réglementées par le principe
de proportionnalité. Toutes ces mesures doivent s’appuyer sur des preuves
suffisantes que le parti en lui-même - et pas seulement ses membres individuels
- poursuit des objectifs politiques en utilisant (ou est prêt à les utiliser)
des moyens inconstitutionnels.
7. L’interdiction ou la
dissolution d’un parti politique doivent être réservées à la Cour
constitutionnelle ou à une autre juridiction appropriée par une procédure
offrant toutes les garanties de procédure, d’ouverture et de procès
équitable.
Lors de sa 41e réunion plénière, la Commission a adopté son rapport sur
l’autodétermination et la sécession et a décidé de le transmettre à l’Assemblée
parlementaire.
L'Assemblée parlementaire travaille depuis plusieurs années sur la question
de l'autodétermination et de la sécession. Un rapport a ainsi été élaboré en
1996 sur le sujet par le Centre pour les droits de l'homme de Bucarest en
coordination avec le rapporteur, M. Severin. Ce texte a mis l'accent sur les
questions de droit international. En juin 1999, la Commission des questions
politiques a décidé de consulter la Commission de Venise, en particulier en vue
d’une analyse des dispositions constitutionnelles en la matière.
Le rapport de la Commission rappelle le contexte de ce thème dans les Etats
membres du Conseil de l’Europe. Il est
rappelé que la dernière décennie a été caractérisée en Europe, c'est une
évidence, par des changements politiques considérables et de nature très
diverse.
a. Le processus de
construction européenne a été marqué simultanément par son approfondissement et
son élargissement. L'Acte unique européen, puis les traités de Maastricht et
d'Amsterdam ont conduit à l'estompement progressif non seulement des frontières
nationales, mais aussi des souverainetés nationales. En même temps, le nombre
d'Etats concernés, actuellement ou potentiellement, par l'intégration
européenne, a fortement augmenté.
b. Tout aussi progressivement,
l'amenuisement des compétences de l'Etat s'est effectuée non seulement vers le
haut, mais aussi - en son sein - vers le bas, par le transfert de certaines de
ses compétences à des entités inférieures (régions, collectivités publiques
décentralisées).
c. Dans le même temps, mais de
manière beaucoup plus rapide, la démocratie et la primauté du droit ont fait
des pas de géant dans un grand nombre d'Etats, après l'effondrement du monde
bipolaire.
d. Simultanément à ces
développements relativement sans heurts, un processus d'affirmation nationale
s'est développé d'une manière inconnue depuis longtemps sur notre continent;
une souveraineté nationale excluant tout partage de compétences avec des
instances supérieures ou inférieures a été recherchée ou proclamée, en
particulier dans des Etats nés d'une sécession; les Etats-nations se sont
multipliés d'une manière inégalée en un temps si limité. Après plus de quarante
ans de statu quo presque complet, de
nouvelles frontières ont été érigées, alors qu’elles disparaissaient ailleurs.
Ce mouvement, qui a conduit à la dissolution de trois Etats fédéraux, s'il a eu
un caractère pacifique dans le cas de la Tchécoslovaquie, s'est manifesté de
manière tragique et sanglante dans celui de la Yougoslavie et, dans une bien
moindre mesure, dans celui de l'Union soviétique; il est à noter que les
constitutions de ce deux derniers Etats contenaient des dispositions relatives
à la sécession des Républiques.
En outre, la Commission a souligné que l'autodétermination
est régie avant tout par le droit international. Les définitions et les notions
générales de droit international public en la matière figurent dans la note
soumise à la Commission des questions politiques de l’Assemblée parlementaire.
L'objet du présent rapport est par contre d'étudier la question de
l'autodétermination et de la sécession en droit constitutionnel. Le présent
rapport ne reviendra pas sur les règles de droit international, même si elles
ont validité immédiate dans le droit interne des Etats. Le rapport se fondera
sur les sources constitutionnelles nationales, plus précisément sur les
constitutions et lois constitutionnelles, ainsi que sur les décisions des cours
constitutionnelles et instances équivalentes. Les Etats pris en considération
ici sont les Etats membres du Conseil de l'Europe, auxquels s'ajoutent les
Etats candidats, ainsi que l'Afrique du Sud et le Kirghizistan, du fait de leur
statut particulier auprès de la Commission de Venise.
En conclusion le rapport confirme l'une de ses prémisses: en général, comme
norme fondamentale de l'Etat, la constitution est opposée à la sécession. Elle
insiste au contraire sur des notions telles que l'intégrité territoriale,
l'indivisibilité de l'Etat ou l'unité nationale. Dans certains cas, ces
principes permettent des restrictions aux droits fondamentaux. Comme l'indique
la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l'Homme, de telles
restrictions doivent toutefois être conformes au principe de la
proportionnalité, et donc n'intervenir que dans les cas les plus graves.
Le terme d'autodétermination, contrairement à celui de sécession, est loin
d'être étranger au droit constitutionnel. Cependant, il n'existe pas, en droit
constitutionnel, de reconnaissance générale du droit à l'autodétermination, ni
de définition commune de ses titulaires ou de son contenu. En outre, les
constitutions étudiées, lorsqu'elles reconnaissent le droit à
l'autodétermination, ne traitent pas de la procédure qui permet de le mettre en
œuvre. Des règles de procédure n'existent que pour la modification des limites
territoriales à l'intérieur de l'Etat, qui n'est pas reconnue explicitement
comme une forme du droit à l'autodétermination.
Le terme d'autodétermination, en droit constitutionnel, peut se référer,
notamment:
- à
la décolonisation, dans les rares cas où cette question se pose encore;
- au
droit à l'indépendance d'un Etat déjà constitué;
- au
droit des peuples de déterminer librement leur statut politique et
l'orientation de leur développement à l'intérieur des frontières de l'Etat
(autodétermination interne).
L'autodétermination interne peut s'exprimer par l'affirmation de certains
droits fondamentaux revêtant un caractère collectif, notamment en matière culturelle,
ou encore par le fédéralisme, le régionalisme, ou d'autres formes d'autonomie
locale. En particulier, la création de collectivités publiques - et notamment
d'entités fédérées - et la modification de leurs limites peuvent constituer une
forme d'autodétermination. Une telle compréhension large de l'aspect interne de
l'autodétermination vise à éviter des conflits qui pourraient comporter un
risque de sécession.
En bref, si la sécession est très généralement étrangère au droit
constitutionnel, l'autodétermination, comprise avant tout sous son aspect
interne, est par contre un élément souvent retenu, mais qui doit être dissocié
de la sécession.
Lors de sa 41è réunion plénière, la Commission a adopté son rapport sur les
entités fédérées et régionales et les traités internationaux (CDL-INF (2000) 3)
et a décidé de la transmettre à la Chambre des régions du Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux de l'Europe.
Ce rapport, qui a été établi à la base des réponses à un questionnaire
reçues de la part de 13 Etats,
met l’accent sur les éléments principaux de ces réponses, qui font également
l'objet d'un tableau comparatif diffusé en simultanément. L'étude de la Commission
s'inscrit parallèlement aux travaux du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux
de l'Europe sur les régions à pouvoir législatif.
Le rapport de la Commission rappelle que le continent européen vit
actuellement des mutations de caractère à la fois centrifuge et centripète. Un
mouvement tendant à accorder davantage de compétences aux collectivités
publiques inférieures à l'Etat et, plus spécifiquement, le développement du
fédéralisme et du régionalisme, coïncide avec le développement de la construction
européenne. Dans ce contexte de multiplication des niveaux de pouvoir, la répartition des compétences devient une
question toujours plus fondamentale du droit constitutionnel.
Parallèlement, les relations
internationales acquièrent une importance toujours plus grande. Les confier
uniquement à l'Etat central, conformément à une tendance traditionnelle, a un
effet beaucoup plus centralisateur aujourd'hui qu'il y a encore un demi-siècle.
En outre, la coopération transfrontalière se développe et nécessite le
règlement de certaines questions à un niveau à la fois international et
infra-étatique.
C'est pourquoi, la question de la répartition
des compétences dans le domaine des relations internationales a aujourd'hui
acquis une importance nouvelle et se pose dans tous les Etats fédéraux,
régionaux ou comportant une région autonome. De manière classique, elle
concerne tout d'abord les traités internationaux, auxquels la plus grande
partie du rapport sera consacrée. Celui-ci examinera donc d'abord la
répartition des compétences conventionnelles (ou compétences matérielles) entre
Etat central et entités, puis celle des compétences formelles, avant de
s'intéresser aux exemples concrets de traités des entités. Cependant, la
participation des entités au processus conventionnel ne concerne pas que leurs
propres traités, mais aussi les traités de l'Etat central: les entités peuvent
être appelées à participer au processus préalable à leur conclusion, en étant
consultées voire en intervenant dans la négociation; en outre, elles peuvent
être amenées à adopter leurs dispositions d'exécution ou même à les incorporer.
Outre l'aspect conventionnel, le rapport s'intéressera à la participation des
entités aux activités des organisations internationales et supranationales, qui
revêt une importance toujours plus grande, avant d'aborder très brièvement les questions spécifiques de la
délégation des compétences conventionnelles et du règlement des différends
relatifs aux traités des entités.
Les conclusions suivantes ont été formulées :
La participation des entités fédérées et régionales aux relations
internationales, et tout particulièrement aux relations conventionnelles, a un
caractère toujours plus actuel du fait du développement des relations
internationales aussi bien que de l'évolution du partage des compétences en
faveur de l'accroissement des responsabilités internationales des Etats fédérés
et des régions. Les solutions nationales sont cependant très diverses, et vont
de la concentration des questions internationales au niveau de l'Etat central
au parallélisme des compétences internes et internationales. En outre, en
dehors de la conclusion de leurs propres traités, les entités interviennent
aussi lors de l'élaboration ou de la mise en œuvre des traités de l'Etat
central. Lorsque cette intervention peut avoir lieu à titre préalable, elle
prend la forme d'une consultation ou, plus rarement, d'une participation aux
négociations; la participation à la mise en œuvre des traités dépend en général
du partage des compétences: elle joue un rôle évidemment plus important dans
les Etats de tradition dualiste, où une incorporation est toujours nécessaire,
que dans les Etats monistes, où des dispositions d'exécution doivent être
adoptées pour les seuls traités dépourvus d'applicabilité directe. Quant à la
participation aux organisations internationales, elle est moins développée que
la participation aux organisations supranationales: en effet, ces dernières
disposent de véritables pouvoirs législatifs et il est vital pour les entités
de participer au processus de décision communautaire.
Le débat sur la répartition des compétences, particulièrement important
dans les Etats considérés, ne peut donc plus s'affranchir de la dimension
internationale.
Lors de sa 41è réunion plénière, la Commission a adopté son rapport sur le
droit électoral et les minorités nationales.
Ce rapport est l'aboutissement des travaux sur la participation des
personnes appartenant à des minorités à la vie publique, basés sur le
questionnaire sur ce thème et concerne la première partie du questionnaire,
relative au droit électoral. Il aborde les questions de droit électoral qui se
posent pour les minorités nationales, tout en accordant de l'importance aux
thèmes généraux du droit électoral qui sont indissociables de toute étude sur
la question. Du fait de la situation spécifique de chaque minorité, il est très
difficile d'élaborer des principes généraux et des recommandations.
Depuis une dizaine d'années et les bouleversements intervenus en Europe, la
protection des minorités est redevenue l'une des préoccupations majeures des
publicistes européens. Loin d'être un sujet académique réservé aux spécialistes
du droit constitutionnel et de la science politique, elle est un élément
central du débat politique et de la réalisation des trois principes
fondamentaux du patrimoine constitutionnel européen sur lesquels est basé le
Conseil de l'Europe : la démocratie, les droits de l'homme et la primauté
du droit.
La participation des personnes appartenant à des minorités aux divers
aspects de la vie en société est un élément important de leur intégration et de
la prévention des conflits. Cela vaut tout particulièrement pour ce qu'il est
convenu d'appeler la vie publique, c'est-à-dire la participation aux organes de
l'Etat.
Le rapport concerne l'élément central de la vie publique, la participation
aux organes élus de l'Etat, et tout particulièrement au Parlement national.
Cette participation est examinée au travers du droit électoral, et des
possibilités qu'il offre aux personnes appartenant à des minorités nationales
d'être présentes dans les organes élus.
1. Les règles du droit
électoral relatives à une représentation spéciale des minorités sont
l'exception. Elles seront brièvement présentées dans une première partie.
2. Le plus souvent, la
représentation des minorités dans l'organe élu est au contraire assurée par
l'application des règles générales du droit électoral, qui traitent de la même manière
les personnes appartenant à des minorités nationales et les autres.
Parmi ces règles générales, il n'est
pas toujours facile d'identifier celles qui favorisent ou, à l'inverse, rendent
plus difficile la représentation des minorités, et cela pour plusieurs
raisons.
a. En premier lieu, la
corrélation entre système électoral et composition des organes élus, en dehors
des aspects purement mathématiques, est l'une des questions les plus
controversées en science politique. La diversité des situations des différents
Etats ne permet en effet pas de dégager des règles détaillées qui puissent
s'appliquer de manière universelle. En outre, la portée des comparaisons
internationales doit être relativisée par l'intervention d'autres éléments que
la formule mathématique de conversion des voix en mandats, tels que la
possibilité pour l'électeur d'opérer des choix parmi les candidats d'une ou de
plusieurs listes. Le nombre de sièges par circonscription, bien que ne relevant
pas du système électoral au sens étroit, joue également un rôle déterminant.
b. En deuxième lieu, dans la
plupart des Etats qui ont répondu au questionnaire, il n'existe pas de données
précises sur la présence de personnes appartenant à des minorités dans les
organes élus. En l'absence de telles données, il est très difficile de savoir
si le système électoral tend à conduire à une sous-représentation ou, au
contraire, à une sur-représentation de la minorité dans l'organe élu.
c. En troisième lieu, il n’est
souvent pas facile d'établir si une règle a ou non pour but d'assurer ou de
renforcer la représentation des minorités (ou, au contraire, de l'affaiblir).
D'abord, un tel objectif n'est pas forcément explicite. Ensuite, la
représentation des minorités nationales, même si elle est voulue, n'est pas
forcément l'objectif principal d'une législation, en particulier dans les Etats
où il n'existe pas de minorités importantes. Ainsi, un système électoral
fortement proportionnel, qui vise à garantir la représentation des groupes
politiques peu importants, peut avoir pour objectif accessoire la
représentation des minorités nationales. Enfin, même si cela peut apparaître
paradoxal, lorsqu'un système électoral assure la représentation des minorités
de manière satisfaisante pour celles-ci, la question n'est pas brûlante, et il
n'est donc pas indispensable de se demander si la législation tend à assurer la
représentation des minorités. Par conséquent, le présent rapport ne distinguera
pas, parmi les règles générales du droit électoral, celles qui ont simplement
pour effet et celles qui ont pour objet d'assurer la protection des minorités.
d. Les règles sur la
conversion des voix en sièges, et notamment les règles de caractère
mathématique, dont la portée est la plus universelle, s'appliquent avant tout
aux partis politiques. Elles ne concernent jamais directement une minorité
nationale. Leur portée pour la représentation des minorités nationales dépend
donc grandement de la corrélation entre les minorités nationales et les partis
politiques ou, du moins, les groupements politiques. Ces règles concernent les
minorités nationales avant tout lorsqu'il existe des partis ou d'autres
organisations spécifiques aux minorités, qui présentent leurs propres
listes ; cela ne préjuge évidemment pas de la question de savoir dans
quelle mesure les électeurs de la minorité, voire de la majorité, votent pour
ces partis. En l'absence de telles listes, il peut exister un lien entre le
système électoral et la représentation des minorités lorsque l'appartenance à
une minorité est un critère décisif dans le vote des citoyens.
Les conclusions suivantes ont été formulées :
Les très nombreuses variantes des systèmes électoraux ont alimenté et
continueront d'alimenter des générations de juristes, de politologues et de
mathématiciens. Certes, elles ne conduisent pas sans exception à garantir une
représentation équitable des minorités nationales, mais la principale
conclusion qui peut être tirée des développements qui précèdent est qu'il
n'existe pas de règle absolue en la matière. En effet, le système électoral
n'est qu'un des facteurs de la présence des personnes appartenant à des
minorités dans l'organe élu. Celle-ci est influencée par d'autres éléments,
tels que les choix des candidats opérés par les partis politiques et,
évidemment, les choix des électeurs, qui ne dépendent que partiellement du
système électoral. Le caractère concentré ou dispersé de la minorité peut
également jouer un rôle, tout comme sa plus ou moins grande intégration dans la
société, et surtout son importance numérique.
Cela dit, le système électoral n'est tout de même pas sans effet sur la
participation des personnes appartenant à des minorités à la vie publique.
D'une part, certains Etats - mais ils sont peu nombreux - prévoient des règles
spécifiques destinées à assurer une telle participation. D'autre part, il
arrive que des règles neutres - par exemple en matière de découpage des
circonscriptions - soient appliquées dans le but de faciliter la représentation
des minorités. Le plus souvent cependant, la représentation des minorités n'est
pas un élément déterminant des choix opérés lors de l'adoption d'un système
électoral ou même de sa mise en œuvre concrète. En ce qui concerne la présence
des personnes appartenant à des minorités dans les organes élus, il est toutefois
possible de faire les remarques générales suivantes :
- L'effet
d'un système électoral sur la représentation des minorités se fait le plus
clairement sentir lorsqu'il existe des partis spécifiques aux minorités
nationales.
- L'interdiction
des partis politiques des minorités nationales est peu fréquente de jure, et exceptionnelle de facto. Ce n'est que dans de très
rares cas qu'elle constitue une restriction de la liberté d'association
proportionnée, conforme au patrimoine constitutionnel européen.
- Si
les partis des minorités nationales sont très généralement autorisés, leur
existence n'est pas la règle, ni n'est indispensable à la présence des
personnes appartenant à des minorités dans les organes élus.
- Plus
le système électoral est proportionnel, plus les minorités dispersées ou peu
nombreuses ont de chances d'être représentées dans l'organe élu; le nombre de
sièges par circonscription est un élément déterminant de la proportionnalité du
système.
- Lorsque
les listes ne sont pas bloquées, le choix de l'électeur peut prendre en
considération l'appartenance des candidats à des minorités nationales. Savoir
si une telle liberté de choix favorise ou défavorise les minorités dépend de
nombreux facteurs, dont l'importance numérique des minorités.
- L'existence
d'inégalités de représentation peut exercer une influence (positive ou
négative) sur la représentation des minorités concentrées, mais aucun cas
concret ne ressort des réponses au questionnaire.
- La
reconnaissance du statut de circonscription à un territoire où une minorité est
majoritaire facilite sa représentation dans les organes élus, surtout si un
système majoritaire est appliqué.
En résumé, la participation des
personnes appartenant à des minorités nationales à la vie publique au travers
de fonctions électives résulte moins de l'application de règles spécifiques aux
minorités que de la mise en œuvre de règles générales du droit électoral,
aménagées au besoin pour accroître les chances de succès des candidats issus de
ces minorités.
- Lignes
directrices sur l’interdiction et la dissolution des partis politiques et les
mesures analoguesCDL-INF(2000)1), document adopté par la Commission lors de
sa 41è réunion plénière ;
- L’autodétermination
et la sécession en droit constitutionnel (CDL-INF (2000) 2), document adopté
par la Commission lors de sa 41è réunion plénière ;
- Les
entités fédérées et régionales et les traités internationaux (CDL-INF (2000) 3), document adopté par la Commission lors de sa 41è réunion plénière ;
- Droit
électoral et minorités nationales (CDL-INF (2000) 4), document adopté par la
Commission lors de sa 41è réunion plénière ;
La coopération avec les cours constitutionnelles et les instances
équivalentes s'est poursuivie en 1999. Le Bulletin
de jurisprudence constitutionnelle et la base de données CODICES ont été
publiés trois fois par an; la série de séminaires en coopération avec les cours
constitutionnelles a dorénavant un caractère régulier. En outre, au cours de l’année, la Commission
a eu des échanges de vues avec des Présidents et membres de Cours
constitutionnelles européennes, en particulier avec M. Adamovich, Président de
la Cour constitutionnelle d’Autriche, avec M. Rozenko, Vice-Président de la
Cour constitutionnelle d’Ukraine et avec Mme Jaeger, juge de la Cour
constitutionnelle d’Allemagne.
Bulletin de jurisprudence constitutionnelle
Environ 50 cours constitutionnelles et instances équivalentes ont participé
à la publication du Bulletin de
jurisprudence constitutionnelle et à la base de données CODICES. À la
demande de la présidence de la conférence des cours constitutionnelles européennes,
la Commission a publié deux éditions spéciales du Bulletin sur la liberté
confessionnelle et les descriptions des cours. Ce dernier document a été publié
également en russe. Fin 1999 la publication d’une version russe du bulletin
spécial sur les Grands arrêts de la cour européenne des droits de l’homme en
était à son stade final.
Un accord a été conclu avec l'association des cours constitutionnelles
ayant en commun l'usage du français (ACCPUF), qui permet l'échange des
publications des deux institutions, dans l'intérêt des cours participantes.
L'ACCPUF a été autorisée à utiliser la structure du Bulletin et de CODICES, y compris le thesaurus systématique de la
Commission, pour ses propres bulletin et base de données.
CODICES
En 1999, trois éditions mises à jour de la base de données CODICES ont été
rendues publiques par CD-ROM et via Internet. CODICES contient toutes les
éditions antérieures régulières et spéciales du Bulletin (2200 résumés), de même que le texte intégral de plus de
2000 arrêts, les lois sur les cours,
les descriptions des cours et les constitutions. Tous les Bulletins spéciaux ont été intégrés dans CODICES. Plusieurs
constitutions ont déjà été indexées article par article d'après le thesaurus,
de manière à permettre la recherche par matière.
Séminaires en coopération avec les cours constitutionnelles
Ces séminaires sont fondés sur un échange mutuel d'expériences entre les
juges des anciennes et des nouvelles cours constitutionnelles. L'expérience a
montré que des problèmes similaires apparaissent souvent simultanément dans
plusieurs pays. Alors que les constitutions peuvent être différentes, les
principes qui régissent les décisions des cours constitutionnelles sont les
mêmes. Un échange d'expériences entre les cours est dès lors propre à
contribuer à la promotion de la primauté du droit.
En 1999, de tels séminaires ont été organisés en coopération avec les cours
constitutionnelles d'Arménie, d'Azerbaïdjan, de
Géorgie, de Moldova, d'Ukraine (trois séminaires). Les sujets suivants ont été
traités : le rôle de la cour constitutionnelle dans la protection de la
propriété privée, le contrôle constitutionnel dans les Etats fédéraux et
unitaires, les cas de conflits de
compétence entre les pouvoirs de l’état devant la cour
constitutionnelle, l'exécution des décisions de la cour constitutionnelle et le
rôle du secrétariat de la cour constitutionnelle.
La demande croissante de tels séminaires montre qu'ils répondent
effectivement aux besoins des cours concernées.
Au cours de l’année 1999, la Commission a organisé quatre séminaires dans
le cadre de ce programme :
La Commission a organisé les 18-19 mars à Bologne,
en coopération avec l’Université Johns Hopkins et l’Université de Bologne, un
séminaire sur le thème « l’Etat fédéral et régional dans la perspective de
l’intégration européenne ».
Aujourd'hui en Europe, les compétences sont toujours davantage partagées
entre l'Etat national, ses entités et les instances supranationales. Il est dès
lors indispensable d'étudier les relations entre ces différents niveaux. C'est
ce qui a été fait lors du séminaire UniDem susmentionné.
La première journée du séminaire, ouvert par M. Evans, Recteur de
l'Université Johns Hopkins, a traité de l'Union européenne. Elle a été
consacrée aux relations entre celle-ci et les Etats fédérés ou les régions.
Après un rapport introductif du Prof. La Pergola, Président de la Commission de
Venise, qui a souligné les valeurs communes au continent, notamment dans le
domaine des droits de l'homme, des rapports nationaux ont porté sur la
situation des différents Etats fédéraux et régionaux membres de l'Union
européenne. Les conclusions ont été présentées par le Prof. De Vergottini
(Université de Bologne).
Les débats, loin de se restreindre à la seule thématique de l'intégration
européenne, voire de l'Union européenne, ont abordé une question toujours plus
actuelle dans les diverses parties de la planète, en présence de participants
en provenance des cinq continents. C'est ainsi que la deuxième journée a été
consacrée aux points de vues extérieurs à l'Europe sur les questions de
l'intégration régionale et du fédéralisme, avec les interventions des orateurs
venant des Etats-Unis, d’Afrique du Sud et du Japon.
Les actes du séminaire ont été publiés dans la
série Science et Technique de la Démocratie.
La Commission a organisé à Brno, du 23 au 25 septembre, un séminaire UniDem
sur "Le droit à un procès équitable", en coopération avec la Cour constitutionnelle
tchèque et l'Université de Montpellier I.
Ce séminaire s'inscrit dans le cadre des séminaires sur le patrimoine
constitutionnel européen, auxquels participent des membres des Cours
constitutionnelles. Les travaux du
séminaire ont été divisés en deux parties distinctes.
Dans une première partie, des rapports généraux ont été présentés
concernant le droit à un procès équitable dans la jurisprudence des organes de
la Convention européenne des droits de l’homme, et le droit national en République
tchèque, en Hongrie, en Espagne et en Suisse, ainsi qu’aux Etats-Unis et en
Afrique du Sud.
Dans une deuxième partie, les participants ont examiné un cas pratique sur
le droit à un procès équitable. Outre les rapporteurs, des juges des Cours
constitutionnelles ou instances équivalentes de plus de vingt Etats ont
présenté les solutions qui seraient apportées dans leur pays à des questions
telles que la présence de juges étrangers dans le tribunal, l'impossibilité
pour une partie de s'exprimer dans sa langue maternelle ou la parenté de
l'avocat de la partie adverse avec l'un des juges.
Grâce notamment à la présence de praticiens de haut niveau, juges
constitutionnels ou juges de Cours suprêmes, le séminaire s'est inscrit au
centre de l'un des objectifs fondamentaux de la Commission de Venise: le
transconstitutionnalisme, qui permet aux Cours de s'inspirer de la pratique de
leurs homologues. En effet, le patrimoine constitutionnel européen a un
caractère dynamique, il se construit progressivement par l'échange
d'informations et la reprise réciproque de solutions nationales.
Les actes du séminaire seront publiés dans la
série Science et Technique de la Démocratie.
La Commission a organisé à Bled, du 26 au 27 novembre, un séminaire UniDem
sur "Les sociétés en conflit : la contribution du droit et de la
démocratie au règlement des conflits", en coopération avec le Ministère
des Affaires étrangères de la Slovénie.
Le séminaire a été ouvert par M. Volk, Secrétaire général du Ministère des
affaires étrangères, et par M. Holovaty, Vice-Président de la Commission. Les
participants étaient principalement experts sur les différentes zones de
conflit européennes, en particulier en Europe du sud-est. Le but du séminaire
était d'analyser les différents conflits et de chercher à identifier des
instruments juridiques utiles pour le règlement de tels conflits. Le séminaire
a été suivi, les 29 et 30 novembre, par la "Conférence sur la contribution
des dispositions constitutionnelles à la stabilité en Europe du sud-est" à
Brdo (voir aussi Ie partie, point 18 - Pacte de stabilité).
Plusieurs rapports ont traité des questions générales des sociétés en
conflit, telles que la violation des droits de l'homme, la garantie de la
sécurité de l'être humain dans des situations conflictuelles et le rôle du
droit international dans le règlement des différends entre Etats. Ces rapports
ont été suivis par des études par pays, portant sur la Moldova, la
Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la République fédérale de Yougoslavie et
l'Albanie. Une intervention a présenté l'accord sur l'Irlande du Nord comme un
exemple d'un règlement de conflit (relativement) couronné de succès. D'autres
rapports ont été consacrés aux efforts des Nations Unies pour un règlement à
Chypre et au rôle du Bureau du Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine.
Le rapport général a été présenté par Mme Thune, de Norvège, ancien membre
de la Commission européenne des droits de l'homme.
Les actes du séminaire seront publiés dans la
série Science et Technique de la Démocratie.
La Commission a organisé à Trieste, les 13 et 14 décembre 1999, un
séminaire UniDem sur "La mise en œuvre de la constitution albanaise",
en coopération avec l'Université de Trieste.
Le séminaire a mis l'accent sur les sujets suivants qui sont les plus actuels
en droit constitutionnel albanais :
- Le
problème de la peine de mort. Quelques jours avant le séminaire, la Cour
constitutionnelle albanaise avait déclaré celle-ci inconstitutionnelle, en se
fondant notamment sur un avis de la Commission de Venise.
- Les
modèles de protection des minorités nationales. Dans une perspective
comparative, divers modèles ont été abordés: d'une part, les solutions
d'autonomie territoriale (fédéralisme, régionalisme, statuts spéciaux); d'autre
part, l'octroi de droits spécifiques aux personnes appartenant à des minorités,
en particulier les droits relatifs à l'usage de la langue minoritaire, à
l'accès aux médias, à un enseignement dans la langue minoritaire.
- La
restitution de la propriété selon le droit européen et international des droits
de l'homme. Cette question est évidemment cruciale dans toutes les
nouvelles démocraties; le droit international, et en particulier le Protocole
additionnel à la Convention européenne des droits de l'homme, apportent
certaines solutions.
- Les options pour la
législation électorale. La nouvelle constitution a introduit des règles
spécifiques en matière électorale, en particulier en ce qui concerne le système
électoral au sens strict. Il convient maintenant de les inscrire dans la loi,
et de s'assurer du respect des principes fondamentaux du droit électoral, le
suffrage universel, égal, libre, direct et secret.
- La cour
constitutionnelle. Le séminaire a été l'occasion d'examiner de manière
comparative l'expérience des nouvelles cours constitutionnelles d'Europe
centrale et orientale, afin d'en faire bénéficier la cour constitutionnelle
albanaise.
Les séminaires UniDem suivants sont envisagés :
- Conférence
sur « La protection des droits de l'homme au XXIe siècle : vers
une plus grande complémentarité entre les organisations régionales européennes
et au sein de celles-ci » en coopération avec la Présidence irlandaise du
Comité des Ministres (Dublin, 3-4 mars 2000)
- Séminaire
sur « La démocratie dans une société en transition » en coopération
avec l’Université de Lund (Lund, 19-20 mai 2000)
- Séminaire
sur « L’institution de l’Ombudsman en Europe » (Athènes, mai 2000)
- Séminaire
sur « L’intégration européenne et les changements constitutionnels»
(Chypre, date à fixer)
- Séminaire
sur « Consolidation étatique et identité nationale » (Moldova, date à
fixer)