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Strasbourg, 9
mars 2002
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Diffusion restreinte
CDL-RA (2001)001
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COMMISSION EUROPEENNE
POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION DE VENISE)
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RAPPORT ANNUEL D’ACTIVITES
POUR 2001
Secrétariat de la Commission de Venise
Conseil de l’Europe – DGI
F-67075 Strasbourg Cedex
Tél : + 33 388 41 22
05
Fax : + 33 388 41 37 38
e-mail : venice@coe.int
Site web : www.venice.coe.int
TABLE DES MATIERES
Allocution de M.
Antonio La Pergola, Président de la Commission de Venise
devant le Comité des Ministres du Conseil de
l’Europe (le 22 mai 2002) ........................................
Membres ......................................................................................................................................
I. Activités...........................................................................................................................
Introduction ......................................................................................................................
Activités
de la Commission europénne pour la démocratie
par
le droit dans le domaine des réformes démocratiques.....................................................
1. Coopération
avec l’Albanie ...................................................................................
2. Coopération
avec l’Arménie...................................................................................
3. Coopération
avec l'Azerbaïdjan .............................................................................
4. Coopération
avec la Belgique.................................................................................
5. Coopération
avec la Bosnie-Herzégovine ...............................................................
6. Coopération
avec la Croatie ..................................................................................
7. Coopération
avec la Géorgie..................................................................................
8. Coopération
avec la Hongrie .................................................................................
9. Coopération
avec la République de Corée..............................................................
10. Coopération
avec la Moldova ...............................................................................
11. Coopération
avec la Roumanie ..............................................................................
12. Coopération
avec la Slovaquie...............................................................................
13. Co-operation with l’Afrique du Sud .......................................................................
14. Coopération avec la Suisse.....................................................................................
15. Coopération
avec “l’ex République yougoslave de Macédoine” ..............................
16. Coopération
avec la Turquie ..................................................................................
17. Coopération
avec l’Ukraine ...................................................................................
18. Coopération
avec la République de Yougoslavie ....................................................
19. Autres questions
constitutionnelles .........................................................................
France...................................................................................................................
Italie......................................................................................................................
Etats-Unis d’Amérique...........................................................................................
II. Coopération
de la Commission avec les organes du
Conseil de l'Europe,
ainsi
qu'avec d'autres instances internationales ..........................................................
Coopération
avec le Comité des Ministres .........................................................................
Coopération
avec l'Assemblée Parlementaire .....................................................................
Coopération
avec les autres organes du Conseil de l’Europe...............................................
- Coopération
avec le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux de l'Europe ............................................................................................
-
Banque de développement du Conseil
de l’Europe..................................................
Coopération avec l’Union europénne .................................................................................
Coopération avec l’ OSCE
..............................................................................................
Coopération avec les nations unis .....................................................................................
III. Etudes de la Commission de Venise..............................................................................
1.
Rapport sur les décisions des cours constitutionnelles
et des instances
Equivalentes et leur
exécution..................................................................................
2.
Lignes directrices sur le financement des partis
politiques.........................................
3. Lignes directrices sur le référendum
constitutionnel à l’échelle nationale ..................
4. Rapport
sur le traitement préférentiel des minorités par leur Etat-parent...................
IV. Centre de justice constitutionnelle.................................................................................
V. Le programme UniDem (Universités pour la
démocratie) ..........................................
- “Démocratie,
Etat de droit et la politique étrangère”
(Skopje,
4-5 octobre 2001)...............................................................................................
- “Les
implications constitutionnelles de l’adhésion à l’Union européenne”
(Ankara, 9-10 novembre 2001).........................................................................................
Séminaires UniDem en préparation ....................................................................................
Campus UniDem pour la formation juridique de la fonction publique....................................
ANNEXES
Annexe
I - Liste des membres .................................................................................................
Annexe
II - Fonctions et composition des
Sous-Commissions ...................................................
Annexe
III - Liste des réunions ..................................................................................................
Annexe
IV - Liste des publications .............................................................................................
Appendix V – Liste des documents
d’information...........................................................................
PRÉSENTATION DU RAPPORT ANNUEL D’ACTIVITES
POUR 2001
DE LA COMMISSION DE VENISE
Déclaration d’Antonio La Pergola,
Président de la Commission
devant le Comité des Ministres (22 mai
2002)
Monsieur le Président, Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs,
I.
Alors que j’ai, chaque année, l’honneur et
le plaisir de vous présenter mon rapport d’activités, c’est la toute première
fois que je le fais en ma qualité de président d’un accord élargi et non plus
partiel. La Fédération de Russie est devenue membre de notre Commission au
début de cette année. Pour la première fois dans l’histoire du Conseil de
l’Europe, un accord partiel a réussi à attirer en son sein tous les Etats
membres qui nous ont rejoints de leur propre initiative. C’est pour nous une
profonde satisfaction de savoir qu’ils souhaitent participer à nos travaux.
Vous en avez tiré la conclusion qui s’imposait, lorsque vous avez adopté le
nouveau statut, qui repose sur un accord élargi. Or, un tel accord ne
représente pas seulement une nouvelle dimension de notre composition. Il
appelle aussi à de nouvelles responsabilités que nous devons assumer en mettant
en lumière les objectifs qu’une équipe d’experts en droit comme la nôtre
poursuit, conformément au vaste rayonnement du Conseil de l’Europe dans son
ensemble. La Commission s’est vu ouvrir de nouvelles perspectives. Elle peut,
dans son domaine de compétence, étendre les valeurs du Conseil de l’Europe
au-delà même de notre Continent. Cette question fera certainement l’objet de
mes futures interventions devant vous.
En attendant, permettez-moi de dire
combien j’apprécie le fait que vous ayez adopté le statut révisé. De nombreux
changements sont les bienvenus. Notre nouveau statut est plus fonctionnel, plus
cohérent et plus conforme à la pratique de la Commission, telle qu’elle s’est
développée au fil des années. Le principe moteur de nos travaux et la
principale raison du succès dont vous-mêmes, ainsi que l’ensemble du Conseil de
l’Europe, nous créditez c’est, bien sûr, notre indépendance de jugement.
Certes, l’impartialité d’un expert conseil peut être formellement garantie de
plus d’une façon. Nous avons formulé des propositions à cet égard, mais vous
n’avez pas modifié le système. Chacun de nos membres est nommé par le
gouvernement d’un Etat membre. Nous pouvons être sûrs, néanmoins, que notre
précieuse indépendance sera effectivement sauvegardée par la sagesse dont font
preuve vos gouvernements lorsqu’ils choisissent nos membres, ainsi que par le
code de conduite observé par tous ceux qui siègent au sein de notre Commission,
pleinement conscients qu’ils sont, depuis toujours, d’appartenir à un organe
qui ne demande, ni ne reçoit d’instructions.
II.
Notre rapport écrit annuel vous donne un
aperçu général de notre vaste gamme d’activités dont je ne peux mettre en
lumière qu’un petit nombre dans le cadre de cette présentation. Permettez-moi
de commencer par les Balkans. Non seulement nos activités dans cette région ont
été particulièrement importantes mais sur cette zone se concentre aussi votre
attention, quelques semaines après l’adhésion de la Bosnie au Conseil de
l’Europe et compte tenu de l’adhésion de la République Fédérale de Yougoslavie,
transformée à présent en Serbie et Monténégro.
Ce qui était autrefois la Yougoslavie est
devenue une zone fragmentée en plusieurs Etats, mais ces entités entrent en
formant une grande région dans l’orbite du Conseil de l’Europe. Un tel résultat
témoigne des progrès réalisés. Dans un discours prononcé récemment devant le
Forum pour la démocratie dans les Balkans, à Thessalonique, le Commissaire
Patten a fait observer que la situation des Balkans était meilleure aujourd’hui
qu’elle ne l’a été durant ces dix dernières années et que, par rapport à il y a
deux ans seulement, des progrès notables étaient à signaler, bien qu’il restât
encore beaucoup à faire.
La Commission de Venise a contribué à un
grand nombre de changements positifs.
·
S’agissant
de la République fédérale de Yougoslavie, nous avons fourni à M. Solana, Haut
Représentant de l’Union européenne, des conseils juridiques à sa demande, alors
qu’il s’efforçait, avec succès, de parvenir à un accord de principe sur la
nouvelle structure de la Fédération. Nous restons à sa disposition s’il a
besoin de nos services pour élaborer la charte constitutionnelle et réviser
ultérieurement les constitutions républicaines.
·
Au
Kosovo, nous avons participé pleinement, l’an dernier, à la rédaction du cadre
constitutionnel pour une auto-administration provisoire, à la demande de
M. Haekkerup, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations
Unies.
·
Notre
contribution à l’élaboration de l’accord-cadre d’Ohrid en ex-République
Yougoslave de Macédoine, demandée par le Représentant spécial de l’UE,
François Léotard, a été, je dois dire, d’une importance particulière. Cet
accord constitue un rare exemple de règlement pacifique précoce d’un conflit
grâce à des moyens politiques et juridiques et notre Commission est fière d’y
avoir contribué.
Ces trois activités montrent aussi très
clairement que notre contribution est de plus en plus reconnue non seulement au
sein du Conseil de l’Europe mais également par d’autres organisations
internationales, et notamment par l’Union européenne.
Une telle coopération avec des
organisations internationales est, depuis le début, caractéristique de nos
activités en Bosnie. Dans ce pays, nous nous sommes efforcés, au fil des
années, en étroite coopération avec le Bureau du Haut Représentant, de
renforcer, dans les limites de la Constitution, les pouvoirs conférés aux
institutions au niveau national. Les engagements contractés par la Bosnie lors
de son adhésion prévoient l’assistance de la Commission de Venise et nous espérons
bien développer la coopération avec les institutions nationales de
Bosnie-Herzégovine qui prennent enfin leurs responsabilités, comme il convient
à un pays indépendant et à un Etat membre du Conseil de l’Europe.
En Croatie, nous œuvrons depuis plusieurs
années avec les Autorités à la révision de la législation sur les minorités.
Malheureusement, cette coopération n’a pas encore abouti à l’adoption d’une loi
conforme à nos recommandations et la Commission souhaite vivement voir le long
travail accompli porter ses fruits.
A propos du Caucase, je pense pouvoir être
assez bref car vous suivez vous-mêmes l’évolution de la situation dans ce pays,
dans le cadre du groupe Ago. Nous avons coopéré très étroitement avec l’Arménie
afin de réviser sa constitution. Le texte qui résulte de cette coopération nous
semble bien équilibré et nous espérons que le référendum prévu pour son
adoption définitive ne sera pas reporté trop longtemps. Comme vous le savez, ce
sont les autorités arméniennes qui ont pris l’initiative de réviser la
Constitution; ce n’est pas le résultat d’un précédent engagement vis-à-vis du
Conseil de l’Europe. Toutefois, les amendements constitutionnels proposés sont
utiles, sinon essentiels, pour permettre à l’Arménie de satisfaire aux engagements
qu’elle a contractés. En outre, nous participons avec le BIDDH à la révision de
la loi électorale et une réunion sur cette question a eu lieu la semaine
dernière à Erevan, parallèlement à la visite de votre groupe.
S’agissant de l’Azerbaïdjan, la coopération
relative au code électoral devrait bientôt reprendre. Nous avons également
fourni plusieurs avis sur divers projets de loi dans le domaine constitutionnel
et attendons des informations complémentaires sur le suivi de ces avis. Au
sujet de la loi sur le médiateur récemment adoptée, nous sommes satisfaits de
constater qu’elle tient compte de nos observations.
Nous avons aussi établi, de longue date,
une coopération fructueuse avec la Géorgie. Son parlement nous a demandé de
donner un avis sur la proposition du Président Chevarnadzé d’amender la
constitution et de passer d’un type américain de présidence à un régime
semi-présidentiel à la française. Nous espérons également reprendre les travaux
sur le statut de l’Abkhazie, bien que la situation, à cet égard, semble
actuellement difficile.
Le cadre géographique de nos activités ne
s’est, bien sûr, pas borné aux Balkans et au Caucase. Nous avons, par exemple,
donné plusieurs avis sur l’Ukraine et, tout récemment, un autre sur le statut
de la Gagauzie en Moldova. Nous n'avons aucune préférence ou limitation
géographique. Nous sommes heureux d’aider tout pays qui le souhaite.
Nous avons donc été particulièrement
heureux de recevoir une demande du Grand-duché du Luxembourg portant sur
l’examen de trois projets de loi qui ont respectivement pour objet
l’institution d’un médiateur, la protection des données et la liberté
d’expression et seront bientôt soumis au parlement national. Nous sommes
honorés par cette marque de confiance d’un pays d’Europe occidentale, un pays
fondateur à la fois du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne et toute
demande d’autres pays d’Europe occidentale sera également la bienvenue. Notre
Commission n’a pas été créée pour s’occuper exclusivement de l’Europe centrale
et orientale. Tous nos pays partagent notre patrimoine constitutionnel
européen. Tous ont contribué à son développement et peuvent souhaiter exploiter
les ressources de cette sagesse et de cette expérience communes; nous restons
donc à leur disposition.
III.
La Commission, bien sûr, ne s’occupe pas
exclusivement des problèmes de tel ou tel Etat. Elle examine aussi les
questions transnationales; l’une d’elle concerne nos lignes directrices sur le
référendum constitutionnel. Une autre est notre étude sur la protection des
minorités nationales par l’Etat dont elles relèvent. Vous connaissez tous la
situation qui a donné lieu à cet avis. De nombreuses craintes s’étaient
exprimées lorsque nous avons commencé à traiter cette question délicate.
Finalement, les pays intéressés ont bien accueilli notre rapport et contribué à
l’adoption d’une solution consensuelle. Cette expérience prouve une nouvelle
fois que le fait de traiter un problème sous l’angle juridique peut conduire à
un débat moins émotionnel et à une appréciation plus perspicace des questions
pratiques.
Comme chaque année, nous avons poursuivi
notre coopération avec les cours constitutionnels et les tribunaux de
juridiction équivalente. Lors de l’adoption du nouveau statut, nous avons
reconnu l’importance de cette coopération en instaurant, au sein de la
Commission, le Conseil mixte de justice constitutionnelle qui regroupe des
membres de notre Commission et des représentants des Cours constitutionnelles
des Etats membres. Ce Conseil devrait donner une nouvelle impulsion à notre
activité déjà intense qui pourrait bien se développer dans des directions
nouvelles et importantes.
Tandis que la justice constitutionnelle
est l’une de nos préoccupations traditionnelles, la législation relative aux
élections est le domaine que nous développons actuellement. Nous avons déjà
observé, au fil des années, que la Commission était invitée de plus en plus
souvent à se prononcer sur l’élaboration des lois électorales. L’année
dernière, l’Assemblée parlementaire a appelé à la création, au sein du Conseil
de l’Europe, d’un organe chargé des questions électorales et, en mars de cette
année, l’Assemblée parlementaire, le Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux
de l’Europe et la Commission de Venise ont créé ensemble le Conseil des Elections
Démocratiques. Cet organe combine l’expérience concrète des parlementaires et
des conseillers locaux et régionaux avec l’approche plus juridique de notre
Commission. Il a commencé par élaborer un code de bonne pratique en matière
électorale. Le BIDDH participe pleinement aux travaux du Conseil pour lesquels
le Parlement européen a également manifesté son intérêt; c’est donc un exemple
de coopération fructueuse non seulement entre divers organismes au sein du
Conseil de l’Europe mais aussi entre les organisations internationales.
Le futur développement du Conseil pour les
élections démocratiques dépendra, dans une large mesure, des ressources
humaines et financières disponibles. Nous espérons obtenir un soutien financier
de l’Union européenne dans le cadre d’un programme commun, mais permettez-moi
de vous dire que nous jugeons indispensables votre aide et vos encouragements
dans le cadre de cette initiative. Les élections sont si essentielles au
concept de démocratie que ni le Conseil de l’Europe dans son ensemble, ni une
commission pour la démocratie par le droit ne peuvent, à notre avis, se
permettre de négliger ce domaine d’intérêt qui constitue véritablement une
priorité.
En résumé, je peux, en toute honnêteté,
affirmer que la Commission a poursuivi avec succès ses activités
traditionnelles tout au long de l’année dernière et dans les premiers mois de
cette année. En outre, nous avons considérablement renforcé notre rôle dans le
règlement des conflits politico-ethniques et mettons en place, avec l’Assemblée
parlementaire et le Congrès, de nouvelles activités en matière de législation
électorale. Nous espérons continuer à bénéficier de votre soutien. Nous en
avons besoin pour réaliser nos objectifs qui sont les mêmes que ceux de notre
Institution mère, le Conseil de l’Europe, auquel nous appartenons tous.
Je vous remercie vivement, Monsieur le
Président.
MEMBRES
Fin 2001, la Commission
comptait 42 membres à part entière,
3 membres associés et 11 observateurs.
Membres
Au cours de l’année 200, l’Arménie et
l’Azerbaïdjan ont adhéré à l’Accord Partiel, et M. Gaguik Harutunian, Président de la Cour constitutionnelle de
l’Arménie et M. Khanlar Hadjiyev, Président de la Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan ont été nommés membres.
Mme Siuzanna Stanik, Ministre de la
Justice, et M. Volodymyr Vassylenko, Ambassadeur de l’Ukraine au Royaume-Uni,
ont été nommés respectivement membre et membre suppléant au titre de l’Ukraine,
remplaçant M. Serhiy Holovaty et M. Volodymyr Shapoval dont les mandats avaient
expiré.
Mme Maria Postoico, Président de la
Commission des Questions juridiques pour les Nominations et les Immunités,
Parlement de Moldova, et M. Vasile Rusu, Vice-Président de la Commission des
Questions juridiques pour les Nominations et les Immunités, Parlement de
Moldova ont été nommés respectivement membre et membre suppléant au titre de la
Moldova remplaçant M. Vladimir Solonari dont le mandat avait expiré.
En outre, M. Henrik Zahle, Juge à la Cour
suprême a été nommée membre au titre du Danemark, remplaçant M. Asborn Jensen
qui avait démissionné de ses fonctions.
M. Dimitri Constas, Professeur, Université
Panteio, Directeur de l’Institut grec de Relations internationales, a été nommé
membre suppléant au titre de la Grèce.
Membres associés
La République
fédérale de Yougoslavie a obtenu le statut de membre associé. M. Vojin
Dimitrijevic, Directeur du Centre des
droits de l’homme de Belgrade et M. Vladimir Djeric, Conseiller au Ministre des
affaires étrangères, ont été nommés respectivement membre associé et membre
associé suppléant auprès de la Commission.
Observateurs
Le Mexique a obtenu le statut
d’observateur et a nommé M. Porfirio Munoz-Ledo,
Observateur permanent du Mexique auprès du Conseil de l’Europe en tant qu’observateur auprès de la
Commission.
La liste complète des membres, des membres associés et des
observateurs par ordre d’ancienneté figure à l’Annexe I au présent rapport.
Sous-Commissions
Aucune nouvelle Sous-Commission n’a été créée en 2001.
La composition des Sous-Commission figure en annexe II au présent
rapport.
ACTIVITÉS
Introduction
La tâche
principale de la Commission est de promouvoir la démocratie et la primauté du
droit. Bien que de nombreux organismes internationaux se consacrent à la
protection des droits de l’homme, la Commission est assez unique en ce sens
qu’elle s’attache à l’étude de toutes les questions constitutionnelles, y
compris la séparation des pouvoirs et l’appareil étatique. L’intérêt de son
action vient d’être confirmé brillamment en décembre 2001 par l’adhésion
de la Fédération de Russie. Pour la première fois dans l’histoire du Conseil de
l’Europe, un accord partiel est parvenu à rallier l’ensemble des Etats membres
de cette organisation.
Bien que la
Commission soit un organe purement technique, l’année 2001 a confirmé que ses
compétences en matière juridique pouvaient contribuer à la résolution de
différends politiques et plus particulièrement de litiges à connotation
ethnique. Elle a ainsi participé à la rédaction de l’accord-cadre d’Ohrid dans
l’ex-République yougoslave de Macédoine (qui repose sur une vaste réforme
constitutionnelle) et du cadre juridique
transitoire pour l’auto-administration du Kosovo. Son rapport
intérimaire sur la situation constitutionnelle de la République fédérale de
Yougoslavie - qui analyse en particulier l’incidence d’une éventuelle sécession
du Monténégro - a retenu toute l’attention du personnel politique. Quant au
séminaire qu’elle a consacré au statut de l’Abkhazie, il a permis de réunir
pour la première fois depuis de nombreuses années des experts géorgiens,
abkhazes et internationaux.
Traditionnellement,
l’activité essentielle de la Commission porte sur les réformes
constitutionnelles. Bien qu’aucune Constitution entièrement nouvelle n’ait été
adoptée en Europe en 2001, la Commission a activement participé à la révision
de la Constitution arménienne - qui pourrait être adoptée en 2002 - et a été
priée par la Roumanie d’appuyer la réforme constitutionnelle envisagée dans ce
pays. La Commission a aussi guidé la révision des Constitutions des deux
entités de Bosnie-Herzégovine : elle a
consacré de nombreux efforts à l’établissement des institutions étatiques de ce
pays et contribué de manière décisive à la création d’une Cour au niveau de
l’Etat.
De nombreux pays
ont coopéré avec la Commission dans le cadre de l’adoption de lois organiques
ou ordinaires relevant du domaine constitutionnel. C'est le cas, en
particulier, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan en leur qualité de membres les
plus récents du Conseil de l’Europe, de la Bosnie-Herzégovine en sa qualité
d’Etat sur le point d’adhérer au Conseil de l’Europe et de la Croatie, en sa
qualité d’Etat ayant entrepris un gros effort de réforme. Plusieurs des lois
concernées visent d’ailleurs la protection des minorités : un sujet auquel
la Commission consacre une part importante de ses activités et qui a conservé
toute sa pertinence. Le droit électoral a vu son importance se confirmer en
2001 et la Commission a l’intention d’intensifier ses efforts dans ce secteur
en 2002.
Les études
rédigées par la Commission et les séminaires qu’elle organise n’ont pas un
caractère théorique mais relèvent d’une approche globale. Son rapport sur le
traitement préférentiel des minorités nationales par leur Etat-parent a servi
de base à l’accord conclu entre la Hongrie et la Roumanie sur le sujet épineux
de la loi hongroise relative aux nationaux de cet Etat vivant à l’étranger.
Quant au campus UniDem tenu à Trieste, il contribue à promouvoir l’application
des normes européennes en Europe du Sud-Est en formant des fonctionnaires
appelés à travailler dans ces régions.
Dernier point
et non le moindre, la Commission continue à consacrer beaucoup de temps et de
ressources à la justice constitutionnelle. Elle est fière d’avoir contribué à
l’essor de cette activité, illustré par l’établissement de Cours
constitutionnelles en Europe centrale et orientale, au cours des dix dernières
années. Elle coopère avec ces Cours ou des juridictions similaires et encourage
la collaboration entre elles. Les Cours constitutionnelles jouent en effet un
rôle majeur dans les efforts déployés pour que les droits de l’homme et la
démocratie ne restent pas lettres mortes mais soient pratiqués au quotidien. La
coopération avec et entre ces juridictions améliore la qualité technique de
leur travail et permet d’instaurer un état d’esprit reflétant les valeurs
communes de l’héritage constitutionnel européen.
Cet héritage
n’est d’ailleurs pas propre à l’Europe. La Commission, tout en accordant la
priorité au respect du constitutionnalisme sur ce continent (principalement
dans les pays où il n’est pas encore solidement implanté), note avec
satisfaction que ses activités attirent l’attention d’autres régions et
s’enorgueillit de contribuer à la réforme démocratique de pays comme l’Afrique
du Sud.
Enfin, il convient de souligner
que la Commission n’est pas en mesure d’agir seule : son succès dépend de
l’engagement politique des pays concernés à respecter et à appliquer les normes
et les valeurs du Conseil de l’Europe. De ce point de vue, la coopération avec
les organes du Conseil de l’Europe - l’Assemblée parlementaire et le Comité des
Ministres, mais aussi le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux de l'Europe
et le Secrétaire Général - s’est avérée cruciale pour la réussite de nombreuses
activités. Dans le cadre d’un programme conjoint, la Commission européenne a
accordé un soutien financier important à toute une série d’activités. D’une
manière générale, d’ailleurs, une bonne partie des activités majeures de la
Commission de Venise furent menées à la demande d’organisations internationales
(Union européenne, MINUK, MONUG, OSCE, etc.) et en étroite collaboration avec
elles. La Commission tient par conséquent à remercier tous ses partenaires et à
exprimer le souhait de pouvoir poursuivre sa collaboration avec eux en 2002, et
au cours des années suivantes.
I. Activités de la Commission européenne pour la démocratie
par le droit dans le domaine des réformes démocratiques
1.
COOPÉRATION
AVEC L’ALBANIE
Projet de loi sur les Commissions d’enquête parlementaires
Suite à la demande du
Parlement d’Albanie, Mme Suchocka, MM. Bartole et Nolte ont préparé des avis sur le projet de loi
sur le fonctionnement des Commissions d’enquête parlementaires. Dans leurs
commentaires, ils se sont concentrés sur certains aspects tels que la
composition de ces commissions, y compris la participation de procureurs
spéciaux et l’équilibre politique des commissions, leurs relations avec
d’autres institutions et branches du pouvoir, et ceux ayant le droit de créer
de telles commissions. Conformément à la Constitution, il suffit d’une demande
d’un quart des membres du Parlement pour exiger la création d’une commission
d’enquête parlementaire. Cette disposition accorderait à l’opposition le droit
de créer de telles commissions, droit qui pour certains rapporteurs devrait
être traité avec prudence, pour éviter qu’il n’entraîne une interférence
excessive dans le travail du gouvernement.
La Commission a approuvé ces avis lors de sa 47e
réunion plénière et les a transmis aux autorités.
2.
COOPÉRATION
AVEC L’ARMÉNIE
Peu après son adhésion au
Conseil de l’Europe, l’Arménie est également devenue membre de plein droit de
l’accord partiel instituant la Commission de Venise, le 27 mars 2001.
Les activités de
coopération de la Commission avec l’Arménie en 2001 ont suivi les lignes
directrices du programme de coopération approuvé par la Commission à sa 45e
réunion plénière (Venise, 15-16 décembre 2000).
Réforme
constitutionnelle
La
Commission a suivi la question de la réforme constitutionnelle en Arménie
durant une grande partie de l’année. Le Groupe de travail qu’elle avait établi
en 2000 a continué à coopérer étroitement avec les autorités arméniennes et des
réunions se sont tenues entre les rapporteurs et les représentants des
autorités arméniennes à Paris, les 13-14 février et à Strasbourg, les 5-6 juin.
Ces réunions ont poursuivi et consolidé les travaux commencés déjà en 2000.
Lors de la 46e
réunion plénière de la Commission en mars, MM. Harutunian et Batliner ont présenté
les travaux accomplis jusqu’alors par le Groupe de travail sur la réforme
constitutionnelle. Ils ont observé que
le Groupe avait déjà accompli un travail considérable et très efficace au vu de
la très large prise en considération par les autorités arméniennes des
observations présentées. Tous les chapitres du projet de Constitution avaient
fait l’objet d’un examen minutieux. Le chapitre sur les droits de l’homme avait
été considérablement amélioré et répondait aux standards internationaux et
européens des droits de l’homme ; à cet égard, il convenait de relever que
le nouveau projet de Constitution contenait une disposition expresse abolissant
la peine de mort en temps de paix. Le projet de Constitution optait pour un
système diffus de protection des droits de l’homme, prévoyant un mécanisme de
contrôle abstrait et concret de la conformité à la Constitution.
Suite à la réunion du
Groupe de travail qui s’est tenue en juin, les rapporteurs ont élaboré un avis
sur la réforme constitutionnelle en Arménie. Ils ont observé tout d’abord que
la plupart de leurs commentaires avaient été pris en considération. La révision
de la Constitution arménienne avait plusieurs objectifs majeurs :
renforcer les droits de l’homme dans l’ordre juridique arménien ; garantir
la séparation des pouvoirs, renforcer la position des pouvoirs législatif et
judiciaire ; renforcer le principe de l’autonomie locale. Certains points
devraient être revus, parmi lesquels on pourrait signaler que : le droit à
l’accès à l’information ne devrait pas être réservé aux citoyens, mais reconnu
comme droit de l’homme ; le système des restrictions et des dérogations
aux droits de l’homme pourrait être simplifié ; il serait préférable que
l’état d’urgence et la loi martiale ne soient possibles que si le Parlement les
a approuvés ; le maire d’Erevan était toujours désigné et non élu, ce qui
n’était pas conforme aux principes de l’autonomie locale. Le groupe de travail
n’avait pas examiné le préambule et les dispositions transitoires de la Constitution.
La Commission a adopté cet avis lors de sa 47e réunion plénière et a
noté qu’il était prévu de soumettre le projet de réforme constitutionnelle à un
référendum à l’automne 2001, ou au printemps 2002. Cependant, à la fin 2001 la
date du référendum n’avait pas encore été fixée.
Dans ce contexte, il
convient de signaler également que la question du projet de loi sur l’ombudsman
est gelée en attendant la révision constitutionnelle. Cela permet d’éviter que
des révisions législatives répétées aient lieu sur le même thème, sur la base
d’abord de l’actuel texte de la Constitution et ensuite en conformité avec le
texte révisé.
Code électoral
La réforme du Code
électoral constitue l’un des engagements souscrits par l’Arménie lors de son
adhésion au Conseil de l’Europe, et c’est dans ce contexte que la Commission a
examiné le Code. Une réunion organisée par le Bureau de l’OSCE en Arménie s’est
tenue à Erevan en février 2001 et avait pour objectif de faire le point sur les
problèmes constatés lors des dernières élections ainsi que des moyens de
simplifier les procédures de contrôle. Par la suite, les autorités arméniennes
ont élaboré des projets d’amendements au Code, qui ont été transmis à la
Commission pour avis en décembre 2001. M. Owen, qui avait préparé des commentaires
sur le Code en 2000 et a participé à la réunion en février, ainsi que M.
Mackie, ont été désignés rapporteurs pour la Commission. Les travaux en la
matière se poursuivent en 2002.
Loi sur les partis politiques
Lors de sa 47e
réunion, la Commission a examiné le
projet de loi sur les partis politiques en Arménie, préparé par le parti du
peuple arménien. Ce texte couvre presque toutes les questions liées à
l’activité des partis politiques. MM. Stoica et Vogel ont préparé leurs
commentaires séparément, mais sont parvenus aux mêmes conclusions, sur la base
de la Convention européenne des droits de l’homme. Les principaux problèmes
étaient les suivants : un parti doit, selon les versions du projet, être
représenté soit dans au moins les deux tiers des subdivisions territoriales du
pays, soit dans toutes, ce qui est excessif ; les restrictions en cas
d’état d’urgence ne sont pas claires ; l’interdiction des partis
politiques qui n’obtiennent pas un certain nombre de voix n’est pas
admissible ; la question du financement public devrait être revue ;
la disposition selon laquelle un parti qui ne présente pas de liste de
candidats à un scrutin national ou n’a pas un nombre suffisant de membres peut
être dissous est très restrictive ; enfin, la perte automatique du mandat
parlementaire en cas de dissolution ou de réorganisation du parti, entre
autres, n’est pas admissible.
Les
autorités arméniennes ont indiqué qu’elles avaient l’intention de transmettre
le projet à la Commission à nouveau, à la suite de sa première lecture au
Parlement. La Commission suit cette question avec intérêt.
Projet de loi
sur la fonction publique
Lors de sa 48e
réunion plénière, la Commission a adopté son avis sur le projet de loi sur la
fonction publique, élaboré à la demande des autorités arméniennes. Le texte a
été évalué par rapport au projet de Constitution révisée. M. Tuori, le
rapporteur de la Commission, a noté que la question de l’auto-administration
locale autonome était désormais écartée du projet, conformément au principe constitutionnel
de l’autonomie locale tel qu’énoncé dans le projet de Constitution ; il a
ajouté qu’une nouvelle disposition avait été intégrée au projet pour garantir
que nul ne pourrait être privé du droit d’occuper un poste de fonctionnaire si
ce n’était à l’issue d’une procédure judiciaire. Certains problèmes restaient
posés, notamment en ce qui concerne les principes énoncés à l’article 5 du
projet, qui n’ont pas été réglementés de façon plus spécifique par d’autres
dispositions, pas plus qu’il n’a été fait référence à des dispositions
complémentaires quant aux modalités d’accès à l’information publique. A propos
des principes de la démocratie et de l’État de droit, d’autres experts avaient
déjà fait part de leur opinion et leurs commentaires n’ont donc pas été repris
par M. Tuori. En décembre, la Commission a transmis aux autorités arméniennes
une note concernant la compatibilité du projet de loi sur la fonction publique
avec la Constitution en vigueur. Le projet de loi n’avait pas encore été adopté
fin 2001.
Ratification de
la Convention européenne des droits de l’homme
La Commission, qui avait rendu un avis sur
le projet de réforme constitutionnelle en Arménie (CDL-INF (2001) 17), a été
par la suite appelée à exprimer son avis concernant la question de
savoir si l’Arménie peut ratifier la Convention européenne des droits de
l’homme avant même que la révision constitutionnelle ne soit effectuéeles
relations entre la présente constitution et la Convention européenne des droits
de l’homme.
Dans son avis,
adopté lors de sa 49e session plénière, la Commission a observé que Ll’article
6 de la Constitution arménienne, définit la
hiérarchie des normes et notamment l’incorporation dans le droit interne des
traités ratifiés et prévoyant que
celle-cic doit être amendée avant ratification
d’un traité international dont une disposition pourrait constituer une
« contradiction » « avec
la Cconstitution,
doit être interprété comme faisant référence à une stricte incompatibilité
entre deux dispositions de chacun des textes.
La lecture de la Constitution semble révéler quelques
« contradictions », qui ont été examinées.
Une contradiction semble exister dans la mesure où la
Convention européenne des droits de l’homme garantit la jouissance des droits
et libertés fondamentaux « à tout
individu », alors que la Cconstitution
arménienne réserve certains de
ces droits (notamment le droit de former des partis
politiques, la liberté de réunion, le
droit de vote, le droit à l’éducation et le droit de propriété sur les propriétés immobilières)
aux citoyens uniquement, notamment le droit de propriété sur les
propriétés existantes, le droit de former des partis politiques.
Cependant, une réelle contradiction ne peut être relevée
que lorsque la Constitution empêche
explicitement que la jouissance d’un de ces droits
soit étendue aux non-citoyens. En effet, une
fois ratifiée, la Convention
européenne sera directement
applicable en droit arménien et,
par conséquent, les
non–citoyens pourront bénéficier des droits en question, même si la
source de protection se situe à un
niveau plus bas dans la hiérarchie des normes.Les
dispositions de la constitution arménienne n’empêchant pas un élargissement le
droit de former un parti politique pourrait être étendu à tous, une fois la
convention ratifiée. Un problème se
poserait alors uniquement en ce qui concerne le droit de propriété, vu que l’article
28 § 2 de la Constitution prévoit que les
étrangers et apatrides
ne peuvent pas être propriétaires de la terre. Cependant,
étant donné que l’article 1 du Protocole additionnel ne
garantit pas le droit d’acquérir
la propriété et que la
limitation du droit des citoyens de
disposer de leurs biens –
au cas où ils voudraient les vendre ou les léguer à des
étrangers – poursuit le but légitime de préserver le sol arménien qui constitue
une richesse nationale, le
Protocole additionnel
à la Convention
européenne n’entre pas, prima facie, en contradiction avec la
Constitution arménienne.
Quant
au droit de propriété, la restriction constitutionnelle concerne la propriété
actuelle des citoyens arméniens, le but poursuivi étant de préserver le sol
arménien qui constitue une richesse nationale, est un but légitime au sens de
la CEDH et n’entre pas prima facie en contradiction avec cette dernière.
Une
autre contradiction semble exister entre l’article
1 du Protocole n° 6 à la Convention européenne, qui requiert
que la peine de mort soit abolie, et Quant à la question
de la peine de mort, prévue à l’article 17 de la Cconstitution,
qui autorise la peine de
mort « tant qu’elle ne sera pas abolie ». De l’avis de
la Commission, cependant, l’article 17 ce
même article prévoit explicitement la possibilité d’abolition de
la peine de mort, abolition qui peut
être effectuée par le biais de la
ratification de la Convention : la contradiction
n’est dès lors qu’apparente.
En conclusion, la Commission a considéré
qu’il n’y a pas d’obstacle constitutionnel à la ratification de la CEDH, mais
dans le même temps elle a tenu à souligner le besoin d’une réforme
constitutionnelle qui prévoirait les droits et devoirs des individus et des
autorités avec clarté, prévisibilité, et accessibilité.
Par ailleurs, le 22 février 2002, la Cour Constitutionnelle
arménienne a rendu un arrêt sur la compatibilité des dispositions de la
Convention européenne avec la Constitution arménienne. Cet arrêt est conforme à
l’avis de la Commission. Par la suite,
le 20 mars 2002, l’Assemblée Nationale de l’Arménie a ratifié la Convention
européenne, avec une réserve.
3.
COOPÉRATION
AVEC L’AZERBAÏDJAN
Peu après son adhésion au Conseil de l’Europe, l’Azerbaïdjan est
également devenu membre de plein droit de l’accord partiel instituant la
Commission de Venise, le 1er mars 2001.
Les activités de coopération de la Commission avec l’Azerbaïdjan en
2001 ont suivi les lignes directrices du programme de coopération approuvé par
la Commission à sa 45e réunion plénière (Venise, 15-16 décembre
2000).
Projet de loi sur l’ombudsman de la République d’Azerbaïdjan
Suite à une demande des autorités de l’Azerbaïdjan datée du 26 mars
2001, visant à ce qu’un avis soit donné sur le projet de loi sur l’ombudsman de
la République d’Azerbaïdjan, la Commission a demandé à Mme Serra Lopes et à M.
van Dijk de présenter leurs commentaires sur ce premier projet. La Commission a
noté avec satisfaction que les révisions ultérieures du projet de loi sur
l’ombudsman de la République d’Azerbaïdjan avaient incorporé presque toutes les
observations et suggestions qui avaient été faites. La Commission a considéré
que le projet de loi final sur l’ombudsman de la République d’Azerbaïdjan était
en général compatible avec les standards européens. Elle a espéré que la
création d’une telle institution serait dûment reflétée dans la Constitution,
par des amendements appropriés (CDL (2001) 83).
Projet de loi sur les
sauvegardes pour le vote de confiance du Milli Majlis (Parlement) envers le
Gouvernement
En septembre 2001, les autorités de la République d’Azerbaïdjan ont
saisi la Commission de Venise d’une demande d’avis sur le projet de loi sur les
sauvegardes pour le vote de confiance du Milli Majlis (Parlement) envers le
Gouvernement. Suite aux commentaires des rapporteurs, MM. Endzins, Hamilton et
Bartole, les rapporteurs de la Commission et les représentants des autorités
azerbaïdjanaise se sont rencontrés une première fois à Bakou, le 15 novembre,
et ensuite à Strasbourg, les 29-30 novembre 2001. MM. Khanlar Hadjiyev,
Président de la Cour constitutionnelle et membre de la Commission de Venise,
Safa Mirzoyev, Chef du Secrétariat du Milli Majlis, Shahin Aliev et Fouad
Aleskerov, du Département juridique du Bureau du Président de la République,
ont participé à ces réunions. Pour la Commission de Venise, MM. Bartole,
Endzins, Hamilton et Matscher ont été présents à la réunion de Strasbourg.
Dans son avis, adopté lors de sa 49e réunion (Venise,
14-15 décembre 2001 –CDL-INF(2001)26), la Commission a observé que le projet
de loi constitutionnelle n’introduisait pas de changements du système politique
de l’Azerbaïdjan. Il visait uniquement à créer un mécanisme qui permettrait au
Milli Majlis d’exercer un certain contrôle sur l’exécutif, au moyen d’un vote
de confiance prenant la forme d’une recommandation. Tout renforcement
substantiel du contrôle parlementaire requerrait cependant une révision de la
Constitution par référendum.
Projet de loi sur la mise en œuvre des droits et des libertés de l’homme en
République d’Azerbaïdjan
Dans le cadre du programme de coopération entre l’Azerbaïdjan et la
Commission de Venise, un avis sur le projet de loi « sur la mise en œuvre
des droits et libertés de l’homme en République d’Azerbaïdjan » a été
demandé par l’administration présidentielle de la République d’Azerbaïdjan. Le
but de cette loi était double : établir des lignes directrices pour la
mise en œuvre des dispositions de la CEDH sur la restriction des droits et
libertés de l’homme, et compléter les dispositions sur les droits de l’homme
contenues dans la Constitution, en vue d’assurer leur compatibilité avec la
CEDH.
Suite à une réunion qui s’est tenue à Bakou le 15 décembre 2001, au
cours de laquelle ont été discutés les commentaires préliminaires sur le projet
de loi préparés par les rapporteurs, MM. Franz Matscher et Pieter van Dijk, la
première version du projet de loi a été partiellement amendée. Le texte amendé
a ensuite été discuté durant la réunion qui s’est tenue à Strasbourg, les 28-29
novembre 2001. Sur la base des commentaires des rapporteurs et des discussions
qui ont eu lieu pendant la réunion, la Commission a adopté son avis lors de sa
49e réunion (Venise, 14-15 décembre 2001 –CDL-INF(2001)27).
La Commission a noté avec satisfaction que le nouveau projet
incorporait beaucoup des propositions antérieures des rapporteurs et a conclu
en suggérant d’introduire divers changements ultérieurs dans la version finale
de la loi. La Commission a aussi exprimé sa satisfaction que le projet de loi
constitutionnelle détermine les limites des possibilités de restrictions et
dérogations aux droits et libertés de l’homme garantis, et contribue ainsi à
améliorer le cadre juridique de la protection des droits de l’homme en
Azerbaïdjan.
Le travail sur le projet de loi
sur la mise en œuvre des droits et des libertés de l’homme en République
d’Azerbaïdjan a continué en 2002 sur la base d’un projet révisé.
Projet de loi sur la Cour constitutionnelle
Par lettre du 7 septembre 2001, M. Khanlar Hadjiyev, Président de la
Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan, a demandé un avis de la Commission sur
le projet de loi sur la Cour constitutionnelle. Suite aux commentaires
individuels des rapporteurs, MM. Endzins, Hamilton, Nolte et Paczolay, un
atelier et des réunions sur le projet de loi se sont tenus à Bakou les 5-6
novembre 2001. Suite à ces discussions, la Cour constitutionnelle a préparé un
projet révisé, qui a été discuté à Strasbourg les 29-30 novembre 2001. Etant donné que la Commission avait été
informée qu’un autre projet révisé serait présenté, la Commission a adopté
uniquement un avis intérimaire à sa 49e réunion plénière, qui s’est
tenue les 14-15 décembre 2001 (CDL-INF (2001) 28). La Commission a souligné que
le projet révisé était substantiellement amélioré par rapport au premier
projet, et a apprécié qu’il prenne en considération les expériences comparées
sur le plan international.
La réforme
principale de ce projet de loi consiste en l’ouverture de la saisine de la Cour
constitutionnelle aux particuliers ainsi qu’en l’accès à la Cour de toutes les
juridictions ordinaires. La Commission a recommandé d’inclure certaines
dispositions dans le règlement interne de la Cour plutôt que dans le projet de
loi. Les questions discutées dans l’avis intérimaire comprennent la sauvegarde
de l’indépendance dans la procédure de nomination des juges, l’introduction
d’une procédure écrite et l’établissement des faits dans les affaires
électorales.
Les travaux sur le projet de
loi sur la Cour constitutionnelle ont continué en 2002 sur la base d’un projet
révisé.
4.
COOPÉRATION AVEC LA BELGIQUE
Suite à la
demande de la Commission des Questions juridiques et des droits de l’homme de
l’Assemblée parlementaire, la Commission a établi un groupe de travail composé
de MM. Matscher, Malinverni, Van Dijk et Bartole, pour examiner la question des groupes de personnes
auxquels la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales
pourrait s’appliquer en Belgique, dès lors que la Belgique aura ratifié cette
Convention. Le groupe de travail s’est réuni à Venise en décembre 2001 et
devrait terminer ses travaux début 2002.
5.
COOPÉRATION AVEC LA BOSNIE-HERZÉGOVINE
La Commission a poursuivi avec la même
vigueur en 2001 sa coopération fructueuse de longue date avec les autorités de
ce pays, ainsi qu’avec les institutions représentant la communauté
internationale dans cette partie du monde. Sa priorité demeure la consolidation
des institutions démocratiques de Bosnie-Herzégovine, notamment dans le but de
préparer la future adhésion de cet Etat au Conseil de l’Europe. La rédaction
d’une nouvelle législation relative aux élections constitue un élément clé de
ces efforts et a été largement soutenue par la Commission. La révision des
Constitutions des entités fédérées vise à
les rendre conformes à la Constitution de l’Etat ; elle continue de
figurer en tête de liste des priorités à la suite de l’arrêt rendu en 2000 par la Cour constitutionnelle sur les «peuples
constituants». La Commission a poursuivi ses travaux dans ce domaine en
2001 et a également aidé à la rédaction du projet de loi sur la fusion de la Chambre des Droits de l’Homme
et de la Cour constitutionnelle au niveau de l’Etat.
Mise en œuvre
de la décision de la Cour constitutionnelle sur les « peuples
constituants »
Au
courant de l’an 2000, la Commission a été saisie par les autorités de la
Fédération de Bosnie et Herzégovine (FBH) d’une demande d’assistance relative à
la révision de la Constitution de la FBH. Le Rapport annuel de la Commission de
2000 décrit le début de ces travaux, qui ont été poursuivis en 2001 en
combinaison avec les travaux de Commission sur la Constitution de la Republika
Srpska (RS), suite à la demande de la Commission des questions juridiques et
des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire, sollicitant l’avis de la Commission sur la décision
partielle de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine sur les peuples
constituants. Cette demande a été soutenue par le ministre des Affaires
étrangères de Bosnie-Herzégovine, M. Prlić.
Dans son avis,
adopté lors de sa 46e réunion plénière, la Commission a analysé les moyens de mettre en œuvre les grandes
lignes de cette décision en faisant une distinction entre les situations des
deux Entités. En ce qui concerne la Republika Srpska, la mise en œuvre de cette
décision, si elle soulève de nombreuses questions pratiques, n’exige pas une
reconsidération approfondie du texte de la Constitution, qui est en principe
neutre et ne fait pas référence à l’ethnicité. Le problème en Republika Srspka
est plutôt la pratique discriminatoire des institutions envers les non-Serbes.
Au niveau de la Fédération, par contre, la Constitution recourt constamment au
critère ethnique et privilégie les groupes identifiés comme croate et
bosniaque. La Commission plutôt que de proposer d’étendre les mécanismes de
protection et de participation aux autres groupes ou d’abandonner toute
référence à un groupe ethnique, propose un travail de réécriture de la
Constitution dans le sens de plus de neutralité, en tirant les enseignements du
fédéralisme classique et en évitant l’écueil d’une conception schématique
individualiste et universaliste des droits.
Parallèlement
à la préparation de cet avis, le Haut Représentant a invité la Commission à
participer aux travaux de la « Task
Force » internationale pour la mise en œuvre de la décision de la Cour
constitutionnelle sur les peuples constituants. La Task Force a fait
différentes propositions de mise en œuvre et de rédactions constitutionnelles
et a proposé notamment l’introduction d’un article dans la Constitution de la
Republika Srpska qui traduirait le souci de faire peser sur les autorités
publiques une obligation positive afin d’empêcher toute discrimination. Elle a
également proposé la création de commissions constitutionnelles composées des
peuples constituants. Lors de la 48e réunion plénière de la
Commission, M. Barrett, du Bureau du Haut Représentant, a informé la Commission
que les commissions des deux entités siégeaient tous les quinze jours depuis
mars et, désormais, de leur propre initiative, en séance conjointe, avant de
transmettre leurs rapports à leurs parlements respectifs. Il était désormais urgent de
réformer les Constitutions des deux entités, pour satisfaire aux décisions
prises par la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine dans l’affaire U
5/98. S’agissant en particulier de la décision relative aux « peuples
constituants », le processus devrait aboutir bientôt.
Loi électorale de la Bosnie-Herzégovine
Dans
le cadre de la définition par l’Assemblée parlementaire des engagements auxquels
la Bosnie-Herzégovine devrait souscrire dans l’hypothèse de son adhésion au
Conseil de l’Europe,
l’Assemblée a demandé à la Commission d’examiner la loi électorale adoptée par
le parlement de Bosnie-Herzégovine en août 2001. Cet avis, adopté par la
Commission lors de sa 48e réunion plénière, ne constitue pas une
analyse détaillée du texte de loi, mais il met l’accent sur d’éventuelles
dispositions discriminatoires, en particulier à la lumière des normes
internationales qui font partie intégrante de la Constitution de la
Bosnie-Herzégovine. Certaines élections ne sont pas réglementées par cette loi
– en attendant la révision des Constitutions des deux entités à la lumière de
la décision sur les « peuples constituants » à laquelle il a été fait
allusion plus haut – et d’autres scrutins ne posent pas problème. En revanche,
des questions d’importance ont été soulevées par rapport à la réglementation
des élections à la Présidence et à la Chambre des Peuples de Bosnie-Herzégovine.
Ces questions sont suscitées par l’application d’un mélange de critères
territoriaux et ethniques du même type que ceux déjà critiqués par la Cour
constitutionnelle dans la décision qu’elle a eu à prendre sur les
« peuples constituants » des deux entités. Cela dit, le problème
principal que posent ces dispositions tient à ce qu’elles découlent directement
du texte de la Constitution de la Bosnie-Herzégovine.
La Commission a proposé que ces questions soient examinées dans l’avenir
en collaboration avec le Conseil de l’Europe, tout en soulignant que ces
discussions ne devraient pas porter atteinte au calendrier électoral déjà prévu
pour la Bosnie-Herzégovine.
Fusion de la Chambre des droits
de l’Homme et de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine
En vue de la ratification de la Convention européenne des droits de
l’homme, et de la cessation des fonctions de la Chambre des droits de l’Homme
subséquente, il avait semblé logique et désirable à la Commission de transférer
toutes les compétences de la Chambre des droits de l’Homme à la Cour
constitutionnelle afin que tous les ultimes concernant les droits de l’homme
soient traités par une seule juridiction au niveau de l’Etat, et c’est dans cet
objectif qu’elle avait proposé, lors de sa 42e réunion plénière
(Venise, 31 mars-1er avril 200) un transfert total des compétences
de la Chambre des droits de l’Homme vers la Cour constitutionnelle.
Le Groupe de travail sur la fusion de la Chambre des droits de l’homme et de la Cour constitutionnelle a
par conséquent continué ses travaux, et s’est réuni deux fois en 2001 (Paris,
mars 2001, CDL (2001) 32) et Bled, Slovénie, 10-12 juin 2001 (CDL (2001) 62
DEF) afin d’aboutir à un projet de loi qui permettrait une telle fusion dans
les meilleures conditions possibles. (voirCDL-INF(2001)20 ).
Quand bien même il serait préférable, dans
l’intérêt d’une plus grande clarté du texte, de modifier la Constitution, un tel amendement n’est pas indispensable, et
il a été convenu qu’une loi ordinaire pouvait mettre en œuvre ce projet de
fusion. Le groupe de travail a également
considéré que compte tenu de l’importance des modifications institutionnelles
en cause, il est préférable de les mettre en application par le biais d’une loi
plutôt que par la seule modification des règles ou des procédures de la Cour
constitutionnelle. Le projet de loi tel qu’il a été rédigé, propose donc une
fusion des compétences ; le terme fusion a fait l’objet d’un choix
délibéré, afin de mettre l’accent sur la nécessité d’un transfert total des compétences
de la Chambre vers la Cour constitutionnelle . Le projet de loi indique
également clairement quels seraient les transferts de ressources
indispensables. Le Groupe de travail
considère que la fusion devrait intervenir à un moment aussi proche que
possible de la ratification de la Convention européenne des droits de l’homme.
Projets de lois sur les
droits des minorités nationales
Au printemps 2001, le Bureau du Haut Représentant a sollicité l’avis de
la Commission sur le projet de loi relatif aux droits des minorités nationales
de Bosnie-Herzégovine, élaboré par le ministère des Droits de l’Homme et des
Réfugiés de Bosnie-Herzégovine, ainsi que sur un deuxième projet de loi sur les
minorités nationales, la loi « relative aux droits des communautés et
minorités ethniques et nationales en Bosnie-Herzégovine », en cours
d’adoption par la Chambre des Peuples. Par la suite, la Commission a adopté
deux avis, lors de sa 47e réunion plénière, sur la base des
commentaires de MM. van Dijk et Malinverni, et a transmis ces avis au Bureau du
Haut Représentant.
La Commission a relevé que le premier projet de loi, largement inspiré
de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, énonçait
des droits allant au-delà des normes minimales de protection établies au niveau
international. La Commission, tout en saluant cette démarche, a remarqué que
les autorités locales seraient les seules à supporter le coût important qui en
résulterait, et a soulevé des questions quant à la responsabilité financière de
ces dernières. Elle a donc mis en garde les autorités contre le risque de
subordonner la réalisation des droits des minorités à la disponibilité de
moyens financiers suffisants dans le budget – vraisemblablement très modeste –
des autorités locales. La Commission a en outre fait plusieurs recommandations,
tant sur le fond que de nature technique, visant à améliorer le projet.
Le deuxième projet de loi semblait en revanche avoir été rédigé de façon
trop vague pour avoir un impact significatif sur la situation en matière de
protection des minorités. En effet, il ne faisait que reproduire certaines
dispositions de la Convention-cadre, sans préciser les moyens de leur
application.
Sur la base des avis de la Commission ainsi que des commentaires
d’autres organisations internationales telles que le Haut Commissaire pour les
Minorités nationales de l’OSCE, les autorités de Bosnie-Herzégovine ont lancé
un processus visant à la rédaction d’une loi unique et globale sur la
protection des minorités. La Commission participe activement à ce processus.
Projet de loi sur le service
d’information et de sécurité de la Fédération de Bosnie-Herzégovine
Le Bureau du Haut Représentant a demandé à la Commission de Venise de
rédiger des commentaires sur le projet de loi sur l’établissement du service
d’information et de sécurité de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Les
rapporteurs, MM. Said Pullicino et Nolte, ont exprimé un bon nombre de
préoccupations à propos de ce projet. Ces préoccupations concernaient la place du
service dans le cadre institutionnel de la Bosnie-Herzégovine, ses tâches et
ses pouvoirs, sa structure interne et les droits des individus face au service.
Sur la base des commentaires reçus de la Commission et des experts du Conseil
de l’Europe en matière de protection des données, le Bureau du Haut
Représentant a préparé une version révisée du projet et l’a soumise aux
autorités de la Fédération. La loi devrait être adoptée en 2002.
6.
COOPÉRATION AVEC LA CROATIE
Législation
constitutionnelle sur la protection des minorités
En 2001, la
Commission a poursuivi sa coopération avec les autorités croates sur la
législation constitutionnelle en matière de protection des minorités. Une
réunion du groupe de travail s’est tenue à Zagreb les 4-5 janvier 2001 et un
certain nombre de points nécessitant des clarifications ont été identifié. Lors
de sa 47e réunion plénière, la Commission a adopté son avis sur la
loi constitutionnelle relative aux droits des minorités nationales préparé sur
la base des commentaires de Mme Suchocka, MM. Matscher, van Dijk et Delcamp. La
Commission a salué l'esprit d'ouverture
et la volonté de collaboration qui avaient régné durant les travaux consacrés
au projet de loi et a estimé que
la nouvelle version améliorait considérablement le cadre juridique de la
protection des minorités en Croatie. Cette version clarifiait notamment les
effets de la nouvelle loi et les aspects relatifs au droit de vote, et
prévoyait la création d'un système d’autonomie pour les minorités aux niveaux
local, régional et national. La liste des minorités avait été supprimée dans le
projet de loi ; cependant, cette liste existait toujours au niveau
constitutionnel. Par ailleurs, les textes d'application de la loi
« constitutionnelle » devaient être considérés comme des lois
ordinaires dont la Cour constitutionnelle contrôle la conformité avec la loi
constitutionnelle relative aux droits des minorités nationales. En outre, il
conviendrait de lever certaines ambiguïtés concernant les dispositions
relatives aux entités autonomes des minorités et de donner des précisions sur
leurs compétences.
La
Commission a enfin noté que les dispositions suspendues de la loi
constitutionnelle de 1991 ont été supprimées en mai 2000, c'est-à-dire
plus de 18 mois plus tôt, et que le Parlement croate n'avait encore pris aucune
mesure normative, au niveau supra-législatif, pour remplacer les dispositions
supprimées. La protection des droits des minorités au niveau de la Constitution
reste donc incomplète.
Révision de la Constitution
A la demande de
l’Assemblée parlementaire, la Commission a également examiné les amendements
constitutionnels du 9 novembre 2000 et du 28 mars 2001. La Commission a adopté
son avis à ce sujet lors de sa 47e réunion plénière, sur la base des
commentaires de MM. Matscher, Bartole et Delcamp. Elle a constaté un rééquilibrage
important des pouvoirs entre le Président et le Premier ministre au profit de
ce dernier, ainsi qu’une extension du domaine législatif ayant pour but
d’assurer un équilibre entre le pouvoir exécutif. De manière générale,
la Commission s’est félicitée des modifications introduites et notamment de la
transition vers un système parlementaire, transition accompagnée de toute une
série de modifications particulièrement bienvenues en matière de droits de
l'homme, d'autonomie locale et régionale et de justice. Cependant, il faudrait
procéder avec prudence dans la mise en oeuvre de certaines modifications,
notamment vis à
vis des dispositions sur la dissolution des partis politiques et sur la
hiérarchie des normes relatives aux minorités. Certains problèmes se posaient
aussi quant aux éléments globalement positifs qu'avait apportés, à
l'égard du système judiciaire, la première révision, mais qui pourraient se trouver
compromis par les dispositions d'application résultant de la deuxième révision
de la Constitution. Il reste à savoir comment ces amendements seront traduits
dans la pratique.
Loi sur les
élections locales
Un groupe de travail
chargé d’examiner la loi sur les élections locales et ses effets sur les
minorités nationales a été créé, à la demande du Congrès des Pouvoirs Locaux et
Régionaux de l’Europe.
7.
COOPÉRATION AVEC LA GÉORGIE
Statut de l’Abkhazie
Suite à la demande du
Représentant spécial des Nations Unies et en coopération avec le Commissaire
aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, la Commission a organisé une
réunion sur le statut de l’Abkhazie à Pitsund, les 12-13 février 2001. MM.
Lopez Guerra, Malinverni, Vogel et Coppieters y ont assisté au nom de la
Commission. La présence et le rôle des représentants de la Commission ont été
vivement appréciés tant par les organisateurs que par les participants. En
effet, la Commission est apparue comme un interlocuteur privilégié dans la
recherche de solutions techniques et juridiques à la solution de conflits
ethno-politiques.
Une
deuxième réunion à ce sujet, prévue pour l’été, a dû être reportée à une date
indéterminée suite à des incidents violents et à l’interruption du dialogue
entre les autorités géorgiennes et abkhazes.
Relations entre
l’État et l’Église orthodoxe de Géorgie
Au mois de mars 2001, les
autorités géorgiennes ont pris contact avec la Commission de Venise pour lui
demander d’examiner la possibilité d’un accord constitutionnel entre l’État et
l’Église orthodoxe de Géorgie. La conclusion d’un tel accord nécessiterait en
premier lieu une révision constitutionnelle. Un projet de texte a été présenté
par les autorités géorgiennes au Secrétariat de la Commission. Suite à cela,
des commentaires ont été préparés par MM. Malinverni et Economides, en
coopération avec le Secrétariat. A la demande des autorités géorgiennes, un
projet de révision constitutionnelle a ensuite été rédigé. La révision
constitutionnelle adoptée en mars tient compte d’un certain nombre de remarques
des membres de la Commission ; notamment, elle prévoit que l’accord
constitutionnel à conclure avec l’Église orthodoxe a une valeur
infra-constitutionnelle. Par contre, le texte adopté ne prévoit pas
explicitement que l’accord doit se conformer à l’ensemble des normes de droit
international, comme suggéré dans le texte des experts, mais mentionne
uniquement les « normes et principes de droit international
universellement reconnus, spécialement dans le domaine des droits de l’homme et
des libertés fondamentales ».
Un projet d’accord
constitutionnel entre l’État géorgien et l’Église apostolique autocéphale
orthodoxe de Géorgie a ensuite été présenté au Secrétariat de la Commission. Ce
projet a fait l’objet de commentaires de deux membres de la Commission, MM.
Economides et Vogel, ainsi que d’un expert, M. Manitakis, Professeur de droit
constitutionnel à l’Université de Thessalonique.
Code électoral
L’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe a saisi la Commission d’une demande de coopération avec
la Géorgie sur la révision du code électoral. Cette activité sera menée en
2002.
8.
COOPÉRATION AVEC LA HONGRIE
Le 2 juillet 2001, l’avis
de la Commission de Venise ayant été sollicité par Premier Ministre roumain, M.
A. Nastase, sur la loi relative aux Hongrois vivant dans les pays voisins, le
ministre hongrois des Affaires étrangères, M. J. Martonyi, a demandé à la
Commission d’entreprendre, au lieu de cet avis, une étude comparative des
tendances récentes des législations européennes concernant le traitement
préférentiel des personnes appartenant à des minorités nationales vivant hors
des frontières de leur patrie. Lors de sa 47e réunion plénière, la
Commission a décidé d’entreprendre une étude sur la compatibilité du traitement
préférentiel des minorités nationales par leur État-parent avec les
standards du Conseil de l’Europe et avec les principes du droit international
(voir ci-dessus, introduction et ci-dessous, point 11, et III, point 4 infra).
9.
COOPÉRATION AVEC RÉPUBLIQUE DE CORÉE
Lors de sa 48e réunion plénière, la Commission
procéda à un échange de vues avec M. Park, ambassadeur de la République de
Corée auprès du Royaume de Belgique et représentant de son pays auprès de
l’Union européenne. Ce dernier décrivit le processus politique, souvent désigné
sous le terme «rayon de soleil», censé mener à la réconciliation dans la
péninsule coréenne. L’Europe ayant un rôle important à jouer dans la
consolidation de la paix et de la sécurité dans la région, M. Park a
instamment prié la Commission de continuer à consacrer son attention à cette
région, afin que tous les peuples de la péninsule puissent jouir de la paix, de
la stabilité, de la démocratie et de l’État de droit.
M. La Pergola a exprimé la volonté, qui est celle de la Commission,
d’apporter son concours dans tous les domaines où elle est compétente.
10.
COOPÉRATION AVEC LA MOLDOVA
Lors de sa 46e réunion
plénière, M. Solonari a informé la Commission que, suite à la modification
constitutionnelle par le Parlement en juillet 2000, le Président de la
République se voit élu par le Parlement et non plus au suffrage universel
direct. L’esprit de la réforme était de renforcer les pouvoirs du parlement et
du Premier Ministre qui devient la personne la plus importante de État. La
majorité requise pour l’élection du Président n’a pas été atteinte au Parlement
et il a donc été nécessaire d’avoir recours à des élections parlementaires
anticipées. Ces élections se sont tenues le 25 février 2001 : le parti
communiste obtenant 71% des sièges au Parlement. Le parti démocratique n’a plus
aucun siège au Parlement. Deux alternatives sont donc envisageables pour
l’avenir : soit le Président de la République, malgré le peu de pouvoirs
que lui confère la constitution actuelle, dirige la politique du pays par le
contrôle du parti communiste ; soit il fait modifier la constitution en
faveur d’un renforcement de ses pouvoirs. Les résultats des nouvelles élections
auront par conséquent inévitablement des répercussions sur le développement
constitutionnel de la Moldova. A cet égard, M. Solonari a souligné combien a
été précieuse pour la démocratisation de son pays, la collaboration avec la
Commission de Venise.
11.
COOPÉRATION AVEC LA ROUMANIE
Mme Stănoiu, ministre
de la Justice de la Roumanie, a informé la Commission lors de sa 47e
réunion plénière des projets de réforme constitutionnelle en Roumanie. La
réforme constitutionnelle envisagée vise à adapter la Constitution roumaine au
droit de l’Union européenne et à clarifier un certain nombre de points qu’il
apparaît opportun de modifier après dix ans d’expérience. Notamment, il
conviendrait de simplifier la procédure législative en supprimant le
parallélisme des pouvoirs entres les deux Chambres du Parlement. La question de
la délégation législative devrait être clarifiée, notamment en ce qui concerne
les ordonnances d’urgence. Parmi les points à examiner figurent également la
nomination et la révocation des ministres, le rôle et la place du Ministère
public, la composition du Conseil de la magistrature, l’élection du Président
de la République, la loi sur les partis politiques, le cadre juridique de la
propriété, la ratification du statut de Rome sur la Cour pénale internationale.
Un groupe d’évaluation sur la conformité de la Constitution à l’acquis
communautaire a été constitué, et une commission composée de représentants des
groupes parlementaires a été créée.
Mme Stănoiu a demandé à la Commission de coopérer avec les autorités roumaines
dans le domaine de la révision constitutionnelle ; la Commission a accepté
cette coopération et a désigné des rapporteurs sur la question.
Lors de sa 48e réunion plénière, M.
Stoica a informé la Commission que, jusqu’alors, il n’y avait eu que peu de
progrès pour des raisons à la fois politiques et formelles. Du point de vue
politique, une majorité des deux tiers au Parlement est nécessaire pour
l’adoption de ces réformes, de sorte qu’il est indispensable de disposer d’un
consensus préliminaire entre les partis représentés au Parlement. Le
gouvernement avait fait une déclaration sur les projets de réforme, tout comme
l’avaient fait d’autres partis politiques mais aucune réunion n’avait eu lieu.
La commission des représentants des groupes parlementaires restait encore à
mettre sur pied et il s’agirait vraisemblablement là de la première étape
formelle dans le processus de réforme. Sur le fond, l’élection du Président est
l’un des principaux problèmes. Si, actuellement, le Président est élu au
suffrage universel, il a été proposé qu’il le soit par le Parlement, car il a
été considéré important pour la Roumanie d’avoir un véritable régime
parlementaire.
Le 21 juin 2001, le
Premier Ministre roumain, M. A. Nastase, a demandé à la Commission d’examiner
une loi hongroise : la loi relative aux Hongrois vivant dans les pays
voisins, dont les effets s’étendaient jusqu’au territoire roumain et qui
concernait directement des citoyens roumains d’origine hongroise. Lors de sa 47e
réunion plénière, la Commission, ayant dans l’intervalle reçu une demande du
ministre hongrois des Affaires étrangères d’effectuer une étude comparative de
cette loi et d’autres lois similaires, a décidé d’entreprendre une étude sur la
compatibilité du Traitement préférentiel des minorités nationales par leur
État-parent avec les standards du Conseil de l’Europe et avec les principes
du droit international (voir ci-dessus, introduction et point 8 et III, point 4
infra).
12.
COOPÉRATION AVEC LA SLOVAQUIE
Amendements
constitutionnels
Lors de sa 48e
réunion plénière, la Commission a tenu un échange de vues avec M. Jan Mazák,
président de la Cour constitutionnelle de la République slovaque, qui a
présenté les récents amendements de la Constitution du pays. Ceux-ci ont
considérablement modifié plusieurs aspects cruciaux de l’ordre constitutionnel
en République slovaque et constituent une nouvelle étape dans le développement
de l’histoire constitutionnelle d’une République slovaque indépendante. Ces
amendements concernent un certain nombre de points fondamentaux :
renforcement des tendances favorables à l’Union européenne et, plus
généralement, à l’intégration européenne ; consolidation des principes de
la démocratie et de l’État de droit ; création de mécanismes
constitutionnels en vertu desquels les responsabilités internationales pourront
découler d’instruments internationaux ; séparation plus cohérente du
pouvoir judiciaire et des pouvoirs exécutif et législatif ; réglementation
plus poussée des pouvoirs de l’autorité d’audit suprême ; revalorisation
des pouvoirs, de l’indépendance et de l’impartialité de la Cour
constitutionnelle ; réglementation des pouvoirs du Protecteur public des
droits (Ombudsman) et délégation de certains pouvoirs au profit des organes des
collectivités territoriales. Ces modifications sont entrées progressivement en
vigueur ; certaines sont appliquées depuis le 1er juin 2001
tandis que d’autres n’ont pris effet que le 1er janvier 2002.
En ce qui concerne la Cour
constitutionnelle, les modifications prévoient une extension de ses
compétences, le renforcement du caractère exécutoire de ses décisions et un
degré de protection plus important des droits et des libertés fondamentaux.
L’introduction de ces modifications aura eu pour effet de mettre en place un
outil de protection plus efficace des droits et libertés. La mise en œuvre sera
manifestement une condition préalable à l’introduction de requêtes devant la
Cour européenne des droits de l’homme.
Par ailleurs, de nouvelles dispositions sur la désignation des
magistrats de la Cour constitutionnelle impliquent désormais que les juges sont
nommés pour un mandat non renouvelable de 12 ans. Ces dispositions visent à
renforcer les garanties d’indépendance des juges de la Cour constitutionnelle.
Loi sur les élections régionales
Suite à la demande du
Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe, la Commission a adopté
lors de sa 49e réunion plénière son avis consolidé sur la loi de la
République slovaque applicable aux élections régionales. Cet avis, préparé sur
la base des commentaires de MM. Luchaire et Owen, procède à une analyse
détaillée des mécanismes mis en place par la loi. Les points les plus
importants soulignés dans l’avis concernent la composition des commissions
électorales et le découpage des circonscriptions électorales. Les commissions
électorales jouent un rôle secondaire strictement limité à la tenue des
élections, alors que les décisions administratives essentielles ainsi que la
logistique dépendent des autorités administratives. Ce rôle va à l’encontre de
la tendance actuelle qui favorise le développement du rôle des commissions. Par
ailleurs, les dispositions laissant aux partis politiques la possibilité de
révoquer un de leurs membres titulaires du mandat d’une commission pourrait
mettre en cause l’indépendance des commissions électorales.
S’agissant du découpage
des circonscriptions électorales, l’avis souligne que ces circonscriptions ne
devraient pas être redéfinies quelques mois seulement avant les élections. Un
redécoupage à intervalle de 10 ans, par exemple, et à une certaine distance des
élections, constituerait un meilleur système. L’intervention d’une commission
indépendante de découpage des circonscriptions serait souhaitable.
Enfin, deux autres
questions font problème : d’une part, l’obligation imposée aux candidats
de mentionner leurs titres académiques ; d’autre part, chaque fois que,
dans une même circonscription, une coalition est formée entre des partis, ces
mêmes partis se voient imposer l’obligation de former de semblables coalitions
dans toutes les autres circonscriptions où ils présentent des candidats. Cette
obligation pourrait porter atteinte à la liberté politique des partis.
13.
COOPÉRATION AVEC L’AFRIQUE DU SUD
2001 était la dernière année du programme «La démocratie : du
livre de droit à la vie réelle» parrainé par le Département fédéral suisse des
Affaires étrangères. Quatre activités furent organisées dans ce
cadre : Un séminaire sur la gestion
des gouvernements provinciaux dans un Etat constitutionnel, organisé en
coopération avec l’Académie administrative de Western Cape ; une Conférence des Présidents des Cours
constitutionnelles et des Cours suprêmes d’Afrique australe, organisée en
coopération avec la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud ; une
conférence de suivi organisée dans la foulée de la Conférence susmentionnée,
destinée aux agents de liaison des juridictions concernées et consacrée à un échange
d’informations ; des cours sur les relations intergouvernementales
organisés en coopération avec le ministère des Affaires provinciales et locales
et l’institut PAIR de l’université de Pretoria.
M. Daniels, Conseiller juridique principal du ministère de la
Justice, assista à la 46e réunion plénière de la Commission
pour discuter du programme de «Renaissance africaine» et de la création
éventuelle d’une Commission d’Afrique australe sur le constitutionnalisme et la
démocratie. La Commission salua cette initiative, déclara appuyer sans réserve
la mise sur pied d’un organe créé à son image et voué au constitutionnalisme en
Afrique australe et proposa une aide rendue possible par une contribution
volontaire des autorités norvégiennes.
Lors de sa 48e réunion plénière, la Commission examina les
progrès enregistrés dans le cadre de cette initiative : malgré l’intérêt
suscité par la création de cet organe en Afrique du Sud, peu de mesures
concrètes ont déjà été prises. Il n’en reste pas moins que la coopération avec
la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud et les juridictions équivalentes de
la SADC (Southern African Development
Community) s’est révélée fructueuse et devrait se poursuivre, notamment
dans le cadre d’échanges de données jurisprudentielles et d’une participation à
l’infobase CODICES. Il fut donc proposé de poursuivre la coopération régionale
au niveau judiciaire, considérée comme un moyen essentiel de renforcer
l’indépendance du pouvoir judiciaire
dans les pays concernés, et d’élargir les domaines de coopération pour tenir
compte de l’accroissement de la demande en ce sens.
14.
COOPÉRATION AVEC LA SUISSE
Coopération avec les cantons suisses sur des questions
électorales
A
la demande des autorités du canton de Tessin, la Commission a préparé un avis
sur le droit électoral du canton, faisant suite à son avis préliminaire préparé
en 2000. Cet avis, adopté par la Commission lors de sa 47e réunion plénière,
présente les modifications possibles du droit électoral tessinois dans le sens
d'un passage à un système majoritaire pour l'élection du Conseil d’État et,
éventuellement, pour celle du Grand Conseil; et examine comment le système
électoral pourrait créer des majorités plus claires et faciliter une alternance
au pouvoir entre les partis, tout en mettant l’accent sur le vote individuel.
Par ailleurs, M. Garrone a
informé la Commission lors de sa 48e réunion plénière que suite à l’invitation
de l’Assemblée constituante du canton de Fribourg, il s’était rendu dans cette
ville le 17 septembre 2001 pour y faire une communication sur la question des
élections populaires. Dans le cadre de la révision complète de la Constitution
du canton, des questions ont été soulevées qui
visaient à voir s’il convenait de conserver en l’état l’actuel le système
d’élection à un certain nombre de fonctions. La communication portait également
sur une comparaison intercantonale et, chaque fois que possible,
internationale, des modalités d’élection et de désignation des organes en
cause ; elle a permis de présenter les avantages et les inconvénients des
différents modes d’élection – en particulier au suffrage universel – à des
organes ou des postes tels que ceux de préfet ou de juge.
15.
COOPÉRATION AVEC « L’EX RÉPUBLIQUE
YOUGOSLAVE DE
MACÉDOINE »
À la lumière des événements survenus au cours de
l’année dans ce pays, l’Assemblée parlementaire a demandé dans sa Résolution
n° 1255 (2001) au Gouvernement de Macédoine de coopérer étroitement avec
la Commission de Venise en vue de l’adoption d’amendements constitutionnels.
Simultanément, elle a invité la Commission à proposer sa coopération aux
autorités macédoniennes et à toutes les parties intéressées dans le domaine de
la modification de la Constitution, afin de garantir le respect des principes
du Conseil de l’Europe. En réponse à cette Résolution, la Commission, lors de
sa 47e réunion plénière, a constitué
un groupe de travail sur «l’ex-République yougoslave de Macédoine», composé de
MM. Torfason, Helgesen et Stoica.
À la demande de M. François Léotard,
Représentant de l’Union européenne à Skopje, la Commission décida également
d’envoyer dans cette ville M. Markert en qualité de membre de l’équipe
internationale d’experts chargée de négocier une solution politique de la crise
macédonienne. Un accord-cadre fut conclu sur les bords du lac Ohrid le
13 août 2001. Il prévoyait des amendements constitutionnels qui
furent finalement adoptés par le Parlement le 16 novembre 2001. La
Commission a contribué au processus en permettant à M. Markert de
participer régulièrement aux diverses instances pertinentes. En outre, lors de
sa 49e réunion plénière, elle a indiqué sa volonté de continuer
à résoudre les difficultés de mise en œuvre de l’accord.
******
En outre, un séminaire UniDem
sur « démocratie, l’état de droit et la politique étrangère » s’est
tenu à Skopje, les 4-5 octobre 2001 en coopération avec la Cour
constitutionnelle.
16.
COOPÉRATION AVEC LA TURQUIE
Un Séminaire UniDem sur
« les implications constitutionnelles de l’adhésion à l’Union
européenne » a été organisé en coopération avec l’Université de Bilkent.
17.
COOPÉRATION AVEC L’UKRAINE
Révision de la Constitution
Suite à une demande de la
Commission de suivi de l’Assemblée parlementaire, la Commission a adopté, sur
la base des commentaires de MM. Batliner et Malinverni, son avis sur le projet
de réforme constitutionnelle de l’Ukraine proposé par un certain nombre de
membres du parlement ukrainien. Cet avis a été adopté lors de la 47e
réunion plénière de la Commission. Globalement,
les propositions avaient tendance à infléchir le régime présidentiel actuel
vers un régime parlementaire et à redresser l'équilibre entre les pouvoirs de
l'État. En revanche, le projet manifestait le souci de stabiliser le nouveau
système à tendance parlementaire. Cependant, les solutions proposées pour stabiliser
le système semblaient aller trop loin. Les deux questions principales étaient
les suivantes. D’abord, un député qui quittait son groupe politique, ou qui en était
exclu, aurait été déchu de son mandat. Cela est contraire au principe de
l’indépendance des parlementaires. Ensuite, il était proposé que, après le
commencement des travaux parlementaires, le Parlement constitue une majorité
parlementaire stable. Le projet va trop loin, car il contredit la règle selon
laquelle la volonté du Parlement est formée par des députés qui, dans chaque
cas particulier, votent selon leurs convictions.
Projet de loi sur le système judiciaire de
l’Ukraine
La Commission a examiné, à la
demande de sa membre ukrainienne, la projet de loi sur
le système judiciaire, préparé par le ministère de la justice ukrainien. Mme
Suchocka et M. Said Pullicino ont présenté leurs commentaires lors de la 47e
réunion plénière de la Commission. Ils ont indiqué que la question avait déjà
été examinée dans le passé et qu’un certain nombre de critiques avaient été
formulées. Des modifications avaient eu lieu, mais un certain nombre de points
essentiels n’avait pas été réglé. En particulier, rien n’avait été prévu en ce
qui concerne les droits et obligations des juges. En outre, le ministre de la
Justice participe au plénum de la Cour suprême, et peut donner des instructions
au pouvoir judiciaire. Dès lors, le projet devrait être complètement révisé. M.
Said Pullicino a affirmé qu’un effort avait été fait, mais a confirmé que le
projet devait être largement revu.
Mme Stanik a informé la Commission que le
projet de loi avait été présenté au Parlement et renvoyé en commission. Des
lois sont actuellement en vigueur sur le statut des juges et sur l’indépendance
des tribunaux. En juin, l’amendement de plusieurs lois (code pénal, code de
procédure civile, loi sur la justice) a été adopté afin de mettre ces lois en
conformité avec la Constitution après la période transitoire, qui a permis des
exceptions à quelques règles de la Constitution. La Prokuratura résistait à
toute réforme et le projet de loi devrait être révisé sur ce point.
Lors de sa 47e
réunion plénière, la Commission a approuvé les avis de ses rapporteurs sur le
projet de loi sur le système judiciaire de l’Ukraine et a indiqué qu’elle
restait à la disposition des autorités ukrainiennes pour poursuivre ses travaux
en la matière.
Projet de loi sur le bureau du Procureur
Suite à la demande du
ministère de la justice ukrainien, deux rapporteurs désignés par la Commission,
M. Hamilton et Mme Suchocka ont examiné un projet de loi sur le bureau du
Procureur ukrainien.
En présentant son avis
lors de la 49e réunion plénière de la Commission, M. Hamilton a
indiqué que la loi actuellement en vigueur sur le bureau du procureur n’est pas
satisfaisante. La structure du bureau est trop centralisée et hiérarchisée, ses
compétences sont étroitement entremêlées avec ceux des branches judiciaire,
législative et exécutive du pouvoir, certains pouvoirs sont trop larges, il
serait plus approprié que certaines compétences soient exercées par le pouvoir
judiciaire et l’indépendance du bureau n’est pas suffisamment garantie. Une
disposition de la loi actuelle doit même être considérée comme constituant une
entrave à la liberté de la presse. Le projet de loi comportait certaines
améliorations, notamment le renforcement de l’indépendance du bureau.
Cependant, l’on ne pouvait considérer que le projet constituait une réforme
fondamentale du système actuel et les questions soulevées par rapport au
système actuel s’appliquaient tout aussi bien au projet.
Mme Suchocka était
entièrement d’accord avec M. Hamilton. Le projet de loi se fondait encore en
grande partie sur la conception soviétique de la Prokuratura. Aucune conception
claire d’une réforme du système en conformité avec les standards européens ne
ressortait du projet et il ne serait pas justifié d’adopter le projet de loi
sous sa forme actuelle.
Mme Stanik a remercié les
rapporteurs pour leurs commentaires pertinents et a indiqué que le projet avait
été préparé par le bureau du Procureur général.
La Commission a approuvé
les commentaires des deux rapporteurs et a décidé de transmettre leurs avis aux
autorités ukrainiennes.
Concept de la
politique de l’État dans le domaine des ethnies et des nationalités
Lors de sa 47e réunion plénière, la Commission a adopté son
avis sur concept de la politique de l’État ukrainien dans le domaine des
ethnies et des nationalités. Le programme du gouvernement, en favorisant la
langue ukrainienne, et en en renforçant l’utilisation de celle-ci dans la vie
sociale, s’adresse aussi à la diaspora, y compris aux Ukrainiens vivant dans
les États voisins. En particulier, il invite ceux qui ont dû quitter l’Ukraine
durant la période soviétique à revenir. Les autorités ukrainiennes devront se conformer
aux principes et aux textes des organisations internationales. Toute évaluation
finale de leur programme dépendra de sa mise en œuvre ; les documents à
disposition ne sont pas suffisamment précis pour permettre une telle
évaluation.
Mme Stanik a présenté ses
remerciements à la Commission et a précisé que le concept concerne non
seulement les Ukrainiens, mais aussi les droits des groupes ethniques. Il vise
la conformité avec le droit international public et avec la convention-cadre du
Conseil de l’Europe en particulier.
Loi
électorale
Suite à la demande des autorités
ukrainiennes, la Commission a adopté lors de sa 48e réunion plénière son avis
sur le projet de loi électorale ukrainienne. Le nouveau texte était
long et présentait, un certain nombre de clarifications par rapport au projet
antérieur, sans modifier le système électoral lui-même. Deux thèmes principaux
se situaient au cœur du débat : il s’agissait, en premier lieu, de la
durée de la phase préélectorale qui pourrait être abrégée si les garanties d’un
traitement égal étaient étendues, non seulement à la période de la campagne
mais à la totalité de la phase préélectorale, et si le nombre de signatures
requises pour les dépôts de candidature était réduit ; en second lieu, les
commissions électorales devraient faire l’objet d’une représentation
rigoureusement équilibrée entre les divers partis politiques, qui serait le
meilleur moyen dans les circonstances actuelles d’assurer leur indépendance.
Deux autres questions
importantes ont été soulevées. Tout d’abord, il fallait clarifier le rôle des
commissions électorales et des tribunaux en cas de recours. Par ailleurs, le
projet prévoyait que seuls les partis dûment enregistrés pendant une année
complète avant la date des élections peuvent désigner des candidats au scrutin
national. Il s’agissait d’une mesure clairement excessive et qui, en tout état
de cause, ne saurait être appliquée rétroactivement.
M. Haric, vice-président
du Parlement d’Ukraine, a remercié la Commission pour son aide et a précisé que
la logique formulée dans l’avis précité correspondait bien à celle des débats
dont le Parlement avait été le témoin deux jours plus tôt. Même s’il était vrai
que, pour l’essentiel, le système électoral restait inchangé, le modèle avait
évolué et, désormais, serait moins sous la dépendance de l’exécutif.
M. Jurgens a demandé que l’avis – particulièrement intéressant dans le
cadre des procédures de monitoring de l’Assemblée parlementaire en Ukraine –
soit transmis à la Commission de suivi de l’Assemblée.
18.
COOPÉRATION AVEC LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DE
YOUGOSLAVIE
Tout au long de l’année
2001, M. Dimitrijevic a tenu la Commission régulièrement informée des derniers
développements constitutionnels en République fédérale de Yougoslavie. Alors
qu’une nouvelle tendance positive semblait se dégager de l’activité de la Cour
constitutionnelle, il convenait de noter que le développement de la
Constitution fédérale même se heurtait au mouvement de sécession du Monténégro. Quant à la
Constitution de la Serbie, elle appelait une amélioration, notamment du point
de vue de la protection des droits de l’homme. Un autre aspect ayant fait
l’objet de beaucoup de discussions était la possibilité de traduire une
certaine décentralisation afin de tenir compte des régions autonomes
historiques de la Serbie, comme la Vojvodine.
Projet de loi sur le droits des communautés nationales et ethniques
Une
délégation du Groupe de travail commun de la Commission et de la Direction
générale II s’est rendue à Belgrade du 10 au 12 janvier 2001 afin de se réunir
avec le Ministre des Communautés nationales et ethniques ainsi qu’avec le
Groupe d’experts nommés par lui pour rédiger la loi. Le Groupe d’experts a
exprimé quelques doutes quant à la possibilité, en conformité avec la
Constitution, d’adopter une telle loi au niveau fédéral. Il a également
souligné ses difficultés à identifier les communautés concernées et a indiqué
que si de bonnes lois existaient déjà en Yougoslavie, leur mise en oeuvre
posait des problèmes. Une deuxième réunion du Groupe de travail s’est tenue à
Strasbourg, les 26 et 27 mars, pour examiner le projet de loi préparé par le
Groupe d’experts. M. Malinverni et Mme Benoît-Rohmer y ont participé au nom de
la Commission. Le Groupe a évalué le projet en général de manière positive ;
cependant, les experts du Conseil de l’Europe ont mis en garde contre
l’inclusion d’une liste de minorités nationales dans le texte et la création de
registres des membres des minorités. Un certain nombre d’autres questions a été
soulevé, dont la plupart se posaient au vu de l’incertitude quant au statut
éventuel de cette loi dans le système juridique de la République fédérale de
Yougoslavie. Les travaux de rédaction ont continué à Belgrade durant tout
l’année et l’adoption de la loi est attendue en 2002.
Rapport
intérimaire sur la situation constitutionnelle en République fédérale de
Yougoslavie
Lors de sa 48e
réunion plénière, la Commission a adopté son Rapport intérimaire sur la
situation constitutionnelle en République fédérale de Yougoslavie. Dans ce
rapport établi à l'issue de la visite à Belgrade et Podgorica, d'une délégation
composée de MM. Tuori, Batliner et Jowell accompagnés de MM. Buquicchio et
Markert, la Commission a évalué la situation constitutionnelle en République
fédérale de Yougoslavie aux niveaux fédéral et républicain, en indiquant les
principales perspectives pour le proche avenir plutôt qu'en s'attachant à
l'héritage du passé.
La Commission a observé que la principale question
était celle du statut futur du Monténégro. Elle a constaté que résoudre cette
question par voie de référendum uniquement présenterait des difficultés en ce
qui concerne tant la légalité que la légitimité d'une telle solution. La
Commission a donc demandé aux parties intéressées de s'efforcer de parvenir à
une proposition commune par des négociations de bonne foi, proposition qui
pourrait ensuite être soumise à un référendum populaire et confirmée, le cas
échéant, par des décisions des organes compétents. Par ailleurs, elle a
constaté que la clarification de cette situation serait fondamentale en vue
d'une adhésion possible au Conseil de l'Europe.
La Commission a cependant
souligné ses inquiétudes quant au fait que cette situation avait induit une
atmosphère d'incertitude entravant, en particulier, les réformes démocratiques
nécessaires. Cela tenait en grande partie au fait que les relations
constitutionnelles entre les niveaux fédéral et républicain ne reposaient pas
sur des fondements juridiques sûrs. En conséquence, la Commission s'est
félicitée de la volonté qui existait manifestement en République fédérale de
Yougoslavie d'améliorer les constitutions à tous les niveaux et en a appelé aux
autorités compétentes de commencer les travaux officiels pour la rédaction de
nouvelles constitutions dans les meilleurs délais. Elle a constaté que le
projet de Constitution de la République de Serbie élaboré par le Centre des
Droits de l’homme de Belgrade offrirait une base excellente pour des travaux
constitutionnels futurs.
Cet avis a été préparé à la demande de l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe dans le cadre de l'évaluation par
l'Assemblée de la demande de la République fédérale de Yougoslavie d'adhérer au
Conseil de l'Europe.
Situation au Kosovo
Lors de sa 46e
réunion plénière, la Commission fut informée de la création – par le
Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Haekkerup –
d’un « groupe de travail mixte pour l’établissement du cadre juridique
intérimaire au Kosovo ». Le but de ce groupe était d’établir un projet de
texte définissant les compétences des institutions intérimaires
d’auto-administration au Kosovo. M. Haekkerup a invité la Commission à envoyer
des représentants siéger dans cet organe composé pour le reste de représentants
des Nations Unies et d’experts désignés par les partis politiques et les
communautés du Kosovo. Il a été décidé que M. Russell et un membre du
Secrétariat prendraient part aux consultations et tiendraient la Commission
informée des développements en la matière. Suite à cette décision, les
représentants de la Commission ont passé plusieurs semaines à Pristina et ont
contribué activement à la rédaction du texte, qui a ensuite été adopté sous la
forme du Règlement 2001/9 de la MINUK sur le Cadre constitutionnel pour une
auto-administration provisoire. Les représentants de la Commission ont veillé
en particulier à ce que ce texte soit conforme aux standards du Conseil de
l’Europe.
Un échange de vues s’est
tenu, lors de la 47e réunion plénière de la Commission, avec M.
Neithart Hoefer-Wissing, Directeur adjoint des affaires politiques de la
Mission des Nations Unies au Kosovo. Il a remercié la Commission pour sa
contribution à la préparation d’un cadre constitutionnel pour une
auto-administration provisoire du Kosovo qui soit conforme à la résolution 1244
des Nations Unies. Le cadre constitutionnel nouveau permettra à la fois de
créer des structures démocratiques et de maintenir les pouvoirs du Représentant
spécial du Secrétaire Général. M. Hoefer-Wissing a remercié tout
particulièrement MM. Markert et Russell, qui avaient participé au groupe mixte
réunissant des experts du Kosovo et de la communauté internationale. Il a
observé que les Albanais du Kosovo voulaient l’emploi du terme de
« Constitution », une référence à la volonté du peuple et au service
de protection du Kosovo, ainsi que l’élection directe d’un Président et une
Cour constitutionnelle. Les Serbes du Kosovo, qui se sont retirés des travaux
mais sont revenus vers la fin, ont insisté sur l’intégrité territoriale de la
Yougoslavie, le retour des réfugiés, les dispositions en matière linguistique
et une procédure spéciale donnant aux minorités un droit de veto lorsque leurs
intérêts sont touchés. Une solution de compromis a été trouvée, qui évite tout
ce qui pourrait se référer à un État souverain. Le texte final, publié par le
Représentant spécial du Secrétaire Général le 15 mai, a été critiqué par les
deux parties, mais elles ont affirmé qu’elles coopéreraient. Le texte garantit
un équilibre des pouvoirs et des droits spécifiques des minorités. Le
Représentant spécial du Secrétaire Général a le contrôle des points de tension
entre les communautés.
19.
AUTRES QUESTIONS CONSTITUTIONNELLES
En 2001 la Commission a
poursuivi ses échanges de vues avec ses membres, commencés en 2000, sur des
questions constitutionnelles n’ayant pas fait l’objet des travaux de la
Commission. Ces échanges de vues, qui sont l’occasion d’enrichir les débats de
la Commission, sont cités ci-dessous lorsque la Commission a coopéré sur
d’autres questions avec le pays au cours de l’année 2001.
- France
M. Robert a décrit les principales questions
constitutionnelles d’actualité en France. En premier lieu, deux juridictions
parmi les plus importantes ont récemment rendu des arrêts sur le statut du Chef
de l’État eu égard droit pénal. La Constitution était restée silencieuse sur la
question, sauf à stipuler que le Président ne saurait être tenu pour
responsable des actes commis dans l’exercice de ses fonctions – à l’exception
de la haute trahison, auquel cas il ne peut être jugé que par la Haute Cour de
Justice. En conséquence, le Conseil Constitutionnel a décidé que le Président
ne pouvait être jugé que par la Haute Cour de Justice et à la demande du
Parlement ; cela dit, il est responsable de tous ses actes devant cette
Cour. Par ailleurs, la Cour de Cassation a rappelé, en examinant si le
Président pouvait être cité comme témoin dans une affaire pénale, que la Haute
Cour de Justice était compétente en la matière pour tout ce qui concerne les
actes commis pendant le mandat du Président, alors que pour tous les autres
actes, le Président devrait être jugé par les juridictions ordinaires mais
uniquement après la fin de son mandat.
Il y a également eu un débat nourri sur le point
de savoir si le calendrier électoral devait être inversé en 2002 de façon à ce
que l’élection présidentielle ait lieu avant les élections législatives,
également prévues pour l’année prochaine. M. Robert explique que cette
inversion est essentielle à la préservation de la logique de la Ve
République, dont le bon fonctionnement exige que le Président – élu au suffrage
universel et doté de nombreux pouvoirs – soit soutenu par une majorité
parlementaire.
Un troisième centre d’intérêt concerne le projet
de loi sur le statut de la Corse qui, entre autres, est allé beaucoup plus loin
que la plupart des textes relatifs à la décentralisation puisqu’il concède à
l’Assemblée de Corse le droit d’introduire des dispositions dérogatoires aux
lois adoptées au niveau central chaque fois que des problèmes particuliers auront
été identifiés. Le risque n’est pas absent de voir ce projet jugé
inconstitutionnel dans la mesure où il pourrait ébranler l’indivisibilité de
l’État français.
- Développements constitutionnels en
Italie
M. Bartole informe la Commission de la récente loi constitutionnelle
approuvée par referendum en octobre 2001 et qui réorganise les pouvoirs des
Régions. L’Italie par cette réforme revêt les caractéristiques classiques d’un
virement vers le fédéralisme : les questions qui relèvent de la compétence
de l’Etat sont indiquées, tandis que les régions jouissent quant à elles d’un
pouvoir général. En effet, les régions dans la situation actuelle n’ont plus
besoin d’un transfert de l’Etat pour légiférer, le pouvoir de légiférer leur
est directement attribué par la constitution.
Il faut néanmoins distinguer deux catégories de législation: celle
issue d’un pouvoir illimité qui appartient aux régions mais également celle
issues d’un pouvoir concurrent avec l’Etat avec pour cadre général le respect
de la constitution et des engagements internationaux de l’Etat. Ce qui
distingue la situation italienne du fédéralisme au sens propre, est la
coexistence d’autorités locales inférieures, les communes et les provinces qui
continuent de dépendre de l’Etat. Il
faut ajouter que l’avenir de ces réformes reste politiquement confus, car elles
doivent être encore mises en œuvre par la nouvelle majorité qui les avait
contestées et qui vient de présenter un nouveau projet. Un autre volet
important de cette réforme concerne le contrôle de l’Etat sur la législation
régionale : ce contrôle est devenu un contrôle a posteriori et non plus
avant l’entrée en vigueur de la loi.
M. La Pergola attire l’attention de la Commission sur la nouvelle
place des traités internationaux que le projet semble avoir introduit :
les traités internationaux pourront désormais prévaloir sur les lois
incompatibles aussi bien celles de l’Etat que celles des régions,
l’applicabilité directe des traités est une notion nouvelle que la réforme a
mis en place.
-
Etats Unis d’Amérique
Dans le cadre des discussions sur le problème du terrorisme et sur
l’implication que la lutte contre le terrorisme peut avoir sur l’état de droit
et les garanties procédurales, M. Rubenfeld a été invité à présenter brièvement
les derniers développements aux Etats-Unis suite aux tragiques évènements du 11
septembre 2001.
M. Rubenfeld a rappelé que les récentes dispositions sur l’adoption de
tribunaux militaires d’exception ont été mises en oeuvre aux Etats-Unis afin de
répondre au problème potentiel de la capture des personnes ayant commis ou
commandité les actes terroristes du 11 septembre. En effet, il est vraisemblable que la
procédure pénale ne fournissait pas de garanties suffisantes aux autorités pour
contrer la menace terroriste.
Dans le même temps, la grande difficulté réside dans le fait que la
protection de la prééminence du droit, des garanties fondamentales, du procès
équitable ne doit pas être abandonnée pour autant.
La prééminence du droit peut être appliquée à la définition du
terrorisme notamment par rapport au droit des combattants lors des actions
militaires actuelles, des détenus, du procès équitable, de la procédure à
suivre. La conciliation de l’action militaire avec les exigences de la
prééminence du droit sans sacrifier ces dernières exigences est au cœur du
problème, certainement l’enceinte de la Commission de Venise pourrait
constituer un forum idéal de réflexion sur ces questions, les Etats-Unis
seraient très intéressés de s’associer à cette étude, le cas échéant.
II. Coopération de la Commission avec les
organes du Conseil de l’Europe, l’Union européenne, ainsi qu’avec des instances
internationales
- Coopération
avec le Comité des Ministres
Au cours de l’année 2001 des
représentants du Comité des Ministres ont participé à toutes les réunions de la
Commission.
Lors de la 46e réunion plénière M. Erkki Kourula,
Représentant permanent de la Finlande auprès du Conseil de l’Europe a souligné
l’importance et le succès de la Commission de Venise notamment dans sa
coopération avec le Comité des Ministres. Il a félicité et a remercié la
Commission de Venise notamment pour son étude sur les implications
constitutionnelles de la ratification du statut de la Cour pénale
internationale et a souligné l’importance pour chaque pays à ratifier ce
traité. Au cours de la même réunion, M.
Olexandre Chalyi, Représentant permanent de l’Ukraine auprès du Conseil de
l’Europe, a réaffirmé le rôle majeur que la Commission de Venise joue dans la
résolution de conflits, en offrant par son expérience et expertise des cadres
généraux à la solution de problèmes. Le développement constitutionnel de
l’Europe s’est fait sous l ‘égide de la Commission de Venise, et celle-ci
reste toujours un forum privilégié pour l’analyse et la proposition de
solutions sous l’angle juridique de certains des défis auxquels doivent
répondre aujourd’hui tant les nouvelles que les anciennes démocraties.
M. Jacques Warin, Représentant
permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe et M. Mark Entin, chargé
d’affaires a.i. de la Fédération de Russie auprès du Conseil de l’Europe ont assisté à la 47e réunion plénière.
La Commission a eu un échange
de vues avec M. Warin concernant la possibilité de coopération avec l’Encyclopédie
universelle des Droits de l’Homme (EUDH).
M. Athanasios Theodorakopoulos,
Représentant
permanent de la Grèce auprès du Conseil de l’Europe et M. Torbjorn Aalbu,
Représentant permanent de la Norvège auprès du Conseil de l’Europe ont assisté à la 48e réunion plénière.
M. Theodorakopoulos a réaffirmé le vif intérêt
manifesté par le Comité des Ministres pour les travaux de la Commission de
Venise ; il a mis en avant son rôle non seulement en tant qu’instrument de
consolidation des institutions démocratiques en Europe, mais également dans le
domaine de la diplomatie préventive. Il a mentionné la coopération de la
Commission avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan comme autant d’exemples importants
du rôle joué par la Commission, à la fois pour consolider les institutions que
pour veiller à ce que les dispositions législatives adoptées ne s’écartent pas
des normes du Conseil de l’Europe.
M. Aalbu a mis l’accent sur l’importance de la
Commission dans la mise à disposition de l’assistance professionnelle et
juridique indispensable au Comité des Ministres ; à cet égard, il a ajouté
que les échanges de vues réguliers entre le Secrétariat et les membres du
Comité des Ministres s’avèrent particulièrement utiles. Il a rappelé que la
Norvège a toujours soutenu les travaux de la Commission notamment par sa
contribution volontaire pour l’assistance aux nouvelles démocraties d’Afrique
australe.
Lors de la 49e réunion plénière M. Alexandre Orlov, Représentant
de la Fédération de Russie, a présenté à la Commission la décision de la
Fédération de Russie d’adhérer à la Commission de Venise à compter du 1er
janvier 2002, et a annoncé la nomination de M. Baglay, Président de la Cour
constitutionnelle de la Fédération de Russie au titre de membre et de M.
Toumanov, ancien président de la Cour constitutionnelle en tant que
suppléant. M. Igor Grexa, Représentant
permanent adjoint de la République slovaque auprès du Conseil de l’Europe, a
rendu compte des discussions au sein du Comité des Ministres concernant la
modification du statut de la Commission.
- Coopération
avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
Tout au long de l’année
2001, la Commission a poursuivi sa coopération avec l’Assemblée parlementaire.
Des représentants de l’Assemblée parlementaire ont participé à toutes les
réunions plénières de la Commission, qui a été particulièrement heureuse
d’accueillir le Président de l’Assemblée parlementaire, Lord Russell-Johnston,
à sa 48e réunion plénière.
Par le biais de ses échanges de vues réguliers avec ces représentants,
la Commission s’est tenue informée des questions principales sur l’ordre de
jour de l’Assemblée durant l’année. Parmi ces questions figuraient notamment le
suivi de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan suite à leur adhésion au Conseil de
l’Europe, les demandes d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine, de la Principauté
de Monaco et de la République fédérale de Yougoslavie, la mise en oeuvre des
décisions de la Cour européenne des Droits de l’Homme, l’éventuelle adhésion de
l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’Homme, l’étude
des conséquences de la Charte des droits de l’homme sur la protection des
droits de l’homme en Europe, ainsi que l’éventuelle adoption de nouveaux
protocoles à la Convention européenne des droits de l’Homme au sujet des droits
de minorités et de l’abolition de la peine de mort dans toutes les
circonstances. L’Assemblée examine à nouveau la situation des populations
francophones de certaines régions de Belgique. Enfin, sa quatrième partie de
session en 2001 s’est déroulée alors que les événements du 11 septembre étaient
encore omniprésents dans toutes les mémoires et ces circonstances ont dominé
les débats.
Une
proportion importante du travail de la Commission a
encore une fois était basée sur des demandes issues de l’Assemblée. Ces
demandes concernaient notamment :
-
les implications de la décision de la Cour
constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine dans l’affaire relative à la question
des « peuples constituants » ;
-
la loi électorale de la Bosnie-Herzégovine ;
-
la loi constitutionnelle relative aux droits des
minorités nationales en Croatie ;
-
les amendements du 9 novembre 2000 et du 28 mars 2001
à la Constitution croate ;
-
le projet de réforme constitutionnelle de
l’Ukraine :
-
la situation constitutionnelle de la République
fédérale de Yougoslavie ;
-
le régime juridiques des territoires autonomes de la Palestine.
La
Commission a également préparé ses Lignes directrices sur le référendum
constitutionnel à l’échelle nationale à la suite d’une initiative de
l’Assemblée.
Lors de la 48e réunion de la Commission, M. Jurgens,
s’exprimant au sujet des propositions d’amendement du statut de la Commission,
a indiqué que le projet de rapport sur la composition de la Commission préparé
par la commission des questions juridiques et des droits de l’homme de
l’Assemblée parlementaire était parvenu à des conclusions tout à fait
similaires à celles de la Commission de Venise.
M.
Clerfayt, membre de la Commission des Questions
politiques, a informé la Commission de la Résolution 1264 de l’Assemblée
parlementaire sur « l’élaboration d’un code de bonne conduite en matière
électorale » et de l’invitation faite à la Commission de Venise à créer un
groupe de travail. La Commission s’est félicitée de cette proposition de
coopération et a décidé de créer un groupe de travail auquel participeraient
également des représentants de l’Assemblée parlementaire, du CPLRE et d’autres
organisations, ayant de l’expérience en la matière en tant qu’observateurs
(l’OSCE, par le biais du BIDDH et de son Assemblée parlementaire, ainsi que
l’UE, par le biais du Parlement européen et de la Commission européenne). Ce
groupe est créé dans le but de réfléchir de façon régulière aux questions
électorales, d’élaborer un code de bonne conduite électorale et de recenser les
principes du patrimoine électoral européen. A moyen terme, les
données collectées concernant les élections en Europe devraient être réunies
dans une base de données, analysées et diffusées par une unité spécialisée. Le code de bonne conduite permettra en
effet d’éviter la création de standards électoraux différents en Europe et
d’assurer la normalisation des critères d’observation des élections en
Europe. La première réunion du Groupe se tiendra à Venise, en marge de la
première réunion plénière de la Commission en 2002.
Fin 2001, la Commission travaillait sur
plusieurs demandes dont l’Assemblée l’a saisie durant l’année. Parmi ces
questions figurent un avis sur les groupes de personnes auxquels la
Convention-cadre pour la protection des minorités nationales pourrait
s’appliquer en Belgique, ainsi que deux questions entrant dans le cadre du
suivi de l’Ukraine par l’Assemblée suite à son adhésion au Conseil de l’Europe.
- Coopération
avec les autres organes du Conseil de l’Europe
- Congrès
des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe
La coopération avec le CPLRE s’est poursuivie
en 2001, notamment en ce qui concerne la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la
Moldova, la situation au Kosovo ainsi que l’étude sur le financement des partis
politiques. En 2001, des représentants du Congrès ont participé à toutes les
réunions plénières de la Commission.
-
Banque de développement du
Conseil de l’Europe
Lors de la 48e réunion plénière, M.
Raphaël Alomar, Gouverneur de la Banque de développement, a insisté sur la
complémentarité des interventions de la Banque et de la Commission. Non
seulement les deux institutions partagent une vocation commune au service de la
démocratie, de la cohésion sociale et du respect des personnes, mais elles ont
une parenté en quelque sorte naturelle dans la mesure où elles résultent
d’accords partiels du Conseil de l’Europe et où elles ont une vision commune de
l’Europe et de son avenir. Ce
développement des activités de la Banque en faveur des pays en transition et
des populations les plus exposées a élargi les possibilités de coopération
entre la Commission et la Banque. En premier lieu, la Banque pourrait tirer un
meilleur parti de la connaissance globale qu’a la Commission des aspects
juridiques et institutionnels de la transition; en second lieu, le travail de
la Commission par rapport à la société civile pourrait améliorer l’efficacité
des activités de la Banque dans le domaine de la cohésion sociale et des droits
des minorités. M. Alomar espère que cette coopération, mutuellement
avantageuse, se poursuivra à l’avenir par un resserrement des liens déjà
établis.
- Coopération
avec l'Union européenne
Un programme commun entre la Commission européenne et la Commission
de Venise, intitulé "Renforcer la démocratie et le développement
constitutionnel en Europe centrale et orientale et dans la CEI " a
commencé le 1er janvier 2000, pour une période de deux ans – ce
programme a eu un prolongation jusqu’à fin 2002. Les activités de ce programme
comprennent des échanges de vues destinés à assister les Etats dans la
rédaction et la mise en œuvre de dispositions constitutionnelles, de
législation sur les institutions démocratiques, de séminaires avec les cours
constitutionnelles récemment créées, de séminaires UniDem ("Universités
pour la démocratie") sur des questions d'actualité du point de vue
constitutionnel ainsi que la publication de deux éditions spéciales du Bulletin
de jurisprudence constitutionnelle. Le programme facilite également la
participation d'experts d'Etats d'Europe centrale et orientale à des échanges
de vues sur des questions constitutionnelles lors des réunions plénières de la
Commission de Venise et prévoit la participation d'un représentant de la
Commission européenne à l'identification des activités et des priorités, en
coopération avec la Commission de Venise.
À la demande de M. F. Léotard, Représentant spécial de l’Union
européenne à Skopje, un représentant de la Commission a participé à
l’élaboration de l’accord cadre du Lac Ohrid, à « l’ex République
yougoslave de Macédoine ».
La Commission européenne a participé activement aux
travaux de la Commission de Venise et a été représentée à la plupart des
réunions plénières au cours de l’année 2001.
-
Coopération avec l’OSCE
Des représentants de l’OSCE et de le BIDDH ont
participé à beaucoup de réunions, séminaires et Conférences organisés par la
Commission au cours de 2001.
-
Coopération avec les
Nations Unies
À la demande du Représentant
spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, M. H. Haekkerup, des
représentants de la Commission ont participé à des réunions sur l’élaboration
d’un cadre constitutionnel pour l’auto-administration du Kosovo (voir point 18
ci-dessus).
À la demande du Représentant
spécial des Nations Unies en Géorgie, et en collaboration avec le Commissaire
aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, la Commission a organisé une
réunion sur le statut de l’Abkhazie qui s’est tenue à Pitsunda les 12-13
février 2001 (voir point 7 ci-dessus).
III. Les études de la Commission de Venise
1. Rapport sur les décisions des cours
constitutionnelles et des instances équivalentes et leur exécution
Lors de sa 46e réunion plénière
(Venise, 9-10 mars 2001) la Commission a adopté le rapport sur les décisions
des cours constitutionnelles et des instances équivalentes et leur
exécution.
La juridiction constitutionnelle est devenue, à l’aube du XXIe
siècle, un des piliers de la primauté du droit et, plus généralement, du droit
constitutionnel. Même si son rôle et ses compétences varient selon les Etats,
qui l’ont introduite dans des circonstances historiques et politiques très
variées, il est essentiel que ses décisions soient exécutées avec efficacité.
La présente étude a ainsi pour objet principal d’examiner les effets des arrêts
des juridictions constitutionnelles et leur exécution, ce qui sera fait dans
ses deuxième et troisième parties. Cependant, ces questions ne peuvent être
séparées de l’examen du type et de l’objet du contrôle de constitutionnalité,
qui seront traités dans une première partie.
Dès lors, loin de se cantonner aux problèmes d’exécution des
décisions en matière constitutionnelle, l’étude vise à une présentation
générale du fonctionnement de la juridiction constitutionnelle dans les Etats
participant aux travaux de la Commission de Venise. L’étude se fonde sur le
questionnaire sur les arrêts des Cours constitutionnelles et leur exécution
adopté par la Commission de Venise suite à sa 43e réunion (juin
2000). Des réponses au questionnaire en provenance de 45 Etats ont été envoyées au Secrétariat.
2. Lignes directrices sur le financement
des partis politiques
Faisant suite au rapport sur le
financement des partis politiques préparé par M. Robert et adopté par la
Commission en 2000, la Commission a établi un groupe des rapporteurs composé de
MM. Robert (Président du Groupe), Özbudun, Luchaire, Mme Err et M. Vogel. Ce
groupe a préparé des lignes directrice sur le
financement des partis politiques lors de leur réunion à Paris, le 30 novembre
2000. Ces lignes directrices ont été adoptées par la Commission lors de sa 46e
réunion plénière (Venise, 9-10 mars 2001).
Les lignes directrices se lisent ainsi :
« La Commission de Venise:
S'étant engagée à promouvoir les principes
fondamentaux de la démocratie, de l’Etat de droit et de la protection des
droits de Homme et dans un contexte d'amélioration de la sécurité démocratique
pour tous;
Constatant avec inquiétude les problèmes de
financement illicite des partis politiques rencontrés récemment dans un nombre
de pays membres du Conseil de l’Europe;
Prenant en considération le rô1e essentiel des
partis politiques dans toute démocratie et considérant que la liberté
d’association, y compris la liberté d’association politique, est une liberté
fondamentale protégée par la Convention européenne des Droits de I'Homme et un
des é1éments primordiaux pour toute démocratie véritable telle qu'envisagée par
le Statut du Conseil de I'Europe ;
Attachant une attention particulière à la pratique
des Etats dans le domaine, de financement des partis politiques;
Reconnaissant le besoin de promouvoir davantage
les normes futures dans ce domaine, s'appuyant sur les valeurs du patrimoine
juridique européen ;
A adopté les lignes directrices suivantes :
1. Aux
fins des présentes lignes directrices est considéré parti politique une
association de personnes dont l’un des buts est de participer à la gestion des
affaires publiques par la présentation des candidats aux élections libres et
démocratiques
2. Les
partis politiques ainsi désignés peuvent rechercher et recevoir des fonds
d'origine publique ou privée.
A. Financement régulier
‑ financement public
3. Le
financement public doit viser tous les partis représentés au Parlement.
4. Cependant,
afin d’assurer l’égalité des chances des différentes forces politiques, le
financement public pourrait être également étendu à des formations politiques
représentant une partie significative du corps électoral et présentant des
candidats aux élections. Le financement pourra, être fixé périodiquement par le
législateur sur la base de critères objectifs.
Des exceptions fiscales peuvent être accordées
pour les opérations strictement liées à l’activité politique des partis.
5. Le
financement des partis par les fonds publics doit être conditionné par un
contrô1e de la comptabilité des partis politiques par les organismes publics
spécifiques (par exemple, les Cours des Comptes). Les Etats favorisent une
politique de transparence financière des partis politiques bénéficiant d'un
financement public.
- financement privé
6. Les
partis politiques peuvent recevoir des concours financiers privés. Toutefois,
les concours venant des Etats ou entreprises étrangères doivent être prohibés.
Cette interdiction ne doit pas empêcher le concours financier de la part de
nationaux se trouvant à l’étranger.
D'autres limitations pourraient être envisagées,
elles peuvent notamment consister en:
a. un plafonnement de chaque contribution;
b. une interdiction de contributions de la
part d'entreprises ayant une activité industrielle ou commerciale ou de la part
d’organisations d’ordre religieux;
c. un
contrôle a priori par les organismes publics spécialisés en la matière des
contributions des membres des partis qui
souhaitent se présenter aux élections.
7. La
transparence du financement privé de chaque parti doit être garantie. A cette
fin, le parti devrait rendre publiques chaque année les comptes annuels de
l’année précédente, qui comprendront la liste des donations, à l’exception des
cotisations. Les donations d'une somme supérieure à un montant fixé par le
législateur doivent être enregistrées et rendues public.
B. Campagnes é1ectorales
8. Afin
d'assurer 1'égalité des chances des différentes forces politiques, les dépenses
occasionnées par les campagnes électorales devront être limitées par un certain
plafond, approprié à la situation du pays, fixé en proportion du nombre
d'électeurs concernés
9. La
puissance publique devrait participer aux dépenses de campagnes par une
subvention égale à un certain pourcentage du plafond ou proportionnelle au
nombre de voix obtenues. Toutefois, cette participation pourrait être refusée
au parti qui n'aurait pas atteint un certain seuil de suffrages.
10. Des
contributions privées pourront être apportées en vue des dépenses de la
campagne sans que leur total puisse dépasser le plafond précité. Toutefois les
contributions venant des Etats ou entreprises étrangères doivent être
prohibées. Cette interdiction ne doit pas empêcher le concours financier de la
part de nationaux se trouvant à l’étranger.
D’autres limitations pourraient être envisagées.
Elles peuvent notamment consister en une interdiction de contributions de la
part d’entreprises ayant une activité industrielle ou commerciale ou de la part
d’organisations d'ordre religieux.
11. Les
comptes de la campagne électorale devront être soumis à l’organisme chargé de
superviser le déroulement des élections (commission électorale, par exemple)
dans un délai raisonnable après
le scrutin.
12. La
transparence des dépenses électorales devra être obtenue par la publication des
comptes de campagne.
C. Contrô1e
et sanctions
13. Proportionnellement
à la gravité de l’infraction, toute irrégularité dans le financement d'un parti
politique entraînera des sanctions qui peuvent consister en la perte de tout ou
d'une partie du financement public pour l’année suivante.
14. Proportionnellement à la gravité de l’infraction, toute
irrégularité dans le financement d'une campagne électorale entraînera pour le
parti ou le candidat fautifs des sanctions pouvant consister en la perte ou le
remboursement total ou partiel de la subvention publique; en le payement d'une
amende ou en une autre sanction financière; ou en l’annulation de l’élection.
15. Le contrôle des règles qui
précédent y compris l’imposition des sanctions devra être assuré par le juge de
l’élection (constitutionnel ou autre), conformément à la loi. »
3. Lignes directrices sur le référendum
constitutionnel à l’échelle nationale
Lors
de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001), la Commission
a adopté les lignes directrices sur le référendum constitutionnel (CDL-INF (2001) 10).
L’expérience récente des référendums dans les nouvelles démocraties a
fait apparaître un certain nombre de questions auxquelles les présentes lignes
directrices visent à répondre. Ces lignes directrices posent des règles
minimales en matière de référendum constitutionnel, destinées à assurer le
fonctionnement de cet instrument dans tous les pays en conformité avec les
principes de la démocratie et de la primauté du droit.
Est comprise comme référendum constitutionnel la votation populaire
où une question de révision partielle ou totale de la Constitution d’un Etat
(et non de ses entités fédérées) est posée, qu’il s’agisse ou non de
se prononcer sur un projet précis de révision constitutionnelle ou sur une question de principe.
Types principaux de référendums
Par définition, le référendum constitutionnel porte sur une révision partielle ou totale de la
Constitution.
Le référendum constitutionnel peut :
- Etre
exigé par la Constitution, qui dispose que certains textes sont soumis
automatiquement au référendum après leur adoption par le Parlement (référendum
obligatoire);
- Faire
suite à une initiative populaire :
- soit une fraction du corps électoral présente un texte qui
est ensuite soumis au vote populaire ;
- soit une fraction du corps électoral demande qu’un texte
adopté par le Parlement soit soumis au vote populaire ;
- Avoir
lieu à l’initiative d’une autorité, à savoir :
- le Parlement lui-même ou un nombre déterminé de membres du
Parlement ;
- le chef de l’Etat ou le Gouvernement ;
- une ou plusieurs entités territoriales.
Le référendum constitutionnel peut concerner aussi bien des textes déjà approuvés par le Parlement que des
textes qu’il n’a pas encore approuvés.
Il peut se présenter sous la forme :
- d’un
vote sur un projet rédigé
d’amendement de la Constitution ou d’une proposition spécifique d’abroger
des dispositions existantes de la Constitution ;
·
d’un vote sur une question de
principe (par exemple : « êtes-vous en faveur d’un
amendement de la Constitution visant à introduire un système
présidentiel ? ») ou
·
sur une proposition concrète qui n’est pas
présentée sous la forme de dispositions spécifiques, dite "proposition non-formulée" (par exemple :
«êtes-vous en faveur d’un amendement de la Constitution réduisant le nombre de
sièges du Parlement de 300 à 200 ? »).
Il peut s'agir
- d'un référendum décisionnel, qui lie juridiquement ou
- d'un référendum consultatif, qui ne lie
pas juridiquement.
4. Rapport sur le traitement préférentiel des minorités
nationales par leur Etat-parent
Le 21 juin 2001, le
Premier ministre roumain, M. A. Nastase, a demandé à la Commission de Venise
d’examiner la compatibilité de la loi relative aux Hongrois vivant dans les
pays voisins, adoptée par le Parlement hongrois le 19 juin 2001, avec les
normes européennes et les normes et principes du droit international public
contemporain.
Le 2 juillet 2001, le
ministre hongrois des Affaires étrangères, M. J. Martonyi, a demandé à la
Commission de Venise d’effectuer une étude comparative des tendances récentes
des législations européennes concernant le traitement préférentiel des
personnes appartenant à des minorités nationales vivant hors du pays dont elles
ont la citoyenneté.
Lors de sa réunion plénière les 6-7 juillet 2001, la Commission de
Venise a décidé d’entreprendre une étude sur le traitement préférentiel par un
Etat de ses minorités à l’étranger, en se fondant sur la législation et la
pratique dans certains pays membres du Conseil de l’Europe. L’objectif de cette
étude était de voir si les traitements préférentiels étaient compatibles avec
les normes du Conseil de l’Europe et les principes du droit international.
Un groupe de travail a donc été
créé, constitué de MM. Franz Matscher, François Luchaire, Giorgio Malinverni et
Pieter Van Dijk. Une réunion a eu lieu à Paris le 18 septembre 2001. Les
rapporteurs ont rencontré des représentants des gouvernements roumain et
hongrois, afin d’éclaircir certains points concernant les informations fournies
par les deux parties à la demande de la Commission en août.
Le présent rapport a été rédigé sur la base des remarques de MM.
Matscher, Luchaire, Malinverni et Van Dijk ; il a été examiné par la
Sous-Commission pour la Protection des Minorités le 18 octobre 2001, puis
adopté par la Commission lors de sa 48e réunion plénière à Venise
les 19-20 octobre 2001.
Le rapport conclue :
La responsabilité de la protection des minorités incombe en premier
lieu aux Etats de résidence. La Commission note que les Etats-parents jouent
également un rôle dans la protection et la sauvegarde de leurs minorités
nationales, pour garantir que leurs véritables liens linguistiques et culturels
restent fort. L’Europe a développé une unité
culturelle fondée sur la diversité de traditions linguistiques et culturelles
étroitement liées. La diversité culturelle est une richesse, et son acceptation
est une condition nécessaire pour la paix et la stabilité en Europe.
La Commission considère cependant que le respect des instruments
existants pour la protection des minorités doit être prioritaire. Dans ce
domaine, des traités multilatéraux et bilatéraux ont été conclu
sous l’égide d’initiatives européennes. L’efficacité de cette approche pourrait
être menacée si ces traités n’étaient pas interprétés et appliqués de bonne foi
à la lumière du principe de bon voisinage entre Etats.
L’adoption par des Etats de mesures unilatérales consentant des
avantages aux personnes appartenant à leurs minorités nationales, qui pour la
Commission n’est pas une pratique suffisamment ancienne pour constituer une
coutume internationale, n’est légitime que si les principes de souveraineté
territoriale des Etats, de respect des accords en vigueur, de relations
amicales entre Etats et de respect des droits de l’homme et des libertés
fondamentales, notamment l’interdiction de la discrimination, sont respectés.
Le respect de ces principes implique le respect des points
suivants :
·
Un Etat peut promulguer des lois concernant des citoyens
étrangers, dans la mesure où elles n’ont d’effet qu’à l’intérieur de ses
frontières.
- Lorsque
ces lois concernent spécifiquement des citoyens étrangers à l’étranger
dans des domaines qui ne sont pas couverts par des traités ou une coutume
internationale permettant à l’Etat-parent de supposer le consentement des
Etats de résidence concernés, ce consentement doit être demandé avant
l’application de toute mesure.
- Aucune
fonction quasi-officielle ne peut être assignée par un Etat à une
association non-gouvernementale déclarée dans un autre Etat. Toute forme
de certificat sur place doit être obtenu auprès des autorités consulaires,
dans la limite de leurs attributions communément acceptées. Les lois ou
réglementations doivent de préférence énumérer les critères exacts qui
définissent une personne concernée par leur application. En l’absence de
tout document officiel, les associations peuvent fournir des informations
concernant ces critères.
- Les
mesures unilatérales relatives au traitement préférentiel des minorités ne
doivent pas concerner des domaines manifestement couverts par des traités
bilatéraux, sans le consentement formel ou implicite mais non ambigu de
l’Etat de résidence. En cas de différend concernant l’application ou
l’interprétation de traités bilatéraux, toutes les procédures existantes
pour le règlement doivent être utilisées de bonne foi, et les mesures
unilatérales ne peuvent être adoptées par l’Etat-parent que si ces procédures
se sont avérées inefficaces.
- Un
document administratif délivré par l’Etat-parent ne peut certifier que le
droit pour son titulaire de bénéficier des avantages offerts par les lois
et réglementations applicables.
- Un
traitement préférentiel peut être accordé à des personnes appartenant à
des minorités nationales dans les domaines de l’éducation et de la culture
dans la mesure où il poursuit un but légitime et est proportionné.
- Le
traitement préférentiel ne peut pas être accordé dans les autres domaines,
sauf dans des cas exceptionnels et s’il contribue à un but légitime et est
proportionné.
IV. Centre de justice
constitutionnelle
Conformément à son objectif en matière de
coopération avec les organes régionaux représentant des Cours constitutionnelles
et des juridictions équivalentes, la Commission est parvenue à renforcer en
2001 ses relations avec la Conférence
des Cours constitutionnelles européennes, l’Association des Cours
constitutionnelles francophones et diverses Cours constitutionnelles ou
suprêmes d’Afrique australe (SADC).
Cette tendance illustre également la demande en
faveur de l’organisation d’événements organisés au niveau des sous-régions dans
le cadre du programme de séminaires mené en collaboration avec les Cours constitutionnelles (CoCoSem) et du développement de la base
de données CODICES de jurisprudence constitutionnelle (actuellement
élargie à d’autres pays afin de répondre à ces demandes accrues en matière de
coopération régionale).
Coopération régionale
À la demande de la
présidence belge de la Conférence des Cours constitutionnelles européennes, la
Commission a préparé un numéro spécial du Bulletin de jurisprudence
constitutionnelle consacré au thème de la prochaine Conférence : «Les relations entre les Cours
constitutionnelles et les autres tribunaux nationaux, y compris les
interventions des tribunaux européens dans ce domaine».
L’Association des Cours constitutionnelles ayant en partage l’usage
du français (ACCPUF) a réclamé l’aide du Secrétariat pour l’organisation de
séminaires de formation à l’intention de ses correspondants nationaux. Le but
est de permettre à ces derniers de contribuer efficacement à la base de données
CODICES, en vertu d’un protocole à l’accord de coopération signé entre cette
association et la Commission. Les premières contributions nées de cette
initiative ont déjà été intégrées dans la base.
Lors d’une réunion des Présidents des Cours constitutionnelles et
suprêmes d’Afrique australe (SADC) - organisée dans le cadre du programme «La
démocratie : du livre de droit à la vie réelle» financé par la Suisse -
les participants décidèrent de nommer leurs agents de liaison afin de permettre
l’échange de leurs jurisprudences respectives via la base de données CODICES.
Peu de temps après, une première réunion de ces agents fut organisée pour
permettre aux intéressés de suivre une formation sur la préparation des
contributions à la base de données. Les Cours furent ensuite équipées d’un
matériel informatique adéquat acquis grâce au budget alloué au programme. Les
fonds donnés par le Gouvernement suisse étant épuisés, la poursuite de cette
coopération dépendra de la capacité des promoteurs à trouver un financement
suffisant.
Séminaires en coopération avec
les cours constitutionnelles
Les séminaires en coopération avec les cours constitutionnelles
(CoCoSem), orientés vers un échange d’expériences entre les participants (juges
et personnels des cours) des ‘anciennes’ aux plus récentes cours
constitutionnelles ont été organisés en coopération avec les cours
constitutionnelles de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, du Kirghizstan, l’Afrique du
Sud et de l’Ukraine. Les sujets traités lors de ces séminaires comprenaient
l’indépendance de la cour constitutionnelle, les exigences de la loi sur la
cour constitutionnelle, les droits de propriété, le rôle de la Cour constitutionnelle dans l’Etat et la société et ses
relations avec les médias. Les cours ont apprécié les contributions des
rapporteurs de la Commission de Venise ainsi que l’assistance dans
l’organisation.
Bulletin de jurisprudence
constitutionnelle et base de données CODICES
En 2001, six numéros spéciaux du Bulletin de jurisprudence constitutionnelle
- consacrés à des «textes de base» et contenant les lois régissant le travail
des Cours participantes ainsi que les extraits pertinents des Constitutions
concernées - furent édités, en plus des trois numéros réguliers de cette
publication.
La base de données CODICES
a été de nouveau élargie afin d’inclure : quelque trois mille deux
cents résumés et quatre mille textes intégraux de décisions rendues par des
Cours constitutionnelles ou des juridictions équivalentes, les lois régissant
le travail de ces Cours, leur description et les extraits pertinents des
Constitutions nationales correspondantes. Les versions
anglaise et française de CODICES ont été fusionnées afin de donner un meilleur
aperçu des ressources disponibles et de préparer la coopération régionale avec
les Cours membres de l’ACCPUF (francophones) et de la SADC (pour la plupart
anglophones). Un nouveau chapitre («livre») a en outre été ajouté à cette
infobase pour faciliter les recherches et insérer des références croisées. Des
fonctions de recherche avancée par région ou sous-région ont aussi été
intégrées.
Dans le cadre de la coopération
avec l’ACCPUF et sur la vive pression des Cours participantes, l’accès
jusque-là payant à la version Internet de CODICES est désormais gratuit et
public, l’ACCPUF ayant accepté de dédommager la Commission de Venise pour la
perte de revenus.
V. Le programme UniDem
(Universités pour la démocratie)
Au cours de l’année 2001, la
Commission a organisé deux séminaires dans le cadre de ce programme :
1. Séminaire
UniDem sur « Démocratie, Etat de droit et la politique étrangère » en
coopération avec la Cour constitutionnelle
(Skopje, 4-5 octobre
2001)
Un séminaire UniDem sur « Démocratie, Etat de
droit et la politique étrangère » a été organisé par la Commission en
coopération avec la cour constitutionnelle de « l’ex République yougoslav
de Macédoine » les 4-5 octobre 2001, à Skopje.
La Commission de Venise travaille sur la question du droit et de la
politique étrangère depuis plusieurs années. En 1998, elle a préparé une étude
détaillée sur ce sujet qui a été publiée dans la série Science et technique de
la démocratie. Le séminaire à Skopje a été une initiative très utile, dont
l’objectif était d’avoir un échange de vues avec des représentants des
différents Etats sur le sujet susmentionné.
Le problème de l’Etat de droit et de la politique étrangère représentait
un grand intérêt pour l’Ex
république yougoslave de Macédoine tout spécialement dans le contexte de l’impact des
normes internationales et d’instruments de coopération sur le droit interne.
Les rapporteurs, entre autres, ont prêté une attention particulière au sujet du
contrôle judiciaire de l’exécution des normes internationales. Les participants
à ce séminaire ont eu un échange de vues très intéressant sur l’expérience des
différents pays dans ce domaine, notamment en Croatie, France, Allemagne et Irlande.
Le séminaire a été très utile en proposant une étude comparative de la
pratique des différents pays ainsi qu’en étudiant d’une façon détaillée la
situation dans l’Ex
république yougoslave de Macédoine.
2. Séminaire
UniDem sur « Les implications constitutionnelles de l’adhésion à l’Union
européenne » en coopération avec l’Université de Bilkent
(Ankara, 9-10
novembre 2001)
Un séminaire UniDem sur « les implications
constitutionnelles de l’adhésion à l’Union européenne » a été organisé par
la Commission en coopération avec l’Université de Bilkent les 9-10 novembre
2001, à Ankara.
La Commission de Venise travaille depuis plusieurs années sur la
question de l’influence de l’intégration européenne sur le droit
constitutionnel national. Il s’agit d’une des questions juridiques les plus
importantes sur notre continent, alors que l’élargissement de l’Union
européenne est un des enjeux majeurs des prochaines années.
La question revêt en outre une actualité particulière en Turquie du
fait de l’adoption par le Parlement d’un projet de réforme constitutionnelle
visant, entre autres, à assurer la conformité du droit constitutionnel turc au
droit européen.
Le séminaire a été divisé en
deux parties, l’une comparative, l’autre plus spécifiquement dédiée à la situation
en Turquie.
Un rapport comparatif sur la situation dans les Etats membres, intitulé
« L’expérience d’un demi-siècle de construction européenne », a été
présenté par M. Hans-Heinrich Vogel, Professeur à l’Université de Lund (Suède).
Ensuite, la situation des Etats candidats a été abordée de manière générale.
La partie du séminaire dédiée plus spécifiquement à la Turquie a compris
elle-même deux chapitres, le premier abordé du point de vue de l’Union
européenne, le deuxième de celui de la Turquie.
La synthèse a été effectuée par
Mme Nanette Neuwahl, Professeur de droit européen à l’Université de Montréal.
Ce séminaire a été organisé
dans le cadre du programme commun entre la Commission européenne et la
Commission de Venise du Conseil de l’Europe pour renforcer la démocratie et le
développement constitutionnel en Europe centrale et orientale et dans la CEI.
Les Actes du Séminaire seront publiés dans la série Science et
Technique de la Démocratie.
* * * * * *
3. Séminaires UniDem en
préparation
Les séminaires UniDem suivants
sont envisagés en 2002 :
- un séminaire sur le
thème « l’Etat postcommuniste : la construction d’une idée »
(Paris, 5-6 avril 2002) ;
- un séminaire sur le
thème « la
résolution des conflits entre l’Etat central et les entités à pouvoirs
législatifs par les Cours constitutionnelles » (Rome, 14-15 juin 2002) ;
- un séminaire sur le
thème « les
cours constitutionnelles et l’intégration européenne », (Košice, République
slovaque, 19-21 septembre 2002) ;
4. Campus UniDem pour la formation juridique de la fonction
publique
En 2001, la Commission a poursuivi l’initiative
lancée en 2000 pour la formation juridique de la fonction publique, connue sous
le nom de « Campus UniDem Trieste ».
Quatre séminaires ont été organisés au cours de 2001 : L’administration et l’administré à la lumière de
la Convention européenne des Droits de l’Homme (14-18 mai 2001) ; Le
principe de non-discrimination et la protection par l’administration des droits
des minorités ethniques, culturelles et linguistiques (11-15 juin
2001) ; Le contrôle de l’administration : contrôle judiciaire,
contrôle parlementaire, Ombudsman (14-18 septembre 2001) ; La
garantie de la propriété dans les nouvelles démocraties d’Europe centrale et
orientale, en particulier sous l’angle de la privatisation et de la restitution
(26-30 novembre 2001).
Une réunion avec les
Coordinateurs nationaux des neuf pays concernés (Albanie, Bosnie-Herzégovine,
Bulgarie, Croatie, Moldova, Roumanie, Slovénie, « l’ex République
yougoslave de Macédoine », et la République fédérale de Yougoslavie) s’est
tenue à Trieste le 24 novembre 2001.
Pendant cette réunion les coordinateurs ont exprimé leur satisfaction
pour le haut niveau des rapporteurs et pour l’intérêt montré par les
participants. En outre, les participants
ont fait des suggestions afin de améliorer l’activité au cours de 2002.
Le Campus UniDem Trieste est
financé par les autorités italiennes.
A N N E X E I
LISTE DES MEMBRES DE LA COMMISSION EUROPEENNE
POUR LA
DEMOCRATIE PAR LE DROIT
M. Antonio LA PERGOLA (Italie), Président, Juge à la Cour de
Justice des Communautés européennes
(Suppléant: M. Sergio BARTOLE, Professeur à l'Université de Trieste)
*
* *
M. Jacques ROBERT (France), Vice-Président,
Président honoraire de l'Université de droit, d'économie et des Sciences
sociales de Paris, ancien membre du Conseil constitutionnel
Mme Hanna SUCHOCKA (Pologne), Vice-Président,
Ambassadeur de Pologne au Saint-Siège
M.
Kaarlo TUORI (Finlande), Vice-Président, Professeur de droit administratif,
Université Helsinki
(Suppléant : M. Matti NIEMIVUO, Directeur au
Département de législation, Ministère de la Justice)
*
* *
M. Constantin ECONOMIDES (Grèce), Professeur à
l'Université Panteios, ancien Directeur du département juridique, Ministère des
Affaires Etrangères
(Suppléant : M. Dimitri CONSTAS,
Professeur, Université Panteio, Directeur de l’Institut grec de Relations
internationales)
(Suppléante : Mme Fani DASKALOPOULOU-LIVADA,
Conseiller juridique adjointe, Ministère des Affaires Etrangères)
M.
Giovanni GUALANDI (Saint-Marin), Vice-Président du Conseil de Présidence de
l'Institut juridique de Saint-Marin
M. Giorgio MALINVERNI (Suisse), Professeur à
l'Université de Genève
M. Franz MATSCHER (Autriche), Professeur à
l'Université de Salzburg, ancien juge à la cour européenne des droits de
l’homme
(Suppléant : Mme Ingrid SIESS-SCHERZ, Chef de
Division, Chancellerie Fédérale)
M. Ergun ÖZBUDUN (Turquie), Professeur à
l'Université de Bilkent, Vice-Président de la Fondation turque pour la Démocratie
M. Gérard REUTER (Luxembourg), ancien Président
de la Chambre des Comptes
(Suppléante : Mme Lydie ERR, Députée)
M. Jean-Claude SCHOLSEM (Belgique), Professeur,
Faculté de droit, Université de Liège
M. Michael TRIANTAFYLLIDES (Chypre), Président
du Conseil de l'Université de Chypre, ancien Président de la Cour suprême et
ancien Attorney General de la
République
(Suppléant : M. Panayotis KALLIS, Juge,
Cour suprême)
M. Helmut STEINBERGER (Allemagne), Directeur de
l'Institut Max-Planck, Professeur à l'Université de Heidelberg
(Suppléant : M. Georg NOLTE, Professeur de
droit public, Université de Goettingen)
M. Jan HELGESEN (Norvège), Professeur à
l'Université d'Oslo
M. Gerard BATLINER (Liechtenstein), Membre du
Conseil Scientifique du Liechtenstein Institut
M.
Joseph SAID-PULLICINO (Malte), Chief Justice
M. Jan KLUCKA (Slovaquie), Juge à la Cour
Constitutionnelle
(Suppléant : M. Peter KRESAK, Professeur,
Membre du Conseil national de Slovaquie)
M. Peter JAMBREK (Slovénie), Professeur à la
haute école de l’administration du gouvernement, ancien Ministre de
l’intérieur, ancien Président de la Cour constitutionnelle, ancien juge à la
cour européenne des droits de l’homme
(Suppléant : M. Anton PERENIC, Professeur de
droit, ancien Juge à la Cour constitutionnelle)
M. Kestutis LAPINSKAS (Lituanie), Président de la cour suprême
M. Cyril SVOBODA (République tchèque), Chef du
Cabinet fantôme, Membre du Parlement
(Suppléante : Ms Ivana JANU, Vice-Présidente de la Cour
constitutionnelle)
M. Aivars ENDZINS (Lettonie), Président, Cour
constitutionnelle
M. Alexandre DJEROV (Bulgarie), Avocat, membre
de l'Assemblée nationale
(Suppléant : M. Vassil GOTZEV, Juge, Cour
constitutionnelle)
Mme Carmen IGLESIAS CANO (Espagne), Directrice
du Centre des Etudes constitutionnelles
(Suppléant : M. Luis LOPEZ GUERRA,
Professeur, Universidad Carlos III)
M. Rune LAVIN (Suède), Juge à la cour suprême administrative
(Suppléant : M. Hans-Heinrich VOGEL, Professeur
de droit public, Université de Lund)
M. Stanko NICK (Croatie), Ambassadeur de la
Croatie en Hongrie
(Suppléante : Mme Marija SALECIC, Conseillère,
Cour constitutionnelle)
M. Tito BELICANEC ("L'ex-République
yougoslave de Macédoine"), Professeur, Faculté de droit, Université de
Skopje
(Suppléant: M. Igor SPIROVSKI, Secrétaire
Général, Cour constitutionnelle)
M. James HAMILTON (Irlande), Directeur du
Ministère public
M. Luan OMARI (Albanie),
Vice-Président, Académie des Sciences de l’Albanie
M. Hjörtur TORFASON (Islande),
ancien Juge, Cour suprême de l’Islande
M László SÓLYOM (Hongrie),
ancien Président, Cour constitutionnelle
M.
Valeriu STOICA (Roumanie), Membre du parlement
(Suppléant : M.
Alexandru FARCAS, Secrétaire d’Etat pour l’intégration européenne et les
relations internationales, Ministère de l’Intérieur)
M.
Vital MOREIRA (Portugal), Professeur à la Faculté de droit, Université de
Coimbra
Mme Maria de Jesus SERRA LOPES, Conseiller
d'Etat, ancienne Bâtonnière de l'Ordre des avocats
M.
Pieter VAN DIJK (Pays-Bas), Conseiller d’Etat, ancien Juge à la Cour européenne
des Droits de l'Homme
(Suppléant : Mr Erik LUKACS, ancien Conseiller Juridique,
Ministère de la Justice)
M. Avtandil DEMETRASHVILI (Géorgie), Membre du
Conseil de Justice
(Suppléant : M. Gela BEZHUASHVILI, Ministre adjoint de la
Défense)
M. François LUCHAIRE (Andorre), Président honoraire de l’Université
de Paris I, ancien membre du Conseil constitutionnel français, ancien Président
du Tribunal constitutionnel d’Andorre
M. Peeter ROOSMA (Estonie), Conseiller, Cour suprême
M. Jeffrey JOWELL (Royaume-Uni), Professeur de
droit public, University College London
Mme Siuzanna STANIK (Ukraine), Ministre de la
Justice
M. Khanlar I. HADJIYEV (Azerbaïdjan), Président
de la Cour constitutionnelle
M. Gaguik HARUTUNIAN (Arménie), Président de la Cour constitutionnelle
M. Henrik ZAHLE (Danemark), Juge, Cour Suprême
(Suppléant : M. John LUNDUM, Juge à la
«High Court»)
Mme Maria POSTOICO (Moldova), Président de la
Commission des Questions juridiques pour les nominations et immunités,
Parlement de Moldova
(Suppléant : M. Vasile RUSU,
Vice-Président de la Commission des Questions juridiques pour les nominations
et immunités, Parlement de Moldova)
M. Marat V. BAGLAY (Russie),
Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant : M. Vladimir TOUMANOV, ancien
Président de la Cour constitutionnelle)
MEMBRES
ASSOCIÉS
M. Anton
MATOUCEWITCH, (Bélarus), Vice-Recteur,
Université commerciale de gestion du Bélarus
M. Cazim SADIKOVIC (Bosnie-Herzégovine), Doyen
de la Faculté de droit à l'Université de Sarajevo
M.
Vojin DIMITRIJEVIC (République fédérale de Yougoslavie), Directeur, Centre des
droits de l’homme de Belgrade
(Suppléant : M. Vladimir DJERIC,
Conseiller du Ministre des Affaires Etrangères)
OBSERVATEURS
M. Hector MASNATTA (Argentine), Ambassadeur,
Vice-Président du Centre d'Etudes constitutionnelles et sociales
M. Gérald BEAUDOIN (Canada), Professeur à
l'Université d'Ottawa, Sénateur
(Suppléant : M. Yves de MONTIGNY, Avocat
général principal, Gestionnaire Groupe du droit public, Ministère de la
Justice)
M. Vincenzo BUONOMO
(Saint-Siège), Professeur de Droit international à l'Université Pontificale du
Latran
M. Amnon RUBINSTEIN (Israël), Président, Comité
de Contrôle de l’Etat et Ombudsman de la Knesset
M. Naoki ONISHI (Japon), Consul, Consulat
Général du Japon, Strasbourg
M.
Oljas SOULEIMENOV (Kazakhstan), Ambassadeur du Kazakhstan à Rome
M.
Yang-Chun PARK (République de Corée), Ambassadeur de la République de Corée au
Luxembourg, à la Belgique et à l’Union européenne
M. Serikul KOSAKOV (Kirghizstan), Chef de
Département, Faculté de Droit, Université de l’Etat de Kirghizstan
M. Porfirio MUÑOZ LEDO (Mexique), Ambassadeur
Extraordinaire et Plénipotentiaire, Observateur Permanent auprès du Conseil de
l’Europe
M. Jed RUBENFELD (Etats-Unis d'Amérique),
Professeur, Yale Law School
M. Miguel SEMINO (Uruguay), Ambassadeur de
l'Uruguay à Paris
SECRÉTARIAT
M.
Gianni BUQUICCHIO
M.
Christos GIAKOUMOPOULOS
M.
Thomas MARKERT
Mme Simona GRANATA-MENGHINI
M. Pierre GARRONE
M. Rudolf DÜRR
M.
Sergueï KOUZNETSOV
Mlle
Helen MOORE
Mlle Caroline MARTIN
Mlle Sarah BURTON
Mme Michelle REMORDS
Mlle Helen MONKS
Mlle Brigitte AUBRY
Mme Agnès READING
Mme Marian JORDAN
Mme Emmy KEFALLONITOU
Mme Marie-Louise WIGISHOFF
Mlle
Jo FARMER
A
N N E X E II
FONCTIONS ET
COMPOSITION
DES SOUS-COMMISSIONS
- Président : M.
La Pergola
- Vice-Présidents
: M. Robert, Mme Suchocka, M. Tuori
- Bureau : M.
Hamilton, M. Lapinskas, M. Lavin, M. Steinberger, M. Triantafyllides
- Présidents des
Sous-Commissions : M. Batliner, M. Economides, M. Helgesen, M. Jambrek, M.
Jowell, M. Malinverni, M. Matscher, M. Moreira, M. Özbudun, M. Said Pullicino,
M. Scholsem, M. Solyom, M. van Dijk
- Justice
constitutionnelle : Président: M. Sólyom - membres: M. Bartole, M.
Batliner, M. Demetrashvili, M. Djerov, M. Endzins, M. Gotzev, M. Hamilton,
M. Harutunian, Mme Janu, M. La Pergola, M. Lapinskas, M. Lavin, M.
Malinverni, M. Moreira, M. Reuter, M. Robert, M. Roosma, M. Said Pullicino, M.
Scholsem, M. Spirovski, Mme Stanik, M. Steinberger, M. Stoica, Mme
Suchocka, M. Torfason, M. Triantafyllides, M. Vogel, M. Zahle –
obs. : Canada, Israël
- Etat fédéral et
régional : Président: M. Malinverni - membres: M. Bartole, M. Belicanec,
M. Hadjiyev, Mme Iglesias, M. Jowell, M. La Pergola, M. Matscher, M.
Sadikovic M. Scholsem, Mme Serra Lopes, M. Steinberger, M.
Triantafyllides; M. Tuori – obs. : Canada, USA
- Droit international:
Président: M. Economides - membres: M. Djerov, M. Farcas, M. Gotzev, M.
Helgesen, M. Klucka, M. La Pergola, M. Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni,
M. Matscher, M. Moreira, M. Nick, M. Steinberger, M. Triantafyllides
- Protection des
Minorités : Président: M. Matscher - membres: M. Bartole, M. Belicanec,
M. Economides, M. Farcas, M. Gualandi, M. Hamilton, M. Helgesen, M.
Klucka, M. Malinverni, M. Nick, M. Özbudun, M. Scholsem, M. Sólyom, M.
Stoica, M. Torfason, M. Triantafyllides, M. Tuori, M. van Dijk – obs. :
Canada
- Réforme
constitutionnelle : Président: M. Batliner - membres: M. Bartole, M.
Djerov, M. Endzins, M. Farcas, M. Gotzev, M. Hadjiyev, Mme Iglesias, Mme
Janu, M. La Pergola, M. Lapinskas, M. Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni, M.
Moreira, M. Nolte, M. Omari, M. Özbudun, M. Reuter, M. Robert, M. Roosma, M.
Said Pullicino, M. Scholsem, Mme Serra Lopes, M. Spirovski, M. Steinberger,
M. Stoica, Mme Suchocka, M. Torfason, M. Triantafyllides, M. Tuori –
obs. : Israël
- Institutions
démocratiques : Président: M. Scholsem - membres: M. Belicanec,
M. Economides, M. Endzins, M. Farcas, M. Hamilton, M. Harutunian, Mme
Iglesias, M. Jambrek, Mme Janu, M. Jowell, M. Klucka, M. Lapinskas, M.
Lavin, M. Luchaire, M. Malinverni, M. Moreira, M. Omari, M. Özbudun, M.
Reuter, M. Robert, M. Roosma, Mme Serra Lopes, M. Stoica, M. Svoboda, M.
Triantafyllides, M. Tuori, M. Vogel
- Comité de Direction
d’UniDem : Président: M. Jowell - membres: M. Batliner, M. Djerov, M.
Gualandi, M. Helgesen, M. Jambrek, Mme Janu, M. La Pergola, M. Lavin, M.
Moreira, M. Özbudun, M. Reuter, M. Robert, Mme Suchocka, M. Svoboda, M. van
Dijk, M. Vogel – obs. : Holy See, ODIHR
Membres cooptés:
Prof. Evans (Université Johns Hopkins), Prof. von der Gablentz (Collège d’Europe, Bruges), Prof. Masterson
(Institut universitaire européen, Florence), M. Koller (Office fédéral de la
Justice, Berne)
- Afrique du Sud
: Président: M. Helgesen - membres: M. Hamilton, M. Helgesen,
M. Jambrek, M. Jowell, M. Lavin, M. La Pergola, M. Torfason, M. Tuori, M.
Vogel – obs. : Canada, USA
- Basin
Médditerranéen : Président: M. Said Pullicino - membres: M. Batliner, M.
Djerov, M. Economides, M. Gotzev, Mme Iglesias, M. La Pergola, M. Nick, M.
Özbudun, M. Robert, M. Triantafyllides – obs. : Israël
- Questions
administratives et budgétaires : Président: M. van Dijk - membres:
M. Economides, M. Malinverni, M. Matscher, M. Tuori
- Europe du Sud-Est
: Président: M. Jambrek – membres: M. Belicanec, M. Djerov, M. Economides,
M. Farcas, M. Gotsev, M. Luchaire, M. Lukacs, M. Moreira, M. Nick,
M. Omari, M. Robert, M. Sadikovic, M. Spirovski, M. Torafason
- Pouvoirs
d’exception : Président: M. Özbudun
- Amérique latine :
Président: M. Moreira
A
N N E X E III
REUNIONS DE LA COMMISSION EUROPEENNE
POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT EN 2001
Réunions
plénières
46e réunion 9-10
mars
47e réunion 6-7
juillet
48e réunion 19-20
octobre
49e réunion 14-15
décembre
Bureau
27e réunion - Réunion
élargie aux Présidents des Sous-commissions
8
mars
28e réunion - Réunion
élargie aux Présidents des Sous-commissions
5
juillet
29e réunion - Réunion
élargie aux Présidents des Sous-commissions
18
octobre
30e réunion - Réunion
élargie aux Présidents des Sous-commissions
13
décembre
SOUS-COMMISSIONS
Justice
constitutionnelle
Réunion du Groupe de travail sur le thésaurus
systématique
3
mai (Košice, Slovaquie)
18e réunion - 4 mai (Košice, Slovaquie)
(Réunion
avec les agents de liaison des cours constitutionnelles)
Première réunion des agents de liaison des
cours constitutionnelles et suprêmes des pays SADC
5-6
novembre (Malawi)
Institutions démocratiques
12e réunion 8 mars
13e réunion 5 juillet
Europe
du Sud-Est
2e réunion 5 juillet
(réunion conjointe avec le Comité de Direction d’UniDem)
3e réunion 13 décembre
(réunion conjointe avec le Comité de Direction d’UniDem)
Comité
de Direction d'UniDem
30e réunion - 8
mars
31e réunion - 5
juillet
(réunion
conjointe avec la Sous-commission sur l’Europe du Sud-Est)
32e réunion - 18
octobre
33e réunion 13
décembre
(réunion conjointe avec la Sous-commission sur l’Europe du
Sud-Est)
Minorités
Réunion du Groupe de travail sur le traitement
préférentiel des minorités nationales par leur Etat-parent
18
septembre (Paris)
17e réunion 18 octobre
Questions
administratives et budgétaires
31
janvier (Strasbourg)
14
juin (Strasbourg)
13
décembre
Arménie
Réunion sur l’élaboration de la Loi électorale
d’Arménie
9-10
février (Erevan)
Réunion du Groupe de travail sur la révision de
la Constitution d’Arménie
13-14
février (Paris)
5-6
juin (Strasbourg)
Azerbaïdjan
Réunion du Groupe de travail sur les Lois
relatives à la révision de la Constitution d’Azerbaïdjan
29-30
novembre (Strasbourg)
Bosnie-Herzégovine
Réunion du Groupe de travail sur la Loi sur la
fusion de la Chambre des Droits de l’homme et la Cour constitutionnelle de
Bosnie-Herzégovine
26-27
mars (Paris)
10-12
juin (Bled, Slovénie)
Croatie
Réunion
sur le projet de Loi sur les Droits des Minorités
4-5 janvier
(Zagreb)
Géorgie
Réunion sur le statut d’Abkhazie
12-13
février (Sukhumi)
République
Fédérale de Yougoslavie
Réunion sur la Loi sur les Droits des Minorités
dans la République Fédérale de Yougoslavie
11-12
janvier (Belgrade)
Réunion du Groupe de travail sur la Loi sur les
Communes nationales et ethniques de la République Fédérale de Yougoslavie
26-27 mars
(Strasbourg)
SÉMINAIRES SUR LA JUSTICE CONSTITUTIONNELLE
Séminaire sur la transition économique : droits de propriété,
pensions et autres questions concernant la protection des droits économiques
des citoyens
27-28 avril
(Bishkek, Kirghizstan)
Atelier sur le rôle de la Cour constitutionnelle dans l’Etat
et la société
10-11
mai (Kyiv)
Séminaire sur les garanties de l’indépendance du pouvoir
judiciaire
5-6
octobre (Erevan)
Conférence sur les problèmes actuels des juridictions
constitutionnelles : situation actuelle et perspectives d’évolution
18-19 octobre (Kyiv)
Séminaire sur la Loi sur la Cour constitutionnelle
d’Azerbaïdjan
14-15
novembre (Bakou)
SEMINAIRES UNIDEM
Démocratie, Etat de droit et politique
étrangère
4-5
octobre (Skopje)
Les implications constitutionnelles de l’adhésion
à l’Union européenne
9-10
novembre (Ankara)
Campus UniDem Trieste
1er séminaire – L’administration et l’administré à la
lumière de la Convention européenne des Droits de l’Homme
14-18
mai (Trieste)
2e séminaire – Le principe de non-discrimination et la
protection par l’administration des droits des minorités ethniques, culturelles
et linguistiques
11-15
juin (Trieste)
3e séminaire – Le contrôle de l’administration :
contrôle judiciaire, contrôle parlementaire, Ombudsman
14-18
septembre (Trieste)
Réunion avec les Coordinateurs nationaux
24
novembre (Trieste)
4e séminaire – La garantie de la propriété dans les
nouvelles démocraties d’Europe centrale et orientale, en particulier sous
l’angle de la privatisation et de la restitution
26-30
novembre (Trieste)
PROGRAMME « DEMOCRATIE, DU LIVRE DE DROIT A
LA VIE REELLE »
Séminaire sur la gestion des gouvernements
provinciaux dans un Etat constitutionnel
31
mai - 1er juin (Stellenbosh, Afrique du Sud)
Colloque des Cours constitutionnelles et
suprêmes de l’Afrique australe sur les relations des cours avec le public
10-12
août (Willowvale, Afrique du Sud)
Programme de formation sur les relations
intergouvernementales
8-10
octobre (Pretoria, Afrique du Sud)
AUTRES SÉMINAIRES ET CONFÉRENCES
Réunion de Task force sur la révision de la Constitution de
Bosnie-Herzégovine
20
janvier (Bruxelles)
Réunion sur les futures relations entre la Serbie et le Monténégro
24
janvier (Bruxelles)
Réunions sur l’élaboration d’un cadre constitutionnel pour une
auto-administration provisoire du Kosovo
7-14
mars (Pristina)
26-31
mars (Pristina)
1-6
avril (Pristina)
Atelier de formation des correspondants nationaux ACCPUF
1-4
avril (Alexandrie, Egypte)
Participation au séminaire sur le rôle de la Cour constitutionnelle
dans le contentieux électoral
5-6
avril (Tirana)
Participation à la 9e Conférence juridique internationale
sur les cours de dernière instance : questions de l’indépendance
judiciaire
24-26
mai (Budapest)
Participation au séminaire de l’OSCE/BIDDH sur « la dimension
humaine : processus électoraux »
29-31
mai (Varsovie)
Participation à des discussions sur une conciliation politique à
« l’ex-République yougoslave de Macédoine »
4-17
juillet (Skopje)
Participation à une Conférence interministérielle sur les minorités
5-6
juillet (Belgrade)
Participation à une mission d’évaluation en Serbie et au Monténégro
1-2
octobre (Belgrade et Podgorica)
Participation au séminaire « Droit européen dans la
jurisprudence des cours constitutionnelles »
3-5
octobre (Bratislava)
Participation à la Conférence « EuroWeb 2001 – le web dans
l’administration publique »
18-20
décembre (Pisa, Italie)
A
N N E X E IV
LISTE DES PUBLICATIONS
DE LA
COMMISSION EUROPÉENNE
POUR LA DÉMOCRATIE
PAR LE DROIT
Collection Science
et technique de la démocratie
N° 1 Rencontre
avec les présidents des cours constitutionnelles et instances équivalentes
(1993)
N° 2 Modèles
de juridiction constitutionnelle
par Helmut
Steinberger (1993)
N° 3 Le
processus constitutionnel, instrument pour la transition démocratique (1993)
N° 4 La
transition vers un nouveau type d'économie et ses reflets constitutionnels
(1993)
N° 5 Les
rapports entre le droit international et le droit interne (1993)
N° 6 Les
rapports entre le droit international et le droit interne3
par Constantin
Economides (1993)
N° 7 Etat
de droit et transition vers une économie de marché (1994)
N° 8 Les
aspects constitutionnels de la transition vers une économie de marché (1994)
N° 9 La
Protection des minorités (1994)
N° 10 Le
rôle de la cour constitutionnelle dans la consolidation de l'Etat de droit
(1994)
N° 11 Le
concept contemporain de confédération (1995)
N° 12 Les
pouvoirs d'exception du gouvernement3
par Ergun Özbudun et
Mehmet Turhan (1995)
N° 13 L'application des dispositions
constitutionnelles relatives aux media dans une démocratie pluraliste (1995)
N° 14 Justice
constitutionnelle et démocratie référendaire (1996)
N° 15 La
protection des droits fondamentaux par la Cour constitutionnelle
(1996)
N° 16 Autonomies
locales, intégrité territoriale et protection des minorités (1997)
N° 17 Droits
de l'homme et fonctionnement des institutions démocratiques dans des situations
d'urgence (1997)
N° 18 Le
patrimoine constitutionnel européen (1997)
N° 19 L'Etat
fédéral et régional (1997)
N° 20 La
composition des cours constitutionnelles (1997)
N° 21 Nationalité
et succession d’Etats (1998)
N° 22 Les
mutations de l’Etat-nation en Europe à l’aube du XXIe siècle (1998)
N° 23 Incidences
de la succession d’Etat sur la nationalité (1998)
N° 24 Droit
et politique étrangère (1998)
N° 25 Les
nouvelles tendances du droit électoral dans la grande Europe (1999)
N° 26 Le
principe du respect de la dignité de la personne humaine (1999)
N° 27 L’Etat
fédéral et régional dans la perspective de l’intégration européenne (1999)
N°. 28 Le droit à un procès équitable
(2000)
N° 29 Sociétés
en conflit : la contribution du droit et de la démocratie au règlement des
conflits (2000)
N° 30 Intégration européenne et droit
constitutionnel (2001)
10e
anniversaire de la Commission de Venise – allocutions prononcées lors de la
cérémonie de célébration (2000)
* * * * * *
|
Bulletin de
jurisprudence
constitutionnelle
|
93 / nos
1,2,3
94 / nos
1,2,3
95 / nos
1,2,3
96 / nos
1,2,3
97 / nos1,2,3
98 / nos1,2,3
99 / nos1,2,3
2000 / nos 1,2,3
2001 / nos 1,2
|
|
Bulletins spéciaux -
|
1994 - description
des Cours
1999 – description
des Cours
Textes de base 1,2,3,4,5 and 6 (extraits des constitutions et lois sur les
cours constitutionnelles)
Grands arrêts –
Cour européenne des droits de l’homme
Liberté
confessionnelle
Grands arrêts –
Cour européenne des droits de l’homme (1963-2000) 2 volumes en russe
|
|
|
|
|
Rapports annuels -
|
1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999,
2000, 2001
|
A N N E X
E V
LISTE DES
DOCUMENTS D’INFORMATION (CDL-INF)[18]CDL-INF(2001)6 Avis
sur la décision de la Cour constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine dans
l’affaire relative à la question des « peuples constituants » adopté par la
Commission lors de sa 46e réunion plénière (Venise, 9-10 mars
2001) ;
CDL-INF (2001) 7 Note
sur la loi organique sur l’Institution de l’Ombudsman de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors de sa 46e réunion plénière
(Venise, 9-10 mars 2001) ;
CDL-INF (2001) 8 Lignes
directrices sur le financement des partis politiques adoptées par la Commission lors de sa 46e
réunion plénière (Venise, 9-10 mars 2001) ;
CDL-INF (2001) 9 Rapport sur les
décisions des cours constitutionnelles et des instances équivalentes et leur
exécution adopté par la Commission lors de sa 46e réunion plénière
(Venise, 9-10 mars 2001) ;
CDL-INF (2001) 10 Lignes
directrices sur le référendum constitutionnel à l’échelle nationale adoptées par la
Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet
2001) ;
CDL-INF (2001) 11 Avis consolidé sur le projet de réforme
constitutionnelle de l’Ukraine adopté par la Commission lors de sa 47e
réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001) ;
CDL-INF (2001) 12 Avis
sur le projet de loi relatif aux droits des minorités nationales de
Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors de sa 47e réunion plénière
(Venise, 6-7 juillet 2001) ;
CDL-INF (2001) 13 Avis
sur le projet de loi relatif aux droits des communautés et minorités ethniques
et nationales en Bosnie-Herzégovine, préparé par M. Ibrahim Spahic, délégué à
la Chambre des Peuples de Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors
de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001) ;
CDL-INF (2001) 14 Avis sur la loi constitutionnelle relative
aux droits des minorités nationales en Croatie adopté par la Commission lors de
sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001) ;
CDL-INF (2001) 15 Avis sur les modifications à la
Constitution croate adopté par la Commission lors de sa 47e réunion
plénière (Venise, 6-7 juillet 2001) ;
CDL-INF (2001) 16 Avis sur le droit électoral du Canton du
Tessin adopté par la Commission lors de sa 47e réunion plénière
(Venise, 6-7 juillet 2001) ;
CDL-INF (2001) 17 Rapport
sur la Constitution révisée de la République d’Arménie adopté, par la
Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet
2001) ;
CDL-INF (2001) 19 Rapport sur le traitement
préférentiel des minorités nationales par leur Etat-parent adopté par la Commission lors de sa 48e réunion
plénière (Venise, 19-20 octobre 2001) ;
CDL-INF (2001) 20 Proposition de loi sur la fusion de la
chambre des Droits de l’Homme et de la Cour constitutionnelle de la
Bosnie-Herzégovine approuvée par la Commission lors de sa 48e
réunion plénière (Venise, 19-20 octobre 2001) ;
CDL-INF (2001) 21 Avis
sur la loi électorale de Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors
de sa 48e réunion plénière (Venise, 19-20 octobre 2001) ;
CDL-INF (2001) 22 Avis
relatif à la loi ukrainienne sur l’élection des députés du peuple adopté par la
Commission lors de sa 48e réunion plénière (Venise, 19-20 octobre
2001) ;
CDL-INF (2001) 23 Rapport intérimaire sur la situation
constitutionnelle de la République Fédérale de Yougoslavie adopté par la
Commission lors de sa 48e réunion plénière (Venise, 19-20 octobre
2001) ;
CDL-INF (2001) 24 Avis consolidé sur la loi sur les
élections régionales en Slovaquie adopté par la Commission lors de sa 49e
réunion plénière (Venise, 14-15 décembre 2001) ;
CDL-INF (2001) 25 Avis
sur la
ratification de la Convention Européenne des Droits de l’Homme sous l’angle de
la Constitution de la République d’Arménie
adopté par la Commission lors de sa 49e réunion plénière
(Venise, 14-15 décembre 2001) ;
CDL-INF (2001) 26 Avis consolidé sur le
projet de loi constitutionnelle de la République d’Azerbaïdjan sur la motion de
censure adopté par la Commission lors de sa 49e réunion plénière
(Venise, 14-15 décembre 2001) ;
CDL-INF (2001) 27 Avis sur le projet de loi constitutionnelle
sur la mise en œuvre des droits et des libertés de l’homme en République
d’Azerbaïdjan adopté par la Commission lors de sa 49e réunion
plénière (Venise, 14-15 décembre 2001) ;
CDL-INF (2001) 28 Avis intérimaire sur le projet de loi sur
la Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan adopté par la Commission lors de sa
49e réunion plénière (Venise, 14-15 décembre 2001).
- Rapport
sur la Constitution révisée de la République d’Arménie (CDL-INF (2001) 17),
adopté, par la Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise,
6-7 juillet 2001) ;
- Avis
sur le projet de loi sur la fonction publique de la République
d’Arménie adopté par la Commission lors de sa 48e réunion plénière
(Venise, 19-20 octobre 2001) ;
- Avis
sur la ratification de la Convention Européenne des Droits de
l’Homme sous l’angle de la Constitution de la République d’Arménie (CDL-INF (2001) 25), adopté par la Commission lors de sa 49e réunion plénière
(Venise, 14-15 décembre 2001).
- Avis
consolidé sur le projet de loi constitutionnelle de la République d’Azerbaïdjan
sur la motion de censure (CDL-INF (2001) 26), adopté par la Commission lors de
sa 49e réunion plénière (Venise, 14-15 décembre 2001) ;
- Avis sur le projet de loi
constitutionnelle sur la mise en œuvre des droits et des libertés de l’homme en
République d’Azerbaïdjan (CDL –INF (2001) 27), adopté par la Commission lors de sa 49e réunion plénière (Venise, 14-15 décembre 2001) ; - Avis intérimaire sur le projet de loi sur la Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan (CDL-INF (2001) 28), adopté
par la Commission lors de sa 49e réunion plénière (Venise, 14-15
décembre 2001).
- Avis
sur la décision de la Cour constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine dans
l’affaire relative à la question des « peuples constituants »
(CDL-INF (2001) 6), adopté par la Commission lors de sa
46e réunion plénière (Venise, 9-10 mars 2001) ;
- Note
sur la loi organique sur l’Institution de l’Ombudsman de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine (CDL-INF (2001) 7), adopté par
la Commission lors de sa 46e réunion plénière (Venise, 9-10 mars
2001) ;
- Avis
sur le projet de loi relatif aux droits des minorités nationales de
Bosnie-Herzégovine, préparé par le Ministère des droits de l’homme et des
refugiés le 18 avril 2001 (CDL-INF (2001) 12), adopté par
la Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet
2001) ;
- Avis
sur le projet de loi relatif aux droits des communautés et minorités ethniques
et nationales en Bosnie-Herzégovine, préparé par M. Ibrahim Spahic, délégué à
la Chambre des Peuples de Bosnie-Herzégovine, (CDL-INF (2001) 13), adopté
par la Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7
juillet 2001) ;
- Proposition
de loi sur la fusion de la chambre des Droits de l’Homme et de la Cour
constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine (CDL-INF (2001) 20), approuvée par
la Commission lors de sa 48e réunion plénière (Venise, 19-20 octobre
2001) ;
- Avis
sur la loi électorale de Bosnie-Herzégovine (CDL-INF (2001) 21), adopté
par la Commission lors de sa 48e réunion plénière (Venise, 19-20
octobre 2001) ;
- Avis sur la loi constitutionnelle
relative aux droits des minorités nationales en Croatie (CDL-INF (2001) 14),
adopté par la Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise,
6-7 juillet 2001) ;
- Avis sur les modifications à la
Constitution croate (CDL-INF (2001) 15), adopté par la Commission lors de sa 47e
réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001).
- Avis consolidé sur la loi sur les
élections régionales en Slovaquie (CDL-INF (2001) 24), adopté par la Commission
lors de sa 49e réunion plénière (Venise, 14-15 décembre 2001).
- Avis sur le droit électoral du
Canton du Tessin (CDL-INF (2001) 16), adopté par la Commission lors de sa 47e
réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001).
- Avis consolidé sur le projet de
réforme constitutionnelle de l’Ukraine (CDL-INF (2001) 11), adopté par la
Commission lors de sa 47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet
2001) ;
- Avis sur le projet de
loi sur le système judiciaire de l’Ukraine, adopté par la Commission lors de sa
47e réunion plénière (Venise, 6-7 juillet 2001) ;
- Avis
sur le concept de la politique de l’Etat ukrainien dans le domaine des ethnies
et des nationalités, adopté par la Commission lors de sa 47e réunion
plénière (Venise, 6-7 juillet 2001) ;
- Avis
relatif à la loi ukrainienne sur l’élection des députés du peuple (CDL-INF (2001) 22), adopté par la Commission lors de sa 48e
réunion plénière (Venise, 19-20 octobre 2001).
- Rapport
intérimaire sur la situation constitutionnelle de la République Fédérale de
Yougoslavie (CDL-INF (2001) 23), adopté par la Commission lors
de sa 48e réunion plénière (Venise, 19-20 octobre 2001) ;
|