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Strasbourg, le 17
mars 2004
CCS 2004/01
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CDL-JU(2004)003
Fr. seul.
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COMMISSION EUROPEENNE
POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION DE VENISE)
en coopération avec
LE
Centre d’Études Politiques et Constitutionnelles, Madrid
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ATELIER
SUR LE RÔLE DE LA CONSTITUTION
DANS LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE ESPAGNOLE - 25
ANS D’EXPÉRIENCE
(1978-2003)
Madrid, 23-24 janvier 2004
RAPPORT SUR
« Droit à la vie et la Cour
Constitutionnelle : Expérience ukrainienne quant à l’abolition de la
peine de mort»
M. Petro MARTINENKO
Doyen de la Faculté de droit international
Salomon, Kiev, Ancien juge à la Cour
constitutionnelle de l’Ukraine
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Ukraine avant la déclaration de l'indépendance
en 1991 appartenait vers cette région de l’Europe, dans laquelle l’homme et sa
vie n'avaient aucune valeur. En URSS la peine de mort - la fusillade - était
considérée comme la mesure préventive générale de l’élimination de n'importe
quelle activité dangereuse pour le régime. Une large application des fusillades
aux périodes particulières de l'histoire du régime portait un caractère de
l’activité d’extrajudiciaire « des tribunaux révolutionnaires »,
anonymes assassinats etc. et avec la politique de la mort par la famine
devienne un instrument de la terreur d'Etat avec les victimes de plusieurs
dizaines de millions. C'est pourquoi il est traditionnel et dans les actions
des pouvoirs publics et dans la conscience massive de la population de cette
région à considérer la peine de mort en tant que un phénomène tout a fait
habituel. Cela explique l’état de chose dans plusieurs Etats de cet région
d’aujourd’hui (Biélorussie, Arménie, Azerbaïdjan et sous certaines réserves la
Russie).
Pour abolir la peine de mort en Ukraine il était
nécessaire la période à 7 ans. Le début au processus était dû en octobre 1995
avec l'adjonction de l’Ukraine au Statut du Conseil de l’Europe[1] et un peu plus tard – à la Convention de
sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales [Rome, 1950][2]. Ce processus s'est terminé seulement en décembre
2002, quand l’Ukraine ratifiait le Protocole n° 13 à la Convention Européenne
des Droits de l’Homme sur l'abolition de la peine de mort à n’importe quelles
circonstances[3]. Aujourd’hui à la suite de ce processus
l’Ukraine s'est jointe en matière de l'assurance du droit à la vie au nombre de
ces Etats européens, dans lesquels depuis le 1 juillet de 2003 le Protocole
européen sur l’abolition totale de la peine de mort entre en vigueur.
En générale, le rôle clé dans la solution
positive de ce problème en Ukraine ont joué: l'adjonction de l’Ukraine au
Conseil de l’Europe en octobre 1995; l'adoption de la nouvelle Constitution de
l’Ukraine du 28 juin 1996[4] ; et surtout la Décision de la Cour
Constitutionnelle de l’Ukraine du 29 décembre 1999 sur l’inconstitutionnalité
de l'application [au temps de paix et de guerre] de la peine de mort comme une
sanction d’exception de la pénalité en Ukraine[5]. Cette Décision a changé qualitativement le
champ général juridique du pays ; a exercé une influence profonde à la situation
spirituelle de la société.
1.
Une brève histoire de la question
La Constitution de l’Ukraine de 1996 ne contient
pas des normes qui définiraient la liste des mesures de la punition. Elle ne
contient pas expressis verbis des prescriptions en ce qui concerne
l'application ou la non application de la peine de mort, sans mentionner même
de ce terme. Elaborée sur la base des standards européens, la Constitution a
fixé le droit absolu de toute personne à la vie [l’article 27]. De là sous
l’influence de l’adhésion de l’Ukraine au Conseil de l’Europe on a fait surgir
la question sur la conformité à la Constitution de telles dispositions du Code
pénal en vigueur adopté en 1960 à l'époque de l’URSS, dans lesquelles était
prévu la peine de mort – fusillade - comme mesure de la punition[6].
Au début la compréhension de cette nécessité
objective dans le milieu des juristes, de politiciens, de l'opinion publique
était assez chétive et lente. Presque trois quarts de la population du pays
s'exprimaient constamment pour la préservation de la peine de mort comme mesure
exclusive de la punition criminelle d’après les résultats des sondages
sociologiques à la période de 1996-1999. La majorité absolue des parlementaires
– membres du Verkhovna Rada - se tenaient de cette opinion. Les doutes
concernant la légalité de l'application de la peine de mort n'étaient pas
exprimées et dans les structures du pouvoir judiciaire. Les normes
constitutionnelles n'étaient pas encore perçues par les juristes-praticens
comme les normes de l'action directe. Au cours de 1996 il y avait exécuté 160
personnes. Ni cours, ni avocats ne posaient la question sur
l’inconstitutionnalité de la peine de mort.
Plus tard le problème de l’inconstitutionnalité
de la peine de mort en Ukraine était actualisé en raison de l'appartenance au
Conseil de l’Europe. Justement dans le contexte de la nécessité de l'exécution
des obligations internationales prises devant le Conseil de l’Europe, le
problème de la légalité de l'application de la peine de mort s'est trouvé à
l'épicentre de l'opinion publique. Dans la période de 1996 à 1999 ce problème
en Ukraine s'est transformé en longue querelle entre le pouvoir exécutif et le
pouvoir législatif. Le chef de l'Etat et le gouvernement de cette époque
insistaient sur la confirmation législative du moratoire pour l'exécution des
arrêts de mort et sur les ratifications du Protocole N 6 à la Convention
Européenne des Droits de l’Homme. Le parlement, n’ayant pas la majorité
nécessaire pour l'acceptation de telle mesures législatives, ne s'est trouvé
pas prêt de cela faire. Plus tard on avait fait adhérer à cette querelle
d'autres organismes du pouvoir et des partis politiques.
Avec cela les partisans de la préservation de la
peine de mort, ainsi que leurs adversaires, se référaient à la Constitution de
1996, interprétant à sa manière les dispositions constitutionnelles.
Graduellement le conflit autour de l'abolition de la peine de mort en Ukraine a
acquis le caractère d’un litige constitutionnel sur sa conformité à la Constitution.
Le dernier mot dans ce litige devait être dit par la Cour Constitutionnelle,
cependant cette dernière évidemment ne s'empressait pas.
Les premières tentatives de la poursuite de la
mesure exclusive de la punition par la Cour Constitutionnelle en Ukraine
étaient entreprises encore en décembre 1997. Alors deux groupes des
parlementaires - à 46 personnes chacune - se sont adressés à la Cour
Constitutionnelle avec les requêtes de reconnaître l’inconstitutionnalité de la
peine de mort comme mesure exclusive de la punition. La Cour, s’étant référé
aux motifs formels, a refusé d'examiner ces deux requêtes.
L’ « attentat » suivant à la
peine de mort était entrepris déjà en février 1999. Cette fois la requête à la
Cour Constitutionnelle était envoyée par le troisième groupe des parlementaires
représentant les fractions différentes du parlement [51 personnes]. La demande
était la même - examiner la question sur l’inconstitutionnalité des
dispositions du Code pénal qui prévoient la possibilité de l'application de la
peine de mort. Cette fois la Cour Constitutionnelle est allé à la rencontre des
parlementaires: une nouvelle requête était dirigée à un nouveau collège de la
Cour, on fixait un nouveau juge - rapporteur.
Un nouveau collège judiciaire a ouvert juger
cette affaire quelques mois plus tard [le 10 juin 1999]. Les débats judiciaires
en séance plénière de la Cour se prolongeaient avec certaines interruptions
plus de trois mois. La Décision de la Cour était acceptée le 29 décembre 1999.
Conformément à cette Décision, la norme de l'article 24 de la Partie Générale
et les dispositions des sanctions des articles de la Partie Spéciale du Code
pénal qui prévoyaient la peine de mort comme la mesure de la punition (c’était
16 articles), étaient reconnus ne répondant pas à la Constitution
[inconstitutionnel] avec toutes les conséquences juridiques découlant d'ici.
En train de la préparation de l'affaire à
l’examen judiciaire on utilisait le massif immense des documents. Dans la
plupart c’était les actes officiels, les copies des sténogrammes des séances du
Verkhovna Rada de l’Ukraine soviétique et de l’Ukraine indépendante, de leurs
commissions et comités, où on examinait les questions de l'introduction ou
l’abolition de la peine de mort; les lettres-réponses des dirigeants
d'organismes du pouvoir d'Etat mêlés au problème de la peine de mort et
plusieurs d’autres.
La Cour Constitutionnelle a reçu les
explications du Président de l’Ukraine, du Président de Verkhovna Rada, du
Ministères des affaires étrangères, de l’ombudsman ukrainiens, du Département
sur les questions de l'exécution des punitions, du Ministère de la justice, du
Ministère de la défense, du Procureur Général, de la Cour Suprême, du Service
de la Sécurité d’Etat et beaucoup d’autres.
On recevait les conclusions de l'expertise
juridique, les données de référence et statistiques, on construit les tableaux
comparatifs; sélectivement on étudie la pratique de la Cour Européenne des
Droits de l’Homme, des juridictions constitutionnelles des pays étrangers, surtout,
de la République de l’Afrique de Sud, de la Hongrie et de la Lituanie. Compte
tenu de tous les faits indiqués, des circonstances, des conditions, ainsi que
compte tenu des normes du droit en vigueur la Cour Constitutionnelle décidait
cette question. L'aide considérable dans la préparation des questions
particulières dans cette affaire était donné par la Commission de Venise ;
les scientifiques de l'Institut Max Planck de droit public étranger et
internationale de l'Université de Heidelberg; de l'Institut de l'Östrecht de
l'Université de Köln ; de la Faculté de Droit de l'Université d'Auvergne.
Les parlementaires se sont adressés à la Cour
Constitutionnelle avec la requête intérieurement contradictoire. Ils
demandaient de reconnaître comme non constitutionnelle les telles dispositions
du Code pénal sur l'application de la mesure exclusive de la punition - la
peine de mort - la fusillade - qu’ils ont désigné comme « les crimes
civils »[7], ils ont laisse sans attention tous les autres
cas de la peine de mort, prévue par le code, qu’ils ont nommé « les crimes
militaires »[8], admis en principe au temps de paix. Dans le
contexte de la requête constitutionnelle ce n'était pas identique à la requête
de l’abolition de la peine de mort « au temps de paix » et cette
circonstance par la suite a compliqué beaucoup de la tâche de la Cour
Constitutionnelle.
Dans sa Décision du 29 décembre 1999 la Cour
Constitutionnelle est allé beaucoup plus loin de requête des parlementaires,
ayant reconnu comme non constitutionnelles la totalité des dispositions du Code
pénal prévoyant la peine de mort sans aucune exception et au temps de paix et
au temps de guerre. Ainsi, la Cour Constitutionnelle a signé l'arrêt de mort à
la peine de mort comme la mesure de punition en Ukraine ; la peine
capitale est retirée au-delà du champ juridique du pays.
2.
Les arguments principaux de la
Cour
Ils sont les six
Le
premier argument : L'analyse systématique des dispositions de l'article 27
de la Constitution
La Cour Constitutionnelle devait définir, si
exclut-il le droit inaliénable à la vie prévue dans la première partie de
l’article 27 de la Constitution la possibilité de l'application législative de
la peine de mort comme mesure de punition de l’homme ? L'utilisation du
terme « arbitrairement » [angl. : « arbitrarily »[9]] dans la deuxième partie de l’article 27 de la
Constitution empêchait d’obtenir une simple réponse à cette question. La
première partie de l’article 27 de la Constitution prévoit le droit inaliénable
de l’homme à la vie, mais la deuxième partie de cet article annonce que
« personne ne peut pas être arbitrairement privé la vie ». Voilà la
question suivante est apparue devant les juges constitutionnels : se
trouve-elle ou non la possibilité de l'application de la peine capitale comme
sanction pénale législative sous la privation arbitraire de la vie?
Ayant étudié le problème, les juges
constitutionnelles sont venues vers la conclusion que les dispositions de
l'article 27 de la Constitution ne permettent pas de donner la réponse exacte
et univoque à cette question. Les partisans et les adversaires de l'application
législative de la peine de mort peuvent également se référer au terme
« arbitrairement », en l’interprétant dans la lumière avantageuse
pour eux. C'est pourquoi pour donner la réponse définitive à la question sur la
compatibilité de la peine de mort avec le droit à la vie les juges ont décidé
de recourir à l'analyse de toute la Constitution en totalité, en comprenant de
celle-ci comme un document commun, intègre. Tel « l'analyse
systématique » a permis de formuler le premier argument sur la non
constitutionalité de la peine de mort.
La Cour a pris en considération les dispositions
suivantes de la Constitution : protection de la vie de l’homme est un
devoir de l’Etat [la deuxième partie de l’article 27] ; les droit et les
libertés constitutionnels sont fixés en tant que « inaliénables » et
« inviolables » [l’article 21]; les droits constitutionnels, y
compris le droit à la vie, ne peuvent pas être abrogés ; l’étendue et le
contenue de ces droits ne peuvent pas diminué par le législateur [l’article
22] ; ces droits ne peuvent pas être restreints par le législateur sans
autorisation dans la Constitution [la première partie de l’article 64] ;
on interdit le dépôt de quelques changements dans la Constitution elle-même,
s’ils prévoient la suppression des droits et des libertés de l’homme , qui sont
garantis dans la Constitution [la première partie de l’article 157].
Donc, selon la Constitution en vigueur, prise en
totalité, l'Etat, d’une part, doit garantir les droits constitutionnels, y
compris le droit à la vie, mais, d’autre part, doit se retenir de l'adoption de
quelques actes législatifs, qui amèneraient à la suppression de ces droits. En
conséquence, l'application par législateur de la peine de mort comme mesure de
punition de l’homme, qui prive l’homme de la vie, doit être considéré comme la
suppression par le législateur du droit constitutionnel inaliénable de l’homme
à la vie, c’est que ne correspond pas à la Constitution.
Ayant examiné la requête des parlementaires, la
Cour Constitutionnelle a pris en considération une série d'autres aspects de
cette affaire.
Le deuxième argument : L'interprétation
historique des dispositions de l'article 27 de la Constitution
L'analyse détaillée des documents liés à
l'élaboration du projet de la Constitution de l’Ukraine indique sans équivoque
que l’auteur de la Constitution – « Verfassungsgeber ukrainienne » -
a fait le choix au profit de l’abolition de la peine de mort comme mesure
punitive. En fait, le projet de la Constitution était élaboré sur la base de
l’incorporation à son texte des dispositions de l'article 6 du « Pacte des
Nations Unies relatif aux droits civils et politiques » de 1966. Cet
article, comme on le sait, dans sa deuxième partie admet l'application de la
peine de mort, en étant stipulé que les arrêts de mort ne peuvent être
prononcés que pour le grave crime conformément à la loi[10].
Les projets initiaux de la Constitution presque
mot à mot reproduisaient cette deuxième partie de l'article 6 du Pacte des
Nations Unies cité[11]. Pourtant dans le projet définitif de cette
Constitution qui était présenté au parlement – Verkhovna Rada - à son adoption,
la reproduction de cette deuxième partie de l'article 6 du Pacte des Nations
Unies cité était déjà manquée[12]. En adoptant la Constitution, le parlement a
laissé la question sur la peine de mort sous le silence.
Il faut chercher la raison à cela dans le choix
européen de la politique de l'Ukraine. Le retrait des dispositions sur
l'application de la peine de mort du projet constitutionnel a coïncidé avec
l'adoption de la Loi « Sur l'adjonction de l’Ukraine au Statut du Conseil
de l’Europe » du 31 octobre 1995[13]. Dans cette Loi on confirmait le dévouement de
l’Ukraine « aux idéaux et aux principes qui sont le patrimoine total des
peuples européens ». Entre autre, l’Ukraine a assumé l'obligation devant
le Conseil de l’Europe d’abolir la peine de mort. Voila pourquoi la Commission
Constitutionnelle et le parlement de l'Ukraine, sans prédéterminer
définitivement la question sur l’abolition de la peine de mort au niveau
législatif, s’abstenaient de résoudre cette question au niveau constitutionnel.
En conséquence, le texte de la Constitution de l’Ukraine a contourné tacitement
la question sur l'application de la peine de mort comme un mesure punitif.
Le
troisième argument : Le problème de la légitimité du but de la peine de
mort
La Cour Constitutionnelle, en prenant sa
Décision sur la reconnaissance de l'application législative de la peine de mort
en Ukraine de telle qui ne correspond pas à la Constitution, se basait aussi
sur ce que ni la Constitution, ni la loi criminelle, ni la législation de
l'Etat au total ne contiennent aucune définition du but de l'application de la
peine de mort comme un mesure punitif.
Toute l'histoire de l'application de la peine de
mort en URSS témoigne que la nécessité même de l'emploi de cette mesure
exclusive n'était jamais en URSS dûment légalisé. Non réalisé au but
législatif, la peine de mort en URSS était appliquée en réalité pour
l'acquisition des buts politiques très divers, y compris la modération de la
croissance de la criminalité.
Le Code pénal de l’Ukraine de 1960 – partie
intégrante de la législation ex-soviétique en Ukraine indépendante - souffrait
du même défaut. Le Code prévoit la mesure exclusive de la punition - la peine
de mort - comme la mesure temporaire qui existe « avant son abolition
complète »[14]. Mais ni dans ce Code, ni dans une autre loi le
but final de l’emploi de la peine de mort, le temps et les conditions de son
abolition finale n'étaient pas définis. Il manquait une définition rudimentaire
du but de l’application de la peine capitale et dans les lois de procès de
l’URSS et de l’Ukraine réglant l'ordre de l'exécution de l'arrêt judiciaire.
La peine de mort des gens sans le but défini
nécessaire qui même il est impossible d'estimer au sujet de la légitimité, ne
correspond pas à l'avis de la Cour Constitutionnelle aux principes de l’Etat de
droit, qui sont à la base de la Constitution de l’Ukraine [les articles 1, 3,
8, 19, 22]. C'est pourquoi la peine de mort, prévue dans la loi criminelle
comme mesure punitive sans défini du but légitime de l’emploi de cette mesure,
est la privation arbitraire de la vie de l’être humain.
Le
quatrième argument : La peine de mort et le problème de l'erreur possible
judiciaire
Il faut, d’une part, accepter ce que la justice,
et surtout la procédure judiciaire criminelle, possède à un fort degré un
caractère subjectif, c'est-à-dire se fonde sur les présentations personnelles
au juge et sur leur estimation personnelles des preuves sur l'affaire. D’autre
part, l'erreur judiciaire en cas de la privation volontaire de la vie de
l’homme a pour cet homme un caractère irréparable.
L'analyse de la législation de l'Ukraine a
confirmé ce jugement. En conformité du Code pénal de 1960, la cour, en
précisant la mesure punitive concrète, « se guide par son sens de la
justice » et «prend en considération le caractère et le degré du
danger public du crime»[15], estime les preuves «d’après sa persuasion
intérieure»[16]. De même «la persuasion intérieure» se guide
aussi par le procureur, quand il soutient les accusations devant la cour[17]. «La persuasion intérieure» des fonctionnaires
de l'Etat qui prennent part à la réalisation de la justice, ainsi que leur sens
de la justice, présentent l'élément absolument subjectif de l'arrêt judiciaire.
Par la suite la précision dans l'arrêt
judiciaire de la peine de mort est l'action qui risque d’être arbitraire du
côté de l'Etat et cela ne justifie pas juridiquement la privation du droit à la
vie d’être humain garantie à la Constitution [les articles 3, 22, 27].
L'exécution de l'arrêt de mort fait impossible la correction de ses
conséquences erroné qui ne se conformera pas aux garanties constitutionnelles
de la protection des droits et des libertés de l’homme (l’article 55 de la
Constitution).
Le
cinquième argument : Le droit à la vie et « le syndrome de chambre
des condamnés à mort ».
La Cour Constitutionnelle a accepté une opinion
des requérants que la peine de mort est une punition inhumaine ou telle qui
humilie le respect de la dignité de l’homme garanti à la Constitution en tant
que son droit fondamentale [la première partie de l'article 28].
Le droit de chacun au respect de la dignité
humaine est lié organiquement au droit fondamental à la vie. Le droit à la vie
sans dignité n'est pas le droit à la vie humaine. Après la prononciation de
l'arrêt de mort l’homme se transforme à un simple objet, qu'on supprime son
autonomie individuelle garantie à lui par le droit. Le droit à la dignité
humaine, comme le droit à la vie, ne peut pas être recommencé. Ce sont les
droits absolus de l’être humain du caractère naturel et juridique à la fois.
D’après leurs origines ils sont indépendants de l'Etat, c'est pourquoi l'Etat
ne peut pas les léser ou supprimer.
La Cour Constitutionnelle s'est référée à la
Décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans l'affaire Soering v.
United Kingdom (1989)[18]. L’Ukraine se fait légalement reconnaître les interprétations
des dispositions de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de
l’Homme et des Libertés fondamentales (1950) dans les décisions de la Cour
Européenne des Droits de l’Homme[19] .
D’autre part, l'article 28 de la Constitution
ukrainienne reproduit presque mot à mot le contenue de l'article 3 de la
Convention Européenne des Droits de l’Homme et stipule, que nul ne peut être
soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumaines ou dégradants.
Dans l'Affaire indiquée la Cour Européenne des Droits de l’Homme a confirmé la
non-conformité de la peine de mort à la disposition de l’article 3 de la
Convention Européenne de Droits de l’Homme. Il s’agie de soi-disant
« syndrome de chambre des condamnés à mort », quand la personne attend
l'exécution de l'arrêt de mort pendant la période incertaine et qui est
l'atteinte du droit à la dignité humaine. Le prisonnier doit pendant le temps
durable supporter les conditions de la chambre de condamner à mort et avec cela
vivre dans la peur et dans la tension augmentée devant l'ombre toujours
assistant de la mort.
En Ukraine la situation avec l'exécution des
arrêts de mort correspondait entièrement à cette définition de la Cour
Européenne des Droits de l’Homme. L'exécution des arrêts de mort était confiée
au Département d'Etat sur les questions de l'exécution des punitions. Cependant
la loi ne définissait pas le dernier délai de l'exécution de l'arrêt de mort.
Les garanties juridiques qui étaient accordés à la personne condamnée pour le
recours de l'arrêt, conduisaient automatiquement vers l'ajournement de
l'exécution de l'arrêt à durée indéterminée. Dans la pratique cela signifiait
que telle personne, en attendant la mort, ne savait jamais la date exacte, cela
pouvait avoir lieu à n'importe quel moment. La procédure de l’exécution des
arrêts de mort, l’organisation et l’activité des organisme correspondants
d’exécution en Ukraine [comme en URSS] était réglé par les actes réglementaires
administratifs internes, reproduisant les traditions soviétique :
l'interdiction des rendez-vous, le sacrement du moyen de la mort,
l'interdiction de la distribution du corps aux parents, la rétention de la
place d’enterrement sous le secret et d’autres.
Donc, puisque l'article 28 de la Constitution de
l’Ukraine reproduit l'article 3 de la Convention Européenne des Droits de
l’Homme et l’Ukraine a reconnu la juridiction de la Cour Européenne des Droits
de l’Homme sur les questions de l'interprétation de cette Convention, la Cour
Constitutionnelle est venue à la conclusion que la peine de mort ne correspond
pas également à l'article 28 de la Constitution de l’Ukraine.
Le
sixième argument : L'analyse des dispositions de l'article 27 de la
Constitution dans le contexte des obligations internationales de l’Ukraine
Comme un aspect essentiel dans la décision de
l'affaire de l’abolition de la peine de mort en Ukraine est devenu le problème
des obligations internationales non exécutées par l'Etat. L'adhésion de
l’Ukraine au Conseil de l’Europe était liée avec plusieurs obligations, prises
par l’Ukraine et liées avec l'appartenance à cette organisation[20]. Parmi ces obligations était et l’abolition de
la peine de mort comme une mesures punitives: l’Ukraine s'est obligée pendant
une année dès le moment de l'entrée au Conseil de l’Europe, c'est-à-dire avant
le 9 novembre 1996, signer et pendant trois ans, c'est-à-dire avant le 9
novembre 1998, ratifier le Protocole n° 6 à la Convention Européennes des
Droits de l’Homme. Le Protocole prévoit l'abolition de la peine de mort au temps
de paix. Le Protocole était signé par Ukraine le 5 juin 1996 à Strasbourg, mais
il n'était pas ratifié à temps[21].
En exécutant des obligations internationales
concernant l’abolition de la peine de mort le Cabinet des Ministres - le sujet
du droit de l'initiative législative - apportait plusieurs fois au parlement la
proposition sur l'introduction législative de la nouvelle mesure punitive - les
détentions perpétuelles, ainsi que sur l'abolition de la peine de mort et la
non utilisation de celle-ci au temps de paix. Deux fois - en octobre 1997 et en
décembre 1998 - le Président de l’Ukraine apportait au parlement le projet de
la loi sur la ratification du Protocole N 6, présenté ceux-ci comme urgents.
Ces propositions et les projets de loi n'étaient jamais examinés par le
parlement.
Comme on remarque dans une résolution du Conseil
de l’Europe[22], l’Ukraine n'a pas accompli les obligations sur
l’abolition de la peine de mort. Selon les données des sources officielles les
212 personnes étaient mis à mort pendant la période entre le 9 novembre 1995 et
le 11 mars 1997. En même temps, comme l'Assemblée remarque, dès le 11 mars 1997
en Ukraine il y avait un moratoire réel introduit sur l'exécution des arrêts de
mort. L'Assemblée insiste sur la confirmation législative de ce moratoire. Le
parlement de l’Ukraine doit ratifier dans l'ordre prioritaire le Protocole N 6
à la Convention des Droits de l’Homme.
En examinant cet aspect de l'Affaire la Cour
Constitutionnelle a pris en considération cette circonstance qu'en conformité
des normes du droit international le traité international qui est signé, mais
pas encore ratifié, impose à l'Etat l'obligation internationale concrète.
L'Etat est obligé de s'abstenir des actions qui priveraient le traité de son
objet et ses buts[23]. L'inaction du parlement dans la décision des
questions de l'introduction législative du moratoire pour l'exécution des
arrêts de mort en Ukraine, à l'avis de la Cour Constitutionnelle, prive du
traité international signé de son objet et son but et par cela entre en
contradiction avec la Constitution de l’Ukraine. D’après l’article 18 de la
Constitution, le respect "des principes et des normes universellement
admis du droit international" [et parmi ceux-ci, certainement, le principe
pacta sunt servanda] constituent la norme suprême de toute activité d’Etat dans
les rapports extérieurs.
3.
Les conséquences de la décision de
la Cour
Conformément à la Constitution de l’Ukraine [la
deuxième partie de l’article 152] la Cour Constitutionnelle dans sa décision a décidé
: « 2. Les dispositions du Code pénal de l’Ukraine, qui sont reconnues non
constitutionnels, perdent la force depuis le jour de l'acceptation par la Cour
Constitutionnelle de l’Ukraine de la présente Décision. 3. Au Verkhovna Rada de
l’Ukraine amener le Code pénal de l’Ukraine à la conformité avec cette Décision
de la Cour Constitutionnelle de l’Ukraine »[24]. Selon la Constitution la Décision de la Cour
Constitutionnelle est obligatoire à l'exécution sur le territoire de l’Ukraine,
définitive et ne peut pas être appelé [troisième partie de l’article 150].
a)
La Décision de la Cour Constitutionnelle et le
législateur
En accomplissement de la Décision de la Cour le
parlement en février 2000 a ratifié le Protocole n° 6 à la Convention
Européenne des Droits de l’Homme[25], mais il a conservé avec cela la peine de mort
au temps de guerre [c’est qui n’était pas conforme à la Décision de la Cour
Constitutionnelle ( ?!!)]. En même temps le parlement a introduit les
changements correspondant aux dispositions du Code pénal, du Code d’instruction
criminelle et du Code de rééducation par le travail[26]; la peine de mort comme la mesure punitive
criminelle était abolie, on introduit la détention perpétuelle. Le nouveau Code
pénal de l’Ukraine de 2001 ne sait plus « la peine de mort », mais
parmi les mesures punitives réserve « la détention perpétuelle »[27]. En fin, comme on a dit au début, le 18
décembre 2003 le parlement a ratifié le Protocole n° 13 à la Convention
Européenne des Droits de l’Homme[28].
Aujourd'hui on peut constater que dans la
sphère de la législation et de la pratique judiciaire le verdict de la Cour
Constitutionnelle est accompli entièrement.
À la fin de 2000 une personne privée - le
citoyen Leontij Tymotchuk, un prisonnier de la ville de Zhytomir - s'est adressée
à la Cour Constitutionnelle, en demandant l'interprétation officielle de la
disposition de la première partie de l’article 58 de la Constitutions de
l’Ukraine. Au processus de la réalisation de la Décision de la Cour
Constitutionnelle du 29 décembre 1999 sur l'abolition de la peine de mort on a
lui remplacé « l'arrêt de mort » par « la détention
perpétuelle ». En protestant contre cela, il s'est référé à l’article 58
de la Constitution, qui interdit l'application rétroactive de la loi
criminelle. La Cour constitutionnelle a refusé la considération de son appel[29]. La Cour s'est référée à un précédent : le
plus tôt, en février 1999, la Cour a déjà donné l'interprétation de cette
disposition de l'article 58 de la Constitution, à qui était reconnu, que la
Constitution admet l'action rétroactive de la loi criminelle à la situation, si
cette loi atténue ou élimine la responsabilité pénale de la personne[30].
Aujourd’hui au niveau de la législation, de la
pratique judiciaire et pénitentiaire le problème de la peine de mort en Ukraine
n’existe pas, mais dans les discussions juridiques doctrinales on présente les
opinions contradictoires.
b)
La décision de la Cour Constitutionnelle et la
doctrine juridique
La majorité de représentants de la doctrine
juridique ont estimé haut la décision de la Cour Constitutionnelle.
Quelques d’autres juristes n’estiment pas le
verdict de la Cour Constitutionnelle comme le document vraiment irréprochable.
Cette catégorie des juristes n'est pas d'accord catégoriquement avec l'estimation
critique du Code pénale de 1960 dans la Décision de la Cour Constitutionnelle.
D’après leur opinion, ce code – est une loi, qui exprimait la volonté générale
du peuple et tentative d’interpréter l’application de la loi comme
« arbitraire » n’a pas du sens juridique.
D'autres adversaires de l’abolition de la peine
de mort en Ukraine trouvent que la Cour Constitutionnelle interprète trop
littéralement le droit à la vie fixé à la Constitution. En interdisant
l'application de la peine de mort, la Cour garantit la vie aux criminels, mais
non à leurs victimes.
Pas tous sont d'accord avec les conclusions de
la Cour Constitutionnelle sur l'impossibilité d'appliquer la peine de mort au
temps de guerre.
c)
La décision de la Cour Constitutionnelle et
l'opinion publique.
Les remarques critiques à l'adresse de la
Décision de la Cour Constitutionnelle du côté de certains juristes ne trouvent
pas la résonance considérable dans les couloirs du pouvoir ou dans le milieu
politique et sociaux de la société ukrainienne. Après l'acceptation par la Cour
Constitutionnelle de sa Décision la peine de mort comme un problème a cessé
d'intéresser pratiquement aussi et l'opinion publique en Ukraine.