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Strasbourg, 13 mars 2004
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Diffusion restreinte
CDL-RA (2003)001
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COMMISSION EUROPEENNE POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION DE VENISE)
LA COMMISSION DE VENISE EN 2003
RAPPORT ANNUEL D’ACTIVITES
Secrétariat de la Commission de Venise
DGI -
Conseil de l’Europe
F-67075
Strasbourg Cedex
Tel.: +33
388 41 22 05
Fax: +33 388
41 37 38
E-mail:
venice@coe.int
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Base de
données Codices: www.codices.coe.int
TABLE DES MATIERES
Allocution de M.
Jeffrey Jowell, Vice-Président de la Commission de Venise devant le Comité des
Ministres. 7
I. STABILITE DEMOCRATIQUE : UN APERÇU DES ACTIVITES DE LA
COMMISSION DE VENISE EN 2003 11
1. la commission de venise - introduction.. 11
2 la commission en 2003. 12
II. ACTIVITES SPECIFIQUES PAR PAYS.. 15
1. albanie. 15
a. Législation et administration
électorales. 15
b. La Cour constitutionnelle. 15
2. armenie. 16
a. Réforme constitutionnelle. 16
b. Projet de loi sur le défenseur
des droits de l’homme de l’Arménie. 16
c. La loi de la république
d’Arménie sur les partis politiques. 17
d. Législation et administration
électorales. 17
e. Séminaires, conférences et
ateliers. 18
3. azerbaijan.. 19
a. Législation et administration
électorales. 19
b. Projet de loi sur la Cour
constitutionnelle. 20
c. Séminaires, conférences et
ateliers. 21
4. belarus.. 21
a. Projet de loi sur l’Assemblée
nationale de la république du Bélarus. 21
b. Coopération entre la Commission
de Venise et la Cour constitutionnelle du Bélarus. 22
5. bosnie-herzegovine. 22
a. Projet de loi-cadre sur l’enseignement
supérieur. 22
b. Fin du mandat de la Chambre des
droits de l'homme. 23
6. bulgarie. 23
a. Réforme du système judiciaire. 23
b. Loi sur le médiateur. 25
7. croatie. 25
Loi constitutionnelle sur les droits des minorités
nationales. 25
8. georgie. 25
a. Projet de loi sur les
organisations et associations extrémistes. 25
b. Référendum sur la réduction du
nombre de sièges au Parlement de Géorgie. 26
c. Projet de loi sur la liberté de
conscience et les organismes religieux. 26
d. Législation et administration
électorales. 27
9. kirghizstan.. 28
10. lituanie. 28
a. Projet de loi sur les
amendements à la loi sur les minorités nationales en Lituanie. 28
b. Séminaire sur la justice
constitutionnelle et l’État de droit 28
11. moldova.. 29
a. Travaux sur la nouvelle
Constitution. 29
b. Loi électorale. 29
c. Amendement proposé pour la loi
sur les partis et autres organisations socio-politiques de la république de
Moldova 30
d. Le concept de politique étatique
des nationalités dans la république de Moldova. 31
e. Conférence sur l’identité
nationale : Chisinau 2003. 31
12. roumanie. 31
Réforme constitutionnelle. 31
13. federation
de russie. 32
a. Projet de Constitution de la
République tchétchène. 32
b. Projet de loi de la République
tchétchène sur les élections au parlement de la République tchétchène 33
c. Séminaires. 33
14. serbie-montenegro.. 34
a. Adoption de la Charte
constitutionnelle de la Serbie-Monténégro. 34
b. Charte des droits de l’homme,
des droits des minorités et des libertés civiques. 34
c. Résolution sur l’assassinat du
Premier ministre serbe Djindjic. 34
d. Réforme constitutionnelle en
Serbie. 34
e. Réforme constitutionnelle au
Monténégro. 35
15. « l’ex
republique yougoslave de macedoine ». 35
Loi sur le médiateur (Ombudsman). 35
16. ukraine. 35
a. Réforme constitutionnelle. 35
b. Deux projets d’amendements à la
loi sur les élections des députés du peuple. 37
c. Deux projets de loi amendant la
loi sur les minorités de l’Ukraine. 38
17. developpements
constitutionnels dans d’autres etats membres et observateurs 38
III. ETUDES, RAPPORTS ET SÉMINAIRES DE LA COMMISSION.. 39
1. etudes et rapports de la commission.. 39
a. Nécessité éventuelle d’un développement des
Conventions de Genève. 39
b. Les implications d’une Charte des droits
fondamentaux de l’Union européenne juridiquement contraignante sur la
protection des droits de l’homme en Europe. 40
c. L’établissement, l’organisation
et les activités des partis politiques. 40
2. le programme unidem (universites pour la democratie) 41
a. Séminaire UniDem sur « la
consolidation de l’Etat et de l’identité nationale », Chisinau, 4 – 5
juillet 2003 41
b. Séminaire UniDem sur « Le constitutionnalisme
européen et américain », Göttingen, 23-24 mai 2003 41
c. Séminaire UniDem sur « La
démocratie directe : le référendum comme instrument de participation des
citoyens à la vie publique », Moscou, 3 – 4 octobre 2003. 42
d. Campus UniDem pour la formation
juridique des fonctionnaires. 42
3. autres seminaires et conferences.. 43
Atelier sur les dispositions en matière
d’autonomie et les conflits territoriaux internes (Oslo, 14-15 novembre 2003) 43
IV. JUSTICE
CONSTITUTIONNELLE. 45
1. conseil mixte pour la justice constitutionnelle. 45
2. seminaires en cooperation avec les cours constitutionnelles
(cocosem) 45
3. cooperation regionale. 46
a. Conférence des cours
constitutionnelles européennes. 46
b. ACCPUF 46
c. CCOCCND.. 47
d.......... SAJC.. 47
V. DROIT ELECTORAL.. 49
1. le conseil des elections democratiques.. 49
2. mise en place des standards juridiques.. 49
a. Code de bonne conduite en
matiere electorale. 49
b. Autres documents. 50
c. Vote électronique. 50
3. les systemes electoraux.. 50
4. activites specifiques par pays.. 50
a. Avis et recommandations. 50
b. Séminaires et ateliers de
formation électorale. 51
c Autres activités concernant
certains pays spécifiques. 51
5 relations avec d’autres organisations supranationales et
internationales.. 51
a. Programme commun avec la
Commission européenne. 51
b. Coopération avec l’OSCE.. 51
c. Association des fonctionnaires
électoraux d’Europe centrale et orientale (ACEEEO). 51
VI. COOPERATION
ENTRE LA COMMISSION ET LES ORGANES STATUTAIRES DU CONSEIL DE L’EUROPE, L’UNION
EUROPÉNNE ET D’AUTRES ORGANISATIONS INTERNATIONALES.. 53
1. le conseil de l’europe. 53
a. Le Comité des Ministres. 53
b. L’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe. 53
c. Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux
de l’Europe. 54
d Demandes du Secrétaire Général du Conseil de
l’Europe. 54
2. l’union europeenne. 54
a. Adhésion possible de la Communauté
européenne à l’accord élargi 54
b. Programme commun. 54
c. Avis sur les implications d’une Charte des
droits fondamentaux de l’Union européenne juridiquement contraignante sur la
protection des droits de l’homme en Europe. 54
d. Coopération concernant la Moldova. 55
e. Justice constitutionnelle. 55
f. Sessions plénières. 55
3. osce. 55
ANNEXES
i. liste
des pays membres 57
ii. liste
des membres de la commission de venise. 59
iii.. fonctions
et composition des sous-commissions.. 63
iv. reunions
de la commission de venise en 2003. 65
v. liste
des publications de la commission de venise. 71
vi liste
des documents adoptes en 2003. 75
(14 avril 2004)
Monsieur le
Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,
C’est un grand
honneur et un grand plaisir pour moi de présenter pour la première fois le
rapport annuel de la Commission de Venise à votre Comité. Si vous êtes privés
du discours que prononce habituellement notre Président, c’est parce que
M. La Pergola est encore en convalescence après son opération. Je ne
saurais bien entendu l’égaler. Cependant, représenter la Commission de Venise
devant votre Comité me procure une grande satisfaction personnelle. La
Commission de Venise n’était encore qu’un accord partiel lorsque le Royaume-Uni
a tardivement décidé d’y adhérer et c’est pourquoi j’ai rejoint la Commission
dix ans après sa création. J’ai tout de suite été pleinement attaché à sa
valeur, à son importance et à son efficacité. Pour ma part, je ne trouve pas de
termes suffisamment élogieux pour parler de la qualité et de la pertinence des
travaux de la Commission ainsi que de la compétence de son administration.
Vous avez devant
vous notre rapport annuel 2003 rendant compte en détail des activités
entreprises par la Commission durant cet exercice. Je ne vais donc pas y
revenir de manière plus approfondie, mais je voudrais plutôt me concentrer sur
les tendances les plus notables qui se dégagent de nos travaux et sur les
perspectives pour nos futures activités. Alors que le Comité des Ministres est
en train de préparer le troisième Sommet du Conseil de l’Europe, il semble en
effet approprié d’inscrire nos activités dans la perspective de leur
contribution aux objectifs généraux de notre Organisation.
Monsieur le
Président,
S’il est une
organisation dont la mission a un sens profond, c’est bel et bien le Conseil de
l’Europe. Le Conseil de l’Europe a été mis en place pour défendre et promouvoir
des valeurs fondamentales, les droits de l’homme, la démocratie et la
prééminence du droit. Une constitution a notamment pour vocation de définir et
de refléter les valeurs fondamentales de chaque pays. La Commission de Venise,
en tant qu’organe du Conseil de l’Europe s’occupant de droit constitutionnel,
est donc chargée de faire en sorte que les valeurs consacrées par les
constitutions nationales des Etats membres correspondent aux valeurs du Conseil
de l’Europe.
En ma qualité de
membre de la Commission de Venise, je pense que nous sommes conscients que notre
mission est de nature technique : elle consiste à fournir des conseils
juridiques et constitutionnels. Cependant, d’un point de vue personnel, la
place que la Commission de Venise occupe au sein du Conseil de l’Europe confère
à nos conseils une dimension indispensable. En d’autres termes, tous les
conseils techniques donnés sont plus pertinents lorsque l’on a une bonne
connaissance du contexte politique et social du problème en question, et c’est
ce que permet l’association, sans équivalent, entre la Commission de Venise et
le Conseil de l’Europe.
I
Monsieur le
Président,
Il ne suffit pas
que les constitutions proclament solennellement les bonnes valeurs. Encore
faut-il qu’elles établissent un système institutionnel permettant de mettre en
pratique ces valeurs efficacement. Bien qu’une bonne constitution ne soit pas
une condition suffisante pour une bonne gouvernance, c’est certainement une
condition nécessaire.
La rédaction d’une
constitution totalement nouvelle est redevenue exceptionnelle dans l’Europe
d’aujourd’hui. Et pourtant c’est ce que la Serbie est en train de faire et nous
espérons que cette année, nous assisterons enfin à l’adoption d’une nouvelle
constitution reflétant les valeurs d’une Serbie démocratique. Notre Commission
reste mobilisée pour continuer à fournir son assistance, mais il est évident
que nos efforts ne peuvent pas toujours aplanir les obstacles politiques qui
peuvent se présenter au niveau national.
Par ailleurs, un
certain nombre de pays mènent actuellement un processus de profondes réformes
constitutionnelles. L’année dernière, la Roumanie a modifié sa constitution
pour la mettre davantage en conformité avec l’Europe, et nous nous réjouissons
d’avoir pu contribuer à ce processus.
La Géorgie vient
d’adopter, dans une situation exceptionnelle et pressée par le temps, des
modifications constitutionnelles d’envergure. Nous sommes parvenus à la
conclusion que cette révision était intervenue trop rapidement et que, si la
Géorgie souhaitait tirer pleinement parti de l’élan démocratique de la
« révolution des roses », le texte devrait être encore peaufiné et
réexaminé. Nous avons proposé notre aide à cet égard et un séminaire se tiendra
à la mi-mai, en coopération avec la Cour constitutionnelle de Géorgie. Il
donnera l’occasion d’aborder aussi bien la réforme constitutionnelle que
l’organisation territoriale.
En Ukraine, la
révision de la constitution fait encore l’objet de débats et les amendements
constitutionnels n’ont pas obtenu la majorité requise lors d’un vote au
parlement la semaine dernière. En tout état de cause, nous notons avec
satisfaction qu’à la suite de notre avis, le parlement a décidé d’abandonner
deux propositions particulièrement problématiques visant à réviser la
constitution, à propos desquelles nous avions formulé des objections.
L’Arménie s’engage
dans un nouveau cycle de réformes constitutionnelles. Nous avons organisé en
janvier une conférence pour relancer le processus de réformes
constitutionnelles ; cette manifestation a remporté un franc succès et
nous nous félicitons tout particulièrement que cette conférence ait,
probablement pour la première fois, ouvert une perspective pour une révision
consensuelle de la constitution acceptable aussi bien pour la majorité que pour
l’opposition. L’évolution récente de la situation dans le pays ne semble guère
encourageante. Néanmoins, nous espérons sincèrement que toutes les forces
politiques en Arménie feront preuve d’un esprit constructif durant le processus
de rédaction des modifications constitutionnelles.
II
Il est donc clair
qu’en matière d’élaboration d’une constitution qui, dans la plupart des cas,
est une réécriture, on ne saurait être trop attentif. Néanmoins, nous ne
pouvons pas négliger le fait que l’adoption d’une bonne constitution n’est
qu’une première étape et qu’il est tout aussi important, si ce n’est plus,
qu’elle soit convenablement appliquée. De nombreux services du Conseil de
l’Europe se chargent conjointement de veiller à ce que les constitutions soient
mises en œuvre de manière adéquate, conformément aux valeurs du Conseil de
l’Europe et nous ne sommes pas le seul organe à fournir, par exemple, une
expertise législative dans les domaines de la mise en œuvre et du contrôle du
respect des constitutions.
Notre Commission a
cependant, au fil du temps, développé ses propres méthodes et domaines de
coopération spécifiques et je voudrais tout d’abord mentionner à cet égard
notre étroite coopération avec les cours constitutionnelles, notamment en
Europe centrale et orientale, mais aussi au-delà de cette région. Ces cours
jouent un rôle crucial en prônant, dans leur pays, des valeurs
constitutionnelles qui coïncident avec les valeurs du Conseil de l’Europe. Bien
que ce rôle de la Commission de Venise ne vienne peut-être pas immédiatement à
l’esprit, il prend tout son poids à certaines occasions. Tel est le cas pour
les décisions des cours constitutionnelles visant à abolir la peine de mort
dans plusieurs des nouvelles démocraties. Les cours constitutionnelles ont joué
et continuent de jouer un rôle fondamental en rassemblant l’Europe autour de
valeurs communes.
Nous formulons
également des avis, souvent à la demande de l’Assemblée parlementaire, sur des
questions générales qui sont importantes pour la protection des droits de
l’homme et la prééminence du droit. Je me contenterai d’évoquer deux avis
rendus l’an dernier. Tout d’abord, l’avis sur la poursuite éventuelle du
développement des Conventions de Genève établit qu’il n’y a pas de vide
juridique dans le droit international humanitaire et les droits de l’homme et
que des personnes telles que les prisonniers détenus à Guantanamo Bay, qui
ont été arrêtés en plein combat et qui sont soupçonnés d’entretenir des liens
avec des organisations terroristes, doivent soit être traités comme des
prisonniers de guerre soit être jugés en bonne et due forme. Notre avis laisse
néanmoins ouverte la possibilité d’une réflexion plus approfondie sur les
améliorations à apporter aux textes juridiques internationaux en vigueur.
L’autre avis portant sur les implications d’une Charte des droits de l’homme de
l’UE juridiquement contraignante montre comment la ratification par les
communautés européennes de la Convention européenne des droits de l’homme
permettrait la coexistence harmonieuse des deux traités relatifs aux droits de l’homme
et augmenterait le niveau de protection des droits fondamentaux des citoyens de
l’Union européenne.
III
Monsieur le
Président,
Le principe de la
démocratie n’a pas toujours suscité la même attention au sein du Conseil de
l’Europe que les activités de défense et de promotion des droits de l’homme et
la prééminence du droit. Pour nous, juristes en droit constitutionnel, la
promotion de la démocratie est au cœur même de nos activités. Dans ce domaine,
nous avons été en mesure d’ouvrir certaines pistes par nos travaux et nous
avons, en coopération avec l’Assemblée parlementaire et le Congrès, adopté le
code de bonne conduite en matière électorale, qui pose, concrètement et en
détail, pour la première fois, les fondements du patrimoine électoral européen.
Je me réjouis de constater que la réaction du Comité des Ministres à notre
initiative a été et reste très encourageante. Vous avez apporté votre soutien
au texte et nous – ainsi que tous les autres organes du Conseil de l’Europe –
sommes désormais dotés d’un cadre de référence bien plus clair pour les
activités destinées à garantir la tenue d’élections libres et équitables dans
toute l’Europe.
Dans le domaine
électoral, nous travaillons en étroite coopération avec l’OSCE, et en
particulier avec le BIDDH. La pratique, suivie par nos deux institutions, qui
consiste à formuler des avis conjoints sur la législation électorale des Etats
membres, permet non seulement d’obtenir des avis plus riches mais aussi des
textes qui ont plus de poids. Mais notre partenariat avec l’OSCE ne se limite
pas au domaine électoral et l’OSCE n’est pas non plus notre seul partenaire de
manière générale ou en ce qui concerne les élections. L’Union européenne,
depuis cette année, finance, par le biais d’un programme conjoint, une partie
de nos activités électorales. Dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle
constitution pour la Moldova, en vue de résoudre définitivement la question de
la Transnistrie, nous travaillons en étroite coopération avec l’Union
européenne et l’OSCE. En ce qui concerne l’UE, cette coopération suit un schéma
préétabli, en particulier avec le bureau du Haut représentant Javier Solana,
dans l’« ex-République yougoslave de Macédoine » et en
Serbie-Monténégro. Cette coopération est évoquée nommément dans les conclusions
de la dernière réunion quadripartite qui parle de, je cite « l’importance
que l’UE attache aux travaux de la Commission de Venise, compte tenu du rôle
unique et sans égal qu’elle joue en matière de gestion des crises et de
prévention des conflits à travers son action de constitutionnalisation et ses
avis en matière de droit constitutionnel ». Nous sommes très honorés de ce
témoignage de confiance dans nos travaux de la part des plus hauts
représentants de l’UE. Nous espérons que cela nous rapprochera de notre
objectif qui est de faire en sorte que l’UE devienne un membre à part entière
de l’accord élargi.
IV
Tout ceci m’amène à
aborder l’élargissement de notre Commission. Dans notre esprit, si nous
envisageons un élargissement à des pays non européens, c’est que nous sommes
intimement convaincus que les valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe sont
universelles et que nous nourrissons l’espoir de pouvoir jouer un rôle dans la
promotion de ces valeurs sur d’autres continents. Si nous voulons être
crédibles dans cette entreprise, nous devons nous y atteler dans un esprit de
partenariat. C’est pourquoi le statut révisé accorde aux Etats non européens la
possibilité de devenir membres à part entière de l’accord élargi. Nous avons eu
le plaisir, à la suite de l’invitation du Comité des Ministres d’accueillir,
le 1er janvier 2004, le Kirghizistan, en tant que
premier Etat non européen au sein de l’accord élargi. Des contacts avec
d’autres Etats tels que la République de Corée, le Mexique et le Chili se
poursuivent.
Nous restons
cependant conscients que les activités menées en dehors de l’Europe ne doivent
jamais, de quelque manière que ce soit, nuire à notre principale priorité,
notre continent. L’adhésion de différents Etats non européens à l’accord élargi
n’est qu’une forme possible de coopération et elle doit s’accompagner d’autres
formes plus flexibles et régionales de collaboration. Conformément à une autre
disposition du statut révisé, nous encourageons donc la création de commissions
sœurs sur d’autres continents. Un premier succès a été enregistré à cet
égard : la mise en place d’une commission des juges d’Afrique du Sud à
laquelle nous avons pu apporter notre soutien grâce à une contribution de la
Norvège. Dans de nombreux pays de cette région, l’indépendance judiciaire est
menacée et les tribunaux de pays voisins sont plus crédibles dans la défense de
ce principe que nous les Européens. Nous espérons donc être en mesure de
continuer à apporter ce type d’assistance à des organes régionaux grâce à de
nouvelles contributions de nos Etats membres.
* * * * * *
En résumé, notre
rapport annuel montre bien que la Commission a connu une autre année de succès,
mais il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers. Les demandes qui nous sont
adressées deviennent de plus en plus complexes et nous devons rester en mesure
de fournir les bonnes réponses pour faire face à de nouveaux défis. Nos
domaines d’activités seront les mêmes et nous poursuivrons nos efforts en
faveur d’un règlement pacifique des conflits.
Géographiquement,
nos activités continueront certainement de se focaliser sur le Caucase et les
Balkans. Cependant, ceci n’exclut nullement la coopération avec d’autres pays,
et en particulier les démocraties déjà en place. Le Luxembourg a adressé
plusieurs demandes d’avis à la Commission de Venise et d’autres pays d’Europe
occidentale pourraient souhaiter suivre cet exemple.
Les principes qui
structurent nos travaux, l’indépendance, l’attachement aux valeurs
fondamentales du Conseil de l’Europe et la flexibilité restent de mise et
forment le cadre au sein duquel nous devons nous adapter. Dans un premier
temps, nous devons, dans les futurs rapports annuels, mettre davantage l’accent
sur l’évaluation de nos activités, ce qui devrait vous permettre d’évaluer plus
facilement l’efficacité de nos travaux. Je suis persuadé que vous continuerez à
penser que les services que nous proposons sont d’un bon rapport qualité-prix.
Le Secrétaire Général, dans un discours devant l’Assemblée parlementaire, a
cité la Commission de Venise parmi les « labels d’excellence » de
cette Organisation. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir
pour mériter ces compliments.
Monsieur le
Président, je vous remercie beaucoup de votre attention.
La Commission européenne pour
la démocratie par le droit, plus connue sous le nom de Commission de Venise,
est un organe consultatif du Conseil de l’Europe sur les questions
constitutionnelles. Créée en 1990, la Commission a joué un rôle essentiel dans
l'adoption de constitutions conformes aux standards du patrimoine
constitutionnel européen. La Commission se réunit quatre fois par an en séance
plénière à Venise et agit dans trois domaines différents : l’assistance
constitutionnelle, les questions électorales et la justice constitutionnelle.
- L’assistance
constitutionnelle
La Commission a, en premier
lieu, une fonction d’assistance, de conseil, de « dépannage
constitutionnel », qui la conduit à examiner des textes de nature
constitutionnelle, à la demande des Etats, des organes du Conseil de l’Europe
ou d’autres organisations internationales.
Les méthodes de travail de la
Commission, lorsqu’elle assure la fonction d’assistance constitutionnelle,
consistent à nommer un groupe de travail (principalement parmi ses membres),
qui, soit contribue à l’élaboration des textes constitutionnels, soit prépare
un avis sur la conformité de la proposition législative avec les standards
européens dans un domaine donné et sur les possibilités d’amélioration des
textes en se fondant sur l’expérience européenne. Avant de le transmettre aux
autorités de l’Etat en question, le projet d’avis est soumis pour examen et adoption
à l’ensemble de la Commission réunie en session plénière.
Bien que ses avis soient
généralement reflétés dans la législation adoptée, la Commission ne cherche pas
à imposer des solutions, mais adopte une approche non directive basée sur le
dialogue. C’est la raison pour laquelle le groupe de travail effectue, lorsque
cela est possible, des visites dans le pays
et rencontre les différents acteurs politiques impliqués afin d’avoir la
vision la plus objective possible de la situation. Un représentant du pays
concerné peut être invité pour s’adresser à la Commission lors de la discussion
du projet d’avis en session plénière.
- Les questions
électorales
La Commission œuvre également
en matière de droit électoral afin que les législations électorales des Etats
membres atteignent les standards européens. Dans toute société démocratique, des élections libres et justes sont de
la plus haute importance. Par conséquent, la Commission de Venise a défini les
principes applicables à des élections démocratiques dans le Code de bonne
conduite en matière électorale et dans divers autres textes. En outre, elle
élabore des avis et des recommandations sur les législations électorales des
Etats membres du Conseil de l’Europe et organise des séminaires de formation
dans le domaine électoral. Dans une large mesure, ces activités sont accomplies
par le Conseil des élections démocratiques, un organe mixte établi en
coopération avec l’Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux du Conseil de l’Europe.
- La justice constitutionnelle
Une autre branche de
l’activité de la Commission comprend la coopération avec les cours
constitutionnelles et les organes équivalents. La Commission de Venise est
consciente, depuis sa création, qu’il n’est pas suffisant d’assister les Etats
dans l’adoption de constitutions démocratiques. Ces textes doivent également
être mis en œuvre dans la société. Les acteurs clefs dans ce domaine sont les
cours constitutionnelles et les juridictions à compétence équivalente. Dès 1991,
la Commission a créé un centre afin de rassembler et de diffuser la jurisprudence constitutionnelle, et
d’organiser des séminaires avec les cours constitutionnelles. La Commission
favorise les échanges entre les cours constitutionnelles et soutient ces dernières
lorsqu’elles ont besoin d’aide dans leur relation avec les autorités étatiques Les
activités du centre sont dirigées par le Conseil mixte de justice constitutionnelle, composé de
membres de la Commission de Venise ainsi que des agents de liaison désignés par
les cours constitutionnelles et les juridictions à compétence équivalente de
plus de 50 pays, de la Cour européenne des droits de l’homme, et de la Cour de
justice des Communautés européennes.
En ce qui concerne l’année
2003, nous mettrons l’accent sur les principales activités suivantes.
- L’assistance
constitutionnelle
Réforme
constitutionnelle
Bien que la plupart des pays
de l’Europe centrale et orientale aient adopté de nouvelles constitutions au
terme du régime du parti unique, ce processus n’est pas encore achevé. En
Serbie et au Monténégro, après l’adoption de la Charte constitutionnelle de
l’Union d’États, il reste encore aux États membres à adopter de nouvelles
constitutions. La Commission de Venise a participé à la rédaction d’une
nouvelle constitution pour la Serbie.
Dans certains pays,
d’importantes questions concernant la séparation des pouvoirs et le rôle des
différents organes de l’État n’ont toujours pas trouvé de solution définitive.
Tout au long de l’année 2003, la Commission de Venise a examiné les diverses
propositions de révision de la Constitution de l’Ukraine. En Arménie, la
Commission de Venise a pris – et continue de prendre – part au
processus de réforme constitutionnelle.
D’autres pays entreprennent
des révisions plus techniques de leur constitution, par exemple, dans la
perspective d’une future adhésion à l’Union européenne. Ainsi, en 2003, la
Commission a-t-elle travaillé en étroite coopération avec la Roumanie sur sa
réforme constitutionnelle.
Règlement
des conflits
Un certain nombre de conflits
ethno-politiques en Europe exigent, pour être réglés, des changements
constitutionnels et législatifs dans les pays concernés. Ainsi, en 2003, la
Commission de Venise a-t-elle pris part aux efforts déployés pour résoudre le
statut de la Transnistrie dans le cadre d’une nouvelle Constitution fédérale
pour la Moldova. Elle a également procédé à une évaluation de la nouvelle
Constitution de la Tchétchénie.
Respect des
droits de l’homme et de l’Etat de droit
La Commission a examiné les
lois de nombreux pays relatives à des questions telles que la protection des
minorités, l’institution du médiateur (Ombudsman), la liberté religieuse ou
d’association ; pour ce faire, elle utilise à la fois la Convention
européenne sur les droits de l’homme et l’expérience des démocraties
européennes comme instruments de référence. Elle a adopté des avis concernant
les implications d’une Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
juridiquement contraignante, ainsi que sur la nécessité d’un développement des
Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre et les civils dans les
conflits armés. En 2003, la Commission a également participé à la réforme du
système judiciaire en Bulgarie.
- Les questions électorales
Tenue
d’élections libres
En 2003, la Commission a
encore intensifié ses activités en matière d’élections, agissant en étroite
coopération avec le Bureau des institutions démocratiques et des droits de
l’homme (BIDDH) de l’OSCE. Ces efforts se sont portés, en particulier, sur les
trois pays du Caucase du sud, mais aussi sur la Moldova, l’Ukraine et
l’Albanie.
Mise en
place de standards juridiques
Le Code de bonne conduite en
matière électorale, adopté par la Commission en 2002, a été reconnu comme le
principal document de référence en droit électoral par l’Assemblée
parlementaire, le Comité des Ministres et le Congrès des Pouvoirs locaux et
régionaux.
- La justice
constitutionnelle
Renforcer la
justice constitutionnelle
Le Conseil mixte sur la justice
constitutionnelle de la Commission continue de soutenir et de travailler avec
les cours constitutionnelles par le biais
du bulletin de justice constitutionnelle et de la base de données
CODICES. En 2003, des séminaires et conférences sur la justice
constitutionnelle se sont tenus en Azerbaïdjan, au Belarus et en Lituanie. Deux
conférences ont été organisées en Albanie pour soutenir la Cour
constitutionnelle albanaise dans un conflit relatif à la non-exécution de l’une
de ses décisions.
Au-delà de l’Europe
La Commission a intensifié sa
coopération avec les Cours constitutionnelles et suprêmes et les associations
de ce type de cours en dehors de l’Europe. Grâce au soutien financier de la
Norvège, la Commission a facilité la création d’un organe réunissant les hautes
cours d’Afrique du Sud et a invité ces cours à contribuer à la base de données
CODICES. L’objectif de cette coopération est de permettre à ces cours de
s’entraider en cas d’intervention injustifiée des autorités étatiques.
Un séminaire que la
Commission a organisé sur le constitutionnalisme européen et américain a offert
une occasion unique de dialogue transatlantique sur des questions juridiques.
Le Comité des Ministres a invité le Kirghizstan à devenir le premier État
membre non européen de la Commission.
II. ACTIVITES SPECIFIQUES PAR PAYS
Un comité
parlementaire, le comité bipartisan pour la réforme électorale s’est réuni en
2002 et 2003 en vue d’améliorier la loi électorale en conformité avec les
recommandations internationales. La
Commission de Venise et son partenaire, l’OSCE/BIDDH, ont participé à une
réunion de ce Comité en mars 2003, en vue d’harmoniser la législation et les
pratiques électorales albanaises avec les normes européennes. La réunion a examiné, en particulier,
les plaintes et appels, la composition des commissions électorales, les listes
d’électeurs et la simplification du système électoral.
A la suite de cette rencontre, la Commission de Venise, en coopération avec la Commission
électorale centrale (CEC) albanaise, a organisé un atelier de formation
électorale, qui s’est déroulé au début septembre 2003, à Tirana, environ six
semaines avant les élections locales. Une trentaine de personnes ont participé à la première
partie de l’atelier, session spécialement consacrée aux contentieux électoraux
et destinée aux membres de la Commission électorale centrale et de l’Instance
de recours en matière électorale, ainsi qu’à des experts de la Cour constitutionnelle. Une cinquantaine de
personnes ont participé à la seconde partie, qui a porté sur les contentieux
électoraux, sur la composition et le fonctionnement des commissions, ainsi que
sur le processus électoral même (notamment le décompte des votes), et qui
s’adressait à un plus large public (notamment des représentants de partis
politiques et des ONG, ainsi que des membres de la CEC et des commissions
électorales locales).
En avril 2003, la Commission de Venise a organisé un séminaire conjoint sur
les effets des arrêts rendus par la Cour constitutionnelle. L’objectif était de
sensibiliser les branches exécutives et législatives du gouvernement, ainsi que
les autres Cours, au rôle de la Cour et au respect de ses arrêts. Cette démarche était d’autant plus importante que
l’Albanie a été critiquée dans un rapport de l’UE pour non-exécution d’un arrêt
de la Cour constitutionnelle et que la Commission de Venise avait exprimé son inquiétude à ce sujet[2].
Des représentants de toutes les parties
de la société ont assisté au séminaire, et ont participé activement aux débats. Le séminaire a bénéficié
d’une excellente couverture médiatique ; les correspondants étaient
nombreux et le message transmis au public clair : respect inconditionnel des arrêts de la Cour constitutionnelle.
A la session de juin de la Commission de Venise, le Président de la Cour
constitutionnelle albanaise a remercié la Commission de Venise de sa
contribution au renforcement des institutions démocratiques en Albanie, plus
particulièrement de la lettre du Président de la Commission où il avait exprimé
son inquiétude au sujet de la non-exécution des arrêts de la Cour
constitutionnelle. Depuis lors, la situation s’est considérablement
améliorée. Le Président du Parlement et
le Président de la République ont expressément reconnu la Cour
constitutionnelle en tant que gardien et interprète suprême de la Constitution.
Après le succès du séminaire conjoint
tenu en avril, la Cour constitutionnelle et la Commission de Venise ont organisé de concert une conférence à Tirana, les 26 et
27 novembre 2003, à l’occasion du 5e anniversaire de
l’adoption de la Constitution albanaise : « Stocktaking and
Perspectives » (inventaire et perspectives). La conférence a été ouverte par le Président de la
République, le Président du Parlement, le Premier ministre et le Coprésident de
la Commission constitutionnelle. Les 110 participants étaient composé de
représentants du corps législatif, du pouvoir exécutif, du pouvoir judiciaire
et des institutions universitaires.
L’objectif de la conférence était
double : d’une part, faire le bilan des cinq années de pratique constitutionnelle en Albanie en présence des membres
de la Commission de Venise, lesquels ont contribué à la rédaction de la Constitution
depuis 1991 ; d’autre part, autour d’une petite table ronde, identifier et
évaluer les amendements constitutionnels à éventuellement envisager pour répondre aux besoins
identifiés durant ces cinq années de pratique.
La conférence s’est penchée sur les
principales questions constitutionnelles qui préoccupent l’Albanie : la Constitution et les
institutions politiques ; la Constitution et les pouvoirs locaux ; le
rôle de la Cour constitutionnelle en tant que garante de la Constitution ; la nature
des droits fondamentaux sélectionnés ; la Constitution et le droit
international ; et, enfin, la Constitution et le processus électoral.
L’évaluation de la Constitution s’est
révèlée extrêmement positive, malgré quelques amendements à envisager. La table ronde a examiné
les amendements et a tiré des conclusions.
La conférence a bénéficié d’une
excellente couverture médiatique, avec, notamment, une conférence de presse
retransmise à la télévision sur des chaînes nationales.
a. Réforme constitutionnelle
A la session de juin, il a été rappelé
qu’en 2001, la Commission de Venise avait travaillé, de concert avec les
autorités arméniennes, à l’élaboration d’une Constitution révisée pour la
République d’Arménie. En Arménie, les amendements constitutionnels ne
pouvaient être adoptés que par référendum. Le référendum visant à l’adoption de la Constitution révisée, qui s’est
appuyé sur un texte partiellement différent, a eu lieu le 25 mai 2003. La
majorité requise pour l’adoption de la Constitution révisée n’a pas été
atteinte lors du référendum. Les
autorités arméniennes, déterminées à tenter de nouveaux efforts en faveur d’une
réforme constitutionnelle, ont
décidé d’opérer sur une base beaucoup plus large en associant l’opposition. Pour relancer le processus
de réforme, la Commission de Venise a convenu avec les autorités arméniennes de co-organiser une
conférence sur les réformes constitutionnelles en Arménie, à Erevan, le 21 janvier 2004. Parmi
les thèmes de la conférence, citons : la nécessité d’une réforme
constitutionnelle en Arménie ; les normes européennes relatives aux
régimes présidentiels par opposition aux démocraties parlementaires ; les
relations entre la Constitution arménienne et la Convention européenne des
droits de l’homme ; les garanties constitutionnelles de l’indépendance et
de l’impartialité du pouvoir judiciaire ; les garanties constitutionnelles
de l’autonomie locale. La conférence vise
à débattre des principaux objectifs de la réforme constitutionnelle avec des
membres de la majorité et de l’opposition. Les projets d’amendement de la Constitution seront d’abord soumis à la
Commission pour avis, puis au Parlement dans le but d’organiser un référendum
avant juin 2005.
Lors de sa session de mars, la
Commission a adopté l’avis concernant le projet de loi sur le défenseur des
droits de l’homme de l’Arménie [tel que figurant dans le documentCDL-AD(2003)6], avis élaboré à partir des observations faites par Mme Serra
Lopes. La Commission avait commenté un précédent projet de loi en 2001[4] ;
ces observations, non prises en compte dans le nouveau projet de loi, sont
toujours valables : par exemple,
celles concernant une formulation plus large de la qualité requise pour porter
une question devant le défenseur public, ainsi que l’introduction de
dispositions moins restrictives permettant au défenseur de se saisir d’affaires
de sa propre initiative. L’avis adopté
par la Commission en 2003 traite des dispositions ayant fait l’objet de
modifications. La possibilité offerte à
l’Ombudsman de former un recours devant la Cour constitutionnelle est
considérée comme particulièrement positive.
La question la plus cruciale restant à
régler a concerné la désignation de l’Ombudsman. Le projet de loi
contenait une sérieuse amélioration en prévoyant la nomination du défenseur
public par l’Assemblée parlementaire au vote à la majorité qualifiée des
membres du Parlement. Mais cette solution, privilégiée par la Commission de Venise, ne pouvait pas voir le jour sous la
Constitution en vigueur. En attendant l’entrée en vigueur de la nouvelle
Constitution, l’avis a prévu une solution de compromis : la nomination de l’Ombudsman par le Président en
concertation avec les groupes et factions représentés à l’Assemblée nationale[5]
et sous ces conditions : le projet
de loi doit établir clairement que la nomination est temporaire, le mandat doit
prendre fin avec l’élection d’un successeur par le Parlement et, enfin, les
tâches d’un Ombudsman désigné par le Président doivent être purement techniques
– à savoir, définir les structures de la charge, mais ne pas intervenir
dans le traitement des affaires. Lors de
la session de mars de la Commission, M. Tuori a rappelé qu’une solution
transitoire telle que celle proposée dans l’avis avait déjà été envisagée en
juillet 2002. M. Heidenhain souligne que le BIDDH a émis des réserves
quant à la solution transitoire, préférant qu’aucun ombudsman ne soit désigné
en attendant l’entrée en vigueur de la Constitution révisée.
Lors de sa session d’octobre, la
Commission a été informée que la dernière version de la Loi sur le médiateur,
telle qu’adoptée en seconde lecture, était conforme aux recommandations de la
Commission de Venise. Afin de respecter les exigences de la constitution en
vigueur, le texte disposait que, sous réserve de l’adoption de la nouvelle
constitution, le premier médiateur serait nommé par le Président, en accord
avec les partis représentés au Parlement.
Lors de sa session de mars, la
Commission a adopté l’avis relatif à la Loi de la république d’Arménie sur les
partis politiques [tel que formulé dans le documentCDL-AD(2003)5]. Le Vice-président de
l’Assemblée nationale arménienne a invité la Commission de Venise à élaborer un avis sur la Loi sur les
partis politiques, telle qu’adoptée par l’Assemblée nationale en juillet 2002
et amendée en décembre 2002, pour savoir si elle respectait les principales
recommandations de la Commission de Venise[6]. Un grand nombre des principales recommandations de la
Commission ont été prises en compte dans le texte de la nouvelle Loi ;
seules demeuraient deux grandes questions. La première était une disposition qui prévoyait de refuser
l’enregistrement aux partis dont la charte ou le programme comporte des
dispositions non conformes à la Constitution, à la législation ou aux
conditions d’enregistrement définies par la Loi sur les partis politiques.
Ce type de disposition statutaire pourrait
servir à empêcher l’enregistrement des partis politiques qui souhaitent le
changement pacifique de l’ordre constitutionnel. La seconde concerne la
disposition prévoyait la dissolution forcée et la confiscation des biens
appartenant aux partis qui ne participent pas à deux élections parlementaires successives ou qui ne réunissent pas
au moins un pour cent des suffrages dans une ou l’autre de deux élections
parlementaires successives. L’avis recommandait un amendement de la Loi de manière
à éliminer ou à modifier ces deux dispositions.
d. Législation et administration électorales
A la demande de la Cour constitutionnelle arménienne, la Commission de Venise a envoyé des experts en Arménie en mars
2003 pour répondre à des questions soulevées par des juges chargés de traiter
l’affaire de M. Demirtchian, candidat aux élections présidentielles qui en
avait contesté les résultats. Ces questions, strictement d’ordre général,
concernaient le contentieux électoral : l’expérience internationale relative à l’admissibilité de la requête, à la
juridiction et à la compétence de la Cour pour recevoir et évaluer les preuves
produites par le demandeur et, enfin, aux possibles résultats de la requête
portant sur le contentieux électoral. Bien
que les experts aient répondu aux questions générales sur le contentieux
électoral et conseillé la Cour quant aux techniques employées pour résoudre ces
affaires, ils n’ont en aucune manière déterminé ou influencé le résultat de
l’affaire en question.
Un atelier de formation électorale s’est
déroule à Erevan du 5 au 8 mai 2003. Son objectif était de réduire
les risques de fraude et d’irrégularités électorales lors du scrutin
parlementaire du 25 mai, afin d’éviter une situation similaire à celle des
élections présidentielles de février et mars. La participation au
séminaire n’etait pas très élevée, notamment en ce qui concernait les
administrations électorales, les juges, les candidats et les partis politiques.
Lors de sa session de décembre, la
Commission a approuvé les Recommandations conjointes sur la loi électorale et
l’administration électorale en Arménie [CDL–AD (2003) 21], élaborées par l’OSCE/BIDDH et par la Commission de Venise à partir des observations faites par M. Krennerich.[7] Ces observations faisaient suite à la résolution 1320 (2003) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui invitait la Commission de Venise à formuler des avis sur les possibles améliorations de la législation et des pratiques en vigueur dans certains États membres ou pays candidats.[8] La Commission a transmis les Recommandations conjointes aux autorités arméniennes. Les Recommandations conjointes identifiaient les points les plus « problématiques » de la législation électorale arménienne et faisaient des suggestions tant sur le cadre juridique qu’administratif des élections.[9] Les Recommandations conjointes énuméraient un certain nombre de points à amender ; entre autres, la composition déséquilibrée des commissions électorales (il faudrait accroître leur indépendance, leur impartialité et la représentativité de leurs décisions) ; le redécoupage des circonscriptions électorales (la procédure utilisée devrait être plus précise, transparente et autoriser un écart maximal de seulement 10 à 15 % dans le nombre d’électeurs entre les circonscriptions et, enfin, celles-ci devraient-être établies 180 jours avant l’élection) ; la date limite pour nommer la Commission électorale centrale après les élections ; la garantie des droits des observateurs et des votes par procuration, ainsi que l’affichage des résultats dans les bureaux de vote. En janvier 2004, le BIDDH et la Commission de Venise ont rencontré les autorités arméniennes pour discuter de la mise en œuvre des recommandations et d’un renforcement de la coopération. e. Séminaires, conférences et ateliers En octobre 2003 a eu lieu la 8e Conférence internationale d’Erevan, sur le thème des critères de base des restrictions aux droits de l'homme dans la pratique de la justice constitutionnelle. Les orateurs ont présenté les tendances majeures de leur jurisprudence constitutionnelle eu égard aux restrictions des droits de l’homme. Cette présentation a permis aux juges et présidents de cour présents d’échanger des informations sur leurs expériences et leur jurisprudence dans ce domaine, ainsi que d’apprécier toute la série des problèmes auxquels les cours constitutionnelles se trouvaient confrontées. La discussion a porté sur la liberté d’expression et de conscience, ainsi que sur le droit à la propriété. Les présentations faites à la conférence seront publiées par la Cour constitutionnelle arménienne, avec le concours de la Commission de Venise. 3. azerbaijan[10] a. Législation et administration électorales La coopération entre l’Azerbaïdjan et la Commission de Venise en matière électorale, déjà amorcée en 2000, s’est poursuivie en 2003. En 2002, le Bureau des Institutions démocratiques et des Droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE (l’OSCE/BIDDH) et la Commission de Venise avaient adopté deux évaluations conjointes[11] sur deux versions différentes du projet de code électoral et les avaient soumises aux autorités azéries pour examen. Certaines recommandations avaient été mises en œuvre, mais le code électoral demandait encore à être amélioré. L’OSCE/BIDDH et la Commission de Venise ont dressé une liste des principales recommandations en vue d’une réunion sur le projet de code électoral les 13 et 14 février 2003 à Strasbourg. A l’issue de la réunion avec les rédacteurs azéris du code, les 26 et 27 février 2003, un récapitulatif des principales recommandations à mettre en œuvre a été préparé. En février 2003, le Secrétariat de la Commission de Venise s’est fait représenter à une « Conférence scientifique pratique » sur le projet de code électoral. Cette conférence, organisée à Bakou, a permis d’informer le public sur le projet de code et sur la position des autorités, de l’opposition et des experts internationaux. Lors de sa session de mars, la Commission a adopté officiellement les principales propositions d’amendement au projet de code électoral d’Azerbaïdjan et décidé de les transmettre aux autorités azéries. Ces recommandations ont mis en lumière les principaux points du projet de code électoral qui méritent une révision. Elles ont souligné, en particulier, la nécessité de modifier la composition des commissions électorales, de garantir des mesures concrètes contre la fraude électorale (par exemple, encrer les doigts des électeurs), de clarifier les questions relatives aux voies de recours et de garantir la proportionnalité des sanctions. Elles ont mis aussi l’accent sur la nécessité de davantage simplifier le code. Le code électoral, adopté par le parlement national (Milli Majlis) le 27 mai 2003, régissait la conduite des référendums et des élections parlementaires, présidentielles et municipales. Depuis la publication du premier projet, le code électoral a subi des modifications substantielles, en partie pour satisfaire aux recommandations et suggestions de l’OSCE/BIDDH et de la Commission de Venise et d’autres organisations. En septembre 2003, la Commission de Venise a organisé un atelier de formation électorale en partenariat avec la Commission électorale centrale d’Azerbaïdjan, le Bureau du représentant du Secrétaire Général à Bakou, ainsi que la Direction générale des Affaires juridiques et la Direction générale des Droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Les participants étaient composés de représentants d’organisations non gouvernementales, de partis politiques et des médias, ainsi que des membres de la Commission électorale centrale, de commissions secondaires et des juges électoraux. La participation des partis et des candidats d’opposition n’a pas été très élevée. Le séminaire a examiné de multiples thèmes : candidats, électeurs, campagnes électorales, jour des élections, décompte des voix, déclaration des résultats et contentieux électoraux. Lors de sa session d’octobre, la Commission de Venise a adopté l’Avis conjoint final sur le code électoral de la République d’Azerbaïdjan, élaboré par l’OSCE/BIDDH et par la Commission de Venise à partir des observations faites par MM. Georg Nolte, Eugenio Polizzi, Joe Middleton et Rumen Maleev. Cette évaluation a déclaré que la mise en œuvre d’un grand nombre des recommandations a montré la volonté des autorités d’aligner le code sur les normes internationales et les bonnes pratiques. Une large majorité des recommandations concernant l’enregistrement des candidats a été mise à exécution. Quant à l’enregistrement des électeurs, la recommandation de réduire leur nombre à 1500 par bureau de vote a été suivie. Pour les campagnes électorales et leur financement, le code prévoit un arsenal complet de dispositions qui en couvrent tous les aspects, y compris l’égalité d’accès aux médias et les interdictions sur leur utilisation abusive. En ce qui concerne la justification du financement, les règles prévues par le code sont très ambitieuses – certaines, d’ailleurs, peut-être trop. De nombreuses mesures ont été intégrées au code en vue de renforcer la transparence le jour des élections : l’utilisation d’urnes transparentes, le renforcement de la sécurité (par exemple, urnes mobiles et comptage des bulletins de vote), la publication des résultats par circonscription sous 48 heures après l’élection et, dans les bureaux de vote, l’interdiction d’accès aux personnes autres que les électeurs, les membres de la commission, les observateurs accrédités et la police le jour des élections. Néanmoins, il reste regrettable que la disposition sur l’encrage des doigts des électeurs n’ait pas été adoptée, car c’est une solution efficace pour éviter les votes multiples. Certaines recommandations non prises en compte sont à envisager par les autorités dans les futures révisions législatives. Parmi les plus importantes, on peut mentionner : Premièrement, en ce qui concerne la composition des commissions électorales, l’objectif – arriver à des décisions consensuelles – n’a pas été atteint : la majorité parlementaire exerce un contrôle absolu sur la composition de l’administration électorale. Le code préserve effectivement les arrangements antérieurs, pourtant objet de sévères critiques par le passé. La solution provisoire (applicable jusqu’en 2005) adopte certaines des suggestions émises dans un projet de modèle proposé par l’OSCE/BIDDH et par la Commission de Venise. Toutefois, contrairement au projet de modèle, cette solution semble donner le contrôle des commissions à l’actuelle majorité parlementaire. Deuxièmement, si les règles stipulées par le code électoral sur l’observation des élections n’ont pas posé problème, il n’en a pas été de même de l’interdiction mentionnée, dans un autre texte, sur l’observation par les ONG recevant un financement de l’étranger. Cette clause enfreint le paragraphe 10.4 du document de Copenhague (OSCE, 1990). Troisièmement, les procédures de recours ne semblent pas suffisamment efficaces. Malgré les améliorations apportées au système des plaintes, la procédure reste longue : le plaignant doit commencer par déposer sa plainte devant la commission de circonscription, puis un appel devant la commission territoriale, puis un appel devant la CEC. C’est seulement une fois la plainte rejetée par la CEC que le plaignant peut s’adresser à une cour (Cour d’appel). Le code devrait assurer un accès direct à une cour pour garantir une protection efficace et rapide des droits électoraux. Quatrièmement, bien que les rédacteurs aient abrégé le code électoral, il reste encore très long, lourd et complexe. Son utilisation par les fonctionnaires électoraux, les candidats et les plaignants potentiels pourrait s’avérer difficile. Aussi les autorités devraient-elles publier des résumés concis du code électoral. La Commission a rappelé qu’une législation électorale, même si elle respecte les normes internationales, offrait un intérêt limité sans une réelle mise en oeuvre. Ce point s’est malheureusement une fois de plus vérifié lors des élections présidentielles en Azerbaïdjan, le 15 octobre. b. Projet de loi sur la Cour constitutionnelle En réponse aux observations faites par la Commission de Venise en 2001 dans un avis sur le projet de loi relatif à la Cour constitutionnelle d’Azerbaïdjan, un projet de loi révisé a été élaboré en tenant compte de certaines des recommandations émises. La Commission a adopté un avis sur ce projet de loi révisé en 2002.[12] La nouvelle loi a été adoptée par le Parlement national (Milli Mejlis) le 23 décembre 2003. Conformément aux recommandations de la Commission, la nouvelle loi permet, entre autres, aux citoyens de faire appel directement à la Cour constitutionnelle. Elle donne aussi aux autres Cours et à l’Ombudsman la possibilité de porter des questions ou des affaires devant la Cour constitutionnelle. c. Séminaires, conférences et ateliers A l’occasion du 5e anniversaire de la Cour constitutionnelle d’Azerbaïdjan, un séminaire sur le rôle de la Cour constitutionnelle dans la protection des valeurs démocratiques a eu lieu à Bakou en juillet 2003. Y ont participé huit Cours constitutionnelles, la CEDH, des membres de la Commission de Venise et son Secrétariat, ainsi qu’une cinquantaine de personnes issues de toutes les structures nationales azéries et des couches de la magistrature nationale. Outre les fonctions ordinaires des cours constitutionnelles en ce qui concerne la protection des valeurs démocratiques (par exemple, décider de l’admissibilité des référendums ou de la suppression des partis politiques dans certains pays), les débats ont porté sur la position de la Cour constitutionnelle dans le système des institutions démocratiques en qualité de gardienne de la constitution et, en particulier, sur son rôle dans la protection des droits de l’homme. Le séminaire a bénéficié d’une importante couverture médiatique et les actes de la conférence seront traduits et publiés par la Cour constitutionnelle avec le concours de la Commission de Venise, de l’Agence allemande de coopération technique (GTZ) et d’ABA-CEELI (American Bar Association Central and Eastern European Law Initiative). 4. belarus[13] a. Projet de loi sur l’Assemblée nationale de la république du Bélarus Lors de sa session d’octobre, les autorités du Bélarus ayant indiqué à la Commission de Venise que ses avis et propositions feraient l’objet d’un examen attentif, elle a adopté un avis concernant le projet de loi sur l’Assemblée nationale. Cet avis a été rédigé à la demande des autorités du pays et à partir des observations faites par MM. O. Dutheillet de Lamothe, G. Malinverni et L. Omari. Les conclusions mentionnées dans l’avis peuvent se résumer comme suit. Premièrement, dans la mesure où la rédaction du projet de loi s’appuie sur la Constitution de 1994 de la république du Bélarus, telle qu’amendée par référendum le 27 novembre 1996, la Commission de Venise n’a pu que réitérer les critiques déjà émises dans son avis adopté les 15 et 16 novembre 1996.[14] Deuxièmement, le projet de loi ne se contente pas de renforcer la tendance déjà constatée à concentrer les pouvoirs dans les mains du Président de la République ; elle prévoit aussi, avec force détails, l’intervention de la présidence et de l’exécutif à tous les stades de l’existence, de l’exercice et de l’élaboration de la loi. Troisièmement, outre sauvegarder un pouvoir exécutif et un Président de la République dont la présence – et le pouvoir – s’étend, en particulier, à tous les domaines de la vie parlementaire, la loi sert aussi à sérieusement réduire non seulement l’autonomie du corps législatif, mais également ses compétences et ses activités. Quatrièmement, la présence de dispositions supplémentaires qui bravent les notions traditionnelles de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) montre le peu d’attention portée aux règles fondamentales de la démocratie qui font partie du patrimoine constitution européen. Enfin, d’un point de vue technique, la Commission a estimé que le caractère trop long et, par moments, excessivement détaillé du projet ne favorisait pas la clarté. Il conviendrait d’éviter la répétition des dispositions constitutionnelles et les références à celles-ci. Quant aux détails organisationnels des activités menées par les Chambres, il serait préférable qu’ils soient traités par les Chambres elles-mêmes, dans leurs règles de procédure. b. Coopération entre la Commission de Venise et la Cour constitutionnelle du Bélarus La coopération entre la Commission de Venise et la Cour constitutionnelle du Bélarus avait été suspendue à la suite du référendum constitutionnel de 1996. A la demande de la Conférence des Cours constitutionnelles européennes invitant la Commission de Venise à reprendre la coopération avec la Cour constitutionnelle du Bélarus et à présenter un rapport à ce sujet à la lumière d’une requête d’adhésion de la Cour à la Conférence, la Commission de Venise a envoyé une délégation au Bélarus et y a organise une conférence en juin 2003. Cette visite a lieu peu après que le Bélarus a soumis les projets de loi sur le Parlement et sur l’ombudsman à la Commission de Venise pour avis. Lors de la conférence sur le renforcement des principes d’un État démocratique régi par la loi en république du Bélarus par le biais d’un contrôle constitutionnel, la délégation a présenté, entre autres, un rapport critique sur la séparation des pouvoirs, rapport qui a suscité de vifs débats. La délégation a pris note que, même si la Constitution et la Loi sur la Cour constitutionnelle prévoyaient uniquement les appels émanant d’instances officielles – par exemple, le Président de la République, le Parlement ou le Gouvernement –, la Cour constitutionnelle avait de fait étendu sa juridiction pour autoriser aussi les appels provenant d’individus. La Cour a fondé cette extension – et la jurisprudence qui en a résulté en matière de droits de l’homme –, entre autres, sur des articles de la Constitution, qui prévoyaient que les individus pouvaient présenter une requête auprès de n’importe quelle instance officielle, y compris les Cours. Dans ses entretiens avec les autorités publiques, la délégation a insisté sur le fait que toute coopération ne peut intervenir que sur la base de questions concrètes. Face à l’attitude ouverte de certains de ses interlocuteurs, la délégation a conclu que les instances disposées à progresser sur la voie de la démocratisation (la Cour constitutionnelle, par exemple) devraient être encouragées et aidées. La Commission de Venise a rendu compte de la visite à la Conférence des Cours constitutionnelles européennes. 5. bosnie-herzegovine[15] a. Projet de loi-cadre sur l’enseignement supérieur Les autorités de Bosnie-Herzégovine ont demandé à la Commission de Venise de préparer un avis sur les problèmes constitutionnels suscités par la répartition des responsabilités d’enseignement dans la Fédération. Cette répartition est, en effet, un obstacle juridique à la soumission du projet de loi sur l’enseignement supérieur – projet élaboré au niveau de l’État – aux autorités législatives de Bosnie-Herzégovine. Lors de sa session d’octobre, la Commission a adopté l’avis sur le Transfert de responsabilités dans le domaine de l’enseignement supérieur en Fédération de Bosnie-Herzégovine, avis élaboré à partir des observations faites par M. Jean-Claude Scholsem [CDL-AD (2003) 17]. Après avoir fait le bilan des problèmes internes liés à l’attribution des responsabilités d’enseignement en Fédération de
Bosnie-Herzégovine, l’avis a examiné la manière la plus adéquate de les
résoudre. L’avis pourrait se résumer
comme suit.
Premièrement, conformément à la
Constitution actuelle de la Fédération, l’enseignement supérieur est du ressort
des cantons. Deuxièmement, quoiqu’elle représente un processus lourd, la révision de la
Constitution de la Fédération est à recommander afin d’établir la responsabilité de la Fédération pour l’enseignement
supérieur de manière claire, univoque et irréversible. Troisièmement, si d’un point de vue juridique, il est
également envisageable que les cantons opèrent un transfert des compétences, il
faudrait que les dix cantons agissent à l’unisson de manière rigoureusement
identique, et cela même pourrait bien être jugé réversible. Enfin, quelle que soit la méthode choisie, il convient
de porter une attention toute particulière aux aspects financiers du transfert
des responsabilités. En effet, l’enseignement représentant un point
important du budget, résoudre la question des responsabilités
dans ce domaine (ou, une partie de ce domaine, telle que l’enseignement
supérieur) sans, dans le même temps, en résoudre les aspects financiers
risquerait de conduire à une situation chaotique.
M. Arnaut, chef de Cabinet auprès du
ministère des Affaires civiles en Bosnie-Herzégovine, était présent à la
réunion. Il a approuvé le fait que le transfert de compétences par les divers
cantons n’offrait pas de garantie juridique suffisante et que la solution de
loin la meilleure serait de modifier la constitution. Il restera, cependant, difficile de garantir que les
moyens financiers requis seront transférés à la Fédération en même temps que
les compétences.
Depuis déjà
plusieurs années, la Commission a préconisé une fusion entre la Chambre des
droits de l’homme et la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine. Le Secrétariat a informé
lors de la session d’octobre qu’un accord entre l’État et les deux entités avait été
conclu en vertu duquel le mandat de la Chambre prendrait fin le
31 décembre 2003. Une commission spéciale des droits de l’homme,
composée d’anciens juges de la Chambre, devrait être établie au sein de la Cour
constitutionnelle pour traiter les affaires pendantes. Sans être véritablement
une fusion, cette solution reprend toutefois des éléments de la proposition de
la Commission de Venise.
En réponse à la demande d’aide adressée
par le ministre bulgare de la Justice à la Commission de Venise pour la réforme du Chapitre VI de
la Constitution bulgare traitant du pouvoir judiciaire[17],
une délégation de la Commission a tenu, du 18 au 20 mai 2003 à Sofia, une
série de réunions avec les autorités bulgares afin d’identifier des étapes
possibles dans la réforme judiciaire en Bulgarie.
Lors de la session de juin, le ministre
bulgare de la Justice a présenté la stratégie et le plan d’action applicables à
la réforme du pouvoir judiciaire en Bulgarie. Etant donné
l’improbabilité de l’élection d’un corps constituant (la Grande Assemblée
nationale) en Bulgarie, la portée de la réforme constitutionnelle reste limitée à ce qui relève de
la compétence de la législation ordinaire et des changements constitutionnels ne nécessitant pas l’élection d’une
Grande Assemblée nationale.
Lors de cette session, la Commission de Venise a pris note du mémorandum sur la
réforme du système judiciaire en
Bulgarie, a procédé à un amendement et a approuvé les conclusions, qui peuvent
se résumer comme suit.
En Bulgarie, une idée largement répandue
est que le pouvoir judiciaire n’a pas été à la hauteur dans la lutte contre la
criminalité, en particulier le crime organisé et la corruption, notamment celle
qui mine le pouvoir judiciaire même. Principale question examinée : comment responsabiliser le pouvoir
judiciaire tout en le préservant des interférences abusives des pouvoirs
exécutif et législatif. A la suite des
réunions tenues en mai, la délégation a identifie ces principaux
résultats :
i. Les
magistrats (juges, procureurs et juges d’instruction) ne doivent pas jouir
d’une immunité générale telle que le prévoit la Constitution bulgare, mais ils
devraient être protégés des actions civiles en justice intentées en toute bonne
foi dans le cours de leurs fonctions.
ii. Un point incontestable et important consiste à
renforcer l’aide administrative en faveur du système des tribunaux :
la formation des juges et le budget des
tribunaux doit rester sous contrôle du pouvoir judiciaire.
iii. Toute action intentée pour révoquer des juges
incompétents ou corrompus doit satisfaire aux exigences établies par le
principe de l’inamovibilité des juges, afin de protéger leur indépendance et de
dépolitiser ce type d’action. Pour ce
faire, un moyen consisterait à faire appel à une petite instance spécialisée,
composée exclusivement de juges, pour donner un avis sur la capacité ou le
comportement des juges concernés avant qu’un organe indépendant ne prenne une
décision finale.
iv. La question essentielle en matière d’instruction est
son efficacité. Une formation adéquate
des juges d’instruction, qu’ils fassent partie du pouvoir judiciaire ou de la
police, est jugée essentielle au succès de la lutte contre la criminalité.
v. La
délégation a réitéré la proposition de la Commission de dépolitiser le Conseil
supérieur de la magistrature en faisant élire la composante parlementaire du
Conseil à la majorité qualifiée.
vi. En ce qui concerne les procureurs, il n’existe pas de
modèle uniforme en Europe. Dans certains
pays, ils font partie du pouvoir judiciaire, ailleurs, de l’exécutif. Certains pays
possèdent un système centralisé où le procureur général est responsable de toutes
les actions en justice ; dans d’autres pays, chaque procureur est
autonome. Il est important de respecter le paragraphe 10 de
la Recommandation (2000) 19 Recommendation
(2000) 19
du Conseil de l’Europe.
Etant donné la nécessité de clore le
chapitre judiciaire lors de la négociation de l’entrée de la Bulgarie dans
l’Union européenne, le ministre bulgare de la Justice a sollicité à nouveau, en
août 2003, l’avis de la Commission de Venise sur le projet de loi visant à amender et augmenter la
Constitution de la Bulgarie.
Lors de sa session d’octobre, la Commission de Venise a adopté l’avis sur les amendements constitutionnels réformant le système judiciaire de la Bulgarie, avis élaboré
à partir des observations faites par MM. Sergio Bartole et James Hamilton. Les conclusions peuvent
se résumer comme suit.
Premièrement, les amendements constitutionnels proposés vont dans la bonne
direction ; toutefois, ils ne suffisent pas pour entraîner une réforme
complète du système judiciaire
bulgare. Deuxièmement, alors que les amendements reflètent en partie les
précédentes recommandations de la Commission de Venise (par exemple, l’immunité des juges se
trouve réduite pour les actes non perpétrés dans le cadre d’une fonction
officielle), une recommandation majeure[18]
de la Commission – la dépolitisation du Conseil supérieur de la
magistrature en prévoyant une majorité qualifiée pour l’élection de sa
composante parlementaire – n’a pas été mise en oeuvre. Troisièmement, la
Commission a recommandé que l’appréciation du Conseil supérieur de la
magistrature pour confirmer ou refuser le statut permanent aux magistrats
devrait être limitée par des critères au niveau constitutionnel. Dans tous les cas, cette
procédure doit être réservée aux tribunaux de première instance. Enfin, la Commission a demandé à ce que les membres du
Conseil supérieur de la magistrature ne votent pas pour leurs propres
propositions pour révoquer les magistrats de leurs fonctions.
Selon le ministre de la Justice, les
réunions de Sofia et l’adoption de l’avis ont contribué à relancer le projet de
réforme judiciaire, qui s’était essoufflé à la suite des décisions de la Cour constitutionnelle.
Lors de la session d’octobre, le Secrétariat
a informé la Commission que
l'Assemblée Nationale avait adopté la loi sur le médiateur. La loi prend acte des
observations faites par les rapporteurs de la Commission de Venise [CDL (2001) 33 et 34], malgré quelques
exceptions. Ainsi la proposition d’élire le médiateur par une majorité qualifiée
est-elle exclue.
Dans le cadre d’un processus de suivi
appliqué à la révision et à la mise en application de la loi constitutionnelle sur les droits de l’homme et sur
les libertés et droits des minorités nationales ou ethniques dans la république
de Croatie, lors de sa session de mars, la Commission de Venise a adopté un avis concernant la loi constitutionnelle sur les droits des minorités
nationales en Croatie [CDL-AD (2003) 9], rédigé à partir des observations
faites par MM. Van Dijk et Matscher.
Bien que le texte final de la loi constitutionnelle adoptée le 13 décembre 2002
représentait, à plus d’un titre, une sérieuse amélioration par rapport à de
précédents projets, certains points mériteraient encore clarification. Il conviendrait d’adopter
une législation supplémentaire pour couvrir des questions telles que le statut
des non-citoyens et la protection de la confidentialité de l’identité des
personnes appartenant à des minorités dans le système électoral eu égard à la représentation
proportionnelle des minorités nationales au Parlement et dans les unités
autonomes locales et régionales.
La Commission s’est inquiétée de voir
que les organes représentatifs des minorités nationales n’avaient pas été
convenablement réglementés à tous égards ; par exemple, alors que les
conseils de minorités nationales ont en droit d’être informés sur des questions
d’importance pour ces minorités, ils n’ont pas eu le droit d’être consultés ni
de vérifier la conformité d’une loi générale avec la Constitution devant la
Cour constitutionnelle.
La Commission de Venise a été informée par M. Nick, qui a
participé à l’élaboration de la loi, que la formulation était le fait de
raisons politiques et que les minorités l’approuvaient ; toutefois, il est
nécessaire d’adopter une législation supplémentaire et les autorités croates
sont prêtes à poursuivre leur travail sur les clauses législatives concernées.
Lors de sa session de juin, après
avoir entendu les points de vue de MM. Demetrashvili, Kolbaia et Tordia
sur des questions concernant la Géorgie, la Commission a adopté le projet de
loi sur l’interdiction des organisations et associations extrémistes en
Géorgie, tel qu’énoncé dans le documentCDL-AD(2003)11 rev., élaboré à partir
des observations faites par Mme Flanagan et M. Vogel.
Le projet de loi a été examiné du point
de vue de sa conformité avec la Convention européenne des Droits de l’homme,
avec les lignes directrices émises par le Comité des Ministres sur les droits
de l’homme et la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’avec la décision-cadre de
l’Union européenne relative à la lutte contre le terrorisme. Les « Lignes
directrices sur l’interdiction et la dissolution des partis politiques »[21],
ont été adoptées par la Commission de Venise, et ont fait également l’objet d’un examen. Deux objectifs du texte
on reçu un accueil favorable : l’interdiction
du recours à la force à des fins politiques et la protection de l’ordre
constitutionnel. Toutefois, l’avis
observe que le projet de loi manque de clarté dans sa définition de ce qui peut
être considéré comme « activités extrémistes », et de qui et quelles
activités il vise pour être « prescrit par la loi » en vertu de la
jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme ; par
conséquent, cela accroît le risque de contrôle abusif des partis et associations
politiques. Selon l’avis, il est
souhaitable de mettre le projet de loi en conformité avec les articles 10
et 11 de la Convention européenne car, en l’état, il pourrait s’appliquer non
seulement à des activités inacceptables selon les termes de la Constitution et
de la Convention européenne, mais aussi à des activités acceptables dans une démocratie pluraliste. S’agissant des conditions
de procédure, il convient d’envisager des garanties supplémentaires afin
d’offrir toutes les conditions d’accès à la justice et à un procès équitable.
A la demande de la Commission pour le
respect des obligations et des engagements par les États membres du Conseil de
l’Europe (mise en place par l’Assemblée parlementaire), la Commission de Venise a élaboré un avis concernant le
référendum sur la réduction du nombre de sièges au Parlement de Géorgie,
consultation prévue le 2 novembre 2003, au même moment que les élections
parlementaires. Lors de sa session d’octobre, la Commission a désigné les rapporteurs et,
étant donné l’urgence, les a autorisé à soumettre l’avis à la Commission de
suivi avant la session plénière suivante et aux autorités géorgiennes avant le
2 novembre 2003 ; ce que les rapporteurs ont fait.
Lors de sa session de décembre, la Commission de Venise a pris note de l’avis concernant le
référendum sur la réduction du nombre de sièges au Parlement de Géorgie [CDL (2003) 78], élaboré à partir des observations faites par MM. Zahle et
Bartole. La conclusion de l’avis a été que le référendum sur la réduction du nombre
de sièges au Parlement – consultation prévue le 2 novembre
2003 – pourrait avoir comme effet positif de n’affecter, à la suite des
nécessaires réformes constitutionnelles et législatives, que les élections parlementaires qui
auront lieu en 2007. En revanche, le référendum n’aurait aucune incidence sur
la composition du parlement issu des élections du 2 novembre 2003.
M. Khetsuriani avait exprimé le même avis lors de la session d’octobre.
Lors de sa session de décembre, la Commission de Venise a adopté l’avis concernant le projet de
loi sur la liberté de conscience et les organismes religieux en Géorgie [CDL-AD (2003) 20], élaboré à partir des observations faites par
M. Dimitrijević. L’avis interroge sur la nécessité d’une loi spécifique
pour ces questions, car la liberté de pensée, de conscience et de croyance
devrait être, dans son principe, essentiellement régie par la
Constitution ; or, il peut arriver que des questions liées à des
communautés et organisations religieuses dépendent d’une loi générale sur les
associations. Une telle loi devrait se
conformer à la Convention européenne des droits de l’homme et, par conséquent,
le projet de loi devrait faire l’objet d’amendements et de clarifications.
La procédure prévue par le projet de loi pour
l’enregistrement des organismes religieux est lourde et, dans la pratique, ses
conditions sont difficiles à remplir. Par
ailleurs, l’étendue du contrôle qu’exercerait le ministère de la Justice sur le
statut des organismes religieux soulève des questions, tant en termes de
faisabilité que de désirabilité.
d. Législation et administration électorales
Lors de sa session de juin, la Commission de Venise a pris note des observations faites sur
le Code électoral et sur l’administration électorale en Géorgie
[CDL-EL (2003) 5]. Ces observations ont fait suite à la résolution 1320
(2003) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, invitant la Commission de Venise à formuler des avis sur les possibles
améliorations de la législation et des pratiques en vigueur dans certains États
membres ou pays candidats.[22]
M. Krennerich, expert à la Commission de Venise, a indiqué que, dans ses modifications, le
Code électoral de Géorgie n’avait pas pris en compte un certain nombre
d’observations faites par la Commission dans son avis de 2002 [CDL-AD (2002) 9]. A propos des nouvelles dispositions, il a souligné des lacunes telles que
l’enregistrement des électeurs, l’absence de dispositions claires sur la durée
des campagnes électorales et le manque de mesures de sauvegarde contre les
votes multiples. L’avis aborde également
un certain nombre de problèmes liés à l’administration du processus électoral
et au manque de formation des fonctionnaires électoraux.
Lors de sa session de décembre, la Commission de Venise a adopté les projets d’avis de
MM. Torfason et Krennerich sur le Code électoral unifié de la Géorgie tel
qu’amendé le 14 août 2003 [CDL (2003) 100 et 101] et a chargé le
Secrétariat, à partir de ces avis, d’élaborer un avis consolidé à transmettre
aux autorités géorgiennes.
Le Code électoral unifié constitue le
cadre juridique des élections présidentielles, parlementaires et locales en
Géorgie. Les avis affirment qu’il faut faire une nette distinction entre la
législation électorale et sa mise en application. Le Code électoral de Géorgie, tel qu’amendé en août
2003, est une loi très complète qui fournit, dans son principe, un cadre
juridique adéquat pour des élections démocratiques. De récents amendements
montrent que certaines opinions et observations exprimées par la Commission de Venise sur le code initial ont été prises en
compte. [23] Toutefois, certains points demandent encore à être améliorés
ou/et précisés ; par exemple, ceux concernant la composition des
commissions électorales, les écarts maximum possibles par rapport au taux moyen
d’électeurs inscrits dans chaque circonscription électorale, la réduction du
nombre – trop : 50 000 – des soutiens requis pour poser sa
candidature, la date tardive du retrait des candidats et, enfin, la date limite
autorisée pour la diffusion de la propagande électorale.
Du 22 au 24 septembre 2003, à
Tbilisi, un atelier de formation électorale a été organisé en partenariat avec le ministère des
Affaires étrangères de Géorgie. Cet atelier couvrait
l’intégralité du processus électoral, depuis les questions
pré-électorales (enregistrement des candidats, par exemple) jusqu’à la période
post-électorale, en mettant l’accent sur les contentieux électoraux. Environ 35 personnes ont participé à l’atelier,
notamment des membres d’ONG, des juges de cours suprême et d’instance, des
membres des commissions électorales centrale et régionales. Les médias étaient également présents. Les documents de la Commission de Venise, notamment le « Code de bonne
conduite en matière électorale » et le « Guide pour l'évaluation des
élections », publiés en géorgien, ont été distribués au cours de
l’atelier. Des informations à inclure dans un guide sur le vote ont également été
publiées en géorgien et diffusés auprès des électeurs avec le concours d’ONG.
Juste avant les élections
présidentielles du 4 janvier 2004, la Commission de Venise a organisé, en partenariat avec la
Direction des Affaires politiques, un séminaire
de formation électorale les 18 et 19 décembre à Strasbourg. Le séminaire a porté essentiellement
sur deux thèmes : la transparence du
processus électoral et les contentieux électoraux en Géorgie. Cinq experts ont partagé leur savoir international
avec des participants géorgiens de haut rang, notamment le Président de la Cour
constitutionnelle, le Président de la Cour suprême, des membres de
la Commission électorale centrale et de commissions de circonscription, des
juges de tribunaux d’instance qui traitent les contentieux électoraux et des
responsables d’ONG. Etaient également présentes des personnalités de la république autonome
d’Adjara.
Suite à la participation de la
Commission dans la révision constitutionnelle au Kirghizstan à la fin de l’année 2002 (voir le Rapport
annuel de 2002), M. Kurmanbek Osmonov, Premier Vice-Premier Ministre de la
république kirghiz, a assisté à la session de mars de la Commission. Il a informé la
Commission sur la situation qui règne dans son pays au lendemain du référendum constitutionnel. Il a souligné que, dans
leur majorité, les citoyens sont favorables aux changements constitutionnels.
Il a attiré particulièrement l’attention de la
Commission sur les nouvelles dispositions relatives au Gouvernement, à
l’extension des pouvoirs du nouveau Parlement unicaméral et aux questions liées
aux droits de l’homme. M. Osmonov a
exprimé l'espoir qu'un Gouvernement formé directement par le Parlement se
révélera plus efficace pour mener à bien sa mission en bénéficiant du soutien
de la majorité du corps législatif. Le
Parlement devient unicaméral car c’est sous cette forme, estime-t-on, qu’il
répondra le mieux aux besoins du pays.
A la suite de cette visite, le ministre
des Affaires étrangères de la république du Kirghizstan, M. Askar
Aitmatov, a fait part au Président La Pergola, par lettre du 17 avril
2003, de la volonté de son pays d’adhérer à l’Accord élargi de la Commission de Venise. Le 4 décembre 2003, le Comité des Ministres a
invité le Kirghizstan à devenir membre de l’Accord élargi.
Lors de la session de mars,
M. Bartole a présenté ses observations concernant le projet de loi sur les
amendements à la loi sur les minorités nationales en Lituanie. Il a été invité à fournir
un avis écrit, que le Secrétariat sera chargé de diffuser en vue de son
adoption par procédure écrite.
Cet avis, élaboré à partir des
observations faites par MM. Bartole et Van Dijk et en coopération
avec le Secrétariat de la Convention-cadre sur les minorités nationales, peut
se résumer comme suit.
Le projet de loi constitue une étape
importante, mais certaines de ses dispositions restent à modifier. En général, la
législation doit être plus spécifique quant à la portée des droits exprimés
pour les minorités et aux garanties de leur exercice effectif. Plus précisément, la protection que le projet de loi
assure aux citoyens lituaniens en termes de libertés et de droits politiques,
économiques et sociaux, doit être étendue aux personnes relevant de la
juridiction lituanienne, qui appartiennent à une minorité nationale mais ne
sont pas citoyens. Il convient de définir
des critères clairs et précis quant au droit d’une personne à échanger des
informations avec les autorités administratives dans une langue minoritaire.
Une définition claire s’impose pour les termes
« les secteurs habités par des personnes appartenant à une minorité
nationale », « substantiel » ou « petits nombres »,
car ils déterminent le droit à l’éducation dans la langue de la minorité
concernée. Des dispositions doivent
garantir une représentation proportionnelle dans les instances nationales.
A l’occasion du 10e anniversaire
de la Cour constitutionnelle
lituanienne, celle-ci a organisé, en coopération avec la Commission de Venise, un séminaire intitulé « La
justice constitutionnelle et l’État de droit » (4 et
5 septembre, Vilnius). Le Président de la République, le Président du
Parlement, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères ont
assisté à la conférence. Parmi les
participants, citons le Président de la CEDH, la CEJ et les présidents et juges
d’environ 25 Cours constitutionnelles ou tribunaux équivalents.
L’objectif de la conférence était
d’analyser les tendances actuelles de la justice constitutionnelle et leur influence sur la doctrine
de l’État de
droit. Les présentations faites à la conférence ont donné lieu à un important
débat comparatif sur l’évolution de la justice constitutionnelle. Les cours participantes
ont échangé des informations sur les récents cas de jurisprudence et sur
l’actualité constitutionnelle dans leurs pays respectifs et au niveau international.
Les actes de la conférence seront
publiés par la Cour constitutionnelle avec le concours de la Commission de Venise.
a. Travaux sur la nouvelle Constitution
Le
9 février 2003, M. Voronin, Président de Moldova, a proposé la
création d’une Commission constitutionnelle mixte, composée de représentants de la Moldova et de la
Transnistrie. Cette
Commission aura pour mission de rédiger une nouvelle constitution fédérale pour
la Moldova afin de régler le problème de la Transnistrie. Au sein de cette Commission constitutionnelle mixte,
les médiateurs, l’OSCE, la Russie et l’Ukraine, ainsi que la Commission de
Venise, ont reçu le statut d’observateur. Lors de sa session de mars, l’Ambassadeur Tulbure, Représentant permanent de Moldova auprès du
Conseil de l’Europe, a informé la Commission de l’initiative prise par le
Président et souligne l’intérêt de la Moldova à coopérer avec la Commission de
Venise. En avril 2003, le Parlement de la
république de Moldova et le Soviet suprême de Transnistrie ont approuvé tous
deux un protocole établissant la Commission constitutionnelle mixte.
Un séminaire sur le fédéralisme,
organisé par l’Assemblée parlementaire de l’OSCE les 12 et 13 mai 2003, à Chisinau et à
Tiraspol, a offert l’occasion d’un premier échange de vues. Après le séminaire, les
représentants de la Commission de Venise et du Conseil de l’Union européenne ont rencontré les
délégations des deux parties de la Commission constitutionnelle mixte pour examiner les points
essentiels de la structure du futur État.
En raison de désaccords, la première
réunion de la Commission constitutionnelle mixte n’a eu lieu qu’en juin 2003. Les parties se sont
accordées sur les règles de procédure, ont échangé des documents soulignant les
positions respectives et ont commencé à travailler sur le chapitre des droits
de l’homme de la future Constitution.
Dans le cadre d’un séminaire organisé
par la Mission de l’OSCE en Moldova du 21 au 24 juillet 2003, une
délégation de la Commission de Venise, composée de MM. Malinverni, Scholsem et Tuori, a
échangé des vues sur les principaux points avec les deux parties, séparément et
ensemble. Des experts de l’Union européenne, de la Russie et de l’Ukraine ont
participé aussi à ces réunions. Au cours
du séminaire « Conflits gelés en Europe » organisé par le Conseil de
l’Europe à Chisinau, les 11 et 12 septembre 2003, un représentant de la Commission de Venise a rendu rend compte de l’état des
négociations.
Un autre séminaire organisé par l’Assemblée
parlementaire de l’OSCE,
les 29 et 30 septembre, sur la répartition des pouvoirs dans un système fédéral, a offert à nouveau la
possibilité d’un échange de vues. Après le séminaire, des experts de la Commission et de
l’Union européenne ont examinié avec la Commission constitutionnelle mixte le projet de chapitre
consacré aux droits de l’homme, et la Commission de Venise a apporté des observations écrites sur
le projet le 13 octobre 2003.
En 2003, à la demande du Secrétaire
Général, la Commission de Venise a poursuivi les travaux qu’elle a entamés en 2002 sur la loi
électorale de la république de Moldova.
Les observations sur la loi électorale
de la république de Moldova, faites par MM. Richard Rose et Kåre Vollan,
ont été approuvées par la Commission de Venise lors de sa session de décembre 2002.[26]
Bien que les experts aient reconnu que, dans l’ensemble, l’unification de toute
la législation électorale était une initiative opportune, ils ont conclu que la
loi comportait encore de nombreux points préoccupants. Il y a, entre autres,
nécessité – prioritaire selon eux – d’abaisser le seuil requis pour
être représenté au Parlement. En outre,
il est nécessaire de changer la circonscription unique du pays en un système de circonscriptions locales, afin
d’obtenir des minorités géographiquement concentrées jouissant d’une réelle
chance de représentation.
Comme l’autorise la Commission lors de
cette session, le Secrétariat a préparé un avis consolidé[27]
à partir de ces observations et, après approbation par les rapporteurs, l’a
soumis au Secrétaire Général en janvier 2003.
Lors de sa session de mars, la Commission a adopté
un avis sur les
amendements proposés pour la loi sur les partis et autres organisations
socio-politiques de la république de Moldova [CDL-AD (2003) 8], avis
élaboré à partir des observations faites par M. James Hamilton. A noter que l’amendement
soumis à examen a été transmis au Parlement de Moldova en décembre 2002 et que
l’avis a été adopté en mars 2003.
La loi présente ces trois grandes
caractéristiques : contrôle annuel des listes de partis politiques et
d’organisations socio-politiques par le ministère de la Justice quant aux
conditions numéraires et domiciliaires minimales à remplir par les membres
(5 000 membres, dont au moins 600 domiciliés dans chacune d’au moins la
moitié des unités administratives et territoriales définies par la loi) ;
nécessité d'avoir des subdivisions structurelles des partis politiques et des
organisations socio-politiques dans la moitié des régions du pays ; et,
enfin, pouvoir du ministère de la Justice de demander aux juridictions de
dissoudre tout parti politique ou toute organisation socio-politique ne
répondant pas aux critères imposés.
L’avis indique que la teneur de ces
trois caractéristiques ne semble pas compatible avec l’article 11 de la
Convention européenne des droits de l’homme. Par exemple, comme l’a
déjà souligné la Commission de Venise dans un précédent avis[28]
, le seuil de 5 000 membres pour l’enregistrement d’un parti, trop
élevé, ne s’impose pas dans une société démocratique. En outre, la loi ne
résout pas la question de la création de partis au niveau local. Les partis à siège local ou régional sont une
caractéristique de nombreuses démocraties, et il ne paraît pas nécessaire, dans
une société démocratique, d’empêcher les partis organisés à l’échelon local ou
régional de se présenter aux élections locales – par exemple, dans le cas
de la Moldova, en
Gagaouzie.
Dans l’avis, il est souligné que même si
de nouvelles exigences s’imposaient en soi et se justifiaient sur le plan législatif, la façon
dont la loi a été introduite, la veille d’une élection, n’est pas compatible avec l’article 11 de la
Convention européenne des droits de l’homme : les partis politiques ne
disposaient que de quelques semaines pour se conformer aux nouvelles
obligations s’ils ne voulaient pas perdre le droit de se présenter à une
élection prévue dans plusieurs mois.
L’avis conclut que, tant par sa teneur
que par les brefs délais de son introduction, la nouvelle loi est incompatible
avec l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme et ne
peut être jugée nécessaire dans une société démocratique. De surcroît, elle ne suit
pas les lignes directrices adoptées par la Commission de Venise[29] sur l’interdiction et la dissolution
des partis politiques et questions analogues.
La loi crée potentiellement un grave
obstacle à la tenue d’élections libres et équitables.
A l’époque où l’avis avait été adopté,
les autorités moldaves avaient réaffirmé leur engagement en faveur d’une
coopération avec la Commission de Venise, précisant qu’elles suivraient les avis donnés sur tous les
points législatifs examinés par la Commission.
Lors de sa
session d’octobre, la Commission a pris note des observations fournies par
MM. Grabenwarter et Hamilton[30]
sur le concept de politique étatique des nationalités dans la république de
Moldova. Le
concept avait été élaboré dans le but d'établir un ensemble de principes que la
Moldova appliquera dans des domaines tels que la protection des minorités
nationales, les langues minoritaires et la promotion du caractère multiculturel
de la société moldave. MM. Grabenwarter
et Hamilton ont fait observer que, nonobstant le caractère essentiellement
politique du document, celui-ci conduira à un certain nombre de mesures
législatives. Ils ont relevé une certaine
confusion dans la terminologie utilisée, qui pourrait donner lieu à une
interprétation ambiguë de certaines dispositions du concept. Les rapporteurs ont été surpris de l’intention des
autorités d’« unifier leurs efforts » avec les médias pour promouvoir
la nationalité, estimant que cette action risquait de se traduire par des
pressions inconsidérées autant que malvenues sur les médias. Autre point préoccupant dans le texte du projet :
l’absence de références claires et précises aux
normes régissant les droits de l’homme. Les
deux rapporteurs ont recommandé de faire référence dans le texte à la
Convention européenne des Droits de l’homme et à d’autres instruments
pertinents du Conseil de l’Europe.
La Commission, en coopération avec
le ministère des Affaires étrangères de Moldova et avec le département des
Relations inter-ethniques, a organisé un séminaire UniDem sur la le thème
« Consolidation de l’État et identité nationale » à Chisinau, les 4
et 5 juillet 2003 (voir la section III du présent rapport). Cette activité s’est
inscrite au programme de la Présidence moldave du Comité des Ministres du
Conseil de l’Europe.
La Roumanie a souhaité réviser la
Constitution de 1991 pour deux raisons : d’une part, pour
faciliter l’accession à l’OTAN et à l’Union européenne ; d’autre part,
pour résoudre certains des problèmes observés depuis l’entrée en vigueur de la
Constitution.
A la fin de l’année 2002, les autorités
roumaines avaient demandé à la Commission de Venise de coopérer sur des textes inachevés concernant la réforme
de la Constitution. Lors de sa session de mars, la Commission de Venise a adopté l’avis sur le projet de
révision de la Constitution de la Roumanie (textes inachevés du Comité pour la
révision constitutionnelle) [CDL-AD (2003) 4], élaboré à partir des
observations faites par MM. Batliner, Robert, Constantinesco et Vintró
Castells.
Les principales conclusions mentionnées
dans l’avis peuvent se résumer comme suit. Les minorités nationales
doivent être autorisées à utiliser leur langue dans les procédures judiciaires.
Remplacer l’expression « minorité
nationale » par « communautés nationales minoritaires » risque
de poser problème car les termes sont ambigus et diffèrent du vocabulaire
traditionnel et généralement admis. La
section proposée sur la dissolution du Parlement est ambiguë : il faut soit conserver l’ancien texte, soit se
référer à celui que propose la Commission de Venise dans un
avis adopté en juillet 2002. [32]
Au lieu de sénateurs d’office, le respect du principe démocratique exigerait que la composition du sénat repose entièrement sur la volonté du
peuple. Quant à l’introduction du principe de
subsidiarité dans la Constitution, il pose problème dans la mesure où aucune
définition ne fait l’unanimité : les
pouvoirs des diverses autorités doivent être déterminés par un statut
institutionnel afin d’éviter que les conflits de pouvoirs ne se multiplient.
Par ailleurs, il est nécessaire de lever toute
ambiguïté quant aux autorités militaires et à l’orientation politique dans ce
domaine. Les dispositions actuelles
interdisant l’extradition de citoyens roumains peuvent poser problème si un
mandat d’arrêt européen entre en vigueur.[33] Un remède s’impose à l’encontre des
décisions disciplinaires rendues par le Conseil supérieur de la magistrature. La compétence de la Cour constitutionnelle doit être clarifiée : quels sont les conflits
qu’elle peut traiter et qui peut lancer une procédure de révision constitutionnelle ?
Lors de la session de mars, le ministre
roumain de la Justice a remercié la Commission de Venise pour sa coopération, précisant que la plupart des
suggestions faites par la Commission avaientt été retenues.
Lors de la session d’octobre,
M. Farcas a informe la Commission que la plupart des propositions avancées
par la Commission de Venise[34] avaient été prises en compte dans la
révision constitutionnelle. Le texte révisé a été
adopté par le Parlement en septembre 2003 et approuvé par référendum les
18 et 19 octobre.
Il a ajouté que la révision facilitait
l’affirmation des valeurs communes européennes, en particulier la séparation et
l’équilibre des pouvoirs et l’indépendance de la justice – notamment en ce
qui concernait le rôle et le mode de désignation du Conseil supérieur de la
magistrature. La Cour suprême a été transformée en Cour suprême de cassation et de
justice. Seuls les juges sont compétents
en matière d’arrestation et de perquisition. Le Parlement ne peut plus revenir sur un arrêt de la Cour
constitutionnelle. En outre, un certain
nombre de dispositions visent à permettre l’adhésion de la Roumanie à l’Union
européenne.
En janvier, la Commission a été invitée par le président
de l’Assemblée parlementaire à préparer un avis sur le texte du projet de
Constitution de la République tchétchène qui a été soumis à référendum le 23
mars 2003.
Un premier projet, qui avait été préparé par les rapporteurs de la Commission
en coopération avec les experts nommés par le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux et par la Direction générale des affaires juridiques du Conseil de
l’Europe, avait été discuté à Paris le 3 mars 2003 avec une délégation de la
Fédération de Russie. Le projet soumis à la Commission comprenait un grand
nombre d’amendements résultant de cette discussion.
Dans l’avis adopté par la Commission lors de sa session
de mars, il était indiqué que le projet de Constitution suivait étroitement le
modèle de la Constitution fédérale et réaffirmait sans ambiguïté que la République
tchétchène faisait partie de la Fédération de Russie. Bien que les parties
traitant des droits de l’homme avaient été copiées de la Constitution fédérale,
il y a trois différences réduisant la protection : celles concernant le droit à
la vie, le droit de saisir des instances internationales en matière de droits
de l’homme et une liste de droits de l’homme ne pouvant être restreints en cas
d’urgence. Les pouvoirs de la République dans des domaines comme l’éducation et
la culture auraient dû être explicités plus clairement. Il aurait fallu
accorder plus de place à l’usage officiel de la langue tchétchène. Les pouvoirs
du président semblent exorbitants, entre autres, la nomination par le président
de la moitié des membres de la Commission électorale centrale (qui, selon les
normes internationales, devrait être une instance impartiale) ; son pouvoir
exclusif de soumettre des candidatures pour la nomination du président, du
vice-président et des juges de la Cour constitutionnelle ; et son droit de
dissoudre le parlement s’il adopte un acte normatif qui contredit la
législation fédérale normative ou la Constitution de la République. Ses
pouvoirs de suspendre des actes de l’exécutif, d’opposer son veto à des lois et
de prendre part aux sessions parlementaires posent problème, le dernier pouvoir
étant problématique pour ce qui est de la séparation des pouvoirs. Le projet de
Constitution comporte deux caractéristiques qui sont inhabituelles pour un
système fédéral : le premier est que le président de la Fédération de Russie a
le pouvoir de déposer le président de la République tchétchène ; le deuxième
est que le parlement de la République peut être dissous par une loi fédérale.
Le parlement de la République est relativement faible. Cela ne veut toutefois
pas dire que ce projet de Constitution ne peut contribuer à un règlement futur.
En conclusion, le projet peut devenir une étape supplémentaire conduisant à un
processus accru de délégation des pouvoirs à la République sur la base des
possibilités offertes par la Constitution fédérale.
Avant l’adoption de l’avis, M. Toumanov a tenu à saluer
le travail des rapporteurs et à indiquer qu’il partageait leur point de vue à
de nombreux égards, en particulier, sur les questions de la peine de mort et la
nécessité d’étendre les pouvoirs de la Cour constitutionnelle de la République.
Cependant, il s’est énergiquement inscrit en faux contre d’autres points de vue
exprimés ; il a estimé par exemple que le projet de Constitution de la
Tchétchénie s’appuie sur le modèle russe présidentiel, un modèle qui a déjà été
accepté par la Commission de Venise. En outre, en situation de crise, il est
particulièrement nécessaire d’avoir un président fort.
Le président de l’Assemblée parlementaire a félicité la
Commission pour sa rapidité d’action, qui a été une aide précieuse pour
l’Assemblée. Alors que la Commission a émis ses conclusions en toute
indépendante, celles-ci sont finalement conformes à l’approche préconisée par
l’Assemblée. Il convient de noter que la Commission de Venise a limité son avis
sur le texte du projet de Constitution. Son avis a été pris en compte quand le
Bureau de l’Assemblée a décidé de ne pas envoyer d’observateurs au référendum.
Lors de sa session de mars, la Commission a pris note des
Commentaires sur le projet de loi de la République tchétchène sur les élections
au parlement de la République tchétchène, élaborés par M. Nolte et Mme
Schenkel. En raison des contraintes de temps et du fait que le projet de loi
n’existait qu’en russe, seul cinq des quinze chapitres ont été analysés. Les
dispositions sont assez détaillées et le système est extrêmement réglementé.
Dans certains cas, le droit à la liberté d’expression devrait être prise en
compte et souligné. La complexité des dispositions concernant le financement
des élections peut donner lieu à des violations non intentionnelles du droit
électoral. Le respect de ces dispositions exigerait du personnel, ce qui pourrait
constituer un poids pour les petits partis.
Le premier séminaire qui a eu
lieu dans la Fédération de Russie après son adhésion à la Commission de Venise
s’est tenu les 3-4 octobre 2003 à l’Institut des relations internationales de
Moscou (Université d’Etat) sur le thème « Démocratie directe : le
référendum comme instrument de participation des citoyens à la vie
publique » (voir Partie III du présent rapport).
Le 4 février 2003, la Charte
constitutionnelle de la Serbie-Monténégro a finalement été adoptée. Ce texte
avait été préparé avec une importante contribution de la Commission de Venise.
Son adoption a préparé le terrain pour que l’Union d’Etat devienne membre du
Conseil de l’Europe et, de ce fait, membre à part entière de la Commission de
Venise le 3 avril 2003.
La Charte constitutionnelle de la
Serbie-Monténégro ne contient pas de chapitre sur les droits de l’homme mais se
réfère à cet égard à une Charte séparée sur les droits de l’homme, les droits
des minorités et les libertés civiques Le 6 février 2003, la Commission
constitutionnelle a demandé l’avis de la Commission de Venise sur le projet de
Charte. Les 14 et 15 février, une délégation de la Commission de Venise a pris
part, avec un représentant de la Direction Générale des droits de l’homme du
Conseil de l’Europe, à une table ronde sur l’élaboration de la Charte organisée
par la mission de l’OSCE à Belgrade.
Le rapporteur, M. Helgesen, a présenté ses commentaires
écrits sur le projet de texte. Il a exprimé toute son appréciation pour la
qualité rédactionnelle de la Charte. Ce projet, en plus de tenir pleinement
compte des normes internationales, va bien au-delà. La seule critique qu’on
puisse lui faire est qu’il soit peut-être trop généreux à accorder des droits.
Il a fait d’autres commentaires plus techniques sur la rédaction de plusieurs
articles comme le droit de la propriété. S’agissant des principaux points de
controverse, il a pris une position très claire en soulignant qu’il est
essentiel de prévoir une applicabilité directe de la Charte.
Lors de la session de mars, M. Helgesen a informé la
Commission que la Charte avait été adoptée entre temps et que, comme la
Commission l’avait demandé, elle devait être applicable directement. Un grand
nombre de ses commentaires techniques ont été pris en compte dans le texte
final et il a remercié les auteurs pour leur excellent travail. La Commission a
pris note des commentaires de M. Helgesen.
Lors de sa session de mars, la
Commission a adopté une résolution pour exprimer sa profonde indignation suite
à cet assassinat brutal, et sa conviction que la mort de M. Djindjic est une
perte non seulement pour la Serbie mais aussi pour l’Europe dans son ensemble.
Suite à l’adoption de la Charte
constitutionnelle de la Serbie-Monténégro, les Constitutions des deux Etats
membres doivent être adaptées. En Serbie, l’adoption d’une Constitution
entièrement nouvelle est souhaitable dans la mesure où le texte actuel date de
la période Milosevic. L’Assemblée nationale serbe a mis en place en février
2003 une Commission constitutionnelle avec la tâche de rédiger une nouvelle
Constitution serbe.
Au sein de la Commission
constitutionnelle, le chapitre du projet de Constitution sur le pouvoir
judiciaire s’est révélé particulièrement controversé. La Mission de l’OSCE à
Belgrade a par conséquent pris l’initiative d’inviter les experts de la
Commission de Venise à un atelier sur le pouvoir judiciaire et la nouvelle
Constitution serbe les 25 et 26 septembre 2003. La délégation de la Commission
de Venise a notamment discuté avec les membres de la Commission
constitutionnelle et des représentants du système judiciaire des garanties
constitutionnelles pour l’indépendance du judiciaire, des procédures de
nomination des juges et des procureurs et du rôle du Conseil judiciaire. Il a
été décidé d’intensifier la coopération entre la Commission constitutionnelle
et la Commission de Venise.
Aussi bien le président de la
Commission constitutionnelle, le ministre Batic, que le président de sa
Sous-Commission sur l’organisation territoriale, M. Canak, ont assisté par la
suite à la session d’octobre de la Commission et demandé à nouveau l’assistance
de la Commission de Venise, à commencer par un atelier sur l’organisation
territoriale qui devait avoir lieu fin novembre 2003. Cet atelier a toutefois
été annulé au dernier moment en raison de la dissolution de l’Assemblée
nationale et des élections anticipées en Serbie.
M. Krivokapic, président du parlement
du Monténégro, a informé la Commission lors de sa session de décembre que la
réforme constitutionnelle était également repoussée au Monténégro, en raison
notamment de tensions politiques comme le boycott du parlement par
l’opposition.
A la demande du ministère de la Justice de
l’« Ex-République yougoslave de Macédoine », la Commission de Venise
a préparé un avis sur le projet de loi sur le médiateur (Ombudsman). Cet avis,
sur la base des commentaires de Mme Serra Lopes et tel qu’il a été adopté par
la Commission de Venise lors de sa session de mars, peut être résumé comme
suit.
Le projet de loi est dans l’ensemble un bon projet. Il
doit être considéré à la lumière de la mise en œuvre de l’accord d’Ohrid, qui,
entre autres, prévoyait une institution forte du médiateur. L’avis souligne la
nécessité de considérer le médiateur comme une institution unique et non comme
une institution double avec des médiateurs différents pour la population
majoritaire et les populations minoritaires. Le projet de loi indique que le
médiateur protège les droits constitutionnels et juridiques des citoyens quand
ces droits ont été violés par des organes de l’administration publique et
d’autres instances et organisations ayant des mandats publics. Il est suggéré
que le médiateur soit accessible à toutes les personnes et pas seulement aux
citoyens. La procédure de nomination du médiateur devrait être définie plus
clairement. La liste des qualifications d’un candidat à la fonction de
médiateur devrait inclure l’exigence d’une réputation bien établie en terme
d’intégrité et d’indépendance. Le médiateur agit et prend des mesures pour
protéger une personne de retards abusifs dans les procédures et les actes
judiciaires et administratifs. Il convient ici de préciser quelles sont ces
« mesures ». Il y a aussi des problèmes pour ce qui est de la
capacité du médiateur à se saisir lui-même d’une affaire ou à s’occuper d’une
affaire engagée par un tiers ou d’une affaire où il est très difficile voire
impossible d’obtenir le consentement, sans l’accord des personnes concernées.
La plupart des recommandations faites dans l’avis ont été
suivies ; il subsiste néanmoins des problèmes dans deux domaines : celui des
personnes pouvant recourir au médiateur (uniquement les citoyens) et celui de
la possibilité du médiateur de se saisir d’une affaire contre la volonté de la
personne concernée.
Lors de sa session de mars, la Commission de Venise a
été informée d’une réunion sur les propositions d’amendement à la Constitution
qui s’est tenue à Kiev les 25-26 février entre une délégation de la Commission
de Venise et la Commission parlementaire ad hoc de la Rada suprême de l’Ukraine.
Les trois objectifs de la réforme constitutionnelle étaient la désignation du
gouvernement par le parlement, la création de conditions favorables à une
majorité stable au sein du parlement et la réforme de l’ordre judiciaire. La
délégation a exprimé son inquiétude quant à l’idée avancée par certains
responsables ukrainiens de nommer les juges pour un mandat de 10 ans. La
délégation a eu l’impression que le parlement et l’administration
présidentielle travaillaient séparément sur les amendements constitutionnels.
Mme Stanik a informé la Commission que les autorités ukrainiennes étaient
unanimes quant à la nécessité de mener à bien la réforme constitutionnelle et
qu’une fois que la réaction de la population serait connue (quand le président
de l’Ukraine aura soumis ses propositions à un référendum consultatif
national), les autorités pourraient proposer un ensemble unique de propositions
d’amendements à la Constitution. La Commission a décidé de poursuivre sa
coopération avec les autorités ukrainiennes sur les réformes constitutionnelles
envisagées.
Le 6 mars 2003, le président de
l’Ukraine a soumis un projet de loi avec d’importants amendements à la
Constitution de l’Ukraine à un débat public à l’échelle du pays. La Commission
de suivi de l’Assemblée parlementaire a demandé à la Commission de Venise de
présenter un avis sur ce texte.
Mme Stanik a informé la Commission lors de sa session de
juin que le débat national avait donné lieu à plus de 30.000 amendements. Le
ministère de la Justice a synthétisé les amendements et les propositions reçus
et les a transmis au président de la République pour examen. Au moment de la
session, plusieurs chefs de file de partis et de groupes politiques au sein de
la Verkhovna
Rada ont négocié avec le président
de la République afin d’aboutir à un paquet unique de propositions d’amendement
à la Constitution. Mme Stanik a rappelé la procédure d’adoption des amendements
à la Constitution : dès lors que la Verkhovna Rada a
approuvé un projet de loi sur les amendements en première lecture, ce projet de
loi doit être soumis à l’examen de la Cour constitutionnelle. Une fois que
celle-ci s’est prononcée sur le projet de loi, la Verkhovna Rada peut l’adopter en seconde lecture. Mme Stanik a réitéré
également l’engagement des autorités ukrainiennes d’envoyer la proposition
finale d’amendement à la Constitution de l’Ukraine à la Commission de Venise
dès qu’elle sera prête.
Lors de la même session, M. Tuori a rappelé que la
Commission de suivi de l’Assemblée parlementaire a demandé à la Commission de
Venise de présenter un avis sur le projet de loi de réforme constitutionnelle
de l’Ukraine ». Un avis
a été préparé sur la base des commentaires des rapporteurs sur le projet de loi
portant amendement à la Constitution de l’Ukraine dans sa version du 6 mars
2003, au moment de sa soumission à un débat national. Cet avis et les
commentaires des rapporteurs
ont été transmis aux autorités ukrainiennes. A la lumière des récents
développements intervenus en Ukraine, la Commission a décidé de ne pas adopter
l’avis sur le projet d’amendement du 6 mars 2003, mais de présenter un avis sur
le projet final de proposition d’amendements devant être soumis à la Verkhovna
Rada.
Lors de la session de décembre, la Commission a adopté
l’avis sur les trois projets de loi portant amendement à la Constitution de
l’Ukraine (documentCDL-AD(2003)19, préparé sur la base des commentaires de
M. Bartole, Mme Flanagan, Mme Thorgeirsdottir et M. Tuori). Le président de
l’Ukraine a effectivement soumis une révision de sa proposition en juillet ;
qui fut toutefois remplacée par trois projets de lois émanant de différents
groupes de députés de la Rada qui
avaient été soumis à la Cour constitutionnelle de l’Ukraine. L’avis a porté sur
ces trois projets de lois.
Les trois projets de lois étaient : le premier projet de
loi portant amendement à la Constitution de l’Ukraine, préparé par les députés
A. Matviyenko et autres (n° 3027-1 du 1ier juillet 2003 –CDL(2003)79) ; le deuxième projet de loi portant amendement à la Constitution de
l’Ukraine, préparé par les députés S.B. Havrish et autres (n° 4105, du 4
septembre 2003 –CDL(2003)80) ; et le troisième projet de loi
d’amendements, préparé par les députés S.B. Havrish et autres (n° 4180 du 19
septembre 2003 – CDL (2003) 81).
Il y a eu un échange de vues entre la Commission de
Venise et M. Matvienko et M. Havrysh avant que l’avis ne soit adopté.
L’avis a émis les conclusions suivantes.
La Commission s’est félicitée des efforts déployés en
Ukraine pour réformer le système de gouvernement de manière à rapprocher
l’Ukraine des normes démocratiques européennes ; mais les solutions
précises choisies dans les divers projets ne semblaient pas encore avoir
atteint ce but et présentaient d’autres amendements à la Constitution qui
semblaient marquer un recul.
Le projet de loi n° 3027-1 propose plusieurs amendements
qui vont dans la direction souhaitée de conférer plus de pouvoirs à la Verkhovna
Rada. Toutefois, les dispositions
sur la désignation des membres du gouvernement pourraient conduire à des
conflits entre les organes du pouvoir de l’Etat. D’autres dispositions, comme
celle sur le statut des députés, l’élection des juges et l’extension des
pouvoirs du ministère public sont problématiques
du point de vue des normes démocratiques européennes.
S’agissant
des projets de loi n° 4180 et n° 4105, la proposition d’adopter un système
d’élection indirecte du Chef de l’Etat devrait en principe conduire à
l’établissement d’un système de gouvernement parlementaire. Il est par conséquent
surprenant que ces projets maintiennent des pouvoirs présidentiels plus forts
que ceux prévus par le projet n° 3027-1. La logique d’un système qui divise le
pouvoir exécutif en deux organes, le président et le gouvernement, tous deux
tirant leur légitimité du parlement, n’est pas apparent et semble ne pas
conduire à une gouvernance efficace. En outre, ces projets contiennent des
dispositions problématiques concernant le système judiciaire, le ministère
public et le statut des députés, de même que le projet n° 3027-1.
Concernant certains aspects particuliers des projets, la
Commission a recommandé vivement:
- de veiller à ce que les
dispositions relatives aux députés nationaux ne lient pas un député à
l’adhésion à un parti ou à un groupe parlementaire de manière à porter atteinte
à son mandat libre et indépendant ;
- de retirer l’amendement proposé
sur le mandat limité des juges ; et
- de veiller à la conformité du rôle
et des fonctions du procureur avec les normes européennes.
Lors de sa session de décembre, la Commission a adopté
l’avis de M. Vollan sur le projet de loi sur les élections des députés du
peuple de l’Ukraine (I) : projet soumis par les députés M. Rud’kowsky et V.
Melnychuck (CDL-AD (2004)1) et l’avis de M. Sanchez Navarro sur le projet de
loi sur les élections des députés du peuple de l’Ukraine (I) : projet soumis
par les députés S. Havrysh, Y. Ioffe et H. Dashutin (CDL-AD (2004)2).
Les deux projets suivent la structure générale de la loi
existante, si bien que bon nombre de points soulignés dans l’avis précédent de
la Commission de Venise pourraient être repris.
Les deux projets proposent d’introduire un système exclusivement proportionnel
pour l’élection des députés.
Les recommandations faites par M. Vollan concernant le
premier projet soumis par Rud’kowsky sont les suivantes : un tableau détaillé
des résultats des bureaux de vote doit être rendu public ; un parti ne doit pas
supprimer de sa liste des membres (c.à.d. des suppléants potentiels) après
l’élection ; il doit y avoir moins d’électeurs par bureau de vote si le scrutin
des élections parlementaires et locales a toujours lieu le même jour ; les
dispositions relatives aux commissions électorales doivent veiller à ce que ces
commissions soient équilibrées ; un système plus unifié doit être introduit
pour établir le registre des électeurs – par exemple basé sur des registres
civils régulièrement tenus à jour ; l’introduction d’une réglementation plus
explicite pour lutter contre les contributions en espèces aux campagnes des
partis au moyen de publicités pour la campagne ; l’introduction de dispositions
concernant le moment et les raisons pour lesquelles un candidat peut se retirer
avant une élection ; une révision des dispositions permettant à la CEC
d’annuler l’enregistrement de partis et de candidats de manière à éviter tout
abus potentiel.
Dans son avis, M. Sanchez Navarro a identifié un certain
nombre de points faibles dans le deuxième projet (soumis par M. Havrysh),
notamment : la disparité entre les bureaux de vote s’agissant du nombre
d’électeurs ; le droit d’être élu réservé à des personnes ayant résidé au moins
cinq ans en Ukraine ; l’obligation de constituer les 450 circonscriptions avant
chaque élection ; les dispositions trop détaillées concernant la nomination des
candidats ; et le nombre de voix minimal pour se faire rembourser la caution
électorale qui est trop élevé.
M. Matscher a informé la Commission lors de sa session de
décembre qu’une demande avait été adressée à la Commission pour qu’elle apporte
son expertise concernant deux projets de loi amendant la loi de 1922 sur les
minorités nationales.
D’autres projets de loi similaires avaient été préparés par les autorités
ukrainiennes, et l’on ignorait quel projet de loi allait être examiné en vue de
son adoption. Une réunion devrait avoir lieu à Strasbourg en janvier 2004, lors
de laquelle les autorités ukrainiennes et des experts internationaux, dont M.
Matscher, devraient procéder à un échange de vues sur la compatibilité des
projets de loi avec les obligations découlant de la Convention-cadre pour la
protection des minorités nationales. La Commission a pris note des commentaires
provisoires de M. Matscher sur les projets de loi et a demandé au rapporteur de
préparer un projet d’avis pour sa prochaine session plénière.
En 2003, la Commission a poursuivi son échange de vues
régulier avec ses membres, qui a commencé en 2000, sur les questions
constitutionnelles présentant un intérêt dans leurs pays, l’accent étant mis
sur les pays observateurs. Les points suivants ont été traités :
-
Canada : la
légalisation sur les mariages entre partenaires du même sexe, la nomination des
juges et la loi électorale ;
- Hongrie : les amendements constitutionnels
en vue de l’adhésion à l’UE ;
-
Italie : le
projet de réforme constitutionnelle proposée et la loi sur les médias ;
-
Japon : les
récents développements concernant la possibilité d’abolition future de la peine
capitale ;
-
Corée : les récents
développements dans la péninsule coréenne ;
-
Mexique : les
discussions sur la réforme constitutionnelle ;
-
Slovénie : les
amendements constitutionnels pour faciliter l’adhésion à l’UE et à l’OTAN;
-
Espagne : la
proposition du gouvernement basque d’un nouveau statut pour la région basque ;
-
Royaume-Uni
: la réforme de la Chambre des
Lords et de l’institution du Lord Chancellor, les procédures de nomination
judiciaire, la déclaration de droits pour l’Irlande du Nord et le contrôle
parlementaire de l’exécutif.
III. ETUDES,
RAPPORTS ET SÉMINAIRES DE LA COMMISSION
Si la plus grande partie du travail de la Commission est
spécifique à un pays, la Commission a préparé également, de sa propre
initiative ou à la demande d’instances extérieures comme l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe, des études et des rapports sur des
problèmes d’intérêt général dans les Etats membres et les Etats observateurs.
Dans
le cadre de la préparation de la résolution sur « Les droits des personnes
détenues par les Etats-Unis en Afghanistan ou à Guantanamo Bay »,
la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée
parlementaire a demandé l’avis de la Commission de Venise sur la nécessité
éventuelle d’un développement des Conventions de Genève à la lumière des
nouvelles catégories de combattants qui sont apparues récemment. Les quatre
Conventions de Genève de 1949 et les deux protocoles additionnels de 1977
forment le cœur de la législation humanitaire internationale. Ce secteur de la
législation doit être adapté en tenant compte des nouveaux développements comme
les nouvelles méthodes de guerre, le rôle croissant des acteurs irréguliers et
non étatiques dans les conflits armés, l’augmentation et l’internationalisation
croissante du terrorisme et la lutte mondiale contre le terrorisme suite aux
attentats du 11 septembre 2001. Ces développements posent la question cruciale
de la capacité de la législation humanitaire internationale à traiter d’une
manière adéquate les conflits armés dans leur forme contemporaine.
Réunie
à Venise, pour sa 57ème session plénière, la Commission de Venise a
adopté l’avis sur la nécessité éventuelle d’un développement des Conventions de
Genève.
L’avis est centré sur la question de savoir si les règles de la législation
humanitaire internationale, pour ce qui est de la détention et du traitement
des personnes qui ont été arrêtées sur le champ de bataille d’un conflit armé
international, doivent être révisées à la lumière des nouveaux types de
conflits liés à la lutte contre le terrorisme.
L’avis contient une analyse exhaustive des dispositions
concernées des Conventions de Genève de 1949 (CG III relative au traitement des
prisonniers de guerre et CG IV relative à la protection des civils) et du
premier protocole additionnel relatif à la protection des victimes de conflits
armés internationaux, et de la législation en matière de droits de l’homme. Il
conclut que personne sous le contrôle d’un Etat, quel que soit son statut, ne
peut être privé de la protection juridique de ses droits de l’homme
fondamentaux et inaliénables.
Les forces armées ou les troupes de police des Etats
membres répondant aux exigences de l’article 4 (2) CG III doivent être
considérées comme des prisonniers de guerre et traitées en conséquence. Toutes
les autres personnes, qui sont capturées sur le champ de bataille et qui ne
sont pas des civils, doivent être considérées comme des prisonniers de guerre
et bénéficier de la protection de la CG III tant qu’un tribunal compétent n’en
aura pas décidé autrement, sur la base de l’article 5(2) CG III.
Toutes les personnes civiles qui sont
ressortissantes d’une partie à un conflit armé international, et qui ont
participé activement aux hostilités mais ne répondent pas aux critères pour se
voir accorder le statut de prisonnier de guerre (y compris de ce fait les
combattants « non privilégiés», comme par exemple, les membres suspectés
d’un réseau terroriste international comme Al Qaida), relèvent de la catégorie
des « autres personnes protégées ». Ces personnes bénéficient de la
protection de la CG IV.
Les
personnes, ressortissantes d’un Etat qui n’est pas partie au
conflit et qui ne peuvent donc bénéficier de la protection de la CG IV,
bénéficient des normes de base d’un traitement humain, notamment le droit à un
procès équitable en vertu de la législation internationale telle qu’elle est
définie dans le premier Protocole additionnel et la législation en matière de
droits de l’homme.
Tout en
soulignant l’importance de respecter et d’appliquer les règles existantes de la
législation humanitaire internationale et en matière de droits de l’homme,
l’avis de la Commission a laissé toutefois la porte ouverte au développement
progressif de la législation internationale qui pourrait être rendue nécessaire
pour répondre aux nouvelles menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité
internationales ou pour les anticiper.
A la demande de l’Assemblée
parlementaire, la Commission a préparé un avis sur « Les implications
d’une Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne juridiquement
contraignante sur la protection des droits de l’homme en Europe »
qui a été adoptée lors de la 57ème session plénière (12-13 décembre
2003).
L’avis contient en premier lieu un exposé sur les
développements en matière de protection des droits de l’homme au sein des
Communautés européennes et sur l’extension parallèle de l’examen par la Cour de
Strasbourg des actes et de la législation des institutions communautaires. Il
analyse également l’impact de l’intégration éventuelle de la Charte des droits
fondamentaux de l’UE dans la future Constitution européenne et les relations de
la Charte avec la Convention européenne des droits de l’homme.
Dans son avis, la Commission s’est concentrée sur les
deux principaux risques liés à la Charte des droits de l’Union européenne
juridiquement contraignante : les
divergences de jurisprudence entre la CEJ et la Cour de Strasbourg et le fait
que les tribunaux nationaux doivent choisir entre des décisions divergentes des
deux cours.
Selon l’avis de la Commission, ces risques seraient
considérablement réduits si l’Union européenne ratifiait la Convention
européenne des droits de l’homme. Cette solution serait en effet parfaitement
logique, compte tenu du fait que l’UE évolue vers une structure de type fédéral
: la Charte jouerait le même rôle que les déclarations de droits nationales et
la CEJ le rôle des juridictions nationales les plus élevées. La Cour européenne
des droits de l’homme exercerait un contrôle externe des actes et de la
législation de l’Union de la même façon qu’elle contrôle ceux des 45 Etats
membres, y compris les 15 Etats membres actuels de l’UE. Il serait
effectivement inacceptable que ces Etats, en transférant des pouvoirs à l’Union
européenne, puissent éviter la supervision de la Cour européenne.
La Commission a identifié un certain nombre d’autres
avantages qui pourraient résulter de la ratification de la Convention
européenne par l’Union européenne. En effet, l’Union serait finalement dûment
représentée en cas de procès devant la Cour européenne des droits de l’homme.
En outre, la création de nouvelles lignes de division au sein de l’Europe
serait évitée et la crédibilité des politiques des droits de l’homme de l’UE
serait renforcée.
Certains amendements à la Convention européenne et au
Traité de l’UE seront certainement nécessaires afin de permettre la
ratification. Les organes compétents effectuent déjà les travaux préparatoires
nécessaires, qui doivent être poursuivis.
Selon l’avis de la Commission, il serait utile
d’envisager la possibilité pour la CEJ de s’inspirer des décisions
préliminaires (ou, avant la ratification, des avis consultatifs) de la Cour
européenne des droits de l’homme. Cela servirait à trancher un certain nombre
de requêtes pendantes et de requêtes potentielles à la CEJ.
Depuis
1998, la Commission a été impliquée dans plusieurs questions concernant les
partis politiques. En 1999, elle avait adopté des lignes directrices sur
l’interdiction et la dissolution des partis
politiques et les mesures analogues (CDL-INF (2000) 1) et en 2001 les dignes
directrices sur le financement des partis politiques (CDL-INF (2001) 8).
Considérant l’impact de ces documents et l’intérêt pour la question des partis
politiques montré par les organes statutaires du Conseil de l’Europe ainsi que par
les Etats membres du Conseil de l’Europe (de 1998 à 2002), la Commission
s’était vue demander de présenter des avis sur différents aspects de la
législation sur les partis et les associations publiques en Arménie, Géorgie,
Moldova et Ukraine), la Commission a poursuivi son travail en 2002 et 2003 en
examinant le cadre juridique général des partis politiques dans ses pays
membres. 42 pays ont répondu à un questionnaire rédigé par la Commission à cet
effet.
Les
réponses au questionnaire ont permis à la Commission de rédiger un rapport sur
l’établissement, l’organisation et les activités des partis politiques qui a
été adopté lors de sa 57ème session plénière en décembre 2003.[47] Le
rapport montre que la pratique nationale dans le domaine des partis politiques
diffère d’un pays à l’autre et va d’une réglementation détaillée de leurs
activités par une législation spécifique, à la non-ingérence des pouvoirs
publics dans le processus de création et le fonctionnement des associations
politiques.
La
Commission a souligné qu’il est difficile de proposer un ensemble de
recommandations quant à la meilleure façon de traiter cette question ;
mais elle a demandé à ses rapporteurs de préparer un document, essentiellement
pour indiquer les pratiques et les approches à éviter par les Etats membres. En
prenant cette décision, la Commission s’est basée sur sa vaste expérience dans
le domaine du droit des partis politiques dans plusieurs Etats membres du
Conseil de l’Europe, où un certain nombre d’incompatibilités avec les normes de
l’organisation et plus spécifiquement avec la Convention européenne des droits
de l’homme ont été identifiés. Ces lignes directrices devraient être adoptées
en 2004.
La Commission, en coopération avec le ministère des
Affaires étrangères de Moldova et le département des relations interethniques,
a organisé un séminaire sur « La consolidation de l’Etat et de l’identité
nationale » à Chisinau les 4 – 5 juillet 2003. Cette activité faisait
partie du programme de la présidence moldave du Comité des Ministres du Conseil
de l’Europe. Les sessions de travail se sont tenues au Palais de la République.
Le principal objectif de cette activité était
d’explorer les différents modèles d’Etat multiethnique et la pratique des
autres pays coopérant dans le cadre du Conseil de l’Europe dans ce domaine.
Après la présentation de plusieurs rapports (14), entre autres sur la situation
dans des pays comme la Belgique, le Canada, la Hongrie, la Lettonie, la
Roumanie, la Fédération de Russie, l’Espagne et la Suisse, les participants ont
tenu un débat fructueux sur le thème de l’intégration de certains exemples
positifs dans la politique interne moldave. Cet échange de vues a été
particulièrement important à a lumière du processus de négociation entre
Chisinau et Tiraspol et de la réforme constitutionnelle annoncée visant à la
fédéralisation de la Moldova.
Plus de 100 participants, dont des
représentants du ministère des Affaires étrangères, de la présidence, du
parlement de la Moldova, des professeurs de différentes universités et des ONG,
ont assisté à la séance d’ouverture du séminaire. Des représentants de
Transnistrie, de Gagaouzie et de différentes minorités ethniques et
linguistiques ont également assisté à cet événement. M. Nicolae Dudau, ministre
des Affaires étrangères de la Moldova a félicité les participants et présenté
le discours du président de la République moldave.
Ce séminaire a été largement couvert par les
médias et la plupart des médias moldaves (presse, radio et télévision) ont
couvert l’événement. Les actes seront publiés dans la collection « Science
et technique de la démocratie ».
La
Commission, en coopération avec l’Institut de droit international de
l’Université de Göttingen, a organisé un séminaire sur le constitutionnalisme
européen et américain à Göttingen les 23 et 24 mai 2003. Plus de 80 juristes
constitutionnels ont participé au séminaire.
Le
séminaire s’est concentré sur plusieurs thèmes où l’approche américaine tend à
différer de l’approche européenne.
·
Liberté d’expression ;
·
Dignité humaine ;
·
La fonction de protection de l’Etat ;
·
Justice constitutionnelle ;
·
Démocratie et influences internationales.
Sur chacun
de ces sujets, un spécialiste européen de haut niveau et un spécialiste
américain de haut niveau ont présenté un rapport et deux autres experts,
souvent de pays tiers comme le Canada, le Pérou, l’Afrique du Sud, le Japon, et
Israël, ont apporté d’autres commentaires. Les débats ont été extrêmement
vivants et intéressants. Une tendance croissante à souligner les différences
entre l’approche américaine et l’approche européenne a été remarquée, ce qui ne
fait que renforcer la nécessité d’un dialogue transatlantique.
Les actes
du séminaire seront publiés.
La Commission, en coopération
avec l’Institut de relations internationales de Moscou (MGIMO) et le Centre
d’information du Conseil de l’Europe à Moscou, ont organisé un séminaire sur la
« La démocratie directe : le référendum comme instrument de
participation des citoyens à la vie publique » à Moscou, les 3 – 4 octobre
2003.
Le
principal objectif de cette activité était d’explorer les différentes
expériences d’organisation de référendums en Russie et dans d’autres pays comme
la France, la Suisse et des pays candidats à l’Union européenne. Après la
présentation de plusieurs rapports (9), les participants ont eu une discussion
fructueuse sur le thème des différentes techniques d’organisation de ce type de
scrutin et des nouvelles tendances en Russie et dans d’autres pays européens
dans l’organisation de référendums au niveaux national, régional et local. Des
représentants de la Commission électorale centrale de la Fédération de Russie
ont fait une longue présentation sur le développement des référendums aux
niveaux local et régional en Russie, en accordant une attention spéciale aux
problèmes liés à l’organisation de tels scrutins dans les différentes entités
fédérales.
Environ 40 participants, dont des représentants du
ministère des Affaires étrangères, de la Commission électorale
centrale de la Fédération de Russie,
de la Cour constitutionnelle, des professeurs du MGIMO et d’autres universités,
ont assisté au séminaire. Le séminaire a été ouvert par le professeur Anatoli
Torkunov, recteur de l’Institut de relations internationales de Moscou. Des
étudiants de la faculté de droit international ont pris une part active aux
débats sur les sujets présentés par les rapporteurs. Les actes seront publiés
dans la collection « Science et technique de la démocratie ».
Le projet
de Campus UniDem a été mis en place en 2001 dans le but de renforcer
l’efficacité de l’administration et la bonne gouvernance ainsi que la
démocratisation et les droits de l’homme dans le Sud-Est de l’Europe. Avec des
séminaires de cinq-six jours par an, organisés sur la base de conférences pour
présenter le sujet et de discussions à partir d’exemples pratiques proposés par
le conférencier, le programme vise à apporter une formation juridique aux
fonctionnaires sur des sujets comme la protection des droits fondamentaux, y
compris les droits des minorités nationales, les normes de la vie publique et
l’efficacité de l’administration, la primauté du droit et les questions posées
par l’adhésion à l’UE. Les fonctionnaires qui assistent aux séminaires sont
tenus de partager les connaissances acquises dans le cadre du Campus auprès de
leurs collègues dans leurs pays respectifs.
En 2003, le
programme a été étendu et il est destiné aujourd’hui aux fonctionnaires de onze
pays : Albanie, Belarus, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie,
« l’Ex-République yougoslave de Macédoine », Moldova, Roumanie, Slovénie,
Serbie-Monténégro et Ukraine. Les séminaires ont porté sur les thèmes suivants
:
·
La législation
communautaire : efficacité et impact sur le système juridique national
(janvier)
·
La protection des droits de l’homme en Europe:
le Conseil de l’Europe, l’UE, l’OSCE et le système des NU (février)
·
Le principe de
non-discrimination et la protection par l’administration publique des droits
des minorités nationales (mars/avril)
·
L’administration
publique dans le contexte du processus de décentralisation (mai)
·
Protection
environnementale et droits de l’homme (septembre)
·
La réforme de la
fonction publique en Europe (novembre)
Cette
année, 40 conférenciers et environ 170 fonctionnaires de onze pays ont assisté
aux séminaires Campus.
Plusieurs
représentants de la Commission ont participé à un atelier sur les dispositions
en matière d’autonomie et les conflits territoriaux internes, organisé par le
ministère des Affaires étrangères de la Norvège en coopération avec l’Institut
International de la recherche pour la paix d’Oslo et le Centre norvégien des
droits de l’homme. Ce séminaire était consacré à la question de savoir si
différentes formes d’autonomie, y compris le fédéralisme, formaient un cadre
institutionnel viable pour résoudre les conflits territoriaux internes. Des
facilitateurs dans différents processus de paix et des experts qui ont apporté
une assistance ou beaucoup écrit sur ce sujet, ont pris part à l’atelier.
Les
représentants de la Commission de Venise ont donné une vue d’ensemble des
activités de Commission de Venise à ce sujet et discuté de la question de
savoir dans quelle mesure les modèles européens de fédéralisme pourraient être
utiles dans la résolution des conflits. D’autres participants ont parlé plus
particulièrement de conflits en dehors de l’Europe. Les discussions se sont
concentrées sur l’Irak, le Sri Lanka, la Bosnie, Chypre, la Russie et d’autres
pays.
Le Rapport
final du séminaire contient des conseils opérationnels sur la manière de
contribuer à trouver des solutions pour ces conflits.
Le 30 janvier 2003, l’Assemblée parlementaire du Conseil
de l’Europe a adopté la Résolution 1320 (2003), par laquelle
« L’Assemblée
… invite la Commission de Venise :
i. à pérenniser les activités du
Conseil des élections démocratiques et à le considérer comme l’un de ses
propres organes, mais en lui conservant son mode actuel de composition mixte,
tel qu’il résulte de la Résolution 1264;
ii. à développer les missions du
Conseil des élections démocratiques, telles que définies dans la Résolution
1264, et, en particulier, à poursuivre ses actions en vue :
a. d’établir une base de données devant intégrer, entre
autres, le droit électoral des Etats membres du Conseil de l’Europe;
b. d’élaborer des avis, en coordination avec l’Assemblée,
portant sur toute question générale posée en matière électorale ainsi que des
avis portant sur les améliorations éventuelles à apporter à la législation et
aux pratiques appliquées dans tel ou tel Etat membre, ou candidat à l’adhésion
;
c. d’élaborer dans les meilleurs délais un questionnaire,
traité informatiquement, reprenant de façon pratique les principes généraux du
Code de bonne conduite en matière électorale, ce qui permettrait aux
délégations d’observateurs d’avoir une meilleure appréciation d’ensemble de
l’élection. »
Lors
de sa neuvième session (février 2003), le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux de l’Europe a adopté la Résolution 148 (2003) et la Recommandation
124 (2003) qui vont dans la même direction.
En
tant qu’organe permanent, le Conseil des élections démocratiques s’est réuni
avant chaque session plénière de la Commission de Venise (13 mars, 12 juin, 16
octobre et 11 décembre 2003).
La Recommandation du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux citée précédemment
ainsi qu’une recommandation de l’Assemblée parlementaire[49],
recommandent que le Comité des Ministres transformer le Code de
bonne conduite en matière électorale en
Convention européenne.
Dans sa réponse à ces recommandations, le Comité des Ministres « a
pris note avec satisfaction de l’adoption en octobre 2002 par la Commission de
Venise du Code de bonne conduite en matière électorale, adopté ensuite
également par l’Assemblée parlementaire et par le Congrès des pouvoirs locaux
et régionaux … ; reconnaît l’importance du Code et se réjouit de
constater qu’il sert déjà de document de référence pour les activités du
Conseil de l’Europe dans ce domaine. » Selon le Comité des Ministres,
« Une convention dans ce domaine soulignerait l’importance pour tous les
Etats membres du Conseil de l’Europe d’adhérer aux principes fondamentaux
régissant les élections démocratiques (c’est-à-dire le suffrage universel,
égal, libre, secret et direct). Cependant, pour que la convention ait une
valeur ajoutée, il faudrait que le niveau de ses exigences soit au moins aussi
élevé que celui du Code. En outre, il
pourrait se révéler « difficile pour l’instant ….. de rédiger un
instrument juridique (et tout particulièrement un instrument contraignant) sur
cette question … ; dans un futur proche, des efforts soutenus devraient
être déployés pour faire connaître plus largement l’existence et le contenu du
Code de bonne conduite en matière électorale dans les Etats membres».[50]
Le Comité des Ministres pourrait adopter en 2004 une déclaration
politique appelant les autorités des Etats membres à prendre en compte le Code
de bonne conduite en matière électorale.
Le Conseil des élections démocratiques et la Commission
de Venise ont adopté un guide pour l’évaluation des élections[51],
qui ne se limite pas seulement à la législation mais couvre aussi des questions
de mise en œuvre. Ce document comprend trois questionnaires à utiliser au cours
d’une observation d’élections : un
questionnaire de visite avant l’ouverture des bureaux de vote, un questionnaire
à remplir pour chaque bureau de vote et un questionnaire d’observation du
dépouillement. L’Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux de l’Europe ont déjà utilisé le guide pour l’évaluation des
élections au cours de l’observation d’élections.
Le Conseil des élections démocratiques et la Commission de Venise ont
adopté des « Eléments pour des documents d’information des
électeurs »,[52] qui
incluent les principaux aspects des élections libres et équitables et
constituent la base des documents à remettre aux électeurs lors d’une élection.
Ce fut le cas lors des élections parlementaires qui ont eu lieu en Géorgie en
2003.
Le Conseil des élections démocratiques et la Commission de Venise ont été représentés à toutes les réunions du
Groupe ad hoc multidisciplinaire de spécialistes sur les normes juridiques,
opérationnelles et techniques relatives au vote électronique et de son
Sous-groupe, le Groupe de spécialistes sur les normes juridiques et
opérationnelles relatives au vote électronique. Le Groupe prépare un projet de
recommandation à soumettre au Comité des Ministres sur le vote électronique.
En particulier, la Commission de Venise devrait adopter en 2004 un avis
sur la compatibilité du vote à distance et du vote électronique avec les
exigences des documents du Conseil de l’Europe (article 3 du Protocole
additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme et Code de bonne
conduite en matière électorale). Cet avis est en cours de préparation suite aux
discussions qui ont eu lieu dans le Groupe de spécialistes ad hoc.
Le Conseil des élections
démocratiques et la Commission de Venise ont adopté un rapport sur « Les
systèmes électoraux : tableau de l’offre et critère de choix ».[53]
Ce rapport est divisé en deux parties. La première traite de « l’offre des
modes de scrutin » et résume les différentes possibilités régissant le
scrutin, le dépouillement et la répartition des sièges. La deuxième partie est
consacrée aux critères de sélection d’un système particulier et aux
implications de ce choix. Elle souligne en particulier les trois principales
fonctions d’un système électoral : représentation, sélection et investiture,
qui ne sont totalement remplies par aucun mode de scrutin. Il résume les trois
modèles historiques de la démocratie : le modèle élitaire, le modèle de la
démocratie de masse et le modèle de l’individuation consumériste.
En conformité avec la Résolution 1320 de l’Assemblée parlementaire
citée précédemment (point 11.ii.b), le Conseil
des élections démocratiques a commencé à élaborer des recommandations concernant des améliorations possibles à la législation
et aux pratiques dans certains Etats membres. Les premières, adoptées en 2003,
se référent à la Géorgie[54] et
à l’Arménie.[55] La
Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH ont préparé ensemble les recommandations
sur le droit électoral et l’administration des élections en Arménie.
Quatre
ateliers de formation sur la conduite et la supervision des élections ont été
organisés en Arménie, Albanie, Azerbaïdjan et Géorgie. Cette nouvelle activité
de la Commission de Venise vise à veiller à ce que des normes européennes
communes soient appliquées dans la pratique, à travers une meilleure
connaissance de la manière dont elles sont appliquées dans d’autres pays
d’Europe. Les groupes cibles de ces ateliers de formation sont des personnes
impliquées dans la préparation, l’adoption et la mise en œuvre du droit
électoral, avant tout des administrateurs et des observateurs d’élections, mais
aussi des juges, des avocats et des représentants des médias par exemple.
Un
séminaire UniDem sur la démocratie directe, intitulé « Le référendum en
tant qu’instrument de participation des citoyens à la vie publique » a été
organisé à Moscou en octobre 2003 (voir plus haut Partie III).
La
Commission de Venise a adopté des avis sur le droit électoral en Azerbaïdjan,
Géorgie,
Tchétchénie (Fédération de Russie)
et Ukraine
(voir plus haut Partie II). La Commission de Venise et l’OSCE/BIDHH ont préparé
ensemble les avis sur l’Azerbaïdjan.
La
Commission de Venise a aussi coopéré à la révision du Code électoral albanais.
La
Commission de Venise a assisté la Commission électorale centrale de la Géorgie
dans la préparation des élections de novembre 2003 et janvier 2004, et la Cour
constitutionnelle de l’Arménie dans le règlement des conflits liés aux
élections présidentielles.
La
Commission européenne a accepté, dans le cadre de l’initiative européenne pour
la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH), un programme commun avec la
Commission de Venise intitulé « La démocratie à travers des élections
libres et équitables », qui sera mis en œuvre au cours des années 2004 et
2005.
L’OSCE/BIDHH
et l’Assemblée parlementaire de l’OSCE sont observateurs au Conseil des
élections démocratiques.
La
Commission de Venise a continué de coopérer avec l’OSCE/BIDHH en matière
électorale, en particulier en élaborant l’avis sur le Code électoral de
l’Azerbaïdjan et des recommandations sur le droit électoral et l’administration
des élections en Arménie, ainsi que sur la révision du Code électoral albanais.
En
Outre, la Commission de Venise a été impliquée dans la préparation du document
sur les « Engagements existants pour des élections démocratiques dans les
Etats participants à l’OSCE », qui résume les normes internationales
existantes dans ce domaine.
L’ACEEEO
est observateur au Conseil des élections démocratiques.
A
la demande de l’ACEEEO, la Commission de Venise prépare un avis, qui sera
adopté en 2004, sur le projet de Convention par son Association sur « Les
normes, droits et libertés en matière d’élections ». En outre, la
Commission de Venise a pris part à la rencontre annuelle de l’ACEEEO, qui s’est
concentrée sur les médias et les élections ainsi que sur le vote
électronique ; et qui fut l’occasion de discuter de la question des normes
en matière électorale.
Des
représentants du Comité des Ministres ont participé à toutes les sessions
plénières de la Commission au cours de 2003. Les Ambassadeurs suivants ont
assisté aux sessions en 2003 :
M. Yuri Sterk,
représentant permanent de la Bulgarie, M. Niels-Jorgen Nehring, Représentant permanent du Danemark, M. Alexei Tulbure, Représenant permanent de Moldova, M. Shpëtim
Caushi, Représentant
permanent de l’Albanie, M. Stephen
Howarth, Représentant
permanent du Royaume-Uni, M. Numan
Hazar, Représentant
permanent de la Turquie, M. Zoltan
Taubner, Représentant
permanent de la Hongrie, M. Christian
Ter Stepanian, Représentant
permanent de l’Arménie, M. Agshin
Mehdiyev, Représentant
permanent de l’Azerbaïdjan et M. Estanislao
De Grandes Pascual, Représentant permanent de l’Espagne. Ils ont informé la Commission des travaux du Comité des Ministres et en particulier
de son groupe de rapporteurs sur la coopération juridique.
Plusieurs
sujets ont été discutés ou mentionnés, notamment le Code de bonne conduite en
matière électorale, les relations entre l’Union européenne et le Conseil de
l’Europe, la réforme des méthodes de travail du Conseil de l’Europe,
l’élargissement de la Commission à des Etats non européens, l’avis de la
Commission sur les « minorités exocentrées », le conflit au Nagorno-
Karabakh et la réforme juridique dans leurs pays respectifs.
Le Comité
des Ministres s’est félicité de l’adoption du Code de bonne conduite en matière
électorale.
La coopération entre la Commission et l’Assemblée
parlementaire est demeurée très étroite. Le président Schieder a assisté à
toutes les sessions plénières de la Commission à l’exception de la session de
décembre, une grève des chemins de fer l’ayant empêché de se rendre à Venise.
M. Jurgens de la Commission des questions juridiques de l’Assemblée a été
présent à toutes les sessions plénières.
Le président Schieder et M. Jurgens ont tenu la
Commission régulièrement informée des activités de l’Assemblée présentant un
intérêt pour la Commission. Ce fut notamment le cas pour l’adhésion de nouveaux
Etats membres au Conseil de l’Europe, l’abolition de la peine de mort au niveau
mondial, la Cour pénale internationale, l’immunité des membres du parlement, le
traitement préférentiel par un Etat parent de ses minorités exocentrées et la
positon du Lord Chancellor dans le système juridique britannique. Ils ont
évoqué la coopération future entre l’Assemblée et la Commission de Venise, en
particulier dans le domaine du droit électoral et des questions juridiques
pertinentes pour le fonctionnement de la Cour européenne des droits de l’homme.
La Commission a également été informée du suivi donné par l’Assemblée aux
textes de la Commission de Venise. Les exemples les plus frappants ont été les
avis sur le projet de Constitution de la Tchétchénie, la réforme
constitutionnelle au Liechtenstein et l’utilisation du Code de conduite en
matière électorale par l’Assemblée.
Le 14 juin 2003, avant le début de la 55ème
session plénière, le Bureau élargi de la Commission a rencontré le Bureau
présidentiel de l’Assemblée pour discuter des moyens de continuer à renforcer
la coopération. Les deux parties ont souligné à quel point elles apprécient
l’excellente coopération et confirmé leur volonté de la maintenir et de
continuer à la développer. Il a été noté que l’Assemblée demande de plus en
plus souvent l’avis de la Commission de Venise sur des questions importantes.
Ces demandes viennent désormais non seulement de la Commission des questions
juridiques et des doits de l’homme et de la Commission de suivi, mais aussi du
Bureau de l’Assemblée. Une attention particulière a été accordée à la
coopération intense dans le domaine du droit électoral et de son extension
possible à la question du référendum.
Le Conseil des élections démocratiques, établi en 2002 en
tant qu’organe tripartite de la Commission de Venise, de l’Assemblée
parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe, s’est
réuni quatre fois en 2003 (voir Partie V ci-avant). Un membre de l’Assemblée
parlementaire, M. Erik Jurgens, a été élu président en remplacement de M.
Georges Clerfayt.
Plusieurs activités importantes de la Commission en 2003
ont été entreprises à la demande de l’Assemblée parlementaire. Cela concerne en
particulier :
·
L’avis
sur le projet de Constitution de la République tchétchène ;
·
L’avis
sur la loi constitutionnelle relative aux droits des minorités nationales en
Croatie ;
·
L’avis
sur la nécessité d’une éventuelle révision des Conventions de Genève ;
·
L’avis sur
les implications d’une Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
juridiquement contraignante sur la protection des droits de l’homme en Europe ;
·
L’avis
sur les projets d’amendement à la Constitution de l’Ukraine.
Le Congrès
a été représenté aux sessions plénières de la Commission par le président de sa
Commission institutionnelle, M. Hans-Ulrich Stöckling à la 54ème
session, par son ancien président, M. Llibert Cuatrecasas, aux 55ème
et 56ème sessions, et par le président de la Chambre des Régions, M.
Giovanni Di Stasi, à la 57ème session. Ils ont informé la Commission
sur les activités du Congrès présentant un intérêt pour la Commission, en
particulier le suivi, par le Congrès, de l’autonomie locale et régionale dans
les Etats membres du Conseil de l’Europe et la demande qu’il soit fait
référence aux pouvoirs locaux et régionaux dans le futur traité constitutionnel
de l’Union européenne. M. Alain Delcamp, président honoraire du groupe
d’experts indépendant du Congrès, a présenté à la Commission lors de sa 57ème
session plénière le rapport du Congrès sur l’état de la démocratie locale en
Europe.
Le Congrès
a continué de participer activement au Conseil des élections démocratiques,
établi en 2002 en tant qu’organe tripartite de la Commission de Venise, de
l’Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de
l’Europe (voir Partie V ci-avant).
A
la demande du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, la Commission a adopté
les avis sur le Code électoral et les projets d’amendement à la loi sur les
partis politiques de la République moldave.
Le
statut révisé de la Commission adopté en 2002 donne explicitement la
possibilité à la Communauté européenne d’adhérer à l’accord élargi. Des contacts ont
été établis à cet effet entre, d’une part, le président La Pergola et le président
Prodi, et d’autre part le Secrétariat et les services compétents de la
Commission européenne.
Un
nouveau programme commun entre la Commission européenne et la Commission
européenne pour la démocratie par le droit a été conclu en 2003. Il sera mis en
œuvre de 2004 à 2005 et porte sur la question de « La démocratie à travers
des élections libres et équitables ». Ce programme fait partie de l’Initiative
européenne pour la démocratie et les droits de l’homme (voir Partie V ci-avant).
A la
demande de l’Assemblée parlementaire, la Commission a adopté les 12-13 décembre
2003 un avis sur « Les implications d’une
Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne juridiquement
contraignante sur la protection des droits de l’homme en Europe ». La
Commission a fait remarquer que la CEJ, bien qu’elle ne soit pas liée par la
CEDH, s’en est inspirée ainsi que de la jurisprudence de la Cour européenne des
droits de l’homme, et qu’elle a accompli un travail remarquable pour développer
une approche des droits de l’homme cohérente avec le système de Strasbourg.
Afin d’éviter d’éventuelles divergences de jurisprudence entre les cours de
Strasbourg et de Luxembourg une fois que la Charte des droits fondamentaux de
l’Union européenne deviendra contraignante, la Commission a estimé que la ratification
de la CEDH par les Communautés européennes serait une solution appropriée,
et que la CEJ devrait être habilitée à s’inspirer des décisions préliminaires
dans les affaires de droits de l’homme jugées par la Cour de Strasbourg (voir
Partie III ci-avant).
Aussi
bien la Commission de Venise que le Conseil de l’Union européenne ont le statut
d’observateur au sein de la Commission constitutionnelle mixte moldave mise en
place en vue d’élaborer une nouvelle Constitution en Moldova afin de trouver un
règlement au conflit de la Transnistrie. Les deux instances ont maintenu des
contacts étroits à cet égard tout au long de l’année, coordonnant également
leurs positions avec l’OSCE, et la Commission a fourni une assistance juridique
à l’Unité politique du Conseil de l’UE.
La Cour de Justice des Communautés européennes a nommé un
officier de liaison qui contribue au Bulletin sur la jurisprudence constitutionnelle et à la base de données CODICES de la Commission. En
février 2003, la Commission a publié un Bulletin spécial sur les relations
entre les cours constitutionnelles d’une part et les tribunaux ordinaires et
les cours européennes d’autre part. Plusieurs décisions présentées dans ce
Bulletin portent sur la question des requêtes préliminaires adressées à la Cour
de Justice par les cours constitutionnelles.
M. Armando Toledano Laredo a représenté la Commission
européenne aux sessions plénières de la Commission.
Depuis
ses débuts, la Commission travaille en étroite coopération avec l’OSCE. Des
représentants du Bureau des Institutions démocratiques et des droits de l’homme
(BIDHH) de l’OSCE ont participé à toutes les sessions plénières de la
Commission. La coopération avec le BIDHH est particulièrement intense dans le
domaine électoral où le BIDDH participe au Conseil des élections démocratiques
et un grand nombre d’activités sont menées conjointement par la Commission de
Venise et le BIDDH (voir Partie V ci-avant).
Pour ce qui est des travaux sur
la nouvelle Constitution moldave et le règlement du conflit de la Transnistrie,
la Commission de Venise a travaillé en étroite coopération avec la mission de
l’OSCE en Moldova. Des représentants de la Commission de Venise ont aussi
participé à deux séminaires sur le fédéralisme organisés par l’Assemblée
parlementaire de l’OSCE (voir Partie II ci-avant).
Membres
Albanie (14.10.1996)
Andorre (1.02.2000)
Arménie (27.03.2001)
Autriche (10.05.1990)
Azerbaïdjan (1.03.2001)
Belgique (10.05.1990)
Bosnie-Herzégovine
(24.04.2002)
Bulgarie (29.05.1992)
Croatie (1.01.1997)
Chypre (10.05.1990)
République tchèque
(1.11.1994)
Danemark (10.05.1990)
Estonie (3.04.1995)
Finlande (10.05.1990)
France (10.05.1990)
Géorgie (1.10.1999)
Allemagne (3.07.1990)
Grèce (10.05.1990)
Hongrie (28.11.1990)
Islande (5.07.1993)
Irlande (10.05.1990)
Italie (10.05.1990)
Letonnie (11.09.1995)
Liechtenstein
(26.08.1991)
Lithuanie (27.04.1994)
Luxembourg (10.05.1990)
Malte (10.05.1990)
Moldova (25.06.1996)
Pays-Bas (1.08.1992)
Norvège (10.05.1990)
Poland (30.04.1992)
Portugal (10.05.1990)
Roumanie (26.05.1994)
Federation de Russie (1.01.2002)
Saint-Marin (10.05.1990)
Serbia-Monténégro
(3.04.2003).
Slovaquie (8.07.1993)
Slovenie (2.03.1994)
Espagne (10.05.1990)
Suède (10.05.1990)
Suisse (10.05.1990)
“l’ex République
yougoslave de Macedoine” (19.02.1996)
Turquie (10.05.1990)
Ukraine (3.02.1997)
Royaume-Uni (1.06.1999)
Membre associé
Belarus (24.11.1994)
Observateurs
Argentine (20.04.1995)
Canada (23.05.1991)
Saint-Siège (13.01.1992)
Israël (15.03.2000)
Japon (18.06.1993)
Kazakhstan (30.04.1998)
Kirghizstan (20.01.1993)
Mexico (12.12.2001)
Republique de Corée (6.10.1999)
Etats Unis (10.10.1991)
Uruguay (19.10.1995)
Participants
Commission européenne
Statut de coopération
spéciale
Afrique du Sud
A N N E X
E II
M. Antonio LA PERGOLA
(Italie), Président, Juge à la Cour de Justice des Communautés
européennes
(Suppléant: M. Sergio BARTOLE,
Professeur à l'Université de Trieste)
* * *
M. Luan OMARI (Albanie), Vice-Président,
Vice-Président, Académie des Sciences de l’Albanie
M. Pieter VAN DIJK (Pays-Bas), Vice-Président, Conseiller d’Etat, ancien Juge à la
Cour européenne des Droits de l'Homme
(Suppléant : Mr Erik LUKACS, ancien Conseiller Juridique,
Ministère de la Justice)
M. Jeffrey JOWELL (Royaume-Uni), Vice-Président,
Professeur de droit public, University College London
(Suppléant : M. Anthony BRADLEY, Professeur)
* * *
M.
Giorgio MALINVERNI (Suisse), Professeur à l'Université de Genève
(Suppléant : M.
Heinrich KOLLER, Professeur Université de Bâle)
M.
Franz MATSCHER (Autriche), Professeur à l'Université de Salzburg, ancien juge à
la cour européenne des droits de l’homme
(Suppléant:
M. Christoph GRABENWARTER, Professeur de
droit public, Université de Graz)
M.
Ergun ÖZBUDUN (Turquie), Professeur à l'Université de Bilkent, Vice-Président
de la Fondation turque pour la Démocratie
(Suppléant : M. Erdal ONAR, Professeur, Université d’Ankara)
M.
Jean-Claude SCHOLSEM (Belgium), Professeur, Faculté de droit, Université de
Liège
M.
Helmut STEINBERGER (Allemagne), Directeur de l'Institut Max-Planck, Professeur
à l'Université de Heidelberg
(Suppléant :
M. Georg NOLTE, Professeur de droit public, Université de Goettingen)
M.
Jan HELGESEN (Norvège), Professeur à l'Université d'Oslo
M.
Gerard BATLINER (Liechtenstein), Membre du Conseil Scientifique du
Liechtenstein Institut
(Suppléant
: M. Wilfried HOOP, Avocat, Aspen)
M.
Ján KLUCKA (Slovaquie), Juge à la Cour constitutionnelle
(Suppléant:
M. Peter KRESAK, Professeur, Membre du Conseil national de la République
slovaque)
M. Peter JAMBREK (Slovenie), Professeur, Doyen, Ecole du
gouvernement et des affaires européennes, ancien Ministre de l’Intérieur,
ancien Président de la Cour constitutionnelle, ancien juge à la Cour Européenne
des Droits de l'Homme
(Suppléant:
M. Anton PERENIC, Professeur de droit, ancien Juge à la Cour constitutionnelle)
M.
Kestutis LAPINSKAS (Lituanie), Juge à la Cour constitutionnelle
(Suppléant
: Mme Zivile LIEKYTE, Directeur,
Département de la législation et du droit public, Ministère de la Justice)
M. Cyril SVOBODA (République tchèque), Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires
étrangères
(Suppléant : Mme Eliska WAGNEROVA, Vice Président de la
Cour constitutionnelle)
M.
Aivars ENDZINS (Lettonie), Président de la Cour constitutionnelle
Mme
Hanna SUCHOCKA (Pologne), Ambassadeur de Pologne au Saint-Siège
M.
Alexandre DJEROV (Bulgarie), Avocat, Membre de l’Assemblée nationale
(Suppléant:
M. Vassil GOTZEV, Juge à la Cour constitutionnelle)
Mme
Carmen IGLESIAS CANO (Espagne), Directrice du Centro de Estudios
Constitucionales
(Suppléant:
M. Angel J. SANCHEZ NAVARRO, Sous Directeur,
Centro de Estudios Politicos y Constitucionales)
M.
Rune LAVIN (Suède), Juge
à la cour suprême administrative
(Suppléant
: M. Hans Heinrich VOGEL, Professeur de droit public, Université de Lund)
M.
Stanko NICK (Croatie), Ambassadeur de la Croatie en Hongrie
(Suppléant:
M.s Marija SALECIC, Conseillère, Cour constitutionnelle)
M.
Tito BELICANEC, ("L'ex-République yougoslave de Macédoine"),
Professeur, Faculté de droit, Université de Skopje
(Suppléant:
M. Igor SPIROVSKI, Secrétaire Général, Cour constitutionnelle)
M. Kaarlo TUORI (Finlande), Vice-Président, Professeur de droit administratif,
Université Helsinki
(Suppléant
: M. Matti NIEMIVUO, Directeur au Département de législation, Ministère de la
Justice)
M.
Hjörtur TORFASON (Islande), ancien Juge, Cour suprême de l’Islande
M.
László SÓLYOM (Hongrie), ancien Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant
: M. Peter PACZOLAY, Chef adjoint, Cabinet du Président de la République de
Hongrie)
M.
François LUCHAIRE (Andorre), Vice-Président, Président honoraire de
l’Université de Paris I, ancien membre du Conseil constitutionnel français,
ancien Président du Tribunal constitutionnel d’Andorre
M.
Peeter ROOSMA (Estonie), Conseiller, Cour suprême
Mme Siuzanna STANIK (Ukraine), Ambassadeur de l’Ukraine
en Suisse
M.
Gaguik HARUTUNIAN (Arménie), Président de la Cour constitutionnelle
(Suppléant : M.
Armen HARUTUNIAN, Conseiller à la Cour constitutionnelle, Recteur, Académie
d’Administration de l’Etat)
M.
Henrik ZAHLE (Danemark), Professeur, Institut des sciences juridiques,
Université de Copenhague
(Suppléant:
M. John LUNDUM, Juge à la «High Court»)
Mme
Maria POSTOICO (Moldova), Président de la Commission des Questions juridiques
pour les nominations et immunités, Parlement de Moldova
(Suppléant :
M. Vasile RUSU, Vice-Président de la Commission des Questions juridiques pour
les nominations et immunités, Parlement de Moldova)
M.
Marat V. BAGLAY (Russie), Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant :
M. Vladimir TOUMANOV, ancien Président de la Cour constitutionnelle)
M.
Cazim SADIKOVIC (Bosnie-Herzégovine), Doyen de la Faculté de droit à
l'Université de Sarajevo
M. Dimitri CONSTAS (Grèce), Professeur
et Directeur de l’Institut de relations internationales, Université de Panteio, Athènes, ancien Ministre de la presse et des
médias, ancien Ambassadeur de Grèce auprès du Conseil de l’Europe
(Suppléant:
Mme Fani DASKALOPOULOU-LIVADA, Conseiller juridique adjointe, Ministère des
Affaires Etrangères)
M. Olivier DUTHEILLET DE LAMOTHE (France), Conseiller
d’Etat, Membre du Conseil constitutionnel
(Suppléant
: M. Alain LANCELOT, ancien membre du Conseil constitutionnel)
Mme
Lydie ERR (Luxembourg), Député
Mme Finola FLANAGAN (Irlande), Directeur Général,
Conseiller juridique principal, Chef du Bureau du Procureur Général
(Suppléant : M. James HAMILTON, Directeur
du Ministère public)
M.
Panayotis KALLIS (Chypre), Juge à la cour suprême
(Suppléant
: M. Petros CLERIDES, Procureur Général
adjoint)
Mme Rodica Mihaela STANOIU (Roumanie), Ministre de la Justice
(Suppléant: M. Alexandru FARCAS, Ministre de l’intégration européenne)
(Suppléant:
M. Bogdan AURESCU, Directeur Général, Ministère des Affaires étrangères)
M.
Ugo MIFSUD BONNICI (Malte), Président Eméritus
M. José CARDOSO da COSTA (Portugal), Ancien Président de
la Cour constitutionnelle
(Substitute : Mme Assuncao ESTEVES, Ancien membre de la
Cour constitutionnelle)
M. Vojin DIMITRIJEVIC (République fédérale de
Yougoslavie), Directeur, Centre des droits de l’homme de Belgrade
(Suppléant :
M. Vladimir DJERIC, Conseiller du Ministre des Affaires Etrangères)
M. Piero GUALTIERI
(Saint-Marin), Professeur
(Substitute : Mme Barbara REFFI, Avocat de l’Etat)
M. John KHETSURIANI
(Géorgie), President, Constitutional Court
(Substitute : M. Levan BODZASHVILI, Head of International
Relations, Constitutional
Court)
M. Lätif HÜSEYNOV (Azerbaijan), Professor of Public
International Law
Mme Cholpon BAEKOVA (Kirghizstan), Présidente de la Cour
constitutionnelle
MEMBRES
ASSOCIES
M. Anton MATOUCEWITCH (Belarus), Vice-Recteur, Université commercial de gestion
du Bélarus
OBSERVATEURS
M.
Hector MASNATTA (Argentine), Ambassadeur, Vice-Président du Centre d'Etudes
constitutionnelles et sociales
M.
Yves de MONTIGNY (Canada), M. Yves de MONTIGNY, Avocat général principal, Gestionnaire
Groupe du droit public, Ministère de la Justice
(Suppléant:
M. Gérald BEAUDOIN, Professeur à l'Université d'Ottawa, Sénateur)
M. Vincenzo BUONOMO (Saint-Siège), Professeur de Droit
international à l'Université Pontificale du Latran
M. Amnon RUBINSTEIN (Israel), Doyen, Centre
interdisciplinaire, Herzliyya
M.
Naoyuki IWAI (Japon), Consul, Consulat Général du Japon, Strasbourg
M. Oljas SOULEIMENOV (Kazakhstan),
Ambassadeur du Kazakhstan à Rome
M. OH, Haeng-kyeom (République de Corée), Ambassadeur de la
République de Corée au Luxembourg, à la Belgique et à l’Union européenne
M.
Porfirio MUÑOZ LEDO (Mexique), Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire,
Observateur Permanent auprès du Conseil de l’Europe
M.
Jed RUBENFELD (Etats-Unis d'Amérique), Professeur, Yale Law School
M. Miguel SEMINO (Uruguay), Ambassadeur de l'Uruguay à
Paris
SECRETARIAT
M. Gianni BUQUICCHIO
M. Thomas MARKERT
M.s Simona GRANATA-MENGHINI
M. Pierre GARRONE
M. Rudolf DÜRR
M. Sergueï KOUZNETSOV
Mme Caroline MARTIN
M.s Helen MOORE
Mme Dubravka BOJIC-BULTRINI
Mme Helen MONKS
Mme Tatiana MYCHELOVA
M. Gaël MARTIN-MICALLEF
Mme Sandra MATRUNDOLA
Mme Brigitte AUBRY
Mme Marian JORDAN
M.s Emmy KEFALLONITOU
M.s Brigitte RALL
Mme Ana GOREY
M.s Marie-Louise WIGISHOFF
Mme Caroline GODARD
A N N E X E III
- Président
: M. La Pergola
- Vice-Présidents
: M. van Dijk, M. Omari, M. Jowell
- Bureau
: M. Baglay, M. Dutheillet de Lamothe, M. Zahle, M. Steinberger, ,
- Présidents des Sous-Commissions : M. Constas,
Mme Flanagan, M. Helgesen, M. Jambrek, M. Luchaire, M. Malinverni, M. Matscher,
M. Mifsud Bonnici, M. Özbudun, M. Scholsem, M. Solyom, Mme Suchocka, M. Tuori
- Justice constitutionnelle : : Président: M.
Sólyom - members: M. Bartole, M. Cardoso da Costa, M. Djerov, M. Dutheillet de
Lamothe, M. Endzins, M. Gotzev, M. Hamilton, M. Harutunian, M. La Pergola, M.
Lapinskas, M. Lavin, M. Malinverni, M. Roosma, M. Scholsem, M. Spirovski, Mme
Stanik, M. Steinberger, Mme Suchocka, M. Torfason, M. Vogel, M. Zahle -
observers: Canada, Israel
- Etat fédéral et régional : Président: M.
Malinverni - members: M. Aurescu, M. Bartole, M. Belicanec, Mme Iglesias, M.
Jowell, M. La Pergola, M. Matscher, M. Sadikovic M. Scholsem, M. Steinberger,
M. Tuori – observers: Canada, USA
-
Droit
international: Président: M. Constas -
members: M. Aurescu, M. Cardoso da Costa, M. Djerov, M. Farcas, M. Gotzev, M.
Helgesen, M. Huseynov, M. Klucka, M. La Pergola, M. Luchaire, M. Lukacs, M.
Malinverni, M. Matscher, M. Nick, M. Steinberger, M. Torfason
-
Protection
des Minorités : Président: M. Matscher - members: M. Aurescu,
M. Bartole, M. Belicanec, M. Constas, M. Farcas, M. Hamilton, M. Helgesen, M.
Huseynov, M. Klucka, M. Malinverni, M. Nick, M. Özbudun, M. Scholsem, M.
Sólyom, M. Torfason, M. Tuori, M. van Dijk – observers: Canada
- Réforme constitutionnelle : members: M. Bartole, M. Djerov, M. Cardoso da
Costa, M. Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, M. Farcas, M. Gotzev, Mme
Iglesias, M. La Pergola, M. Lapinskas, M. Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni,
M. Nolte, M. Omari, M. Özbudun, M. Roosma, M. Scholsem, M. Spirovski, M.
Steinberger, Mme Suchocka, M. Torfason, M. Tuori – observers: Israel
- Institutions démocratiques : Président: M. Scholsem - members: M. Belicanec,
M. Cardoso da Costa, M. Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, Mme Err, M. Farcas,
M. Hamilton, M. Harutunian, Mme Iglesias, M. Jambrek, M. Jowell, M. Klucka, M.
Lapinskas, M. Lavin, M. Luchaire, M. Malinverni, M. Omari, M. Özbudun, M.
Roosma, M. Svoboda, M. Torfason, M. Tuori, M. Vogel
- Comité de Direction d’UniDem : Président: M.
Luchaire - members: M. Cardoso da Costa, M. Constas, M. Djerov, M. Helgesen, M.
Jambrek, M. Jowell, M. La Pergola, M. Lavin, M. Özbudun, Mme Suchocka, M.
Svoboda, M. van Dijk, M. Vogel – observers: Holy See, ODIHR
- Afrique australe : Président: Mme Flanagan -
members: M. Cardoso da Costa, M.
Hamilton, M. Helgesen, M. Jambrek, M. Jowell, M. Lavin, M. La Pergola, M.
Torfason, M. Tuori, M. Vogel - observers: Canada, USA
- Basin Médditerranéen : Président: M. Mifsud
Bonnici - members: M. Constas, M. Djerov, M. Dutheillet de Lamothe, M. Gotzev,
Mme Iglesias, M. La Pergola, M. Nick, M. Omari, M. Özbudun – observers: Israel
- Questions administratives et budgétaires :
Président: M. Tuori - members: M.
Malinverni, M. Matscher, M. van Dijk
- Europe du Sud-est : Président: M. Jambrek –
members: M. Belicanec, M. Constas, M. Djerov, M. Farcas, M. Gotsev, M.
Luchaire, M. Lukacs, M. Nick, M. Omari, M. Sadikovic, M. Spirovski, M. Torafason
- Pouvoirs d’exception : Président: M. Özbudun
- Amérique latine : Président: M. Helgesen
- Comité
d’éthique : Président: Mme Suchocka – members: M. Helgesen, M. Jowell, M.
Scholsem, M. van Dijk
A N N E X E IV
1. sessions plenieres
54e Session 14-15 mars
55e Session 13-14 juin
56e Session 17-18 octobre
57e Session 12-13 décembre
Bureau
Réunion élargie aux Présidents
des Sous-commissions
- 13
mars
Réunion élargie aux Présidents
des Sous-commissions
- 12
juin
Réunion du Bureau élargi avec le Bureau présidentiel de
l’Assemblée parlementaire
13
juin
Réunion élargie aux Présidents
des Sous-commissions
- 16
octobre
Réunion spécial de la
Présidence sur « perspectives de développement futur de la Commission de
Venise »
8 novembre (Londres)
Réunion élargie aux Présidents
des Sous-commissions
- 12
décembre
2. sous-commissions
Justice constitutionnelle
Réunion du Groupe de
travail sur le thésaurus systématique
8
mai (Oslo)
Conseil
mixte sur la justice constitutionnelle
3e
réunion 9 mai
(Oslo)
(Réunion
avec les agents de liaison)
3e
Congrès ACCPUF
18-19
juin (Ottawa)
Réunion
préparatoire de la XIII Conférence des cours constitutionnelles européenne
16-17
octobre (Nicosia)
Institutions
démocratiques
13
mars
16
octobre
11
décembre
Droit
international
12
juin
16
octobre
Comité
de Direction d’Unidem
12
juin
11
décembre
Conseil
des élections démocratiques
13
mars
12
juin
16
octobre
11
décembre
Droit électoral
Atelier
de formation sur le droit électoral
5-8
mai (Erevan)
Atelier
de formation sur le droit électoral
2-4
septembre (Tirana)
Atelier
de formation sur le droit électoral
8-10
septembre (Baku)
Atelier
de formation sur le droit électoral
22-24
septembre (Tblissi)
Assistance
à la Commission électorale centrale de la Géorgie dans le cadre des élections
législatives
26
octobre-8 novembre (Tblissi)
Assistance
à la Commission de réforme de la ville de Mostar pour le développement des
systèmes électoraux
11-19
novembre (Mostar)
Assistance
à la Commission électorale centrale de la Géorgie dans le cadre des élections
législatives
15
décembre 2003-10 janvier 2004 (Tblissi)
Séminaire
sur les élections en Géorgie
18-19
décembre (Strasbourg)
3. reunions
des groupes de travail et rapporteurs
Arménie
Réunion
sur la coopération entre l’Arménie et le Conseil de l’Europe
17
janvier (Strasbourg)
Assistance
à la cour constitutionnelle de l’Arménie sur les recours déposés relatives aux
élections présidentielles
26-29
mars (Erevan)
Réunion
sur la réforme juridique en Arménie
23-24
septembre (Strasbourg)
Azerbaïdjan
Réunions sur le projet de code électoral
13-14
février (Strasbourg)
26-27
février (Baku)
14
avril (Strasbourg)
Bosnie-Herzégovine
Réunion
de suivi sur la fusion de la chambre des droits de l’homme et la cour
constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine
10-11
avril (Sarajevo)
Bulgarie
Séminaire
sur la réforme judiciaire
19-20
mai (Sofia)
Conférence
sur la réforme judiciaire
9
septembre (Sofia)
Moldova
Réunion
sur les lois des partis politiques et les rassemblements publiques
7-8
juillet (Chisinau)
Réunion
avec la Commission constitutionnelle jointe sur la révision de la Constitution
de Moldova
21-24
juillet (Chisinau)
Irlande
du Nord
Assistance
à la Commission des droits de l’homme d’Irlande du Nord pour la rédaction d’un
projet de charte des droits pour l’Irlande du Nord
22-24
octobre (Belfast)
Fédération de Russie
Réunion
sur la constitution tchétchène
3
mars (Paris)
Serbie-Monténegro
Réunion sur la rédaction d’une charte des droits de l’homme
pour la Serbie-Monténegro
14-15
février (Belgrade)
Atelier sur « l’organisation térritoriale en
Serbie »
24-25
novembre (Belgrade)
Ukraine
Réunion
sur les proposition d’amendements à la Constitution d’Ukraine
25-26
février (Kyiv)
Eventuelle révision des Conventions de Genève
Réunion
informelle sur l’éventuelle révision des Conventions de Genève
17
septembre (Strasbourg)
7
novembre (Londres)
Les implications d’une Charte des droits
fondamentaux de l’Union européenne juridiquement contraignante sur la
protection des droits de l’homme en Europe
Réunion
du groupe de travail
19
septembre (Strasbourg)
8
novembre (Londres)
4. seminaires sur la justice
constitutionnelle
Séminaire
sur « Les effets des arréts des Cours
constitutionnelles » en coopération avec la Cour constitutionnelle de
l’Albanie
28-29
avril (Tirana)
Séminaire
sur le renforcement des principes d’un État
démocratique régi par la loi en république du Bélarus par le biais d’un
contrôle constitutionnel »
26-27
juin (Minsk)
Conférence sur « le rôle de la Cour constitutionnelle
dans la protection des valeurs démocratiques » à l’occasion du 5e
anniversaire de la cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan
14-15
juillet (Baku)
Conférence
sur « Le soutien de l’indépendance du judiciaire – coopération des
systèmes judiciaires de la région »
21-22 juillet
(Zanzibar, Tanzanie)
Séminaire sur « La justice constitutionnelle et l’État
de droit » A l’occasion du 10e anniversaire de la Cour
constitutionnelle lituanienne
4-5
septembre (Vilnius)
Séminaire
sur « des critères de base des restrictions
aux droits de l'homme dans la pratique de la justice constitutionnelle »
en coopération avec la cour constitutionnelle de l’Arménie
3-4
octobre (Erevan)
Conférence
à l’occasion du 5e anniversaire de la cour constitutionnelle de
l’Albanie
26-27
novembre (Tirana)
2e
séminaire pour les agents de liaison des cours de la région d’Afrique australe
28-29
novembre (Windhoek, Namibia)
5. seminaires
unidem et autres seminaires et conferences
Séminaire
UniDem sur « Le constitutionnalisme européen et américain »
23-24
mai (Göttingen)
Séminaire
UniDem sur « la consolidation de l’Etat et de l’identité nationale »
4-5 juillet
(Chisinau)
Séminaire
UniDem sur « La démocratie directe : le référendum comme instrument
de participation des citoyens à la vie publique »
3-4
octobre (Moscou)
6 campus
unidem pour la formation juridique des fonctionnaires
La législation communautaire :
efficacité et impact sur le système juridique national
27-31 janvier
(Trieste)
La protection des droits de
l’homme en Europe : le Conseil de l’Europe, l’UE, l’OSCE et le système des
NU
24-28 février
(Trieste)
Le principe de
non-discrimination et la protection par l’administration publique des droits
des minorités nationales
31 mars-4 avril
(Trieste)
L’administration publique dans
le contexte du processus de décentralisation
26-30 mai (Trieste)
Session de travail sur le
campus UniDem
21 juillet (Brdo,
Slovénie)
Protection environnementale et
droits de l’homme
22-26 septembre
(Trieste)
La réforme de la fonction
publique en Europe
24-28 novembre (Trieste)
7. participation a d’autres seminaires
et conferences
Séminaire
sur le fédéralisme au Mexique et les relations entre le Mexique, l’Amérique
latine et l’Union européenne, organisé par la mission du Mexique à l’Union
européenne et le Collège de Bruges
17
janvier (Bruges)
Réunion
sur les normes électorales
30-31
janvier (Vienne)
19-20
mai (Vienne)
Conférence
sur le code électoral de l’Azerbaïdjan
28
février (Bakou)
Session
de clôture de la Commission bipartisne sur la réforme électorale
24-26
mars (Tirana)
Groupe de spécialistes sur les
normes juridiques et opérationnelles de vote électronique (EE-S-LOS) – Projet
Intégré
10-11 avril
(Strasbourg)
2 juillet
(Strasbourg)
18-19 septembre
(Strasbourg)
3-5 décembre
(Strasbourg)
Séminaire de l’OSCE sur le
fédéralisme
12-13 mai (Chisinau)
29-30 septembre
(Chisinau)
Colloque sur
« Bosnie-Herzégovine en route vers l’intégration europeéenne »
19 mai (Sarajevo)
Séminaire
sur « le contexte constitutionnel de la reconciliation avec un passé
totalitaire » organisé par la cour constitutionnelle de la République
tchèque en coopération avec le Deutsche Stiftung für internationale rechtliche
Zusammenarbeit (IRZ)
27-28
mai (Brno)
Conférence
sur le fédéralisme
11-12
juillet (Kazan, Fédération de Russie)
Séminaire sur l’Ombudsman
1-2 septembre (Erevan)
Réunion
de la Sous-Commission sur le renforcement des institutions démocratiques,
organisée par la Commission des affaires politiques de l’Assemblée
parlementaire
11
septembre (Paris)
Journée
de préparation pour l’Université d’été
5
septembre (Verdun)
Séminaire sur « Les conflits gelés en Europe - l’approche
de la sécurité démocratique : le cas de la Transnistrie », organisé par la
présidence moldave du Comité des Ministres
11-12
septembre (Chisinau)
Session de travail sur le
lancement un programme académique, trans-frontier et trans-national, consacrée
à l’étude des conditions pour la paix, la stabilité et le développement dans la
région de l’Europe du Sud-Est
15
septembre (Ljubljana)
Réunion sur
le pouvoir judiciaire et la nouvelle Constitution
serbe »
25-26 septembre
(Belgrade)
12e Conférence
annuelle de l’ACEEEO
23-26 octobre
(Londres)
Réunion sur « le statut
des parlementaires, les immunités et les incompatibilités : vers une
harmonisation des normes existantes » organisé par la Commission du
règlement et des immunités de l’Assemblée parlementaire
27 octobre (Bucarest)
Atelier sur les dispositions
en matière d’autonomie et les conflits territoriaux internes
14-15 novembre (Oslo)
Symposium relatif à la
participation des jeunes au sein des institutions démocratiques
27-28 novembre
(Strasbourg)
Séminaire sur le lancement de
la Commission des juges d’Afrique australe
6 décembre
(Johannesbourg)
A N N E X E V
- series – science et technique de la democratie
N°
1 Rencontre avec
les présidents des cours constitutionnelles et instances équivalentes
(1993)
N° 2 Modèles de juridiction
constitutionnelle*
par Helmut
Steinberger (1993)
N°
3 Le processus
constitutionnel, instrument pour la transition démocratique (1993)
N°
4 La transition
vers un nouveau type d'économie et ses reflets constitutionnels (1993)
N° 5 Les rapports entre le
droit international et le droit interne (1993)
N° 6 Les rapports entre le
droit international et le droit interne*
par Constantin
Economides (1993)
N° 7 Etat de droit et
transition vers une économie de marché (1994)
N°
8 Les aspects
constitutionnels de la transition vers une économie de marché (1994)
N° 9 La Protection des
minorités (1994)
N°
10 Le rôle de la cour
constitutionnelle dans la consolidation de l'Etat de droit (1994)
N°
11 Le concept
contemporain de confédération (1995)
N°
12 Les pouvoirs
d'exception du gouvernement*
par Ergun
Özbudun et Mehmet Turhan (1995)
N° 13 L'application
des dispositions constitutionnelles relatives aux media dans une démocratie
pluraliste (1995)
N°
14 Justice
constitutionnelle et démocratie référendaire (1996)
N°
15 La protection des
droits fondamentaux par la Cour constitutionnelle (1996)
N° 16 Autonomies
locales, intégrité territoriale et protection des minorités (1997)
N° 17 Droits de
l'homme et fonctionnement des institutions démocratiques dans des situations
d'urgence (1997)
N° 18 Le
patrimoine constitutionnel européen (1997)
N° 19 L'Etat
fédéral et régional* (1997)
N° 20 La
composition des cours constitutionnelles (1997)
N° 21 Nationalité
et succession d’Etats (1998)
N° 22 Les
mutations de l’Etat-nation en Europe à l’aube du XXIe siècle (1998)
N° 23 Incidences
de la succession d’Etat sur la nationalité (1998)
N° 24 Droit et
politique étrangère (1998)
N° 25 Les
nouvelles tendances du droit électoral dans la grande Europe (1999)
N° 26 Le
principe du respect de la dignité de la personne humaine (1999)
N°
27 L’Etat
fédéral et régional dans la perspective de l’intégration européenne (1999)
N° 28 Le
droit à un procès équitable (2000)
N°
29 Sociétés en
conflit : la contribution du droit et de la démocratie au règlement des
conflits (2000)
N° 30 Intégration
européenne et droit constitutionnel (2001)
N° 31 Les
implications constitutionnelles de l’adhésion à l’Union européenne
N° 32 La
protection des minorités nationales par leur Etat parent
N° 33 Démocratie, Etat de droit et politique
étrangère2 (2003)
N°
35 La résolution des
conflits entre Etat central et entités dotées d’un pouvoir législatif par la
Cour constitutionnelle2 (2003)
·
autres
publications
|
Bulletin de jurisprudence
Constitutionnelle
|
1993 – 2002 (trois publications par an)
|
|
Bulletins
spéciaux -
|
·
Description
des Cours (1999)*
·
Textes
de base – extraits des constitutions et lois sur les cours constitutionnelles
– N°s 1 - 2 (1996), N°s 3 -4 (1997), N° 5 (1998), N° 6 (2001)
·
Grands
arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (1998)*
·
Liberté
confessionnelle (1999)
·
Edition
spécial Grands arrêts 1 – République tchèque, Danemark, Japon, Norvège,
Pologne, Slovénie, Suisse, Ukraine (2002)
·
Relations inter-cours
|
|
Rapports annuels
|
1993
– 2003
|
|
Brochures
|
·
10ème anniversaire de la Commission de Venise
(2001)
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Statut révisé de la Commission européenne pour la
Démocratie par le Droit (2002)
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La Commission de Venise (2002)
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Campus UniDem – Formation juridique de la fonction
publique
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CDL-AD (2003) 1 Avis sur la loi
électorale de la République de Moldova;
CDL-AD (2003) 2 Avis sur la
projet de Constitution de la République tchétchène, adopté par la Commission
lors de sa 54e session plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 3 Principales recommandations
aux fins d’amendements du projet de Code électoral de l’Azerbaïdjan, établies
par la Commission de Venise de le BIDDH, adoptées par la Commission lors de sa
54e session plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 4 Avis sur le projet de révision
de la Constitution de la Roumaine (textes inachevés par la Commission de
révision de la Constitution, adopté par la Commission lors de sa 54e session
plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 5 Avis relatif à la loi sur les
partis politiques de la République d’Arménie adopté par la Commission lors de
sa 54e session plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 6 Avis sur le projet de loi
relative au défenseur des droits de l’homme en Arménie adopté par la Commission
lors de sa 54e session plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 7 Avis sur le projet de loi sur
le médiateur de l’"ex-République yougoslave de Macédoine” adopté par la
Commission lors de sa 54e session plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 8 Avis relatif au projet
d’amendement de la loi sur les partis et autres organisations socio-politiques
de la République de Moldova adopté par la Commission lors de sa 54e session
plénière (Venise, 14-15 mars 2003);
CDL-AD (2003) 9 Avis sur la loi
constitutionnelle relative aux droits des minorités nationales en Croatie
adopté par la Commission lors de sa 54e session plénière (Venise, 14-15 mars
2003);
CDL-AD (2003) 10 Guide pour l’évaluation
des élections adopté par le Conseil des élections démocratiques lors de sa 5e
réunion (Venise, 12 juin 2003) et par la Commission lors de sa 55e session
plénière (Venise, 13-14 juin 2003);
CDL-AD (2003) 11 Avis relatif au projet
de loi sur l’interdiction des organisations et unions extrémistes en Géorgie
adopté par la Commission lors de sa 55e session plénière (Venise, 13-14 juin
2003);
CDL-AD (2003) 12 Mémorandum sur la
réforme du système judiciaire en Bulgarie adopté par la Commission lors de sa
55e session plénière (Venise, 13-14 juin 2003);
CDL-AD (2003) 13 Avis sur le projet de
loi portant modification de la loi sur les minorités nationales en Lituanie
adopté par la Commission lors de sa 55e session plénière (Venise, 13-14 juin
2003);
CDL-AD (2003) 14 Avis sur le projet de
loi sur l’assemblée nationale de la République de Belarus adopté par la
Commission lors de sa 56e session plénière (Venise, 17-18 octobre 2003);
CDL-AD (2003) 15 Avis conjoint final sur
le code électoral de la République d’Azerbaïdjan par la Commission de Venise et
le BIDDH;
CDL-AD (2003) 16 Avis sur les amendements
constitutionnels réformant le système judiciaire en Bulgarie adopté par la
Commission lors de sa 56e session plénière (Venise, 17-18 octobre 2003);
CDL-AD (2003) 17 Avis sur le transfert de
compétence en matière d’enseignement supérieur au sein de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors de sa 56e session plénière
(Venise, 17-18 octobre 2003);
CDL-AD (2003) 18 Avis sur la nécessité
éventuelle d’un développement des Conventions de Genève adopté par la
Commission lors de sa 57e session plénière (Venise, 12-13 décembre 2003);
CDL-AD (2003) 19 Avis sur trois projets
de loi sur les amendements à la Constitution d’Ukraine adopté par la Commission
lors de sa 57e session plénière (Venise, 12-13 décembre 2003);
CDL-AD (2003) 20 Avis sur le projet de
loi sur la liberté de conscience et les communautés religieuses de la Géorgie
adopté par la Commission lors de sa 57e session plénière (Venise, 12-13
décembre 2003);
CDL-AD (2003) 21 Recommandations
conjointes sur le droit électoral et l’administration des élections en Arménie
par la Commission de Venise et le BIDDH;
CDL-AD (2003) 22 Avis sur les
implications d’une charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
juridiquement contraignante sur le protection des droits de l’homme en Europe
adopté par la Commission lors de sa 57e session plénière (Venise, 12-13
décembre 2003).
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Voir Doc. 9682, rapport de la Commission des
questions politiques, rapporteur: M. Clerfayt.
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