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Strasbourg, le 26 mai 2004
Etude n° 287 / 2004
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Diffusion restreinte
CDL-EL(2004)003rev
Or. fr.
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COMMISSION EUROPEENNE
POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION DE VENISE)
QUESTIONNAIRE SUR L’USAGE DU REFERENDUM
sur la base d’une contribution de
M. François LUCHAIRE (membre, Andorre)
I – Référendums nationaux
A - Quel fondement juridique ?
1. Le référendum est-il prévu par la Constitution ?
2. A défaut de dispositions constitutionnelles la loi permet-elle de
recourir au référendum ? En quelles matières ?
B - Quel est le type de référendum ? Qui
décide ?
1. Référendum obligatoire
Le référendum est-il exigé par la Constitution, qui dispose que certains
textes sont soumis automatiquement au référendum après leur adoption par le
Parlement ?
2. Référendum à la demande d’une autorité
a. Le
référendum peut-il être organisé à la demande d’une autorité ?
b. Si oui, qui peut décider l’organisation d’un
référendum ? Le chef de l’Etat, le Gouvernement, le Parlement, une
fraction du Parlement, des entités territoriales ?
3. Référendum à la demande d’une fraction du corps électoral
a. Un certain nombre d’électeurs peut-il exiger l’organisation
d’un référendum ? Dans ce cas, quel est le pourcentage des électeurs exigé
pour valider la proposition ? Comment sont vérifiées les signatures des
électeurs ?
b. Une demande de référendum peut-elle porter sur un texte
déjà adopté par le Parlement ? Une initiative populaire peut-elle proposer
un texte nouveau?
4. Procédure impliquant plusieurs autorités
Est-il prévu que la présentation d’un texte au vote populaire est soumise à
l’accord de plusieurs organes ?
Par exemple :
Si le référendum est proposé par le chef de l’Etat, faut-il une proposition
du Gouvernement ou de l’une ou des deux chambres du Parlement ? Le chef de
l’Etat ou le chef du Gouvernement peuvent-il refuser la proposition ?
Si le référendum est demandé par une fraction du corps électoral, faut-il
l’accord du Parlement/d’une fraction du Parlement ?
Le référendum peut-il être fondé sur une initiative populaire présentant
une proposition alternative à un projet retenu par le Parlement ?
5. Rôle du Parlement :
- peut-il s’opposer à l’organisation d’un référendum en adoptant un
contre-projet portant sur le même objet ? Dans quel délai ?
- peut-il soumettre un contre-projet au peuple simultanément au
premier texte proposé ?
- peut-il donner uniquement donner son avis ?
- un délai est-il fixé pour que le Parlement prenne position et, si
celui-ci n’est pas respecté, quelles en sont les conséquences ?
- en cas de référendum portant sur une question de principe/une proposition
non formulée/abrogatif (voir paragraphe suivant), doit-il adopter un (nouveau)
texte juridique ?
C - Contenu
1. Types d’actes soumis au référendum
Le référendum est-il prévu seulement pour modifier la Constitution ?
Un référendum est-il nécessaire pour modifier la Constitution ?
Sur quels autres types d’actes le référendum peut-il intervenir ?
2. Matières sur lesquelles peut porter le référendum
Le référendum est-il réservé à certaines matières ? Certaines matières
sont-elles soumises obligatoirement au référendum ou, au contraire, exclues du
référendum ?
D - La forme du texte soumis au référendum (la
validité formelle)
1.
Quelle est la forme possible du texte soumis au référendum ?
-
un projet rédigé de texte constitutionnel, légal ou autre
-
l’abrogation d’un texte en vigueur
-
une question de principe (par
exemple : « êtes-vous en faveur d’un amendement de la Constitution
visant à introduire un système présidentiel ? ») ou
- une proposition concrète qui n’est pas présentée sous la forme de
dispositions spécifiques, dite "proposition non-formulée" (par
exemple : «êtes-vous en faveur d’un amendement de la Constitution
réduisant le nombre de sièges du Parlement de 300 à 200 ? »).
2. Les questions soumises au référendum doivent-elle respecter :
a. l’unité de la forme (une
même question ne doit pas combiner un projet rédigé et une proposition non
formulée ou une question de principe) ;
b. l’unité de la matière (sous
réserve du cas de révision totale d’un texte, il doit exister un rapport
intrinsèque entre les différentes parties de chaque question soumise au vote,
afin de garantir la liberté de vote de l’électeur, qui ne doit pas être appelé
à accepter ou rejeter en bloc des dispositions sans lien entre elles) ;
c. l’unité de rang : une même
question ne doit pas porter simultanément sur la Constitution et un acte
normatif inférieur.
d. Le
vote doit-il porter sur une seule question ou peut-elle porter sur
plusieurs ?
e. La
ou les questions doivent-elles être claires et non suggestives ?
E - Limites matérielles du référendum (la validité
matérielle)
Le référendum
est-il exclu si le texte proposé est contraire :
- au droit
international ou à certaines de ses normes
- à la
Constitution ou à certaines de ses normes
- à d’autres
normes de droit supérieur
F - Campagne/propagande/financement et votation
1. Campagne et propagande
a. Les autorités sont-elles tenues de fournir une information
objective, notamment par la remise du texte et d’une notice explicative aux
électeurs ?
b. Si une notice explicative est prévue, qui la rédige ?
Les formations politiques peuvent-elles participer à la rédaction de cette
notice ? La notice explicative doit-elle présenter le point de vue des
autorités et celui des personnes ayant un point de vue opposé, de manière
équilibrée ?
c. La propagande pour ou
contre le texte proposé est-elle réservée aux partis politiques ? Dans le
cas contraire, qui peut participer à cette propagande ? Les autorités
(nationales, régionales, locales) peuvent-elles faire campagne ?
d. Les médias publics sont-ils tenus de réserver une place
égale aux partisans et aux adversaires du texte proposé ?
e. Qu’en est-il des médias privés ? Les conditions
financières ou autres de la publicité radio-télévisée sont-elles égales pour
les partisans et les adversaires du projet ?
2. Financement
a. L’utilisation de fonds publics en faveur ou en défaveur d’un
projet soumis au référendum est-elle autorisée ? Dans quelle mesure ?
Est-elle exclue pendant la période précédant le vote ?
b. La rémunération de la récolte des signatures pour les
initiatives populaires par des fonds privés est-elle autorisée, et à quelles
conditions ?
3. Votation
a. Les
opérations électorales sont-elles réalisées en un seul jour ou sur
plusieurs ?
b. S’il y a un décalage horaire important entre les différents
centres de vote, les résultats de certains d’entre eux peuvent-ils être connus
avant la clôture des opérations des autres centres ?
c. La
participation de chaque électeur est-elle obligatoire ?
d. Quorum : Pour que la consultation soit
valable, doit-elle avoir recueilli un certain pourcentage de votants par
rapport au nombre des inscrits ? Ou faut-il une participation
minimale ?
G - Les effets du référendum
1. Quels sont les effets du référendum ? Est-il demandé aux électeurs
un simple avis (référendum consultatif) ? Ou une décision (référendum
décisionnel) ?
2. Le référendum oblige-t-il à prendre d’autres décisions (voir point
B.5) ?
3. Le texte en vigueur désavoué par la consultation doit-il être
immédiatement considéré comme abrogé ?
H
- Parallélisme des formes et normes prévoyant le référendum
1. Une disposition acceptée/refusée par référendum peut-elle être
révisée/introduite par une procédure excluant le référendum ?
2. Une norme constitutionnelle ou législative prévoyant la possibilité
d’organiser un référendum peut-elle être révisée par une procédure excluant le
référendum ?
I - Règles particulières relatives à l’initiative populaire
1. Quels sont les délais pour la récolte des signatures ?
2. Qui est autorisé à récolter les signatures ?
3. Comment la vérification des signatures s’effectue-t-elle ?
4. Une autorité est-elle autorisée à rectifier les vices résultant du
contenu de la question ? (Exemples : en matière de validité formelle,
de caractère obscur, trompeur ou suggestif de la question)
J - Contrôle juridictionnel
1. La décision d’organiser ou de ne pas organiser un référendum peut-elle
faire l’objet d’un recours devant une juridiction ? Ou un contrôle
judiciaire est-il exercé d’office ? Ce contrôle concerne-t-il en
particulier l’aboutissement des initiatives populaires ?
2. Dans l’affirmative, quels sont les cas où le juge peut s’opposer à la
tenue d’un référendum (violation de l’unité de la forme, de l’unité de la
matière, absence de clarté de la question, etc.) ?
3. Les résultats du référendum peuvent-ils faire l’objet d’un contrôle juridictionnel ?
4. Qui a qualité pour recourir ?
K - Les expériences de référendum
1. Depuis que le pays est doté d’une Constitution combien de référendums
ont-ils été organisés ?
2. Qui a pris l’initiative d’organiser chacun d’eux ?
3. Certains référendums ont-ils échoué faute d’une participation
suffisante ?
4. A combien de référendums les électeurs ont-ils donné une réponse
affirmative ?
5. A combien de référendums les électeurs ont-ils donné une réponse
négative ?
6. La réponse s’explique-t-elle en grande partie pour des raisons
étrangères à la question posée ?
7. Une réponse affirmative s’explique-t-elle par la popularité de celui qui
a posé la question ?
8. Une réponse négative s’explique-t-elle par l’impopularité des
gouvernants ? Ou par un mécontentement général ? Ou encore par une
inexacte compréhension des enjeux en cause ?
II – Référendums locaux
A - Quel fondement juridique ?
1. Le référendum est-il prévu par la Constitution nationale ?
2. A défaut de dispositions constitutionnelles la loi nationale permet-elle
de recourir au référendum ?
3. Des dispositions des entités (fédérées, régionales, autonomes, etc.)
prévoient-elles le référendum ?
4. En quelles matières le référendum est-il possible ?
A1 – A quel niveau ?
1. Au niveau des Etats fédérés ?
2. Au niveau des provinces ? Des régions ?
3. Au niveau de circonscriptions plus réduites ? Des
départements ?
4. Au niveau des communes ?
5. En quelles matières ?
B – Quel est le type de référendum ? Qui décide ?
Répondre aux mêmes questions que I-B, mutatis mutandis (en indiquant notamment quelles autorités
fédérées/régionales/locales peuvent intervenir).
C – Contenu
Répondre aux mêmes questions que I-C.
En particulier :
- Le référendum peut-il porter sur la sécession ?
- Une modification des limites territoriales ?
- Tout autre objet ?
D - La forme du texte soumis au référendum (la
validité formelle)
Répondre aux mêmes questions que I-D.
E - Limites matérielles du référendum (la validité
matérielle)
Répondre aux mêmes questions que I-E (et en particulier à la question de la
conformité aux normes de l’Etat central).
F – Propagande et votation
Répondre aux mêmes questions que I-F.
G – Les effets du référendum
Répondre aux mêmes questions que I-G.
H – Parallélisme des formes et normes prévoyant le référendum
Répondre aux
mêmes questions que I-H.
I - Règles particulières relatives à l’initiative populaire
Répondre aux
mêmes questions que I-I.
J - Contrôle juridictionnel
Répondre aux mêmes questions que I-J, en distinguant le cas échéant le
contrôle judiciaire au niveau de l’Etat central et des entités fédérées/des
régions.
K – Les expériences de référendum
1. Les référendums locaux ont-ils été nombreux ?
2. A quel niveau ?
Etat fédéré ? Province ou département ? Communes ? Autres
circonscriptions ?
III – Avenir du référendum
1.Une réforme du
référendum est-elle en cours ?
2. Si oui, quel est son
objet ?