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Strasbourg, le 12 mars 2005
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Diffusion
restreinte
CDL-RA (2004)001
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COMMISSION EUROPEENNE POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION DE VENISE)
RAPPORT ANNUEL D'ACTIVITES POUR
L'ANNEE 2004
Secrétariat
de la Commission de Venise
DGI – Conseil
de l’Europe
F-67075
Strasbourg Cedex
Tél.: +33
388 41 22 05
Fax: +33 388
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venice@coe.int
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données Codices: www.codices.coe.int
TABLE DES MATIERES
Allocution de M.
Antonio La Pergola, Président de la Commission de Venise. 9
I. ACTIONS EN FAVEUR
DE LA STABILITE DEMOCRATIQUE – LA
COMMISISON DE VENISE A l’occasion de ses 15 ans.. 13
1. Commission de
Venise – Introduction.. 13
2. Quelques réalisations de la Commission de
Venise durant ses 15 années d’existence 14
3. La Commission
en 2004. 14
II. DEVELOPPEMENT
DEMOCRATIQUE DES INSTITUTIONS PUBLIQUES ET RESPECT DES DROITS DE L'HOMME 17
1. Activites par
pays.. 17
– Albanie. 17
a............. Observations
sur le projet de loi de l'Albanie sur l'identification, la restitution et la
compensation de la propriété 17
b............. Avis
sur les aspects constitutionnels du projet de loi relatif aux critères et
conditions à établir pour la réorganisation du découpage territorial
administratif de la République d'Albanie. 17
c............. Commentaires
sur les modifications de la loi relative au statut des anciens prisonniers
politiques en Albanie 17
– Arménie. 17
a............. Conférence
organisée en coopération avec l'Assemblée nationale arménienne sur « Les
réformes constitutionnelles en Arménie », (Erevan, 20-21 janvier 2004). 17
b............. Loi
relative aux modalités de tenue des rassemblements, réunions, meetings
politiques et manifestations 19
– Bosnie-Herzégovine. 19
a............. Projet
d’avis sur le projet d’amendements à la Constitution de la Fédération de Bosnie‑Herzégovine 19
b............. Avis
sur « le statut et le rang du médiateur (Ombudsman) pour les droits de
l’homme de la Bosnie-Herzégovine » 20
c............. Projet
de loi portant modification de la loi relative au médiateur pour les droits de
l'homme en Bosnie-Herzégovine 20
d............. Suivi
de la Résolution 1384 de l’Assemblée. 21
– Géorgie. 21
a............. Projet
d’avis sur les amendements à la Constitution. 21
b............. Proposition
de loi constitutionnelle portant modification de la Constitution de la Géorgie. 22
c............. Projet
de loi constitutionnelle relatif au statut de l'Adjarie. 23
d............. Projet
de loi sur la restitution des logements et d’autres biens aux victimes du
conflit géorgien-ossète 24
e............. Statut
de l'Ossétie du sud. 24
– Italie. 24
– Roumanie. 25
a............. Projet
de loi relatif au soutien aux Roumains vivant à l'étranger. 25
b............. Révision
constitutionnelle. 25
– Fédération de
Russie. 25
Loi établissant de
nouvelles procédures pour l'élection et la révocation des chefs de l'exécutif
des sujets de la Fédération de Russie. 25
– Serbie-Monténégro. 26
a............. Etat de la réforme
constitutionnelle en Serbie-Monténégro. 27
b............. Projet de loi révisé
sur l'exercice des droits et libertés des minorités nationales ethniques au
Monténégro 27
c............. Projet de loi relatif
au médiateur de Serbie. 28
d............. Projet d'avis sur les
droits de l'homme au Kosovo : établissement éventuel de mécanismes de
contrôle 28
e............. Document-cadre sur la
décentralisation au Kosovo. 30
– Turquie. 30
– Ukraine. 30
a............. Procédure de révision
de la Constitution ukrainienne. 30
b............. Projet de loi sur le
ministère public. 31
c.
........... Projets de lois
modifiant la loi sur les minorités nationales. 31
d............. Projet de loi
concernant le concept de politique ethnique nationale de l'Ukraine. 32
e............. Loi sur les peuples
autochtones. 32
- Informations sur les développements
constitutionnels dans d'autres Etats. 32
2. Etudes et seminaires de portee generale. 34
- Rapport
sur la suprématie des traités internationaux relatifs aux droits de l'homme. 34
- Avenir
de la démocratie. 34
- Médiateur
et bonne administration. 34
- Lignes
directrices pour l'examen de la législation affectant la religion
ou les croyances. 35
- Séminaire
UniDem sur l'« évaluation de quinze années de pratique constitutionnelle
en Europe centrale et orientale » (Varsovie, 19‑20 décembre 2004) 35
3. Campus unidem pour la formation juridique des
fonctionnaires.. 35
III. RENFORCEMENT DE
LA JUSTICE CONSTITUTIONNELLE, GARANT DE LA DEMOCRATIE, DES DROITS DE L'HOMME ET
DE L'ETAT DE DROIT.. 37
1. Avis sur les amendements constitutionnels ou
les lois sur les juridictions.. 37
- Azerbaïdjan
– Avis sur le Règlement intérieur de la cour constitutionnelle. 38
- Moldova
– introduction de requêtes individuelles. 38
- Fédération
de Russie – procédure écrite. 38
- Turquie
– introduction de requêtes individuelles. 39
2. Avis amicus curiae.. 39
- Albanie
– Nomination des juges des juridictions supérieures. 40
- Géorgie
– Rapport entre liberté d'expression et diffamation en cas d'imputations
diffamatoires de faits non avérés 40
3. Seminaires sur la justice constitutionnelle. 40
- Séminaire
sur les questions relatives aux droits de l'homme. 40
- Séminaires
relatifs au rôle et au fonctionnement des cours. 42
4. Coopération
régionale. 42
- ACCPUF. 43
- SACJ. 43
IV. LA DEMOCRATIE A
TRAVERS DES ELECTIONS LIBRES ET EQUITABLES.. 45
1. Activites par pays.. 45
- Albanie. 45
a)........... Droit électoral et
administration des élections en Albanie. 45
b)........... Assistance électorale. 46
- Arménie. 46
Réforme
électorale. 46
- Azerbaïdjan. 46
a)........... Droit électoral et
administration des élections en Azerbaïdjan. 46
b)........... Atelier de formation en matière électorale. 47
- Bélarus. 47
Référendum.. 47
- Géorgie. 47
Assistance électorale. 47
- Moldova. 47
a)........... Droit électoral et
administration des élections en Moldova. 47
b)........... Atelier de formation
en matière électorale. 48
- Roumanie. 48
Loi
sur les élections locales en Roumanie. 48
- Ukraine. 48
a)........... Assistance juridique
au cours des missions d’observation des élections. 48
b)........... Ateliers de formation
en matière électorale. 48
2. Activites transnationales.. 48
- Etudes et
séminaires de portée générale. 48
a)........... Médias
et observation des élections. 48
b)........... Règles
électorales et actions positives en faveur des minorités. 49
c)........... Restrictions
au droit de vote. 49
d)........... Participation
des femmes aux élections. 49
e)........... Vote
électronique et vote à distance ; gouvernance électronique. 49
f)............ Référendum.. 50
g)........... Normes
et systèmes électoraux. 50
h)........... Questionnaires
d’observation des élections. 50
i)............ Séminaire
UniDem sur « les normes européennes en matière de droit électoral dans le
constitutionalisme contemporain » (Sofia, 28-29 mai 2004). 50
j)............ Ateliers
de formation en matière électorale. 51
- VOTA, la
base de données électorale de la Commission de Venise. 51
- Activités dans le
domaine des partis politiques. 51
a)........... Partis
politiques et élections. 51
b)........... Table
ronde sur la lutte contre l’extrémisme, Almaty, 1er-2 juillet 2004. 52
3. Cooperation
entre le conseil des elections democratiques et les organes du conseil de
l’Europe, l’Union européenne et d’autres organisations internationales.. 52
- Conseil de
l'Europe. 52
a)........... Comité des Ministres. 52
b)........... Assemblée parlementaire. 52
c)........... Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. 52
- Union européenne. 52
a)........... Programme commun
« La démocratie par des élections libres et équitables ». 52
b)........... Activités diverses. 53
- OSCE. 53
- Association des
administrateurs d’élections de l’Europe centrale et orientale (ACEEEO) 53
- Union
interparlementaire. 54
- Fondation
internationale pour les systèmes électoraux (IFES) 54
V. COOPERATION
ENTRE LA COMMISSION ET LES ORGANES STATUTAIRES DU CONSEIL DE L'EUROPE, L'UNION
EUROPEENNE ET D'AUTRES ORGANISATIONS INTERNATIONALES.. 55
1. Conseil de
l'europe. 55
- Comité des
Ministres. 55
- Assemblée
parlementaire. 55
- Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux. 56
- Banque de
développement 56
2. Union
europeenne. 56
3. OSCE. 57
- Séminaires de
l'OSCE sur la dimension humaine. 57
- Réunion du groupe
de contact de l'OSCE avec les Etats méditerranéens associés pour la coopération. 57
- Table ronde de
l'OSCE sur la lutte contre l'extrémisme. 57
4. Organisation
des nations unies.. 57
5. Association
internationale de droit constitutionnel.. 57
a n n e x e
i - Liste des pays membres.. 59
A N N E X E
II - Liste des membres 61
a n n e x e
iii - Fonctions et composition des sous-commissions.. 67
a n n e x e
iv - Liste des reunions en
2004. 69
a n n e x e
v - Liste des publications 77
A N N E X E
VI - Liste des documents adoptes en 2004. 81
le 7 juillet 2005
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs,
Le Comité des Ministres du
Conseil de l'Europe est l'organe dirigeant de l'Organisation qui a pour mission
essentielle de défendre et de promouvoir la démocratie, la prééminence du droit
et les droits de l'homme. Je suis conscient et reconnaissant du fait que votre
Comité a toujours soutenu la Commission de Venise depuis sa création il y a
quinze ans. Vos encouragements nous ont aidés à acquérir la réputation dont
nous bénéficions, et il n'y a rien de plus gratifiant que d'avoir le sentiment
de la mériter.
En me retrouvant ici après
une absence un peu plus longue que d'habitude, je suis impressionné de voir une
fois de plus à quel point nos activités se développent. Il est bien loin le
temps où certains ambassadeurs se demandaient ce que ferait la Commission de
Venise une fois que toutes les nouvelles constitutions d'Europe centrale et
orientale auraient été adoptées. Notre rôle et notre charge de travail qui va
de pair avec lui ne cessent d'augmenter. L'une des raisons de ce développement
réside, à mon avis, dans le fait que la Commission de Venise a toujours essayé,
quasiment sans jamais connaître d'échec, de s'occuper de questions ayant un
intérêt immédiat pour les pays concernés, et qu'elle a ainsi fait tout ce qui
était en son pouvoir pour mettre en œuvre dans les Etats membres les valeurs
qu'ils partagent et chérissent et dont le Conseil de l'Europe est le garant.
« Assurons la mise en œuvre de ces valeurs ». Tel a été l'un des
principaux messages, peut‑être le tout premier, du Conseil de l'Europe
lorsque les chefs d'Etat se sont réunis à Varsovie. En tant que Président de la
Commission de Venise, j'ai eu le privilège d'avoir été à cette occasion invité
pour la première fois à un Sommet du Conseil de l'Europe. J'ai accepté cette
invitation avec gratitude, comme un gage de reconnaissance du service utile que
nous rendons à notre institution mère. En outre, cela m'a donné une occasion
exceptionnelle d'apprécier la manière dont le travail de notre Commission
s'inscrit dans les tâches actuelles du Conseil de l'Europe dans son ensemble.
Le Sommet a demandé au
Conseil de l'Europe de mettre l'accent sur la défense et la promotion des
valeurs essentielles de l'Organisation et de le faire en étroite coopération
avec d'autres organisations internationales, surtout l'Union européenne et
l'OSCE. Vous êtes parfaitement au courant de notre coopération fructueuse avec
l'Union européenne et le BIDDH de l'OSCE et j'en mentionnerai des exemples
spécifiques dans mon intervention. Notre attachement aux valeurs fondamentales
de l'Organisation trouve ses racines dans le mandat de notre Commission pour la
démocratie par le droit et il découle de notre domaine d'action spécifique, le
droit constitutionnel.
Monsieur le Président,
Les Constitutions sont les
textes qui, au niveau national, définissent la portée et les limites des droits
de l'homme. Elles reflètent et énoncent les principes essentiels de l'Etat de
droit et elles régissent le fonctionnement des institutions démocratiques et
leurs relations. Nous consacrons nos activités à la démocratie
constitutionnelle, ce qui fait de notre Commission un partenaire naturel du Forum pour l'avenir de
la démocratie, avec lequel nous coopérerons avec plaisir. Il est possible que
certaines des difficultés qui assaillent actuellement les démocraties
traditionnelles ne soient pas directement liées à des questions de droit
constitutionnel et ne puissent pas être aisément surmontées par des moyens
juridiques. Néanmoins, en tout cas dans les nouvelles démocraties, les
questions fondamentales de droit constitutionnel restent cruciales pour la
stabilisation démocratique.
Permettez-moi de prendre
quelques exemples tirés de nos activités. Je commencerai par l'exemple récent
de l'Arménie. Ce pays figure à l'ordre du jour de votre réunion d'aujourdhui,
sous la forme d'un rapport du président du Groupe Ago, Monsieur l'ambassadeur
Wegener, concernant la visite du Groupe dans les pays du Caucase du Sud. Nous
nous occupons depuis 2001 de la réforme constitutionnelle en Arménie, et, il y
a deux semaines, lors d'une réunion au cours de la session de l'Assemblée
parlementaire, un accord concernant le contenu de cette réforme a enfin été
conclu entre les autorités arméniennes et la Commission de Venise. Si un texte
conforme à cet accord était adopté par référendum vers la fin de cette année,
ce serait un pas en avant décisif vers la consolidation de la démocratie en
Arménie. Cela permettrait au pays de respecter intégralement ses engagements à
l'égard du Conseil de l'Europe. Qui plus est, cet accord devrait en principe
pouvoir être accepté tant par la majorité que par l'opposition en Arménie, et
il pourrait ouvrir la voie à un retour de l'opposition au Parlement.
Je citerai un autre exemple qui
est celui de la Bosnie‑Herzégovine. Je crois savoir que notre avis
concernant la situation constitutionnelle dans le pays a bénéficié d'un accueil
très favorable tant de la part de votre Comité que de la part de l'Assemblée
parlementaire. Nous avons fait tout notre possible pour montrer comment les
institutions pourraient être mises à même de mieux fonctionner dans une
situation qui, en raison de la guerre, se caractérise encore par l'absence de
confiance entre les peuples constituants. De toute évidence, nous ne savons pas
encore si notre avis sera un jour suivi d'effet, en tout ou partie. Néanmoins,
il était certainement important d'exposer de manière relativement détaillée des
réformes envisageables qui sont réalistes, tout en essayant de prendre en compte
les préoccupations légitimes des trois peuples constituants.
En Ukraine, nous venons
d'adopter un avis sur la réforme constitutionnelle à la demande des nouvelles
autorités. Cela reflète l'émergence d'un esprit de coopération car, dans le
passé, lorsque nous adoptions de tels avis, c'était généralement à la demande
de l'Assemblée parlementaire. En Géorgie, nous avons convaincu les nouvelles
autorités de retirer une proposition de réforme constitutionnelle qui n'avait
pas été suffisamment examinée dans tous ses détails et qui aurait été, selon
notre évaluation, préjudiciable à l'indépendance de la justice. En Géorgie
encore, nous coopérons avec les autorités pour parachever le plan de paix pour
l'Ossétie du Sud présenté par le Président Saakachvili. La Commission sera
représentée à la conférence qui doit avoir lieu à ce sujet à Batoumi ce week‑end.
Il s'agit là d'un autre exemple de bonne coopération entre organisations
internationales : en effet c'est le Représentant spécial de l'Union
européenne, M. Talvitie, qui a proposé de faire intervenir la Commission
de Venise.
En ce qui concerne un autre
conflit, celui de Transnistrie, nous avons aussi d'étroites relations de
travail avec le Représentant spécial de l'Union européenne et des contacts de
longue date avec le chef de la mission de l'OSCE. Il y a maintenant de
nouvelles perspectives de progrès en ce qui concerne le règlement de ce
conflit, grâce à l'élan nouveau apporté par les autorités ukrainiennes. Malgré
les efforts conjugués de l'Union européenne, de l'OSCE et du Conseil de
l'Europe, il est certain qu'aucun de ces problèmes ne sera réglé facilement ni
rapidement, mais j'ai la conviction que nos efforts persistants finiront par
être couronnés de succès.
Il y a une autre zone de
conflit dans laquelle nous jouons un rôle actif : c’est le Kosovo. A la
demande de l’Assemblée parlementaire, nous avons adopté un avis relatif à la
protection des droits de l'homme au Kosovo. Cet avis présente des propositions
concrètes en vue de l’amélioration de la protection des droits de l'homme dans
cette région, notamment la création d’un groupe de conseillers juridiques
auprès du Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, chargé
de rendre des avis sur des textes juridiques ainsi que sur des décisions à
caractère individuel risquant de porter atteinte à des droits de l'homme. La
MINUK a réagi positivement à notre avis et elle a présenté des propositions
concrètes concernant la manière de mettre sur pied un tel groupe. Nous sommes
en train d’examiner ces propositions, mais il y a déjà un accord général entre
la MINUK et la Commission de Venise.
Tout cela m’a conduit des
textes constitutionnels à la pratique constitutionnelle. Pour avoir un sens et
être viables, les Constitutions doivent être appliquées. Ainsi que l'expérience
nous l'a appris, les tribunaux, et plus particulièrement les Cours
constitutionnelles, jouent un rôle capital à cet égard. Une assez grande partie
de notre budget est donc consacrée à l’instauration de liens avec et entre ces
juridictions, grâce au Bulletin de jurisprudence constitutionnelle, à la base
de données Codices, à des séminaires, à des conférences et à des
consultations entre juridictions par le biais du Forum de Venise. Je constate
avec plaisir que l’importance de ce maillage est expressément reconnue dans le
Plan d’action du Sommet qui réclame le renforcement de cette branche
d'activités.
Monsieur le Président,
Le Plan d’action commence par
insister sur la nécessité d’assurer l’efficacité de la Cour européenne des Droits
de l'Homme. Bien que le rôle de la Commission de Venise à cet égard soit plutôt
modeste, j’ai le plaisir de vous faire savoir que, le mois dernier, nous avons
remis pour la première fois à la Cour un avis à titre d’amicus curiae.
En outre, à la suite d’une proposition des autorités roumaines, la Commission
est en train d’effectuer une étude comparée sur les voies de recours internes
en ce qui concerne les allégations de durée excessive de la procédure en
matière administrative, civile et pénale. Nous avons l’intention, grâce à cette
étude, de présenter des lignes directrices permettant d’améliorer les voies de
recours en question. Ces lignes directrices auraient pour but à la fois d’aider
les Etats membres et le Comité des Ministres à mettre en œuvre les arrêts de la
Cour et, surtout, de réduire le nombre des plaintes pour durée excessive de la
procédure qui déferlent actuellement sur la Cour.
Monsieur le Président,
J'ai évoqué le renforcement
de nos activités dans le domaine de la justice constitutionnelle. Il en va de
même pour le droit électoral. Nos contacts avec les commissions électorales et
d’autres organes de gestion des élections ont montré qu’il y avait une demande
importante et croissante de la part de ces organes pour l’établissement d’un réseau
et d'une coopération. C’est pourquoi nous sommes favorables à la transformation
de la coopération régionale déjà existante entre ces organes en une coopération
paneuropéenne conforme au mandat du Conseil de l'Europe. La nouvelle base de
données Vota devrait aussi être un outil utile pour ces organes. Là
encore, la synergie et la coopération sont le leitmotiv de notre travail dans
ce secteur. Au sein du Conseil des élections démocratiques, nous travaillons
avec l’Assemblée parlementaire et le Congrès. La plupart de nos avis en matière
de législation électorale sont élaborés conjointement avec le BIDDH, une aide
financière est fournie par la Commission européenne grâce à un programme
commun, et le Groupe AGO au sein de votre Comité apporte un soutien politique à
nos activités qui ont pour but d’améliorer la législation électorale en Arménie
et en Azerbaïdjan.
Notre coopération avec le
BIDDH est en train de s'étendre à d'autres domaines, notamment à la défense des
libertés fondamentales. Nous nous sommes penchés ensemble, le BIDDH et nous,
sur la loi arménienne relative aux réunions publiques. Nous avons adopté sur la
liberté de religion des lignes directrices communes qui seront employées par
nos rapporteurs respectifs lorsqu'ils évalueront les législations nationales,
et nous sommes maintenant en train d'élaborer des lignes directrices communes
sur la liberté de réunion.
Au sein du Conseil de
l'Europe, notre coopération étroite avec l'Assemblée parlementaire a conduit à
la conclusion d'un accord de coopération qui renforce nos échanges et qui
invite encore l'Assemblée à recourir à l'aide de la Commission de Venise. En
fait, des experts de la Commission de Venise servent de conseillers juridiques
aux missions de l'Assemblée chargées d'observer des élections.
Enfin, permettez-moi
d'ajouter quelques remarques concernant nos activités en dehors de l'Europe. A
l'invitation de la fondation allemande Friedrich Naumann Stiftung, nous
avons participé à Amman à un séminaire sur la rédaction de Constitutions avec des
membres de l'Assemblée constituante d'Irak. Un séminaire de suivi sur le
fédéralisme aura lieu en Allemagne à la mi-juillet. Nous espérons sincèrement
que ces activités, qui sont financées intégralement par la fondation allemande,
contribueront à l'émergence d'un Irak pacifique, stable et démocratique.
Une délégation de notre
Commission s'est rendue en juin au Kirghizstan pour étudier la réforme
constitutionnelle envisagée dans ce pays. Au cours de notre visite, nous avons
reçu du Président du Parlement une demande officielle d'aide en faveur du
Conseil constitutionnel qui a élaboré un projet de réforme de la Constitution.
La Commission européenne assurera probablement le financement de cette
activité.
De telles initiatives
concernant des Etats non européens s'ajoutent à nos responsabilités. Nous
consacrons bien l'essentiel de notre attention à l'Europe, qui restera toujours
notre priorité. Le fait est néanmoins que de nombreux pays en dehors de notre
vieux continent sont plus que jamais intéressés par le Conseil de l'Europe. Ils
le considèrent et l'admirent comme un système efficace conçu pour garantir à la
fois la démocratie et la paix ‑ ce qui est une réussite sans équivalent
où que ce soit.
Permettez-moi de rappeler la
prophétie des juristes éclairés qui ont eu le courage de concevoir un
« droit de la paix » et d'en chanter les louanges, dans les années
troublées de l'entre‑deux‑guerres, alors que la violence des
régimes totalitaires se répandait comme une traînée de poudre. L'Europe
deviendra la patrie du droit et de la raison, d'une famille unie de peuples et
de nations, disaient‑ils, si la démocratie à l'intérieur des Etats
et la paix entre les Etats progressent à l'unisson. Ils ont finalement
eu bien raison, ces penseurs ‑ méconnus en leur temps, comme c'est
souvent le cas pour les prophètes. Le Conseil de l'Europe est là pour incarner
leurs idées. Et la manière dont ses admirateurs s'inspirent de ce que nous
réalisons à Strasbourg révèle une autre dimension envisageable dans
l'accomplissement de notre mission ‑ un champ d'action qui, certes, est
encore en jachère mais qui vaut probablement la peine d'être labouré. J'ai
toujours affirmé avec force que, dans le cadre de ses attributions d'organe
spécialisé, la Commission de Venise devrait jouer son rôle dans cette
entreprise. Je pense en particulier aux Etats américains avec lesquels nous
avons établi des contacts qu'il y a lieu de raviver ou de renforcer. Je me
ferai un devoir de rendre compte à votre Comité des projets plus précis et des
mesures appropriées lorsqu'ils se concrétiseront. Entre‑temps,
permettez-moi de vous remercier d'avoir récemment admis le Chili parmi les
membres de notre Commission et de vous demander d'examiner avec bienveillance
les futures demandes d'adhésion. La demande présentée dans le passé par Israël
pour adhérer à la Commission de Venise mérite peut‑être aussi d'être
réexaminée dans le contexte des progrès réalisés au Proche-Orient.
Votre bienveillance sera de
toute évidence encore plus appréciée lorsque vous examinerez notre projet de
budget pour 2006. Je sais bien que le moment est mal choisi pour des décisions
ou des promesses en matière financière. Néanmoins, nous avons beau tirer le
maximum de nos ressources, nous ne pouvons pas aller au‑delà d'un certain
seuil et, si vous regardez les multiples activités prévues dans notre rapport
annuel, je suis persuadé que vous parviendrez à la conclusion qu'avec nous vous
en avez vraiment pour votre argent.
Merci beaucoup, Monsieur le
Président.
La
Commission européenne pour la démocratie par le droit, plus connue sous le nom
de Commission de Venise, est un organe consultatif du Conseil de l'Europe
composé d'experts indépendants sur les questions constitutionnelles. Créée il y
a 15 ans, en 1990, elle joue depuis cette date un rôle déterminant dans
l'adoption de constitutions conformes aux normes du patrimoine constitutionnel
européen. Elle se réunit quatre fois par an à Venise en sessions plénières et
travaille dans trois domaines : l'assistance constitutionnelle, la justice
constitutionnelle et les questions électorales.
– Assistance
constitutionnelle
La Commission
a, en premier lieu, une fonction d'assistance et de conseil auprès des pays en
matière constitutionnelle. Elle offre un « dépannage
constitutionnel » à la demande des Etats, des organes du Conseil de
l'Europe ou d'autres organisations internationales.
Les méthodes
de travail de la Commission, lorsqu'elle assure la fonction d'assistance
constitutionnelle, consistent à nommer un groupe de travail (principalement
parmi ses membres) qui, soit contribue à l'élaboration de textes
constitutionnels, soit prépare un avis sur la conformité de la proposition
législative avec les normes européennes dans un domaine donné et sur les
possibilités d'amélioration des textes en se fondant sur l'expérience
européenne. Avant d'être transmis aux autorités de l'Etat en question, le
projet d'avis est soumis pour examen et adoption à l'ensemble de la Commission
réunie en session plénière.
Bien que ses
avis soient généralement reflétés dans la législation adoptée, la Commission ne
cherche pas à imposer des solutions, mais adopte une approche non directive
fondée sur le dialogue. C'est pourquoi le groupe de travail effectue, lorsque
cela est possible, des visites dans les pays et rencontre les différents
acteurs politiques impliqués afin d'avoir la vision la plus objective possible
de la situation. Un représentant du pays concerné peut être invité à s'adresser
à la Commission lors de la discussion du projet d'avis en session plénière.
– Justice constitutionnelle
Un autre
secteur d'activité de la Commission porte sur la coopération avec les cours constitutionnelles
et les juridictions à compétence équivalente. Depuis sa création, la Commission
de Venise s'est rendue compte qu'il ne suffit pas d'aider les Etats à adopter
des constitutions démocratiques mais que ces textes doivent être mis en œuvre dans la société. Les acteurs clés
dans ce domaine sont les cours constitutionnelles et les juridictions à
compétence équivalente qui exercent des compétences constitutionnelles. Dès
1991, la Commission a créé un centre pour recueillir et diffuser la jurisprudence
constitutionnelle et organiser des séminaires avec les cours
constitutionnelles. Elle stimule les échanges mutuels entre les cours
constitutionnelles et soutient les juridictions qui ont besoin d'aide dans leur
relation avec les autres pouvoirs de l'Etat. Les activités du centre sont
menées par le Conseil mixte sur la justice
constitutionnelle qui est composé de membres de la Commission de Venise
et d'agents de liaison nommés par les cours de plus de cinquante pays ainsi que
de la Cour européenne des Droits de l'Homme et de la Cour de justice des
Communautés européennes.
– Questions
électorales
La Commission
travaille aussi dans le domaine du droit électoral et s'efforce de faire en
sorte que la législation électorale des Etats membres soit conforme aux normes
européennes. Pour toute société démocratique, des élections libres et
équitables sont capitales ; c'est pourquoi la Commission de Venise a
défini les principes applicables à des élections démocratiques dans le Code de
bonne conduite en matière électorale et dans un certain nombre d'autres textes
normatifs. Elle rédige aussi des projets d'avis et de recommandations sur la
législation électorale des pays membres et organise des séminaires de formation
destinés à tous les acteurs participant au processus électoral. Ces activités
sont dans une large mesure menées à bien par l'intermédiaire du Conseil des élections démocratiques,
organe mixte créé en coopération avec l'Assemblée parlementaire et le Congrès
des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe.
Constitutions
- La Commission a été étroitement associée à
la rédaction de nouvelles constitutions dans un grand nombre d’Etats
d’Europe centrale et orientale ;
- La Commission a contribué à empêcher des
réformes constitutionnelles conduisant à la mise en place de systèmes plus
autoritaires dans certains pays ;
- Grâce à la Commission, une réforme
constitutionnelle introduisant un système beaucoup plus démocratique et
équilibré de gouvernement paraît désormais possible en Arménie ;
- La Constitution roumaine a été révisée en
étroite coopération avec la Commission de Venise afin de faciliter
l’intégration euro-atlantique ;
- L’avis de la Commission sur la situation
constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine fournit une feuille de route
réaliste quant aux réformes constitutionnelles qu’il est nécessaire
d’entreprendre dans ce pays .
Conflits ethno-politiques
- La Commission a été associée à la rédaction
de l’accord de Rambouillet sur le Kosovo, l’accord d’Ohrid sur
« l’ex-République yougoslave de Macédoine » et le cadre
constitutionnel au Kosovo ;
- La Commission conseille le gouvernement de
Géorgie sur les solutions envisageables au conflit en Ossétie du Sud et
travaille avec la Moldova sur les aspects juridiques d’un règlement de la
question de la Transnistrie.
Minorités
- Le rapport de la Commission sur la
protection des minorités apparentées (« kin-minorities ») a
contribué à éviter l’émergence éventuelle d’un conflit entre la Hongrie et
la Roumanie ;
- La Commission a préparé une proposition
pour une Convention sur la Protection des Minorités qui constitua le point
de départ du processus de rédaction de la Convention-cadre pour la
protection des minorités nationales.
Justice constitutionnelle
- La Commission a contribué au fait que des
cours constitutionnelles existent dans la plupart des Etats d’Europe
centrale et orientale ;
- La Commission fournit un cadre qui a permis
la mise en réseau des cours constitutionnelles et qui s’est révélé décisif
pour consolider et renforcer la position de ces cours au niveau
national ;
- Le soutien de la Commission a rendu
possible l’abolition de la peine de mort par plusieurs cours
constitutionnelles
Droit électoral
- Le Code de bonne conduite en matière
électorale de la Commission est devenu une référence incontournable lors
de toute rédaction de loi électorale ;
- La Commission fournit une assistance à
plusieurs Etats dans leurs réformes en matière de législation électorale
Pour ce qui
est de 2004, il convient de mettre en évidence les principales activités
suivantes :
– Assistance constitutionnelle
Réforme
constitutionnelle
En mars, la Commission
a adopté un avis sur une importante réforme constitutionnelle introduisant un régime
semi‑présidentiel en Géorgie. En décembre, elle a adopté un avis sur
trois projets différents de réforme de la Constitution de l'Arménie qui servira
de base à la décision du Parlement arménien quant au projet à retenir pour poursuivre
les travaux.
De plus, la Commission
a adopté des avis sur des réformes constitutionnelles plus restreintes en
Géorgie (sur les droits de l'homme et le pouvoir judiciaire) et dans la
Fédération de Bosnie‑Herzégovine (sur l'administration locale) ainsi que
sur la procédure d'adoption de la Constitution de l'Ukraine.
Organisation
territoriale et règlement des conflits
En mars, la Commission
a adopté un avis sur le projet de loi constitutionnelle de la Géorgie relatif
au statut de l'Adjarie. Elle a aussi adopté un avis sur le projet de loi de la
Fédération de Russie en vue d'introduire une nouvelle procédure d'élection des
gouverneurs régionaux ainsi qu'un avis sur la restitution des biens aux
victimes du conflit géorgien-ossète. La Commission a aussi participé à la rédaction
du document-cadre sur la décentralisation au Kosovo.
Respect
des droits de l'homme et de l'Etat de droit
En octobre,
la Commission a adopté un avis sur la protection des droits de l'homme au
Kosovo. Avec l'OSCE, elle a adopté des lignes directrices aux fins de l’examen
des lois relatives à la liberté de religion ou de croyance. Elle a aussi adopté
des avis sur les institutions de médiateur en Bosnie-Herzégovine et en Serbie,
sur la loi sur les réunions publiques de l'Arménie, sur le projet de loi sur le
ministère public de l'Ukraine et sur les projets de lois pour la protection des
minorités nationales en Ukraine et au Monténégro.
– Justice constitutionnelle
Renforcement de la justice constitutionnelle
Le Conseil
mixte sur la justice constitutionnelle de la Commission a continué d'aider les cours
constitutionnelles et de collaborer avec elles par l'intermédiaire du Bulletin
de jurisprudence constitutionnelle et de la base de données CODICES. La Commission
a adopté des avis sur les propositions de réforme constitutionnelle
introduisant le principe de la saisine individuelle en Moldova et en Turquie.
En 2004, des conférences et des séminaires sur les questions de justice
constitutionnelle se sont tenus notamment en Arménie, en Azerbaïdjan, au Bélarus,
en Bosnie‑Herzégovine, dans la Fédération de Russie, dans l'« ex‑République
yougoslave de Macédoine » et en Turquie. Pour la première fois, en 2004, la
Commission a rendu plusieurs avis amicus curiae, à la demande de cours
constitutionnelles.
Au‑delà
de l'Europe
La Commission
a intensifié son approche régionale de la coopération avec les cours
constitutionnelles et suprêmes et les associations de ces cours en dehors de
l'Europe. Grâce à une contribution de la Norvège, elle a continué d'aider la
Commission des juges de l'Afrique australe, récemment créée avec son soutien.
Cette coopération vise à renforcer la capacité de ces cours et à leur permettre
de s'entraider en cas d'ingérence indue d'autres pouvoirs de l'Etat.
– Questions électorales
La Commission
a adopté, avec le Bureau des institutions démocratiques et des droits de
l'homme de l'OSCE, des avis et des recommandations sur le droit électoral de
l'Albanie, de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, de la Moldova et de la Roumanie
(élections locales). Elle a adopté un avis sur le référendum au Bélarus
permettant au Président de s'acquitter de plus de deux mandats ainsi que des
lignes directrices dans le domaine de la législation sur les partis politiques.
La Commission
a mis un expert à la disposition de la Commission électorale de la Géorgie pour
les élections présidentielle et législatives et les élections dans la province
autonome de l'Adjarie, a dispensé une formation à des membres du personnel
électoral de plusieurs pays et a intensifié sa coopération avec l'Assemblée
parlementaire sur les questions électorales (et autres) à la suite de la
conclusion d'un accord de coopération.
A sa
session de mars, la Commission a entériné les commentaires de MM. Solyom et van
Dijk sur le projet de loi de l'Albanie sur l'identification, la restitution et
la compensation de la propriété (CDL-AD(2004)9).
L'article
181 de la Constitution de l'Albanie exige l'adoption d'une loi relative aux expropriations
et aux confiscations antérieures à l'entrée en vigueur de la Constitution.
Plusieurs cours constitutionnelles d'autres pays ont réglé la question de la
restitution de la propriété expropriée sous le régime communiste sur la base du
principe de l'égalité des droits. Les nouvelles constitutions démocratiques
n'ont pas d'effet rétroactif et les expropriations antérieures à leur adoption
restent donc en principe valables. Les Etats sont par contre libres de décider
s'ils veulent accorder une compensation et dans l'affirmative, d'en fixer le
montant tout en respectant le principe d'égalité.
Globalement,
le projet de loi est conforme aux normes internationales, bien que
M. Solyom ait fait observer que quelques amendements seraient nécessaires ;
il faudrait, par exemple, supprimer le mot « identification » dans le
titre du projet de loi et établir une liste des lois et autres actes juridiques
en vertu desquels des expropriations ont eu lieu, et qui donneraient maintenant
droit à une compensation. M. van Dijk s'est déclaré préoccupé par la
compatibilité du projet avec la Convention européenne des Droits de l'Homme,
indiquant que si en règle générale, le projet ne soulevait pas d'objections, plusieurs
dispositions étaient à revoir, notamment par rapport au droit d'accès à un
tribunal.
L'avis
a été communiqué au Parlement albanais qui examinait déjà le projet de loi.
A sa session
de juin, la Commission a adopté son avis sur les aspects constitutionnels du
projet de loi relatif aux critères et conditions à établir pour la
réorganisation du découpage territorial administratif de la République
d'Albanie (CDL-AD(2004)019).
La Commission
a été saisie pour examiner un problème de hiérarchie de normes ; le
contenu du projet, quant à lui, sera examiné par des experts en administration locale
du Conseil de l'Europe. M. Tuori a conclu que, conformément à la Constitution
albanaise, les lois adoptées à la majorité spéciale ne devaient pas être
considérées comme leges superiores par rapport à d'autres lois et qu'il
n'y avait pas lieu d'adopter le projet à une majorité spéciale au titre de
l'article 81 de la Constitution albanaise. M. Omari en est convenu.
A sa session
de juin, la Commission a pris note des commentaires de M. Lapinskas
(CDL(2004)069) et de M. Paczolay (CDL(2004)070) sur les modifications de la loi
relative au statut des anciens prisonniers politiques en Albanie.
M. Lapinskas
a rappelé que l'expérience de la Lituanie qui a été confrontée au problème des prisonniers
politiques à l'époque soviétique, pourrait être utile pour l'Albanie. M. Paczolay
a fait observer qu'il ne s'agissait pas seulement d'une question juridique. Il
a souligné que le principe de non‑discrimination était important à cet
égard et indiqué qu'il existait une jurisprudence pertinente de la Cour
constitutionnelle hongroise.
A la session
de mars, M. Tuori a rappelé que le processus de réforme constitutionnelle en
Arménie avait été très long. Après l'échec du référendum en mai de l'année précédente,
et afin de relancer le processus, l'Assemblée nationale arménienne avait
organisé, en coopération avec la Commission, un conférence qui s'était tenue à
Erevan les 20 et 21 janvier 2004. La Commission y était représentée par MM. Tuori,
Endzins, Jean-Claude Colliard, Bruno Nascimbene et Owen Masters.
Le degré insuffisant
d'implication des forces politiques et du public dans le processus de réforme avait
été considéré comme la principale raison de l'échec. Par conséquent,
l'opposition et la société civile avaient été invitées à participer à la
conférence, et y avaient effectivement pris part. Le niveau d'argumentation sur
les aspects constitutionnels avait été très élevé pendant la conférence et
l'atmosphère très constructive.
A la session
de juin, M. Tigran Torossian, vice‑président de l'Assemblée nationale
arménienne, a informé la Commission que le nouveau projet de constitution était
en cours d'élaboration. La coalition au pouvoir avait dans un premier temps
attendu que l'opposition se joigne aux travaux de la Commission parlementaire
chargée de la révision constitutionnelle avant de décider de continuer sans
elle. Le nouveau projet de loi devait être achevé et soumis à la Commission de
Venise avant la fin du mois de juin/début du mois de juillet.
A la session
d'octobre, M. Torossian a informé la Commission que trois séries de
propositions d'amendements à la Constitution arménienne avaient été soumises à l'Assemblée
nationale : l'une émanait de la coalition au pouvoir et deux autres de
députés de l'opposition. Le parlement devait choisir l'un des trois textes, puis
trois lectures seraient nécessaires pour aboutir au texte définitif. La
deuxième lecture, qui était la plus importante, devait avoir lieu en
février/mars 2005. La troisième lecture ne porterait plus que sur des
points de détail. Le référendum était prévu en juin 2005. La Commission, qui
avait déjà été sollicitée pour évaluer les trois projets, serait invitée à examiner,
avant la deuxième lecture, le texte unique issu des travaux de l'Assemblée
nationale.
A la session
de décembre, M. Tuori a présenté l'avis sur trois propositions de révision constitutionnelle
en Arménie en précisant que cet avis portait uniquement sur les dispositions
constitutionnelles pour lesquelles un amendement était proposé et ne s'occupait
pas des autres parties de la Constitution, comme le préambule, qui n'étaient
pas visées par la réforme. M. Tuori a précisé que le groupe de travail avait
utilisé comme référence le projet de réforme constitutionnelle élaboré en 2001,
avec l'aide de la Commission de Venise.
Le premier
projet constituait une amélioration par rapport à la Constitution actuellement
en vigueur mais présentait également d’importants problèmes et lacunes. A titre
d’exemple, il n’interdisait pas expressément la peine de mort ; dans le
domaine des médias, il déléguait à la loi ordinaire la réglementation des
activités et responsabilités des médias ; s’agissant de la loi martiale et
de l’état d’urgence, il affaiblissait la capacité de l’Assemblée nationale de
contrôler l’usage par le président des pouvoirs d’urgence. En outre, par
rapport au projet de 2001, ce projet augmentait les pouvoirs du président au
détriment de ceux de l’Assemblée nationale, ce qui altérait l’équilibre des
pouvoirs. Enfin, le projet maintenait le pouvoir du président d’élire et de
démettre le maire de Erevan, ce qui était contraire aux normes européennes en
matière d’autonomie locale.
Le deuxième
projet ne constituait pas un projet de réforme global et cohérent ; il
traitait uniquement des programmes politiques et il semblait y avoir une
certaine confusion entre les obligations et responsabilités légales et
politiques des partis politiques. Il visait à introduire une sorte de
mandat impératif, ce qui posait des problèmes à plusieurs égards.
Le troisième
projet correspondait dans ses grandes lignes à celui de 2001 et représentait
une amélioration certaine par rapport à la Constitution en vigueur. Il interdisait
en particulier expressément la peine de mort. Comme le premier projet, il
contenait des dispositions sur la Banque centrale et la Chambre de contrôle
dont il fallait se féliciter même si l’Assemblée nationale devrait avoir des
pouvoirs de supervision en matière de finances publiques.
M.
Harutunian a informé la Commission que l’Assemblée nationale entendait tenir
compte de son avis au moment de choisir le projet qui serait retenu dans la
suite de la procédure de réforme. Une fois ce choix fait, le projet retenu
serait retravaillé et de nouveau soumis à la Commission pour avis.
Un échange
de vues entre une délégation de la Commission et les auteurs du projet retenu
aurait lieu à la fin du mois de janvier/début du mois de mars 2005. La
nécessité de faire participer l’opposition était largement reconnue et avait
récemment été soulignée par le Groupe Ago du Comité des Ministres du Conseil de
l'Europe. Des indications positives semblaient venir de l’opposition, qui pourrait
décider de participer à la réforme.
La
Commission a adopté l’avis en l’intitulant « avis intérimaire sur la
réforme constitutionnelle en Arménie » (CDL-AD (2004)44).
A l’issue d’une discussion préliminaire à la veille de la session de
juin entre les rapporteurs et M. Torossian, vice-président de l’Assemblée
nationale arménienne, et M. Harutunian à la session d’octobre, Mme Flanagan
a précisé que l’explication par la suite donnée par M. Torossian avait été
utile mais que les rapporteurs restaient toujours d’avis qu’il était nécessaire
de modifier la loi. En effet, les distinctions qu’elle établissait entre les
catégories de manifestations et les critères en fonction desquels elle
prévoyait des restrictions à des événements publics ne trouvaient pas
d’équivalents dans la Convention européenne des Droits de l’Homme. De plus, le
formalisme excessif de la procédure à suivre pour notifier une manifestation et
obtenir une autorisation risquait d’être dissuasif.
M. Torossian
a informé la Commission de l’intention des autorités arméniennes de réviser la
loi en question avant mars 2005, en tenant compte de l’avis de la Commission de
Venise.
La
Commission a adopté l’Avis sur la loi relative à la procédure de conduite des
rassemblements, réunions, meetings politiques et manifestations telle qu’elle
figure dans le document CDL-AD (2004)039.
A sa session
de décembre, Mme Flanagan a informé la Commission qu’une version
révisée de la loi avait été reçue et qu’un avis sur cette version révisée
serait élaboré sous peu.
A sa session
de mars, la Commission a adopté son avis sur le projet d’amendements à la
Constitution de la Fédération de Bosnie-Herzégovine (CDL-AD(2004)14) sur la base des observations de M. Scholsem.
La Commission constitutionnelle du Parlement de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine avait demandé à deux reprises à la Commission de formuler
des observations sur le projet d’amendements à la Constitution de la Fédération
concernant des dispositions sur les pouvoirs locaux. Des remarques initiales de
M. Scholsem avaient été prises en considération par la Commission
constitutionnelle dans le deuxième projet qu’elle avait ensuite soumis à la
Commission pour observations.
Les amendements constitutionnels présentés revêtaient une grande
importance dans le contexte particulier de la Bosnie-Herzégovine ; ils
tendaient à redéfinir la répartition des compétences au sein de l’entité
fédérée de la Fédération de Bosnie-Herzégovine entre la Fédération, les cantons
et les municipalités. Les commentaires de M. Scholsem avaient essentiellement
porté sur la nécessité d’harmoniser et de clarifier, autant que faire se peut,
les relations entre les divers niveaux de responsabilité (fédérale, cantonale
et municipale) dans la mesure où les projets présentés tendaient à substituer à
la compétence originelle des cantons une compétence résiduelle au profit des
municipalités qui, dès lors, devaient disposer de compétences budgétaires et/ou
fiscales. Bien que les observations initiales de M. Scholsem aient été
largement incorporées dans le deuxième projet d’amendements constitutionnels présenté
à la Commission, il était nécessaire de clarifier encore ce dernier point.
A sa session d’octobre, la Commission a adopté un avis sur un nouveau
projet d’amendements à la Constitution (voir le documentCDL-AD(2004)32). Cet
avis découlait des observations formulées au sujet des deux premières versions
déjà examinées par la Commission et se félicitait des améliorations et des
précisions apportées. De plus, de nouvelles dispositions sur les compétences
des villes risquaient de faire double emploi avec celles des municipalités.
A sa session
de mars, la Commission a adopté son avis sur le « statut et le rang du
médiateur (Ombudsman) pour les droits de l’homme de la
Bosnie-Herzégovine » (voir le document CDL-AD (2004) 006), sur la base des observations de M. Vogel et l’a
transmis aux autorités de la Bosnie‑Herzégovine.
Cet avis avait été rendu à la demande du médiateur pour les droits de l’homme
de la Bosnie‑Herzégovine. La question principale qui sous-tendait cette
demande était celle du niveau de rémunération des trois médiateurs d’Etat.
Conformément à la législation en vigueur, le salaire du médiateur pour les
droits de l'homme de la Bosnie-Herzégovine était assimilé à celui de la
présidence du Conseil des Ministres de Bosnie-Herzégovine tandis que ceux des
médiateurs des Entités étaient assimilés à ceux des juges de la Cour suprême,
ce qui se traduisait par une différence de rémunération considérable.
Sur la base de l’étude comparée menée par la Commission à la suite d’une
précédente demande analogue des médiateurs de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine, l’on était arrivé à la conclusion que le choix d’assimiler
le médiateur d’Etat à un haut fonctionnaire n’était pas contraire aux
normes européennes. Il convenait néanmoins de garantir que le statut et le rang
- et par conséquent la rémunération - de toutes les institutions de médiateur
en Bosnie‑Herzégovine soient établis de manière cohérente.
A sa session de juin, la
Commission a été informée de l’état d’avancement de la restructuration des
institutions de médiateur en Bosnie-Herzégovine. La Bosnie-Herzégovine compte
actuellement trois institutions de médiateur (une au niveau de l’Etat et une
par Entité), ce qui est onéreux et sème la confusion dans l’esprit du public. A
l’initiative de la Commission et à la suite d’une demande d’assistance du
ministère des Droits de l'Homme et des Réfugiés de Bosnie‑Herzégovine,
une réunion a eu lieu à Strasbourg le 19 avril 2004. Y ont assisté des
représentants du groupe de travail créé par le Conseil des Ministres de la
Bosnie-Herzégovine en vue de préparer la réforme (le groupe était composé d’un
représentant du ministre des Droits de l'Homme et des Réfugiés, des trois
médiateurs pour les droits de l'homme de la Bosnie-Herzégovine, des trois
médiateurs de la Fédération de Bosnie‑Herzégovine, des deux médiateurs de
la Republika Srpska et de représentants des ministères de la Justice de l’Etat
et des deux Entités). En substance, les participants sont convenus qu’après une
période de transition pendant laquelle une institution étatique et une
institution au niveau de chacune des deux Entités coexisteraient, il y aurait
une seule institution de médiateur pour l’ensemble du territoire de la
Bosnie-Herzégovine, composée d’un médiateur et de deux suppléants, chacun
désigné par la population de l’Entité concernée ; la fonction de médiateur
était assurée par l’un et l’autre à tour de rôle.
A l’issue de
cette réunion, un projet de loi portant modification de la loi relative au
médiateur pour les droits de l'homme en Bosnie-Herzégovine a été présenté à la
Commission pour avis par le ministère des Droits de l'Homme et des Réfugiés.
A sa session
d’octobre, la Commission a adopté son avis sur le projet de loi portant
modification de la loi sur le médiateur pour les droits de l'homme en
Bosnie-Herzégovine (CDL-AD(2004)031) et l’a communiqué au ministère des
Droits de l'Homme et des Réfugiés. Le projet de loi tenait compte de la plupart
des conclusions de la réunion d’avril. Il était toutefois nécessaire de définir
plus précisément les modalités de désignation du médiateur et de ses suppléants
et leurs fonctions respectives. S’agissant du pouvoir de l’Etat de
Bosnie-Herzégovine de restructurer le système, l’avis soulignait que la
Constitution de la Bosnie-Herzégovine énonçait clairement que la protection des
droits de l'homme et la création des institutions de défense des droits de
l'homme relevaient de la compétence de l’Etat. Il incombait néanmoins aux
Entités proprement dites d’apporter les modifications nécessaires à leur
Constitution et/ou à leur législation.
Le ministère
des Droits de l'Homme et des Réfugiés a par la suite modifié le projet de loi
en tenant compte de l’avis de la Commission. A sa session de décembre, la
Commission a toutefois été informée que le nouveau projet de loi qui avait repris
les commentaires de la Commission avait soudainement, et sans explication
apparente, été retiré des débats de la Commission législative par le
représentant du ministre pour les Droits de l'Homme et les Réfugiés, au profit
d’un autre projet de loi qui, lui, ne correspondait absolument pas aux
recommandations de la Commission. La Chambre des représentants du Parlement de
la Bosnie avait par la suite rejeté ce deuxième projet et chargé le ministre
des Droits de l'Homme et des Réfugiés d’élaborer un nouveau projet de loi. La
Commission a exprimé sa perplexité face au comportement des autorités de la
Bosnie qui, après avoir demandé son avis, avaient retiré le projet de loi sans
autre explication.
A sa session
de mars, la Commission a pris note de l’avis sur le projet d’amendement de la
Constitution de la Géorgie (CDL-AD (2004)008), élaboré sur la base des
contributions de MM. Dutheillet de Lamothe, Bartole, Malinverni, Torfason
et Zahle.
Le projet
d’avis avait été préparé en l’espace d’une semaine et envoyé aux autorités
géorgiennes, compte tenu de l’adoption imminente de la révision
constitutionnelle. Cette révision organisait le passage d’un régime purement
présidentiel à un système « semi-présidentiel » à la française,
c'est-à-dire un régime parlementaire avec une dualité de l’exécutif, Président
de la République et gouvernement, et une possibilité d’arbitrage du Président
en cas de différend entre le gouvernement et le parlement, par le truchement de
la dissolution. Ce but n’avait pas été pleinement atteint, le texte manquait de
cohérence et les prérogatives du Président demeuraient trop importantes.
Plusieurs des dispositions élaborées hâtivement méritaient d’être revues. La
réforme constitutionnelle avait déjà été adoptée mais la Commission pourrait
contribuer à un examen de ce texte après les élections législatives en Géorgie.
La
Commission a ensuite procédé à un échange de vues avec Mme
Burdjanadze, présidente du Parlement de la Géorgie. Celle‑ci a informé la
Commission que la population géorgienne plaçait tous ses espoirs dans les
nouveaux dirigeants du pays. Il y avait eu un véritable risque d'anarchie et
une absence d’Etat de droit due à une corruption omniprésente. Il avait donc
fallu agir rapidement et modifier la Constitution de manière à pouvoir créer le
poste de Premier ministre. Il était de toute évidence difficile de procéder à
une refonte complète du système constitutionnel dans un bref délai. Les
amendements adoptés n'étaient pas parfaits et il faudrait parachever la réforme
de l'Etat plus tard. Tout déséquilibre entre les pouvoirs, notamment au détriment
du parlement, devait être rectifié. Le texte adopté devait donc être considéré
comme provisoire et le dialogue avec la Commission devait se poursuivre après
les élections législatives. Les observations de la Commission de Venise sur
l'immunité des juges et la nécessité d'un seul vote sur la composition et le
programme du gouvernement avaient déjà été prises en compte. Le résultat final
ne devait pas faire de doute, à savoir une constitution pleinement conforme aux
normes internationales et la pleine réalisation de la démocratie et de l’Etat
de droit.
La
Commission a organisé, en coopération avec la Cour constitutionnelle de la
Géorgie, une conférence sur « L'organisation constitutionnelle de
l'Etat » les 18 et 19 mai 2004 à Tbilissi. Ont participé à la conférence
des universitaires, des membres de la Cour constitutionnelle géorgienne et
d'ONG, des représentants de l'Assemblée parlementaire et du Congrès des
pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, des membres de la
Commission de Venise et d'autres représentants de la communauté internationale.
Le premier
jour, la conférence a traité des questions de la séparation des pouvoirs compte
tenu des récents amendements constitutionnels en Géorgie. M. Olivier Dutheillet
de Lamothe (France) a présenté, au nom de la Commission de Venise, le régime
semi‑présidentiel et M. Sergio Bartole (Italie) est intervenu au
sujet du contrôle parlementaire du pouvoir exécutif. Mme Ketevan
Eremadze, assistante du président de la Cour constitutionnelle de la Géorgie,
et M. David Usupashvili, IRIS-Géorgie, ont traité de la situation
spécifique de la Géorgie. Les participants ont reconnu que le passage d'un
régime purement présidentiel à un régime semi‑présidentiel était positif
dans le contexte de la situation particulière de la Géorgie mais ne s'était pas
fait de manière cohérente, d'où la nécessité de poursuivre le processus de
réforme constitutionnelle. Les participants géorgiens ont approuvé les
arguments avancés à cet égard dans l'avis de la Commission de Venise sur le projet
d’amendements à la Constitution.
A l'occasion
du séminaire, la délégation de la Commission a rencontré le Président de la
Géorgie, M. Saakashvili. Le Président a évoqué l’excellence de la
coopération entre la Géorgie et la Commission de Venise. Il a précisé que le
passage à un régime semi‑présidentiel avait été nécessaire, en
particulier pour permettre au Président de se concentrer sur les questions
prioritaires. La réforme constitutionnelle ne suivait pas entièrement le modèle
français, essentiellement en raison des nombreuses résistances opposées à
l'idée de voir le Président capable de dissoudre le parlement sans raison
précise. Les amendements constitutionnels adoptés en février n'avaient pas été
considérés comme définitifs et les solutions choisies devaient être revues à un
stade ultérieur, éventuellement autour de 2007, lorsque la Géorgie se
préparerait aux négociations d'adhésion à l'Union européenne.
A sa réunion
de décembre, la Commission a pris note des observations de
MM. van Dijk et Hamilton sur la proposition de loi constitutionnelle
portant modification de la Constitution de la Géorgie et a chargé le
Secrétariat de préparer un avis conjoint avec l’OSCE/BIDDH.
Cette
proposition avait été élaborée par l'ONG géorgienne « Liberty Institute »
mais avait été présentée à la Commission pour avis par le ministre géorgien de
la Justice. La Commission a rappelé qu'en raison de sa charge de travail,
seules les propositions émanant des autorités d’un Etat pouvaient lui être
présentées pour avis.
Le projet de
réforme constitutionnelle, qui ne concernait que le chapitre consacré aux
droits fondamentaux et celui sur le pouvoir judiciaire, n'était pas assorti
d’un rapport explicatif, d'où la difficulté d'apprécier les propositions de
réforme. Il en était ainsi s’agissant notamment de la proposition de
suppression de la Cour constitutionnelle, et de l'élargissement conséquent des
compétences de la Cour suprême. Bien que l'exercice, par la Cour suprême, de
fonctions en matière de contrôle de la constitutionnalité ne soit pas contraire
aux normes européennes, la décision de supprimer une cour constitutionnelle
déjà existante et opérationnelle ne pouvait se justifier que pour des raisons
précises qui, en l'espèce, n'avaient pas été données. En tout état de cause,
les fonctions constitutionnelles de la Cour suprême étaient insuffisamment
définies et coordonnées avec les fonctions de recours dans le projet en question.
Pour ce qui
était des droits fondamentaux, le texte était extrêmement détaillé, parfois
trop, et s'écartait des définitions de la Convention européenne des Droits de
l'Homme, ce qui pouvait donner lieu à des ambiguïtés ou à des malentendus. Il
convenait de se féliciter de la disposition sur l'abolition de la peine de
mort.
M. Denis
Petit, représentant le BIDDH, a informé la Commission que la mission de l'OSCE
à Tbilissi avait aussi été demandée par le ministère géorgien de la Justice
pour examiner le texte de « Liberty Institute ». M. Gérard Batliner
avait préparé des commentaires qui, fondamentalement, faisaient écho à ceux des
rapporteurs de la Commission. Il estimait que ce texte contenait un certain
nombre d’innovations dont il fallait se féliciter mais qui appelaient une
rationalisation. L'abolition de la Cour suprême était de toute évidence un
problème et devait, en tout état de cause, être précédée d'un vaste débat
public avant même d'être examinée.
L'autre
sujet traité pendant le séminaire en mai (voir sous point a) a porté sur
l'organisation territoriale dans le contexte de la restauration de l'autorité
du Gouvernement géorgien dans la République autonome d'Adjarie. M Giorgio
Malinverni (Suisse) a présenté la notion de fédéralisme asymétrique et ses
incidences pratiques dans un certain nombre de pays ;
M. Llibert Cuatrecasas (Espagne), ancien président du Congrès des
pouvoirs locaux et régionaux, a présenté le système espagnol de compétences
asymétriques et M. Hans‑Heinrich Vogel (Suède) a décrit la
répartition des compétences dans les domaines économique et financier dans les
Etats fédéraux ou entre les Etats et les régions autonomes.
M. Konstantin Kublashvili, ancien vice‑ministre de la Justice
de la Géorgie, a fait observer que la notion de fédéralisme asymétrique offrait
les meilleures perspectives de règlement du conflit en Abkhazie et élaboré des
propositions ambitieuses, accordant une large autonomie à cette région
autonome. Lorsqu’il a rencontré la Commission, le Président Saakashvili a
aussi confirmé l'intérêt pour la Géorgie de la notion de fédéralisme
asymétrique.
Peu après le
séminaire, la Commission de suivi de l'Assemblée parlementaire du Conseil de
l'Europe (APCE) a demandé à la Commission de Venise d'élaborer un avis sur le
projet de loi constitutionnelle relatif au statut de l'Adjarie.
Dans le
projet d’avis qu'ils ont élaboré, MM. Malinverni et Vogel se sont
félicités que l'autonomie de l'Adjarie puisse reposer sur une base
constitutionnelle plus précise grâce à la loi constitutionnelle envisagée. Le
projet présentait néanmoins un certain nombre de faiblesses. Il réglementait
notamment en détail des questions sur l'organisation interne de la région
autonome, qui devraient relever de la compétence de la région elle‑même
et permettait de nombreuses possibilités d'interférences des autorités
centrales. De plus, le projet ne prévoyait pas de base financière claire pour
l'autonomie.
Lors de la
discussion qui a suivi, plusieurs membres se sont déclarés en faveur des
conclusions du projet d'avis en suggérant cependant certains changements ; le
fait que le Président géorgien puisse révoquer le Conseil des Ministres
d'Adjarie sans consulter le Conseil suprême de cette dernière a notamment
suscité des objections de leur part. La Commission a ensuite adopté son avis
sur le projet de loi constitutionnelle de la Géorgie relatif au statut de la
République autonome d'Adjarie (CDL-AD(2004)018).
A sa session
d'octobre, la Commission a été informée de l'adoption du projet de loi
constitutionnelle de la Géorgie concernant le statut de l'Adjarie. La
Constitution de la Géorgie proprement dite ne comportait pas de solution
définitive concernant l'organisation territoriale de la Géorgie. La Commission
avait travaillé sur la loi constitutionnelle et soumis des conclusions dans un
délai très bref. Du fait de certaines des observations formulées dans l'avis,
les modifications ci‑après avaient été apportées :
·
C'était la formule du système
parlementaire monocaméral (et non bicaméral) qui avait été retenue ;
·
Pour qu’une motion de censure du
Conseil des Ministres soit adoptée, elle ne devait plus recueillir que la
majorité simple des voix à la Chambre des Représentants et non pas les trois‑quarts
des voix, comme prévu initialement (ce seuil a été jugé trop élevé);
·
Le Président de la Géorgie ne pouvait
dissoudre le Parlement de l'Adjarie qu’avec l’accord du Parlement géorgien ;
·
les décisions visant à abroger
certaines lois incompatibles avec le droit géorgien ne devaient pas être prises
par des structures politiques ; dans son avis, la Commission a suggéré de
laisser à la Cour constitutionnelle le soin de décider. Cette question a fait
l’objet de vifs débats au sein du comité de rédaction. Au bout du compte, il a
été décidé de trouver une solution accordant un rôle à la Cour
constitutionnelle. Le Parlement de la Géorgie est habilité à demander à la Cour
constitutionnelle d'abroger des lois si elles sont contraires à la Constitution
ou au droit géorgien. La Cour constitutionnelle peut décider d'accepter la
demande et suspendre des lois du Parlement adjare. En règle générale, la Cour
constitutionnelle devrait statuer sur les problèmes concernant les lois
relatives à l'autonomie de l'Adjarie.
Cela étant,
d'autres observations de la Commission n'avaient pas été prises en
considération dans la nouvelle loi constitutionnelle. Les compétences de l'Etat
central et des régions auraient en particulier dû être mieux définies.
A sa session
d'octobre, la Commission a adopté l'avis sur le projet de loi sur la
restitution des logements et d’autres biens aux victimes du conflit
géorgien-ossète (CDL-AD (2004)037) sur la base des observations de
MM. Van Dijk et Paczolay.
Le projet de
loi constituait un pas très important sur la voie de la réparation des dommages
causés par le conflit en question, et à ce titre, cette initiative méritait
d’être saluée. Il lui manquait toutefois certaines dispositions de fond
importantes ; ainsi il n’était pas précisé selon quels critères la commission
chargée des questions relatives aux logements et aux droits de propriété devait
statuer sur les demandes de restitution. La loi devait protéger de manière
satisfaisante les droits de toutes les personnes concernées, qu'il s'agisse des
personnes de retour et des occupants du logement dont la restitution était demandée.
M Paczolay a souligné la nécessité pour les autorités géorgiennes de
traiter de questions similaires concernant l'Abkhazie.
La
Commission a été informée qu'en réponse à la demande que le ministère géorgien
des Affaires étrangères lui avait faite de contribuer à trouver une solution
aux problèmes de l’Ossétie du sud, une délégation se rendrait en Géorgie les 27
et 28 janvier 2005.
A sa session
d'octobre, la commission a été informée que l'Assemblée parlementaire du
Conseil de l'Europe lui demandait d’élaborer un avis sur la compatibilité de
deux lois italiennes (la loi « Gasparri » relative aux médias et la
loi « Frattini » relative aux conflits d'intérêts) avec les standards du
Conseil de l'Europe dans le domaine de la liberté d'expression et du pluralisme
des médias, au vu notamment de la jurisprudence de la Cour européenne des
Droits de l'Homme.
Un groupe de
travail composé de MM. Helgesen, Tuori, Grabenwarter et Paczolay a été créé. Il
prévoyait de se rendre en Italie les 13 et 14 janvier 2005.
A sa session
de juin, la Commission a adopté son avis sur le projet de loi relatif au
soutien aux Roumains vivant à l'étranger sur la base des observations de
MM. Van Dijk, Malinverni et Matscher (CDL-AD(2004)020).
Le projet
était conforme aux normes européennes applicables, qui avaient été codifiées
par la Commission dans son « rapport sur le traitement préférentiel des
minorités nationales par leur Etat‑parent » d'octobre 2001
(CDL-INF(2001)19), dont le projet de loi s'était spécifiquement inspiré. Le
projet pouvait être amélioré à deux égards : premièrement, le droit des
Roumains vivant à l'étranger d'étudier en Roumanie et de bénéficier de toutes
les facilités à cette fin (cela couvrait actuellement tous les niveaux et
toutes les formes d'éducation) devait être véritablement lié à la nature de ces
études (culture et langue roumaines) ; deuxièmement, le droit de
bénéficier d’un logement gratuit en Roumanie devait être conditionné aux mêmes
critères de niveau de revenus que ceux qui s'appliquaient à tous les étudiants
roumains.
M. Aurescu a
informé la Commission que ce projet de loi s'inspirait des enseignements tirés
dans le cadre de la controverse entre la Roumanie et la Hongrie au sujet de
l'adoption de ce qu'il est convenu d'appeler la loi sur le statut. Ce texte
devait être appliqué par le biais d’instruments bilatéraux, qui seraient
examinés par le ministre des Affaires étrangères lors de réunions bilatérales,
conformément à la loi roumaine sur les traités de février 2004. M. Aurescu
a ajouté qu'à son avis, il n'y avait pas de risque de pratiques
discriminatoires, car les avantages prévus dans le cadre de la loi seraient
accessibles à toute personne d'origine ethnique autre que roumaine souhaitant étudier
en Roumanie et en roumain. Pour ce qui était de la gratuité de l’hébergement,
M. Aurescu allait suggérer d'ajouter le critère du niveau de revenus.
A sa session de juin également,
la Commission a procédé à un échange de vues avec M. Hazaparu, président
de la Fondation roumaine pour la démocratie par le droit. M. Hazaparu a
présenté la récente révision de la Constitution roumaine de 1991, adoptée en
vue de faciliter l'adhésion du pays à des organisations comme l'Union européenne
et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. Les nouvelles dispositions
modifiaient certains aspects de la procédure législative (en particulier, ceux
concernant les dispositions d'urgence) ; limitaient le champ d'application
de l'immunité parlementaire ; transformaient la Cour suprême en Haute Cour
de cassation et de justice mais ne modifiaient pas le rôle et les fonctions du
ministère public. La révision concernait aussi le rôle et la structure du
Conseil judiciaire suprême et élargissait la compétence de la Cour
constitutionnelle. Cette dernière était désormais également compétente pour
décider de la répartition des pouvoirs entre les autorités de l'Etat ainsi que
de la constitutionnalité des accords internationaux.
A sa session de décembre, la
Commission a adopté son avis relatif au projet de loi fédérale
sur les modifications à apporter à la loi fédérale « sur les grands
principes d'organisation des organes législatifs (représentatifs) et exécutifs
des sujets de la Fédération de Russie » et à la loi fédérale « sur
les garanties essentielles des droits électoraux et du droit de participation
au référendum des citoyens de la Fédération de Russie » (CDL-AD(2004)042)
et a décidé de le transmettre à la Commission de suivi de l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe qui l'avait demandé. Cet avis avait été
élaboré sur la base des observations de MM. Malinverni, Scholsem, Nolte,
Fogelklou et Lesage.
La Commission de suivi de
l'Assemblée parlementaire avait demandé à la Commission d'examiner la question
de savoir si ce projet n'était pas contraire à la Constitution de la Russie et
s'il était conforme aux normes européennes. L'objet de la loi était de modifier
le système fédéral dans les domaines suivants :
1. Les chefs de
l'exécutif n'étaient plus élus au suffrage direct, mais par les assemblées
législatives des sujets de la Fédération de Russie sur proposition du Président
russe ;
2. Le Président de
la Fédération de Russie avait un droit de dissolution des assemblées si
celles-ci rejetaient par deux fois le candidat proposé par le Président pour le
poste de chef de l'exécutif du sujet ;
3. les
responsabilités des chefs de l'exécutif devant les assemblées étaient réduites ;
4. le Président de
la Russie pouvait révoquer le chef de l'exécutif du sujet de la Fédération à
tout moment.
La Commission ne pouvait pas se
substituer à la Cour constitutionnelle russe et examiner la
« constitutionnalité » de l'acte législatif. Elle ne pouvait
qu'exprimer son avis sur son rapport avec les normes déjà existantes. Quant aux
normes européennes, les Etats fédéraux étaient plutôt une exception en Europe
et il était difficile de dire quel était le meilleur système fédéral. Les
rapporteurs avaient comparé la Russie à d'autres Etats fédéraux et régionaux en
Europe. L'analyse comparative du projet de réforme montrait que les assemblées
législatives en sortiraient affaiblies et que la forte participation du
Président de la Fédération dans la formation des organes des sujets était
difficile à concilier avec la coopération mutuelle entre les différents niveaux
de pouvoir requis pour qu'un système fédéral fonctionne. Pour ce qui était de
la composition du Conseil de la Fédération (la Chambre Haute du Parlement
russe), une fois le projet de loi adopté, la moitié de cet organe dépendrait
directement du Président de la Russie, car il comprenait les représentants du
pouvoir exécutif.
Il a été rappelé que le projet en
question était examiné par la Douma au moment même de la session plénière de la
Commission et qu'il pouvait subir de nombreuses modifications. La procédure
prévue par le projet pour élire les chefs de l'exécutif des sujets de la
Fédération n'était pas une nomination mais une investiture et le droit de
dissolution d'une assemblée pouvait être considéré aussi comme un moyen de
régler un conflit.
Il a aussi été précisé que la
Constitution russe était très souple quant à la composition des pouvoirs dans
les sujets fédérés. Elle laissait la possibilité de rééquilibrer le rapport des
différents pouvoirs. Par conséquent, le désir de renforcer l'exécutif, qui
était un système unique d'après la Constitution, n'était pas en soi une
violation de la constitutionnalité. Toutefois, le caractère du fédéralisme
russe évoluait et certains des changements proposés semblaient déséquilibrer le
système fédéral.
M. Baglay considérait que la
Commission se mettait dans une situation difficile en examinant un projet de
loi qui était en même temps débattu au parlement national. Les députés russes
prendraient connaissance de l'avis de la Commission quand la loi serait
peut-être déjà adoptée. A titre d'information, M. Baglay a signalé que
250 amendements au projet étaient examinés par le Parlement russe. Il
semblait regrettable de se prononcer sur un projet qui n'existerait peut-être
pas le lendemain de la réunion. M. Baglay félicitait toutefois les rapporteurs
de leur excellent travail et soutenait dans une large mesure leur analyse et
les conclusions de l'avis. Quant à la composition du Conseil de la Fédération,
il partageait l'inquiétude de la Commission et indiquait que la Cour
constitutionnelle n'avait malheureusement pas pu examiner cette question, car
les dispositions sur la composition de la Haute Chambre faisaient partie du
texte de la Constitution et la Cour ne pouvait pas se prononcer sur la
constitutionnalité de la Constitution. Il espérait que la réforme envisagée du Conseil
de la Fédération pourrait régler ce problème. En conclusion, il était d'avis
qu'il fallait renforcer l'exécutif pour centraliser la lutte contre la
corruption et la criminalité organisée et qu'après la normalisation de la
situation interne, la structure fédérale serait réexaminée au profit des
pouvoirs des sujets de la Fédération.
A sa session de mars, la
Commission a appris de M. Krivokapic, Président du Parlement monténégrin,
que le Monténégro était désormais un partenaire égal dans l'Union d'état de
Serbie-Monténégro. Selon lui, cette Union était, sur le plan intérieur, une
confédération qui ne pouvait pas survivre économiquement. La Constitution du
Monténégro devait être harmonisée avec celle de l'Union d'état et le parlement
avait mis en place un conseil d'experts en matière constitutionnelle qui devait
présenter un rapport à la Commission constitutionnelle du parlement, notamment
sur les aspects de procédure de cette harmonisation. Ce rapport serait transmis
à la Commission. L'opposition continuait de boycotter les travaux du parlement
et n'était pas prête à participer au processus d'harmonisation de la
Constitution avec la Charte constitutionnelle de l'union d'état.
A la session de juin, M. Đjerić, membre suppléant pour l'Union d'état de
Serbie-Monténégro, a informé la Commission que le gouvernement avait adopté un
premier projet de proposition de nouvelle constitution de la Serbie. La
dernière institution de l'Union d'état, dont la création était prévue par la
Charte constitutionnelle, la Cour, avait également été récemment mise sur pied.
M. Ivović, membre du Conseil pour
les questions constitutionnelles du Monténégro, a informé la Commission que
l'opposition au Monténégro boycottait encore le parlement et qu'elle n'était
pas prête à participer au processus de révision constitutionnelle. Le Conseil
pour les questions constitutionnelles travaillait encore sur un rapport qui
serait soumis à la Commission constitutionnelle du parlement, et qui était
essentiellement axé sur les aspects procéduraux de la révision :
fallait-il s'acheminer vers la modification de la Constitution ou vers la
rédaction d'un nouveau texte ?
M. Ivović a également indiqué qu'une conférence sur la réforme
constitutionnelle pourrait être organisée à Podgorica au début de
l'automne 2004, en coopération avec la Commission de Venise.
A sa session d'octobre, la
Commission a été informée que les travaux sur la nouvelle constitution en
Serbie se poursuivraient à un rythme accéléré à la suite des élections locales
qui venaient d'avoir lieu et qu'un groupe d'experts mettait la dernière main à
des recommandations concernant l'adoption de la nouvelle constitution du
Monténégro.
A la session de décembre, M.
Bradlay a informé la Commission qu'une délégation s'était rendue
fin novembre à Podgorica pour discuter de la réforme constitutionnelle au
Monténégro. La Charte constitutionnelle de l'Union d'état de Serbie‑Monténégro
exigeait la mise en conformité de la Constitution du Monténégro avec cette
charte. A la demande du parlement, un groupe d'experts avait préparé un rapport
sur la procédure à suivre. D'après ce groupe, l'adoption d'une toute nouvelle
constitution était souhaitable et, à cette fin, vu la discontinuité dans le
développement constitutionnel, il n'était pas indispensable de respecter les
dispositions pour la révision constitutionnelle qui figuraient dans la
Constitution en vigueur. La délégation de la Commission avait eu des échanges
de vues, notamment avec le groupe d'experts et la Commission constitutionnelle
du parlement. Le groupe d'experts préparerait une version révisée de son
rapport qui tiendrait compte des discussions menées avec la délégation de la
Commission.
A sa session de mars, la
Commission a été informée que les autorités du Monténégro étaient en train de
préparer une loi sur l'exercice des droits des minorités nationales et
ethniques au Monténégro. MM. Aurescu et Bartole avaient préparé des
commentaires préliminaires sur un premier projet de loi, en vue d'en discuter
lors d'une réunion de travail qui se tiendrait à Podgorica le 16 mars 2004.
D'une manière générale, le projet de loi était conforme aux normes européennes.
Il était cependant possible d'apporter des améliorations dans certains
domaines. Il s'agissait en particulier de l'usage de termes différents dans le
projet de loi pour désigner les minorités et de l'inclusion du critère de la
citoyenneté et de la référence aux Etats parents dans la définition de la
« minorité nationale ».
Le projet de loi reconnaissait
les droits collectifs. De l'avis de plusieurs membres de la Commission, cette
reconnaissance, dans la mesure où elle ne portait pas préjudice aux droits
individuels, n'était pas contraire au droit international, bien qu'à ce jour ce
dernier n'aille pas jusqu'à reconnaître les droits collectifs.
A sa session de juin, la
Commission a adopté son avis sur l'exercice des droits et libertés des
minorités nationales et ethniques au Monténégro (CDL-AD(2004)026) sur la base
des observations de MM. Aurescu et Bartole.
Les
rapporteurs ont informé la Commission que la réunion d'experts qui s'était
tenue à Podgorica le 16 mars 2004 avait été particulièrement utile
pour bien comprendre la situation spécifique des minorités au Monténégro.
Le projet de loi était
globalement conforme aux normes européennes et à certains égards, il allait
plus loin que ces dernières. L'article 14.2 du projet de loi révisé
prévoyait, dans les communes où la population appartenant à une minorité
nationale représentait 5 % de la population totale, l'utilisation
officielle de la langue de la minorité concernée. Ni la Charte
constitutionnelle de l'union d'état de Serbie-Monténégro, ni la Constitution du
Monténégro ne prévoyaient cette possibilité. Il convenait de préciser si
l'expression « utilisation officielle de la langue » avait la même signification
que l'expression « langue officielle ». L'importance de la position
du projet de loi dans la hiérarchie des normes au Monténégro dans le cadre
d'une protection judiciaire effective des droits des minorités garantis était
soulignée. Il importait de faire référence, à l'article 1er du
projet de loi, à la Charte constitutionnelle de l'union d'état de Serbie‑Monténégro
et de clarifier la question de la terminologie conformément à la
Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. En outre, les droits
de représentation des minorités avaient été évoqués en particulier. En ce qui
concernait l'application de ces droits, la manière dont le recensement se
déroulerait serait importante.
A sa session de décembre, la
Commission a adopté l'avis conjoint qu'elle avait élaboré avec le Commissaire
aux Droits de l'Homme et la Direction générale des Droits de l'Homme du Conseil
de l'Europe sur le projet de loi relatif au médiateur de Serbie
(CDL-AD(2004)041).
MM. Lavin et Tuori
étaient rapporteurs. L'avis souligne que l'obligation, énoncée dans le projet
de loi, d'épuiser toutes les voies de recours judiciaires avant de saisir le
médiateur nuit à la rapidité et à l'efficacité de l'action de ce dernier. De
plus, faire reposer cette institution sur une base constitutionnelle
permettrait d'éviter le risque que le parlement en modifie les
caractéristiques. L'avis exprime aussi des doutes quant à la nécessité pour le
médiateur d'être diplômé en droit.
A sa session d'octobre, la
Commission a adopté son avis sur les droits de l'homme au Kosovo :
établissement éventuel de mécanismes de contrôle (CDL-AD(2004)033) sur la
base des commentaires de MM. van Dijk, Helgesen, Malinverni, Scholsem
et Nolte.
Le projet d'avis avait aussi
été examiné par la sous‑commission sur le droit international le
7 octobre 2004. Les rapporteurs avaient présenté une analyse des
principales questions relatives aux droits de l'homme qui se posaient au
Kosovo, tout en soulignant que le mandat de la Commission se limitait aux
moyens institutionnels de remédier à l'absence de mécanismes de contrôle du
respect des droits de l'homme au Kosovo. Ils avaient proposé une solution à
moyen terme consistant à créer une cour des droits de l'homme pour le Kosovo
qui serait chargée de contrôler les activités de la Minuk et de la Kfor ou de
tout autre organisme international administrant provisoirement le Kosovo. Ils
avaient aussi proposé une solution à court terme, qui serait une solution de
compromis et traiterait individuellement chacune des trois institutions
susceptibles d'être à l'origine de violations des droits de l'homme (la Minuk,
la Kfor et les institutions provisoires d'administration autonome). Cette
proposition consisterait à créer deux organes consultatifs dont l'un serait
compétent pour les activités de la Minuk et l'autre pour celles de la Kfor, et
à mettre en place une chambre spéciale de la Cour suprême chargée des questions
constitutionnelles, déjà prévue dans le cadre constitutionnel, qui connaîtrait
aussi des affaires relatives aux droits de l'homme concernant les institutions
provisoires d'administration autonome.
Des membres du groupe de travail
s'étaient rendus au Kosovo début septembre dans le cadre de l'élaboration de
l'avis. Au cours de cette mission, les rapporteurs s'étaient entretenus avec
des agents de différentes organisations internationales (dont la Minuk, l'OSCE,
le HCDH et l'Unicef), qui étaient très attachés à la protection des droits de
l'homme et faisaient un travail remarquable dans une situation aussi complexe
et difficile. Le groupe de travail avait envisagé d'apporter à toutes ces
personnes une aide et des outils supplémentaires, dans le but de garantir à la
population du Kosovo une protection satisfaisante de ses droits fondamentaux.
Toutefois, les rapporteurs étaient conscients du caractère limité de leur
mandat et du fait qu'une approche institutionnelle ne pouvait avoir qu'une
influence limitée sur la situation des droits de l'homme au Kosovo.
Une série d'instruments
internationaux relatifs aux droits de l'homme s'appliquaient au Kosovo. Le
Kosovo était administré par la Minuk et la Kfor, qui, en qualité
d'organisations internationales, bénéficiaient de l'immunité de juridiction
ainsi que leurs agents. Si l'immunité personnelle pouvait être levée (et avait
effectivement été levée à plusieurs reprises), l'immunité institutionnelle
empêchait tout contrôle indépendant des activités de la Minuk et de la Kfor,
qui étaient pourtant susceptibles de porter atteinte aux droits de l'homme.
La Serbie‑Monténégro,
en dépit de sa souveraineté territoriale sur le Kosovo, ne pouvait être tenue
responsable des actes commis par la Minuk et la Kfor. Par conséquent, bien que
la Serbie-Monténégro ait ratifié la Convention européenne des Droits de
l'Homme, les habitants du Kosovo ne pouvaient pas saisir la Cour européenne des
Droits de l'Homme de requêtes individuelles s'ils s'estimaient victimes d'une
violation, par la Minuk ou la Kfor, des droits reconnus dans la Convention.
Le groupe de travail jugeait
irréaliste d'envisager d'étendre la compétence de la CEDH pour qu'elle puisse
connaître des actes de l'ONU (Minuk) et de l'OTAN (Kfor). En effet, cette
extension supposerait de modifier à la fois la CEDH et le Statut du Conseil de
l'Europe, ou de conclure un accord parallèle, et dans les deux cas
l'administration provisoire du Kosovo aurait probablement disparue avant la fin
de la procédure.
D'autres solutions, à moyen
et à court terme, avaient été envisagées, comme indiqué ci‑dessus. Le
groupe de travail ne doutait pas que la Minuk et la Kfor attachaient une grande
importance au respect des droits de l'homme. Il jugeait toutefois nécessaire que
les organisations internationales assurant l'administration provisoire du
Kosovo montrent clairement aux habitants du Kosovo et à la communauté
internationale qu'elles se préoccupaient des droits de l'homme et qu'elles ne
tentaient pas de soustraire leurs actes à un contrôle indépendant. Il avait été
signalé que les organes consultatifs qu'il était proposé de créer pour la Minuk
et la Kfor soient internes à ces organisations mais que leurs membres soient
indépendants.
M. Jean‑Christian Cady,
représentant spécial adjoint du Secrétaire Général pour la police et la
justice, approuvait l'avis de la Commission. Il a souligné que la Minuk, qui
relevait des Nations Unies, était liée par les normes relatives aux droits de
l'homme et qu'elle avait la volonté et la capacité de les respecter pleinement.
La Minuk, comme les autres structures, était dotée d'un certain nombre de
mécanismes internes destinés à garantir le respect des droits de l'homme. Elle
avait aussi créé les conditions nécessaires au respect des droits fondamentaux
par les institutions provisoires d'administration autonome. En outre, des
poursuites avaient pu être engagées contre des agents de la Minuk, car dans
chaque cas, le Secrétaire général des Nations Unies avait levé leur immunité.
M. Thomas Toussaint,
conseiller juridique principal de la Kfor, a expliqué que la Kfor restait
habilitée à placer des personnes en détention et à perquisitionner, mais
qu'actuellement, à juste titre, elle n'exerçait ce pouvoir que dans des cas
exceptionnels et sous la supervision du conseiller juridique, selon des normes
et des procédures écrites. Le conseil consultatif proposé complèterait le
contrôle exercé par le conseiller juridique, ce qui pourrait s'avérer utile.
Cela dit, la décision de créer ce conseil ne relevait pas de la compétence de
la Kfor, mais d'une instance supérieure de l'Otan.
A la demande de la Minuk, un
agent de la Commission de Venise a participé en juin et en juillet 2004 à
l'élaboration du document-cadre pour la réforme de l'autonomie locale au
Kosovo. D'une part, ce document donne des orientations aux fins d'une nouvelle
loi sur l'autonomie locale qui serait pleinement conforme aux normes
internationales et renforcerait les compétences des municipalités. D'autre
part, il propose la mise en place rapide d'unités pilotes de l'autonomie locale
pour acquérir une expérience pratique du fonctionnement de ces nouvelles
règles. De plus, certains des projets pilotes porteraient sur des territoires
dans lesquels les Albanais n'étaient pas majoritaires, ce qui permettrait à
d'autres communautés, comme les Serbes du Kosovo, de disposer d'institutions
d'administration autonome tenant compte de leurs souhaits.
Lors d'une réunion tenue le
20 juillet 2004, le groupe de contact s'est félicité de l'adoption du
document-cadre qui avait été approuvé par les institutions provisoires
d'administration autonome du Kosovo le 23 juillet 2004. Sa mise en
œuvre avait toutefois été reportée en raison des élections au Kosovo en
octobre.
La Commission a été informée
du train de réformes constitutionnelles adopté par le Parlement turc. L'un des
articles abolissait la peine de mort en temps de guerre et – désormais au
niveau constitutionnel – également en cas de terrorisme, ce qui ouvrait la voie
à la ratification, par la Turquie, du Protocole n° 13 à la Convention
européenne des Droits de l'Homme. Autre élément important, l'article 90 de
la Constitution prévoyait que les traités internationaux relatifs aux droits de
l'homme primaient le droit national en cas de conflit de droit, ce qui les
plaçait en dessous de la Constitution, mais au-dessus du droit commun. Jusqu'à
cet amendement, les traités internationaux avaient été incorporés au niveau du
droit commun et les conflits devaient être réglés par les règles de lex specialis et de lex posterior. Le troisième grand amendement concernait l'abolition
des cours de sécurité de l'Etat. Même si ces cours n'étaient pas des
juridictions extraordinaires, mais étaient prévues par la Constitution
elle-même, elles avaient été critiquées parce que des juges militaires y
siégeaient. Ces dernières années, la procédure de ces juridictions avait déjà
été assimilée à celle des tribunaux de droit commun. Le quatrième élément
important résidait dans un amendement à l'article 10 de la Constitution
qui prévoyait des mesures de discrimination positive en faveur des femmes.
Collectivement, ces amendements constituaient une étape importante sur la voie
d'un gouvernement pleinement démocratique en Turquie.
A sa session d'octobre, la
Commission a adopté son avis sur la procédure de révision de la Constitution
ukrainienne (CDL-AD(2004)30). S'agissant du fond des diverses propositions
de révision de la Constitution ukrainienne, la Commission avait adopté son avis
en décembre 2003 (CDL-AD(2003)19).
Le projet d'avis avait été
élaboré sur la base des commentaires de Mme Flanagan, de Mme Thorgeirsdottir
et de M. Tuori. Les trois projets de loi relatifs aux amendements
constitutionnels portaient tous sur la répartition des pouvoirs entre le président
et le parlement. Le premier projet de loi (n° 4105), adopté en première
lecture en décembre 2003, avait été rejeté par la Verkhovna Rada en
deuxième lecture, en juin 2004. Le deuxième projet de loi (n° 3207‑1)
n'avait pas obtenu l'approbation nécessaire. Quant au troisième projet de
loi (n° 4180), qui était pratiquement identique au projet
n° 4105, il avait été soumis à la Verkhovna Rada et adopté en
première lecture le 23 juin 2004. Si le projet de loi n° 4180
devait faire l'objet d'un deuxième vote, celui‑ci aurait lieu pendant la
session d'automne de la Verkhovna Rada.
La commission de suivi de
l'Assemblée parlementaire avait suggéré de suspendre les réformes et de ne les
poursuivre qu'après l'élection présidentielle du 31 octobre 2004 et
avait demandé à la Commission de Venise de formuler un avis sur les aspects
procéduraux de la question. Les articles pertinents de la Constitution (articles 158
et 159) pouvaient être interprétés de deux manières : on pouvait
considérer qu'ils prévoyaient que des amendements à la Constitution pouvaient
de nouveau être présentés dans un délai d'un an après le rejet d'un texte
similaire par le parlement, ou au contraire qu'ils interdisaient cette
pratique. L'avis soulignait la nécessité de la sécurité constitutionnelle et
recommandait d'inviter la Cour constitutionnelle de l'Ukraine à statuer sur
cette question.
A sa session de juin, la
Commission a approuvé les observations de Mme Hanna Suchocka
(CDL(2004)048fin) et de M. James Hamilton (CDL(2004)060fin) sur le
projet de loi relatif au ministère public de l'Ukraine et a chargé le
Secrétariat d'élaborer un avis consolidé pour adoption lors de sa session
suivante.
Les commentaires étaient
critiques puisque le projet ne permettait pas réellement à l'Ukraine de se
rapprocher des normes européennes dans ce domaine. Ce projet semblait avoir
pour objectif de maintenir le système traditionnel d'une Prokuratura
excessivement puissante et centralisée bien qu'il améliore certains détails. Il
reposait en partie sur un projet d'amendement constitutionnel qui avait été
critiqué tant par la Commission (voir le documentCDL-AD(2003)19) que par
la Cour constitutionnelle d'Ukraine et qui n'avait pas été adopté par le
Parlement ukrainien.
A sa session d'octobre, la
Commission a adopté son avis concernant le projet de loi amendant la loi de la
République d'Ukraine sur le ministère public (CDL-AD(2004)38).
Cet avis avait été élaboré
sur la base des observations individuelles de Mme Suchocka et
de M. Hamilton, qui avaient été examinées et approuvées lors de la session
plénière de juin. Par ce projet de loi, l'Ukraine visait à remplir l'une des
obligations qu'elle avait contractées lors de son adhésion au Conseil de
l'Europe : transformer le rôle et les fonctions du ministère public pour
les rendre compatibles avec les normes démocratiques européennes. Cependant, le
projet de loi n'atteignait pas cet objectif, et il tendait même à pérenniser
certaines caractéristiques qui, selon la Constitution, n'étaient que
provisoires. Certes, il apportait quelques améliorations marginales mais il ne
prévoyait pas de réforme fondamentale. Les rapporteurs avaient évoqué plusieurs
aspects très préoccupants : le pouvoir restait trop concentré entre les
mains du ministère public ; le projet de loi continuait d'enfreindre le
principe de la séparation des pouvoirs ; il conférait au ministère public
des compétences qu'il serait plus normale de confier au pouvoir
judiciaire ; les relations entre le procureur général et l'exécutif
manquaient de clarté, certaines dispositions représentaient une menace pour la
liberté de la presse ; le pouvoir de représentation était défini dans un
sens trop large ; enfin, les dispositions relatives à l'indépendance du
procureur général n'étaient pas conformes aux textes de l'Assemblée
parlementaire et du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe.
A sa session de mars, la
Commission a adopté son avis sur deux projets de loi modifiant la loi sur les
minorités nationales en Ukraine (CDL-AD(2004)013) et l'a transmis aux
autorités ukrainiennes.
La Commission a été informée
que l'Ukraine révisait sa loi sur les minorités nationales. Plusieurs projets
avaient été préparés et discutés, y compris les deux projets envoyés à la
Commission. Une réunion de travail fructueuse s'était tenue à Strasbourg le
12 janvier 2004 avec la participation d'experts du Conseil de
l'Europe, de représentants du Comité d'Etat ukrainien sur la nationalité et les
migrations et de l'Institut législatif de la Verkhovna Rada, ainsi que de
membres du Bureau du Haut Commissaire pour les minorités nationales de
l'OSCE.
Deux points nécessitant une
amélioration avaient été identifiés : l'indication de la position de cette
loi dans la hiérarchie des lois en Ukraine et les lignes directrices à donner
pour la préparation des règlements d'application de cette loi.
Les autorités ukrainiennes
travaillaient actuellement sur un projet de loi qui combinerait les deux
projets précédents et le soumettraient à la Commission pour avis.
A sa session de juin, la
Commission a adopté son avis sur la dernière version du projet de loi modifiant
la loi relative aux minorités nationales en Ukraine (CDL-AD(2004)022).
Le projet de loi avait été élaboré
sur la base des deux projets précédemment examinés par la Commission en tenant
partiellement compte de l'avis de cette dernière à ce sujet. Si le nouveau
projet de loi était de manière générale considéré comme une amélioration,
certains aspects posaient toujours un problème, notamment la position peu
claire de cette loi dans la hiérarchie ukrainienne des normes, la condition de
citoyenneté dans la définition générale des « minorités nationales »,
la possibilité de n'utiliser la langue minoritaire que dans les contacts avec
les collectivités locales (sans que cela s'étende aux instances judiciaires et
régionales), l'imprécision de la portée de la protection judiciaire des droits
des minorités et le manque de représentation équitable des minorités dans les
organes législatifs aux niveaux local, régional et national.
A sa session
de juin, la Commission a adopté son avis sur le projet de loi concernant le
concept de politique ethnique nationale de l'Ukraine (CDL-AD(2004)021).
La
Commission avait déjà examiné la précédente loi qui était, à de nombreux égards,
similaire au nouveau projet. Certains points continuaient de poser un problème
et devaient être revus, notamment le fait que le statut juridique de ce texte
n'avait pas été précisé, que la politique ethnique de l'Etat était limitée aux
ressortissants ukrainiens, que ce texte ne faisait référence ni à l'autonomie,
ni à la représentation proportionnelle des minorités nationales au sein des
organes élus, ni à la nécessité de respecter les normes européennes codifiées
par la Commission de Venise en ce qui concernait la protection des Ukrainiens à
l'étranger.
e. Loi sur les
peuples autochtones
A sa réunion d'octobre, la Commission a adopté son avis sur le projet de
loi sur les peuples autochtones d'Ukraine (CDL-AD (2004)036).
S'il
convenait de se féliciter de l'élaboration d'un texte législatif dans ce
domaine, le projet de loi ne semblait pas tenir dûment compte des différences
entre « peuples autochtones»
et « minorités nationales » ; la référence, dans le projet de
loi, à des critères numériques était inopportune et créait une certaine
confusion. Il était nécessaire de compléter le projet de loi par des
dispositions plus précises sur le rôle de l'assemblée des peuples autochtones et sur le droit
d'éligibilité des membres de ces peuples.
Des membres
de la Commission, des observateurs ou des invités ont informé la Commission à
ses sessions plénières des développements constitutionnels présentant un
intérêt particulier. En 2004, ont été concernés :
·
L'Algérie :
l'expérience du Conseil constitutionnel et une éventuelle coopération avec la
Commission de Venise ;
·
Le
Chili : les activités de la Cour constitutionnelle et l'adhésion
éventuelle à la Commission de Venise ;
·
L'Egypte : la jurisprudence élaborée par la Cour
constitutionnelle suprême ;
·
La France : la décision du Conseil constitutionnel sur la constitutionnalité
du traité constitutionnel de l'Union européenne ;
·
Le Japon : l'initiative prise par le Premier ministre aux fins d'un nouveau
projet de constitution et la mise en place d'un système de quasi‑jury ;
·
Le
Mexique : les propositions de modification du système
politique et électoral ;
·
La
République de Corée :
la tentative de mise en accusation du Président, les décisions importantes de
la Cour constitutionnelle et l'adhésion éventuelle à la Commission de Venise ;
·
Le
Portugal : les amendements constitutionnels augmentant les
pouvoirs des régions autonomes et le statut du droit de l'Union européenne dans
le système juridique national ;
·
L'« ex‑République
yougoslave de Macédoine » : les aspects constitutionnels du
référendum sur la loi redéfinissant les
limites territoriales des communes ;
·
Le
Royaume-Uni : le projet de loi visant à supprimer la fonction
de Lord Chancellor.
A la demande de la présidence de la
Commission constitutionnelle de la Grande Assemblée nationale de Turquie, la
Commission a élaboré le rapport sur la jurisprudence des pays ayant admis la
suprématie des traités relatifs aux droits de l'homme et aux libertés
fondamentales. La Constitution turque récemment modifiée prévoit que les
traités internationaux relatifs aux droits de l'homme priment le droit national
en cas de conflit de droit, ce qui les place en‑dessous de la
Constitution mais au‑dessus du droit commun. Jusque‑là, les traités
internationaux étaient incorporés au niveau du droit commun et les conflits
devaient être résolus par les principes de lex specialis et lex
posterior.
Le rapport passe en revue les dispositions
constitutionnelles relatives aux traités internationaux relatifs aux droits de
l'homme, ou les traités internationaux en général, et comprend des extraits de
résumés de décisions de juridictions ayant compétence au niveau constitutionnel
pour traiter de la question de la position des traités internationaux relatifs
aux droits de l'homme dans la législation interne. Seule la jurisprudence des
pays ayant admis la suprématie des traités relatifs aux droits de l'homme et
aux libertés fondamentales a été prise en considération. Le rapport élaboré sur
la base des informations figurant dans la base de données CODICES de la
Commission, est un document de travail et doit être complété.
Un débat relatif au rapport sur la
jurisprudence des pays ayant admis la suprématie des traités relatifs aux
droits de l'homme et aux libertés fondamentales a eu lieu pendant la 60e session
plénière de la Commission (Venise, 8‑9 octobre 2004) ; il a été
suggéré de consacrer une étude au statut des traités internationaux relatifs
aux droits de l'homme. A la 61e session plénière de la
Commission (Venise, 3‑4 décembre 2004), le Comité directeur
UniDem a décidé d'organiser en septembre de l'année prochaine, un séminaire
UniDem sur ce sujet qui pourrait servir de base à l'étude. Le séminaire
traitera essentiellement des rapports entre ces traités et les constitutions et
législations nationales. Il portera aussi sur la question de l'existence d'un «
noyau essentiel » des droits de l'homme et de la nécessité d'un statut
juridique « spécial » pour les traités internationaux relatifs aux
droits de l'homme à la fois au niveau international et au niveau national. Le
séminaire UniDem sera organisé en coopération avec l'Association internationale
de droit constitutionnel (IACL).
A la demande du Comité des
Ministres, la Commission, représentée par M. Mifsud Bonnici, a
participé aux travaux du groupe de haut niveau sur l'avenir de la démocratie.
Ce groupe a été créé dans le cadre du projet intégré du Conseil de l'Europe
« Les institutions démocratiques en action ». Le principal résultat
du projet, à savoir le Livre vert sur l'avenir de la démocratie en Europe,
traite des défis auxquels la démocratie est confrontée dans la pratique et
analyse leur incidence sur la citoyenneté, la représentation et les
institutions décisionnelles. Il se termine en proposant quelque vingt‑neuf réformes
possibles destinées à faire mieux fonctionner les institutions démocratiques et
donc à renforcer la légitimité des systèmes d'administration et de gouvernance
en faisant en sorte qu’ils tiennent davantage compte de la volonté de la
population.
La
Commission a aussi adopté un avis relatif aux possibilités de suivi de la
Recommandation 1629(2003) de l'Assemblée parlementaire sur « l'avenir
de la démocratie : renforcer les institutions démocratiques » (CDL-AD (2004)015) et l'a transmis au Comité des Ministres. Dans cet avis, elle conclut
que l'élaboration d'un catalogue des droits démocratiques fondamentaux protégés
par le Conseil de l'Europe pourrait contribuer à légitimer davantage encore
l'action et le soutien internationaux pour la promotion et le renforcement de
la démocratie en Europe. Elle souligne cependant la nécessité de prendre
pleinement en considération la diversité des nations et les différences de
traditions politiques et culturelles et d'accorder la plus haute importance au
rôle essentiel joué par la société civile.
Le Comité
des Ministres a invité la Commission à formuler des observations au sujet de la
Recommandation 1614(2003) de l'Assemblée parlementaire sur l'institution
du médiateur qui souligne l'importance de cette institution au sein des systèmes
nationaux et vise à renforcer encore le droit à la bonne administration. Les
observations de la Commission figurent en annexe à la réponse du Comité des
Ministres.
La
Commission a coopéré avec le BIDDH pour élaborer les Lignes directrices pour
l'examen de la législation affectant la religion ou les croyances (CDL-AD(2004)28).
A sa session de juin, le professeur Jeremy Gunn a présenté les
travaux du groupe d'experts du BIDDH sur la liberté de religion et de croyance,
et en particulier les lignes directrices susmentionnées élaborées par le groupe
en coopération avec la Commission de Venise. Il a expliqué que ces lignes
directrices visaient à aider le groupe à évaluer les projets de législation
dans ce domaine, ce qu'il était amené à faire de plus en plus souvent, et
qu'elles devaient être communiquées aux gouvernements afin que ceux‑ci se
familiarisent avec les normes de base que le BIDDH utilise comme référence.
Mme Flanagan
s'est dite satisfaite de la qualité des travaux menés par le BIDDH dans ce
domaine et a souligné la nécessité, d'une part, de traiter la question de la
liberté d'expression, qui englobe toutes les autres et, d'autre part, de
poursuivre les travaux de révision des lignes directrices afin qu'elles
reflètent l'évolution de la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de
l'Homme. Ces lignes directrices serviront de normes de référence pour la
Commission lorsqu'elle évaluera le projet de législation relatif à la liberté
de religion.
Dans le
cadre de son programme UniDem, la Commission a organisé un séminaire sur
l'« évaluation de quinze années de pratique constitutionnelle en
Europe centrale et orientale ». Ce séminaire, qui s'est tenu à Varsovie
les 19 et 20 novembre 2004, était organisé en coopération
avec l'Institut de la démocratie (France) et la Fondation Ius et Lex (Pologne).
Il s'agissait de la première manifestation multilatérale dans le cadre de la
présidence polonaise du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe.
Le séminaire
a été organisé pour faire le bilan de la transition démocratique des pays
d'Europe centrale et orientale et dégager des enseignements pour l'avenir. Les
débats ont été axés sur trois grands sujets : le président de la
République, la réforme constitutionnelle et les systèmes électoraux.
Des exposés
et des débats ont porté plus particulièrement sur : l'évolution de la
pratique constitutionnelle sur quinze ans dans différents Etats membres et dans
une perspective de comparaison ; la position et le rôle du président de la
République ; les relations entre les pouvoirs exécutif et
législatif ; le rôle de la jurisprudence constitutionnelle dans le
processus de réforme constitutionnelle ; les systèmes électoraux et les
systèmes de partis en Europe centrale et orientale. Pour finir, un sujet
transversal a été étudié concernant l'assistance apportée par les institutions
européennes aux pays d'Europe centrale et orientale, en particulier par la
Commission.
Une
cinquantaine de participants a pris part à ce séminaire, dont des juges de
cours constitutionnelles, des membres de commissions électorales centrales et
des professeurs de droit de pays d'Europe centrale et orientale. Mme Hanna Suchjocka
et M. Marek Safjan, président de la Cour constitutionnelle, ont
notamment présidé les séances de travail.
Le séminaire
a débouché sur une évaluation positive de la pratique démocratique pendant la
période de transition des pays d'Europe centrale et orientale même si certains
progrès doivent encore être faits. A l'issue du séminaire, il a été rappelé que
la Commission demeure, comme elle l'est depuis 1990, à la disposition des pays
d'Europe centrale et orientale pour les aider à mener leurs réformes
constitutionnelles et législatives.
Le projet de
campus UniDem a été mis en place en 2001 dans le but de renforcer l'efficacité
de l'administration et la bonne gouvernance ainsi que la démocratisation et les
droits de l'homme dans les pays du Pacte de stabilité. Moyennant six séminaires
par an, de cinq jours chacun, organisés sur la base d'exposés présentant le
sujet et de discussions d'exemples pratiques proposés par le conférencier, le
programme vise à dispenser une formation juridique aux fonctionnaires sur des
sujets comme la protection des droits fondamentaux, dont les droits des
minorités nationales, les règles de la vie publique et de la bonne
administration, les bons principes d'élaboration du droit ainsi que les
questions soulevées par l'adhésion à l'UE. Les fonctionnaires qui prennent part
aux séminaires doivent partager les connaissances acquises au campus avec leurs
collègues dans leurs pays respectifs.
A partir de
l'année prochaine (2005), la portée géographique du projet sera étendue avec la
participation de quatre pays supplémentaires. Le projet offrira alors une
formation juridique à des fonctionnaires de quinze pays à savoir :
l'Albanie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Bélarus, la Bulgarie, la Croatie, la
Géorgie, la Moldova, la Roumanie, la Fédération de Russie, la Slovénie, l'union
d'état de Serbie‑Monténégro, l'« ex‑République yougoslave de
Macédoine » et l'Ukraine.
En 2004, les
séminaires ont porté sur les thèmes suivants :
·
Le guide du Conseil de l'Europe à
l'attention des fonctionnaires (février)
·
L'autonomie locale et régionale et
la coopération transfrontalière (avril)
·
L'harmonisation de la législation
nationale avec l'acquis communautaire et les principes de bonne rédaction des
textes juridiques (mai)
·
La sécurité de l'Etat, la
criminalité transnationale organisée et l'immigration illégale (juillet)
·
L'accès aux données et la protection
de ces dernières à l'ère du gouvernement électronique (octobre)
·
La fonction publique : la
fonction au service du public ou le public au service de la fonction (novembre)
Cette année,
50 conférenciers et quelque 180 fonctionnaires de onze pays ont participé
aux séminaires Campus.
La
Commission de Venise considère sa coopération avec les cours constitutionnelles
et les organes équivalents comme le vecteur clé pour que les principes du
patrimoine constitutionnel qu'elle contribue à inscrire dans les constitutions
nationales soient non seulement couchés sur le papier mais aussi appliqués dans
la réalité. Le renforcement de l'indépendance et de l'autorité de ces organes
est important afin de permettre à ces derniers de prendre des décisions qui
peuvent être peu appréciées par les autres pouvoirs de l'Etat, à savoir
l'exécutif, le législatif, voire le judiciaire, qui voit parfois d’un mauvais
œil un contrôle constitutionnel de ses décisions finales. Il est toutefois
essentiel de rendre des jugements aussi difficiles si l'on veut défendre les
principes fondamentaux du Conseil de l'Europe, à savoir la démocratie, la
protection des droits de l'homme et la prééminence du droit dans les Etats
membres de l'Organisation.
Les moyens
que la Commission a choisis pour atteindre cet objectif sont doubles. D'une
part, la Commission favorise les échanges entre les juridictions en facilitant
les contacts directs entre celles‑ci à l'occasion de séminaires ou de
conférences, en passant constamment en revue la jurisprudence importante des
juridictions par l'intermédiaire de son Bulletin de jurisprudence
constitutionnelle et de la base de données CODICES ou en permettant un
échange électronique rapide grâce à son Forum de Venise confidentiel. D'autre
part, la Commission aide directement les juridictions en donnant des avis sur
les amendements constitutionnels et la législation sur les cours et, nouveauté
depuis 2004, en faisant également office d'amicus curiae pour les cours dans
les affaires dans lesquelles des aspects du droit constitutionnel comparé
jouent un rôle essentiel.
Le nouveau
dispositif des avis amicus curiae constitue une étape importante dans la
coopération entre les cours constitutionnelles et la Commission de Venise. Dans
le passé, les cours ont souvent eu recours à la coopération de la Commission,
que ce soit en lui demandant un avis sur la législation relative aux
juridictions proprement dites (voir les avis relatifs aux Cours de
l'Azerbaïdjan, de la Moldova, de la Fédération de Russie, de la Turquie, ci‑dessous)
ou en organisant conjointement des conférences et des séminaires (voir le point
3 ci‑dessous) ou encore dans le cadre de la coopération régionale. Les
avis amicus curiae créent toutefois un lien entre l'activité judiciaire
actuelle des cours et la Commission de Venise. Celle‑ci espère ainsi
renforcer la position des cours en donnant des arguments tirés du droit
constitutionnel comparé qui renforceront le raisonnement retenu par la cour sur
la base de la Constitution nationale.
La
possibilité pour la Commission d'intervenir en tant qu'amicus curiae,
officiellement annoncée à la 4e réunion du Conseil mixte sur la
justice constitutionnelle (Venise, 10 mars 2004), a déjà été mise à profit par
les Cours constitutionnelles de la Géorgie et de l'Albanie (voir le point 2 ci‑dessous).
La
Commission de Venise voit dans la qualité de la législation relative aux cours
constitutionnelles ou aux juridictions à compétence équivalente une condition
préalable indispensable à l'indépendance et au fonctionnement efficace de ces
organes et, par voie de conséquence, à leur capacité de faire respecter les
garanties et les principes constitutionnels. Les règles qui entravent le bon
fonctionnement de la justice en cas d'appel peuvent, dans les cas extrêmes,
entraîner un déni de justice et pour reprendre un vieil adage : qui dit lenteur
de justice dit déni de justice. Si les recours d'organes de l'Etat posent très
certainement un problème, une violation grave des droits de l'homme peut être
observée en cas de recours individuel ou de contrôle concret d'une norme
(demandes préliminaires émanant de juridictions ordinaires). La Commission a
noté avec satisfaction que trois de ses avis dans ce domaine – concernant
l'Azerbaïdjan, la Moldova et la Turquie – portaient sur l'introduction de la
possibilité d'une saisine individuelle de la cour constitutionnelle, donnant
ainsi directement accès à des particuliers à la justice constitutionnelle en
tant qu'instrument efficace de protection des droits de l'homme. Même le
quatrième avis relatif à la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie
concerne indirectement l'accès individuel bien que sous un autre angle ;
il privilégie une solution pragmatique pour permettre à la cour de continuer à
travailler sur de très nombreuses affaires sans être obligée de suivre une
procédure orale à chaque fois.
- Azerbaïdjan
– Avis sur le Règlement intérieur de la cour
constitutionnelle
À sa session
de juin, la Commission a adopté l'avis sur le projet de règlement intérieur de
la Cour constitutionnelle d'Azerbaïdjan (CDL-AD(2004)023) donné à la suite
d'une demande du président de la cour, M. Abdoullayev.
Les
amendements à la Constitution et les amendements à la loi sur la cour
constitutionnelle, adoptés en décembre 2003, avaient introduit la possibilité
d'un recours individuel direct devant la cour constitutionnelle aux fins du
contrôle d'actes normatifs. Pour préparer le personnel de la cour à cette
tâche, la cour constitutionnelle avait demandé à la Commission d'organiser un
séminaire de formation sur les recours individuels. Ce séminaire, tenu les 26
et 27 février 2004, avait aussi permis aux rapporteurs présents de la
Commission, Mme Barnstedt et M. Klucka d'avoir les éléments
nécessaires pour formuler leurs observations.
Dans son
avis, la Commission se félicite que le projet de règlement intérieur s'inscrive
dans la trilogie classique composée par la Constitution, le droit
juridictionnel et le règlement élaboré par la cour elle‑même. Elle est
cependant d'avis que la répartition des pouvoirs entre le plénum de la cour, le
président et les juges devrait être déterminée par des dispositions générales.
Cela permettrait de couvrir des points restés en suspens ou ceux qui n'étaient
pas prévisibles au moment de l'élaboration du règlement. En ce qui concerne
notamment la procédure relative aux travaux en chambre, le règlement devrait
être plus explicite. Par ailleurs, il devrait éviter de reprendre des principes
qui figurent déjà dans la Constitution et dans la loi sur la cour
constitutionnelle.
À sa session de décembre, la
Commission a adopté l'avis sur la proposition d'amendement de la Constitution
de la République de Moldova (introduction de requêtes individuelles auprès de
la cour constitutionnelle) sur la base des observations de MM. Nolte et
Paczolay (CDL-AD(2004)043).
Le projet de loi était
destiné à modifier et à compléter la Constitution de Moldova en ce qui concerne
l'introduction de requêtes individuelles auprès de la cour constitutionnelle et
avait été élaboré à la demande de la Cour constitutionnelle de Moldova et du
représentant permanent de ce pays auprès du Conseil de l'Europe.
La Commission s'est félicitée
de l'introduction de requêtes individuelles en Moldova, ce qui est entièrement
conforme aux normes européennes et devrait permettre de mieux protéger les
droits fondamentaux.
Le projet de loi prévoyait
d'ajouter un septième juge, nommé par le Président de la République, pour aider
la cour à faire face à la charge de travail supplémentaire. L'augmentation du
nombre de juges et la procédure de nomination des juges appellent deux
remarques. Premièrement, vu que le Président de la République est élu à une
majorité qualifiée par le parlement, la nomination d'un septième juge par celui‑ci,
comme prévu par le projet d'amendement, avait l'avantage d'élargir le spectre
des sources de nomination des juges à la cour constitutionnelle. Deuxièmement,
afin de contrebalancer le pouvoir du gouvernement de nommer deux juges, le
projet d'avis recommandait que le parlement élise deux juges à une majorité
qualifiée.
Le projet d'avis préconisait
aussi la création de chambres au sein de la cour afin de faire face à la charge
de travail supplémentaire. Cette question devait être traitée dans le cadre des
amendements à la loi sur la cour constitutionnelle.
À sa
session d'octobre, la Commission a adopté l'avis sur le projet de loi
constitutionnelle sur les modifications et les compléments à apporter à la loi
constitutionnelle fédérale sur la Cour constitutionnelle de la Fédération de
Russie en vue d'autoriser les procédures écrites devant la cour (CDL-AD(2004)035),
sur la base des commentaires de MM. Cardosa de Costa et Paczolay.
Le
projet de loi constitutionnel avait été élaboré par la cour constitutionnelle
et soumis au parlement. L'objectif des modifications était de prévoir la
possibilité d'une procédure écrite devant la cour constitutionnelle, où seules
les procédures orales étaient autorisées. Il n'était possible de suivre une
procédure écrite que dans un nombre limité d'affaires, « lorsque des
dispositions normatives analogues sont en jeu » ; la Commission a compris par
là que la procédure écrite pourrait être suivie dans une affaire qui
ressemblait à une affaire précédente. Elle a estimé que le projet de loi
constitutionnel était conforme aux normes européennes, puisque les procédures
écrites étaient très répandues. La principale lacune du projet était qu'il ne
précisait pas ce qu'il fallait entendre par « disposition analogue ».
Toutefois, ce n'était pas un problème essentiel.
À sa session
de juin, la Commission a adopté l'avis sur le projet d'amendements
constitutionnels relatifs à la Cour constitutionnelle de la Turquie (CDL-AD (2004)024) sur la base des commentaires de M. Paczolay.
La Cour
constitutionnelle de Turquie avait fait des propositions en vue de réformer son
organisation et sa juridiction pour deux raisons. D'une part, elle devait faire
face à une charge de travail accrue et, d'autre part, elle voulait réduire le
nombre d'affaires turques portées devant la Cour européenne des Droits de
l'Homme en les traitant au niveau national. La cour avait transmis sa
proposition au gouvernement et au parlement. Lors du symposium organisé à
l'occasion du 42e anniversaire de la cour en avril, auquel la
Commission a participé, la proposition avait fait l'objet de deux grandes
objections : l'élection d'une partie des juges par le parlement
politiserait la cour et l'introduction de la possibilité d'une saisine
individuelle ferait de cette dernière une simple juridiction de plus. Son
président, M. Bumin, avait cependant réfuté ces arguments en faisant valoir
que, dans d'autres pays, le parlement participait aussi à l'élection de juges sans
pour autant entraîner une politisation de ces juridictions. Le rôle de la cour
constitutionnelle était de protéger les droits de l'homme et la saisine
individuelle serait la voie de recours la plus efficace pour atteindre ce but.
La
proposition ne concernait que des amendements au niveau constitutionnel.
Plusieurs questions devaient être traitées au niveau de la législation. Les
amendements avaient deux objectifs principaux : changer l'organisation de
la cour et introduire la possibilité d'une saisine individuelle.
En ce qui concernait
l'organisation, la mise en place de deux chambres posait le problème de leur
coordination, dont serait chargée la session plénière de la cour. Le projet
d'avis ne partageait pas l'opinion selon laquelle il y avait un risque de
politisation de la cour si quatre des dix-sept juges étaient élus par le
parlement. Le seuil de 50 ans fixé pour les juges était probablement trop
élevé. Il fallait se féliciter de la possibilité de la saisine individuelle de
la cour constitutionnelle. Cependant, le fait qu'elle soit limitée aux seuls
droits constitutionnels également couverts par la Convention européenne des
Droits de l'Homme était très inhabituel et devait être réexaminé.
Conformément à son objectif qui est
d'aider les cours constitutionnelles dans leur activité juridictionnelle (par
exemple Forum de Venise depuis 1997), la Commission a officiellement informé
les cours à la 4e réunion du Conseil mixte sur la justice
constitutionnelle (Venise, 10 mars 2004) qu'elle était prête à donner
des avis amicus curiae aux cours
constitutionnelles en ce qui concernait les affaires dont elles étaient
saisies. De par son statut et le cadre de sa coopération avec les cours
constitutionnelles et les juridictions à compétence équivalente, la Commission
de Venise est dans une position privilégiée pour fournir des arguments de droit
et de jurisprudence comparés.
Dans ces avis, la Commission
donne des informations sur des aspects du droit constitutionnel comparé mais ne
se prononce pas sur la constitutionnalité de l'acte examiné par la cour. Il va
sans dire que les cours qui demandent un avis ne sont en aucune façon obligées
de suivre les arguments avancés dans l'avis de la Commission. La Commission
n'interviendra en aucun cas en tant qu'amicus
curiae sans avoir été sollicitée et n'apportera son aide que si la cour l'y
invite.
Dès février, la Cour
constitutionnelle de Géorgie a demandé un avis amicus curiae sur le rapport entre la liberté d'expression et la
diffamation en cas d'imputations diffamatoires de faits non avérés. Un autre
avis de ce type avait été demandé par la Cour constitutionnelle de l'Albanie
concernant la nomination des juges des juridictions supérieures (cour suprême
et cour constitutionnelle).
À sa session d'octobre, la
Commission a adopté l'avis amicus curiae sur
l'interprétation des articles 126 et 136 de la Constitution de l'Albanie
(nomination des plus hauts juges) (CDL-AD(2004)034) sur la base des
observations de MM. Bartole et Cardoso da Costa.
Cet avis résultait d'une demande
d'avis amicus curiae de la cour
constitutionnelle. A la suite du refus du parlement d'approuver la nomination
d'un juge de la cour constitutionnelle par le Président de la République,
celui-ci avait demandé à la cour d'interpréter les dispositions
constitutionnelles relatives à la nomination des juges de la cour
constitutionnelle et de la Cour suprême. La Commission avait conclu qu'avant
d'approuver une nomination présidentielle, le Parlement albanais était habilité
à juger du bien-fondé des nominations, et non pas seulement à vérifier que les
prescriptions de forme avaient été respectées. Toutefois, la Commission a
recommandé de modifier le règlement intérieur du parlement, de manière que les
nominations présidentielles fassent l'objet d'un débat parlementaire ouvert et
qu'ainsi le président soit dûment informé, le cas échéant, des raisons du refus
d'une nomination.
À la demande du Conseil
constitutionnel de la Géorgie, la Commission a adopté à sa session de mars, son
avis amicus curiae sur le rapport
entre liberté d'expression et diffamation en cas d'imputations diffamatoires de
faits non avérés (CDL-AD(2004)011) sur la base des commentaires de M. Nolte.
L'étude comparative de la
Commission de l'expérience d'autres cours ayant eu à traiter de questions
similaires suggère que la norme en question doit être interprétée
restrictivement de façon à ne s'appliquer qu'aux situations compatibles avec la
liberté d'expression.
Un principe général semble se
dégager de nombreuses décisions de cours européennes (notamment un arrêt de la
House of Lords, affaire Reynolds c. Times
Newspapers Limited), à savoir qu'une personne qui tient des propos diffamatoires
ou agit de façon diffamatoire doit prouver que ses allégations sont véridiques,
car la réputation d'autrui est une limitation légitime à la liberté d'expression.
Ce principe général connaît cependant des exceptions, notamment lorsqu'il y a
un intérêt pour le public à connaître de telles allégations, si bien que le
principe de la liberté d'expression prévaudrait sur celui de la protection de
la réputation et dispenserait l'auteur de prouver ces allégations.
La Commission a continué d'avoir
deux grands objectifs en ce qui concerne l'organisation de séminaires en
coopération avec les cours constitutionnelles (CoCosSem) : faciliter les
débats sur des questions de fond, en rapport essentiellement avec les droits de
l'homme, et renforcer la capacité opérationnelle des cours en permettant la
mise en commun des expériences d'autres cours en matière d'organisation judiciaire.
En 2004, deux grandes tendances
ont caractérisé les séminaires : les questions relatives aux droits de
l'homme et celles relatives au rôle et au fonctionnement de la cour
constitutionnelle.
La Conférence sur « La
protection constitutionnelle : bilan et perspectives », tenue à
l'occasion du 40e anniversaire de la Cour constitutionnelle de
«l'ex-République yougoslave de Macédoine» (Skopje, 3-4 juin 2004), a
été axée sur la cour constitutionnelle en tant que garant des droits de
l'homme. Par rapport à d'autres fonctions traditionnelles des cours
constitutionnelles, comme le règlement des différends entre les divers pouvoirs
de l'Etat, ce rôle devient de plus en plus important.
Lors de la conférence,
l'influence du projet de constitution de l'Union européenne sur la protection
des droits de l'homme a été examinée ; ce sujet devait être au centre de
la Conférence de Bled qui a eu lieu plus tard dans l'année.
Les droits de l'homme ont aussi
été au centre de la XXe Table ronde internationale intitulée
« Justice constitutionnelle, justice ordinaire, justice
supranationale : à qui revient la protection des droits
fondamentaux ?» organisée en l'honneur de Louis Favoreu en coopération
avec le groupe d'études et de recherche sur la justice constitutionnelle (Aix-en-Provence,
17‑18 septembre 2004). La conférence a montré que l'interaction
entre les systèmes nationaux et internationaux de protection des droits de
l'homme était jugée incohérente. Cependant, elle a aussi montré que la
diversité des systèmes nationaux appelait une approche souple et subsidiaire
fondée sur des normes minimales au niveau international.
Ce sujet, à savoir la relation
entre les cours constitutionnelles, la Cour de justice des Communautés
européennes et la Cour européenne des Droits de l'Homme pour ce qui est des
questions relatives aux droits fondamentaux, a aussi été au centre des
discussions de la conférence sur « Le rôle des cours constitutionnelles et
l'appartenance à l'Union européenne » (Bled (Slovénie),
30 septembre-1er octobre 2004), organisée
conjointement avec la Cour constitutionnelle de Slovénie. La confiance qu'ont
les cours constitutionnelles dans la jurisprudence relative aux droits de
l'homme de la Cour de justice des Communautés européennes, telle qu'exprimée
par la décision Solange II de la Cour constitutionnelle fédérale
allemande, est essentielle pour une bonne coopération entre ces cours.
Parallèlement à un débat permanent et à un échange de vues entre les cours,
l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des Droits de
l'Homme a été considérée comme un élément important pour solidifier cette
confiance.
Le Symposium sur « La
structure des cours constitutionnelles », organisé à l'occasion du 43e anniversaire
de la Cour constitutionnelle de Turquie (Ankara, 26-27 avril 2004), a
porté sur l'avis relatif à la possibilité d'une saisine individuelle de la Cour
constitutionnelle de Turquie (voir ci-dessus). De nouveau, la perspective a été
celle des droits de l'homme, car l'introduction de la possibilité d'une saisine
individuelle visait à réduire le nombre d'affaires turques portées devant la
Cour européenne des Droits de l'Homme.
Située en dehors du domaine de
compétence de la Cour de Luxembourg mais également de celui de la Cour de
Strasbourg, la Conférence sur « Le contrôle constitutionnel et le
développement de l'Etat social régi par le droit », en coopération avec la
Cour constitutionnelle du Bélarus (Minsk, 9-10 septembre 2004), a
toutefois privilégié les droits de l'homme. En dehors des discussions sur les
droits sociaux, la délégation de la Commission a notamment insisté dans sa
contribution sur la liberté d'expression, domaine dans lequel de graves
problèmes continuent de se poser au Bélarus.
À la IXe Conférence
internationale de Erevan, « Le principe d'Etat de droit dans la pratique
de la justice constitutionnelle » (Erevan, 15-16 octobre 2004), organisée
en coopération avec la Cour constitutionnelle d'Arménie, la nécessité de définir
concrètement la notion de prééminence du droit a été identifiée – les lois
doivent être fondées sur le respect de la dignité humaine, ce qui suppose la
protection des droits de l'homme. Cette notion concrète garantit que la
personne n'est pas soumise à l'arbitraire, pas plus qu'au pouvoir exécutif, ou
au législateur. Les cours constitutionnelles occupent une position centrale en
veillant à ce que ces principes soient respectés dans la pratique. Une
conséquence inévitable du respect du principe de la prééminence du droit est le
respect des décisions judiciaires, et en particulier des décisions de la cour
constitutionnelle, notamment en ce qui concerne leur caractère définitif et
contraignant. Il a été souligné que l'aide que la Commission de Venise apporte
aux cours constitutionnelles est essentielle pour l'indépendance des cours et
pour qu'elles garantissent véritablement le respect des principes démocratiques
en général et de la prééminence du droit en particulier.
La Conférence sur « Le rôle
de la cour constitutionnelle dans le maintien de la stabilité et le
développement de la Constitution », organisée en coopération avec la Cour
constitutionnelle de la Fédération de Russie (Moscou, 27-28 février), a
notamment permis de discuter de la limitation du rôle des tribunaux. Un conflit
entre le législateur et le pouvoir judiciaire peut surgir si les tribunaux vont
trop loin dans l'interprétation des lois fondamentales. Cette situation peut et
devrait être évitée grâce à une évolution cohérente de la doctrine développée
par les cours dans leur jurisprudence. Par ailleurs, non seulement le
dispositif des décisions judiciaires, mais aussi les motifs devraient être
respectés par tous les pouvoirs de l'Etat.
L'idée de la prévisibilité de la
jurisprudence des cours constitutionnelles a été examinée lors de la Conférence
sur « Le rôle des précédents pour la pratique des cours
constitutionnelles », organisée en coopération avec la Cour
constitutionnelle d'Azerbaïdjan (Bakou, 3‑4 septembre 2004).
Trois types de précédents ont été examinés : ceux de la cour proprement
dite, ceux des cours internationales, en particulier de la Cour européenne des
Droits de l'Homme, et ceux d'autres cours constitutionnelles nationales. Si ces
derniers ne peuvent de toute évidence pas être contraignants pour les autres
cours, ils peuvent être une source importante d'inspiration et d'enrichissement
mutuel. Ils peuvent aussi contribuer à renforcer les arguments fondés sur la
constitution nationale, notamment lorsqu'une cour s'attend à ce que les autres
pouvoirs de l'Etat opposent une résistance à ses décisions.
Deux séminaires essentiellement
pratiques ont été organisés à Sarajevo en coopération avec la Cour
constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine : ateliers de formation juridique
sur « Gestion efficace des affaires inscrites – Rédaction efficace des
décisions – Comprendre la Cour européenne des Droits de l'Homme »
(5 et 6 février 2004 et 12 et 13 février 2004).
Ces séminaires ont été organisés pour préparer la cour au nombre élevé de
nouvelles affaires dont elle va être saisie du fait des compétences que lui a
transférées la Chambre des droits de l'homme.
Les amendements constitutionnels
et les amendements à la loi sur la Cour constitutionnelle de l'Azerbaïdjan
adoptés en décembre 2003, avaient introduit la possibilité de recours
individuels directs devant la cour aux fins du contrôle des actes normatifs, ce
qui devait avoir des effets sur la charge et les méthodes de travail de la
cour. Parallèlement à un avis sur le projet de règlement (voir ci-dessus), la
cour constitutionnelle avait demandé à la Commission d'organiser un atelier de
formation juridique sur « L'amélioration des méthodes d'examen des
requêtes individuelles – la gestion efficace des affaires – la rédaction
efficace des décisions » pour son personnel qui, conformément à la
nouvelle loi, doit jouer un rôle primordial dans le traitement des affaires. Ce
séminaire, qui s'est tenu à Bakou les 26 et 27 février 2004, a permis
un échange de vues et d'expériences très constructif sur les méthodes de
gestion et de traitement des affaires.
La Conférence sur « Le
budget de la cour constitutionnelle : un facteur déterminant de son
indépendance » (Sarajevo, 14-15 octobre) a été l'occasion d'insister sur
la relation intrinsèque entre l'indépendance budgétaire et l'indépendance
judiciaire des cours constitutionnelles. Une cour, qui dépend pour son
fonctionnement même d'organes qu'elle doit contrôler, peut se heurter à des
difficultés en suscitant des réactions négatives face aux décisions qu'elle est
obligée de prendre. L'autonomie budgétaire concerne non seulement l'élaboration
du budget, mais aussi la gestion du budget adopté et dans certains cas son
contrôle.
En raison de son caractère
d'accord élargi, la Commission a aussi continué à coopérer en dehors de
l'Europe dans le domaine de la justice constitutionnelle. Ses grands
partenaires sont l'Association des cours constitutionnelles ayant en partage
l'usage du français (ACCPUF) et la Commission des juges de l'Afrique australe
(SAJC). A l'invitation de la Cour suprême d'Egypte, la Commission au aussi
participé à la Conférence judiciaire internationale des pays arabes (Le Caire,
29-31 mai 2004).
En raison de l'accord de
coopération entre l'ACCPUF et la Commission de Venise, cette dernière a
participé au 4e Séminaire des correspondants nationaux de
l'ACCPUF (Paris, 1er et 2 décembre 2004) et
présenté ses activités dans le domaine des partis politiques, sujet du
séminaire.
Les
participants ont manifesté un vif intérêt pour ses recommandations sur
l'interdiction et le financement de partis politiques. Ils ont aussi discuté
des difficultés d'appliquer des règles en matière de financement lorsque le parti
au pouvoir peut puiser dans les ressources publiques.
De nouveaux
éléments de jurisprudence de l'ACCPUF ont été intégrés dans la base de données
CODICES, enrichissant ainsi la partie française de cette base.
À la suite
de la création, en 2003, de la Commission des juges de l'Afrique australe,
l'année 2004 a permis de consolider cet organe. Le statut de la SACJ prévoit
expressément une coopération avec la Commission de Venise. La Commission a pu
aider la SACJ grâce à une cotisation volontaire de la Norvège.
Lors de
l'inauguration du nouveau bâtiment de la Cour constitutionnelle d'Afrique du
Sud (Johannesburg, 21-22 mars 2004), le conseil exécutif s'est réuni en
parallèle pour planifier les activités de la SACJ pour 2004. En 2004, la Commission
a donc pu apporter son soutien à une conférence des juges présidents sur les
droits de l'homme (Kazani (Botswana), 5-7 juillet 2004). Outre une conférence
organisée à l'occasion du 25e anniversaire de la Cour
constitutionnelle de Tanzanie (Dar-es-Salaam, 15-17 septembre 2004), le conseil
exécutif a discuté de questions pratiques comme la formation judiciaire.
Lors de la
session de juin de la Commission de Venise, M.
Chaskalson, président de la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud et
président de la Commission des juges de l'Afrique australe, a remercié la
Commission de Venise pour le soutien permanent qu'elle avait apporté à
l'Afrique du Sud et à la région de l'Afrique australe au cours des dix
dernières années. Depuis la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud s'est engagée
dans un processus de démocratisation et se dote actuellement d'institutions.
L'appareil judiciaire en Afrique du Sud, mais également dans la région en
général, a joué un rôle important dans ce processus. Le système judiciaire, qui
s'est résolument engagé en faveur du développement, s'est opposé aux abus de
pouvoir de toutes sortes et la création de la SACJ, avec l'appui de la Commission de Venise et des fonds
norvégiens, a aidé les juridictions à cet égard.
Les
recommandations relatives au droit électoral et à l’administration des
élections en Albanie, élaborées conjointement par la Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH,
ont été soumises à la Commission lors de ses sessions de mars et de juin.
A sa session
d’octobre, la Commission a adopté les recommandations conjointes de la
Commission de Venise et du OSCE/BIDDH relatives au droit électoral et à
l’administration des élections en Albanie.
D’après ce document, le texte actuel du code électoral constitue une
amélioration significative par rapport au code précédent, notamment concernant
les réclamations et les recours, et l’amélioration des conditions pour
l’égalité des campagnes. Les nouvelles dispositions relatives à la couverture
médiatique, les articles énonçant le principe général de l’inviolabilité des
élections, et l’utilisation de listes électorales établies par les services de
l’état civil sont accueillies favorablement. Il reste toutefois un certain
nombre de questions à régler.
Des réunions ont
été organisées en collaboration avec les autorités albanaises ; elles
portaient sur la révision du code électoral et des listes électorales et sur
certains amendements du code électoral de l’Albanie relatifs au financement des
campagnes électorales des partis politiques.
Au cours de ce processus, des questions se sont posées au sujet des listes
électorales, du fonctionnement des commissions électorales, des règles
d’attribution des sièges, du décompte des voix, du financement et des délais
pour les campagnes électorales.
Depuis
2003, à la demande des autorités arméniennes, et dans le cadre du suivi des
engagements par l’Assemblée parlementaire et le Comité des Ministres du Conseil
de l'Europe, la Commission de Venise et le OSCE/BIDDH assistent ensemble
l’Arménie dans sa réforme électorale.
Dans
ce contexte, des réunions se sont tenues en janvier et en février 2004
sur la base des recommandations conjointes faites par la Commission et le OSCE/BIDDH
sur le droit électoral et l’administration des élections en Arménie.
La
réunion de février a consisté en un séminaire sur le processus électoral dans
son ensemble (avant, pendant et après le scrutin). Elle a cherché à mettre en
évidence les dispositions juridiques et les pratiques à modifier pour que le
droit électoral et l’administration des élections soient conformes aux normes
européennes. Suite à cette initiative, un certain nombre de nouvelles
recommandations conjointes ont été élaborées et transmises au parlement
arménien.
Lors
de leurs sessions d’octobre et de décembre, le Conseil des élections
démocratiques et la Commission de Venise ont adopté un avis commun de la Commission de Venise et de l’OSCE/BIDDH sur le
projet d’amendements du code électoral de l’Arménie, qui soulignait la
nécessité de réviser le code, notamment ses dispositions relatives à
l’administration des élections (commissions), aux listes électorales, aux
campagnes électorales, aux médias, à la transparence du processus et aux
réclamations et recours.
La
Commission de Venise et les autorités arméniennes ont décidé de poursuivre leur
coopération en 2005.
A sa session de mars, la Commission a apporté
son soutien aux recommandations conjointes élaborées par la Commission de
Venise et l’OSCE/BIDDH sur le droit électoral et l’administration des élections
en Azerbaïdjan, telles qu’adoptées par le Conseil des élections démocratiques.
Les principaux points devant être révisés étaient les suivants : la
complexité de la loi, la composition des commissions électorales et de la
procédure qu’elles suivent, l’inscription des candidats, les règles sur les
campagnes électorales, la transparence du processus électoral et les
réclamations et recours. Ces recommandations prévoyaient également la création
d’un Conseil des médias indépendant.
Un
atelier de formation en matière de droit électoral a été organisé du 8 au 10
juillet 2004 à Bakou en coopération avec la Commission électorale centrale et
la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES), dans la
perspective des élections locales qui devaient avoir lieu à l’automne
2004 ; l’objectif de l’atelier était de former des formateurs.
Lors de la session
d’octobre, MM. Russell et Bartole, rapporteurs, ont présenté un projet d’avis
sur le référendum prévu pour le 17 octobre 2004, établi en réponse à une
demande urgente de l’Assemblée parlementaire. La population du Bélarus a été
invitée à accepter la proposition d’autoriser le président en exercice à
briguer un troisième mandat et à réviser la Constitution pour supprimer la
disposition qui limite actuellement la durée d’exercice du pouvoir présidentiel
à deux mandats. La Commission avait conclu dans un de ses avis précédents sur
le Bélarus que les pouvoirs du président dans ce pays étaient excessifs. Il
semblait particulièrement inopportun, dans une telle situation, d’autoriser un
président à rester en place pour une durée illimitée. Par ailleurs, il n’était
pas certain qu’au Belarus soient réunies les conditions nécessaires à la tenue
d’élections libres et équitables.
La
Commission a adopté l’avis sur le référendum du 17 octobre 2004 au Bélarus.[10]
En
2004, la Commission de Venise a organisé à la demande des autorités géorgiennes
trois missions d’assistance auprès de la Commission électorale centrale de la
Géorgie à l’occasion des élections présidentielles et parlementaires, et des
élections régionales en Adjarie.
Cette
assistance visait principalement à améliorer les processus électoraux avant,
pendant et après le scrutin et à expliquer le fonctionnement de la Commission
électorale centrale, et par la suite de l’ensemble de l’administration des
élections. Les experts ont notamment aidé la Commission électorale centrale à
élaborer des instructions de portée générale à l’attention des niveaux inférieurs
de l’administration électorale.
En outre, un membre du
Secrétariat a participé à la mission élargie d’observation des élections de
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe lors des élections
présidentielles, du 2 au 6 janvier 2004.
Lors
de sa session de mars, la Commission de Venise a examiné les projets de
recommandations relatives au droit électoral et à l’administration des
élections en Moldova, élaborées à partir de commentaires de M. Krennerich, du OSCE/BIDDH,
de l’Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du
Conseil de l'Europe. A sa réunion de juin, le Conseil des élections
démocratiques a adopté la version révisée des recommandations conjointes,
soulignant notamment la nécessité de garantir le caractère secret du scrutin,
d’abaisser le seuil pour la représentation des partis au parlement et de
réviser la composition de la Commission électorale centrale.
La Commission de Venise a adopté ces recommandations conjointes à sa session
plénière de juin.
Dans
le cadre de la coopération avec la Moldova, un atelier de formation en matière
électorale a été organisé à Chisinau les 10 et 11 décembre, dans la perspective
des élections parlementaires prévues pour le 6 mars 2005. Cette activité
s’adressait entre autres aux membres de la Commission électorale centrale de
Moldova.
Conformément au point 15 de l’accord de coopération avec
l’Assemblée parlementaire, la Commission de Venise a pour la première fois
proposé une assistance juridique pendant les missions d’observation des
élections. Elle a fait participer des experts aux missions d’observation des
élections présidentielles en Ukraine le 31 octobre et le 21 novembre 2004. Leur
tâche consistait à informer la mission d’observation de l’Assemblée
parlementaire sur les aspects juridiques du processus électoral.
Deux
ateliers régionaux de formation en matière électorale ont été organisés en
Ukraine (à Donezk et à Kherson) du 13 au 17 septembre 2004. Ils s’adressaient
aux membres de commissions électorales et d’ONG spécialisées en matière
électorale.
La
Commission de Venise participe depuis janvier 2004 à l’élaboration d’un
document sur les médias et l’observation des élections. Elle a d’abord pris
part à un atelier sur les lignes directrices relatives au contrôle des médias
pendant les missions d’observation des élections de l’OSCE/BIDDH.
Mme
Herdis Thorgeirsdottir et M. Masters ont présenté des commentaires sur les
documents relatifs au contrôle des médias pendant les missions d’observation
des élections, qui ont été élaborés par l’OSCE/BIDDH et adoptés par le Conseil
des élections démocratiques et la Commission de Venise.
A la
suite des commentaires de Mme Herdis Thorgeirsdottir et M. Masters, l’OSCE/BIDDH
a élaboré une version révisé de ce document, intitulée « Lignes
directrices sur le suivi des médias pendant les missions d’observation des
élections », qui devrait aboutir à l’adoption d’un document commun à
l’OSCE/BIDDH, à la Commission européenne et au Conseil de l'Europe, et
éventuellement à l’élaboration de lignes directrices abrégées.
A sa
réunion d’octobre, le Conseil des élections démocratiques a adopté le rapport
préliminaire sur les règles électorales et les actions positives en faveur des
minorités nationales, élaboré par Mme Lazarova Trajkovska.
Lors de sa réunion de décembre et en réponse à une demande de la part de
plusieurs membres du Conseil, il a été décidé de poursuivre les travaux en la
matière et de prendre en considération les commentaires transmis par le Haut
Commissaire de l’OSCE pour les minorités nationales dans le cadre du Forum sur
les minorités. Le Conseil a décidé de réexaminer, lors de sa réunion de mars
2005, la version révisée du document
en vue de son adoption.
A la
suite de l’adoption par l’Assemblée parlementaire d’une recommandation sur
« la participation des femmes aux élections », recommandant au Comité
des Ministres d’élaborer une « Charte de l’égalité électorale », ce
dernier a demandé l’avis de la Commission de Venise sur la question. A sa
session de décembre, la Commission a adopté le rapport sur la Recommandation
1676(2004) de l’Assemblée parlementaire relative à la participation des femmes
aux élections, qui reconnaît le bien-fondé de l’intégralité du texte à
l’exception de quelques dispositions comme l’interdiction absolue du vote par
procuration.
Lors de sa 826e réunion (5 février
2003), le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a approuvé le mandat
spécifique du groupe ad hoc multidisciplinaire de spécialistes sur les normes
juridiques, opérationnelles et techniques relatives au vote électronique, dans
le cadre du projet intégré 1 « Les institutions démocratiques en
action ». Le groupe de spécialistes était chargé de développer un ensemble
de normes sur le vote électronique, acceptées sur le plan intergouvernemental.
Les normes juridiques visent à faire appliquer les principes existants du
Conseil de l'Europe, et d’autres instruments internationaux dans le domaine
électoral, aux particularités du vote électronique.
Lors de la deuxième réunion du groupe de
spécialistes qui s’est tenue les 18 et 19 septembre 2003, la Commission de
Venise a fait savoir qu’elle était dispensée à formuler un avis sur le vote à
distance, en tenant compte des traditions du vote à distance dans les Etats
membres et des progrès réalisés dans le domaine du vote électronique.
M. Grabenwarter a élaboré un rapport sur la compatibilité
du vote électronique et du vote à distance avec les dispositions des documents
du Conseil de l'Europe. En conclusion, le vote à distance, y compris dans un
environnement non encadré et non surveillé, est en principe compatible avec les
normes européennes. Ce rapport a été adopté par le Conseil des élections
démocratiques et la Commission de Venise.
La
Commission de Venise a pris part à la deuxième réunion du groupe de
spécialistes sur la gouvernance électronique (Strasbourg, 9-10 septembre 2004).
En
juin 2004, le Conseil des élections démocratiques et la Commission de Venise
ont adopté le questionnaire sur l’usage du référendum[22].
Les travaux en la matière se poursuivront en 2005 et conduiront à une étude
générale sur les référendums.
Dans
le cadre des activités relatives aux normes électorales, la Commission de
Venise a notamment participé au premier stage de formation de l’école d’études
politiques sur le thème suivant : « Dans quelle mesure les systèmes
électoraux en Europe du Sud-Est permettent-ils aux électeurs de promouvoir un
changement politique ? ».
Pendant
toute l’année 2004, le Conseil des élections démocratiques a travaillé sur les
questionnaires d’observation des élections. Ces travaux avaient commencé en
2003, à la demande de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Dans le
cadre du programme UniDem (universités pour la démocratie), la Commission de
Venise a organisé, à Sofia (Bulgarie) les 28 et 29 mai 2004, en coopération
avec la Cour constitutionnelle de la République de Bulgarie, un séminaire sur
« les normes européennes en matière de droit électoral dans le
constitutionalisme contemporain ».
L’objectif
principal de cette activité était d’examiner les différents systèmes électoraux
et les expériences de plusieurs tribunaux, aussi bien dans les divers pays
européens qu’au niveau de l’Union européenne. A la suite de la publication
d’une dizaine de rapports, les participants ont débattu de manière constructive
des avantages et des défaillances de différents systèmes électoraux, de la
jurisprudence des instances nationales supérieures compétentes pour les litiges
électoraux, de la participation des étrangers au processus électoral au niveau
local, des droits électoraux des ressortissants d’autres pays européens et du
développement éventuel du droit électoral au sein de l’Union européenne. Les
échanges ont été très vivants et intéressants. Quelques participants qui ne
sont pas intervenus avaient préparé des documents spécifiques sur les élections
et la jurisprudence constitutionnelle dans leurs pays respectifs, qui ont été
distribués aux participants.
Environ 50
participants ont assisté à ce séminaire dont des juges de la Cour
constitutionnelle de la République de Bulgarie, le président de la Commission
électorale centrale et des représentants du ministère de la Justice. Des
représentants de 12 tribunaux constitutionnels et autres, et de commissions
électorales, ont également participé à ce séminaire.
Cette
initiative a été largement couverte par les médias nationaux.
Quatre
ateliers de formation au droit électoral
sur la tenue et le contrôle des élections ont été organisés en
Azerbaïdjan, en Ukraine et en Moldova (voir ci-dessus). Ces initiatives prises
par la Commission de Venise en 2003 visent à mettre en commun l’expérience
vécue par différents pays veillant à ce que les normes européennes communes
soient appliquées dans la pratique ; elles ont également pour objectif de
les aider à trouver des solutions acceptables aux différents problèmes
techniques qui découlent du processus de préparation d’une élection. Ces
ateliers de formation s’adressaient aux personnes associées à l’élaboration,
l’adoption et la mise en œuvre de la législation en matière électorale,
c’est-à-dire surtout aux administrateurs et aux observateurs électoraux, mais
aussi aux juges, aux avocats et aux médias.
Lors
de la réunion de décembre, le Secrétariat a soumis un ensemble de propositions
concernant le thésaurus en se basant sur l’indexation utilisée, et le Conseil a
adopté le thésaurus réactualisé pour la base de données Vota, qui est
désormais disponible en ligne.
- Activités dans le domaine des
partis politiques
Ces
dernières années, la Commission de Venise a été très active dans les domaines
du droit électoral et de la législation sur les partis politiques dans
différents pays. Ces travaux portent sur la législation de certains Etats, mais
aussi sur des questions générales qui sont fondamentales pour le développement
d’institutions démocratiques en Europe et ailleurs.
Les élections
libres et la liberté d’association (affiliation à un parti politique) sont des
principes étroitement liés dans toute démocratie, puisque le but des partis
politiques est de prendre le pouvoir politique par le biais d’élections libres
et équitables. Dans un certain nombre d’avis et de projets de recherche, la
Commission de Venise a examiné le rôle des partis politiques dans une société
démocratique et leur participation au processus électoral de certains pays.
Elle n’avait jusqu’à présent réalisé aucune étude comparative sur la
législation et les pratiques de ses pays membres sur ce thème important.
Lors de sa
11e réunion à Venise le 2 décembre 2004, le Conseil des élections
démocratiques a par conséquent décidé de mener en 2005 une étude sur la participation
des partis politiques au processus électoral.
Dans le
cadre de sa coopération avec l’OSCE/BIDDH, la Commission a été invitée à
assister aux séminaires et conférences en Asie centrale sur l’extrémisme
politique, et notamment à participer à l’échange de vues sur l’interdiction des
partis politiques et les mesures analogues (voir les lignes directrices sur
l’interdiction des partis politiques et les mesures analogues,CDL-INF(2000)001).
Le séminaire
d’Almaty était la première table ronde organisée par l’OSCE/BIDDH dans la
région. Certains participants venaient d’organismes publics, d’autres
représentaient diverses tendances de la classe politique et des ONG du
Kazakhstan. Les représentants de la Commission de Venise ont présenté les
lignes directrices sur l’interdiction des partis politiques et les mesures
analogues et ont participé à l’échange de vues sur la définition des partis et
l’application du principe de proportionnalité. Lors de cette table ronde, les
participants ont pu examiner avec les représentants des autorités kazakhes le
nouveau projet de loi sur l’extrémisme.
En
réponse à une demande formulée par le Comité des Ministres, la Commission de
Venise a adopté un avis sur une recommandation de l’Assemblée parlementaire sur
« la participation des femmes aux élections ».
En
2004, l’Assemblée parlementaire a été représentée à toutes les réunions du
Conseil des élections démocratiques, et elle est à l’origine des travaux sur le
référendum, les règles électorales et les actions positives en faveur des
minorités nationales, ainsi que les restrictions au droit de vote.
Dans
le cadre de l’accord de coopération entre l’Assemblée parlementaire et la
Commission de Venise, cette dernière est invitée par l’Assemblée parlementaire
à assister les délégations de membres du parlement pendant les missions
d’observation des élections, concernant les aspects juridiques relatifs à la
législation et à la pratique électorales. Des experts de la Commission de
Venise ont été invités en tant que conseillers juridiques à observer les
élections présidentielles en Ukraine le 31 octobre et le 21 novembre 2004,
ainsi que les élections du Président de l’autorité palestinienne le 9 janvier
2005. Ils étaient chargés d’assister les observateurs et de les conseiller sur
les aspects juridiques de la législation et de la pratique électorales.
En
2004, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe a été
représenté à toutes les réunions du Conseil des élections démocratiques.
La
Commission européenne a approuvé, dans le cadre de l’initiative européenne pour
la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH), un programme commun avec la
Commission de Venise intitulé « La démocratie par des élections libres et
équitables », qui a été lancé en décembre 2003. C’est par le biais de ce
programme conjoint qu’ont été financés la plupart des avis et des
recommandations de la Commission de Venise dans le domaine électoral, la base
de données Vota et le séminaire UniDem sur « les normes européennes
en matière de droit électoral dans le constitutionalisme contemporain »
qui a eu lieu à Sofia les 28 et 29 mai 2004.
Une
réunion sur l’assistance électorale s’est en outre tenue à Bruxelles les 28 et
29 septembre 2004 ; elle a notamment porté sur la question des principes
applicables à l’observation internationale des élections. A l’invitation de la
Commission européenne, un membre du secrétariat de la Commission de Venise a
participé à la réunion susmentionnée. Cette activité avait pour but d’évaluer
différentes missions d’observation, des programmes d’assistance électorale
entrepris par l’Union européenne et d’autres organisations, et de définir une
stratégie commune dans ce domaine. A l’invitation du groupe d’initiative sur
les normes en matière d’observation des élections (UNEAD, NDI et le centre
Carter), la Commission de Venise a examiné le projet de normes sur
l’observation des élections en vue de s’associer à cette initiative.
Un
membre du Conseil des élections démocratiques a donc été invité à formuler des
commentaires sur la Déclaration de principes pour l’observation internationale
des élections et le code de conduite pour les observateurs internationaux des
élections. Il a déclaré que le texte qu’il avait reçu était relativement
complet et ne présentait pas de problème particulier quant aux normes européennes.
Selon lui, la Commission pouvait apporter son soutien à cette initiative. Le
Conseil des élections démocratiques et la Commission de Venise ont donc adopté
les commentaires sur la Déclaration de principes pour l’observation
internationale des élections et le code de conduite pour les observateurs
internationaux des élections en décembre 2004.
La
Commission de Venise a pris part au séminaire sur la démocratie électronique
organisé par la Commission européenne à Bruxelles les 12 et 13 février 2004.
En
2004, la Commission de Venise a continué de coopérer avec succès avec l’OSCE/BIDDH
dans le domaine électoral, notamment pour la rédaction de l’avis sur le code
électoral de l’Arménie et des recommandations relatives au droit électoral et à
l’administration des élections en Albanie, en Azerbaïdjan et en Moldova, ainsi
que pour la révision du code électoral de l’Albanie et l’élaboration de lignes
directrices sur le contrôle des médias pendant les missions d’observation des
élections.
En
juillet 2004, la Commission de Venise a participé à la réunion supplémentaire
de l’OSCE sur la dimension humaine, consacrée aux normes et aux engagements en
matière électorale.
Cette réunion a permis de renforcer l’harmonisation des normes électorales
entre les deux organisations, en gardant le même objectif de construire et de
développer conjointement le patrimoine électoral européen.
L’ACEEEO
a un statut d’observateur auprès du Conseil des élections démocratiques.
A la
demande de l’ACEEEO, la Commission de Venise a formulé un avis sur le projet de
convention de l’ACEEEO
sur les normes, les droits et les libertés en matière électorale, ce qui
apparaît comme un grand pas vers
l’harmonisation des législations électorales. Au cours de
l’échange de vues à ce sujet, il a été souligné que les principaux éléments du
patrimoine électoral européen figuraient dans le texte à l’étude, même si un
certain nombre de points pouvaient être réexaminés. Le projet de convention a
été révisé à partir des commentaires de la Commission de Venise.
Par
ailleurs, la Commission de Venise a assisté à la réunion annuelle de l’ACEEEO[33]. La
majeure partie des débats a eu pour thème la participation aux élections,
notamment la participation des nouveaux électeurs. Les interventions ont porté
aussi bien sur les expériences nationales que sur les travaux de nature
comparative. Les rapports sur les expériences nationales ont mis en avant des
études sur les causes de l’abstentionnisme, notamment chez les jeunes, et sur
les mesures prises pour y remédier, par exemple par le biais de campagnes
d’information ciblées, visant à mettre en valeur l’importance du vote et à
faire connaître les nouvelles méthodes de vote (vote électronique). Ce fut
également l’occasion de débattre des élections tenues en Europe centrale et
orientale.
La coopération avec l’Union
interparlementaire a commencé en 2004. La Commission de Venise était
représentée à la conférence qui a eu lieu à Genève les 12 et 13 novembre 2004
sur les critères des élections libres et équitables. L’Union interparlementaire
a l’intention de modifier ses publications sur les élections suite à la conférence. Des
représentants de la Commission de Venise pourraient être invités à participer à
d’autres activités de l’Union interparlementaire en 2005.
La
Commission de Venise a organisé, en coopération avec l’IFES, un atelier de
formation au droit électoral en Azerbaïdjan, en juillet 2004. Cette
collaboration efficace et complémentaire ouvre la voie à d’autres activités de
coopération sur le terrain.
Des
représentants du Comité des Ministres ont participé à toutes les sessions
plénières de la Commission en 2004. Les ambassadeurs ci-après ont pris part aux
sessions en 2004 :
M. Johannes
C. Landman, représentant permanent des Pays-Bas, M. James Sharkey, représentant
permanent de l'Irlande, M. Torbjorn Froysnes, représentant permanent de la
Norvège, M. Pietro Lonardo, représentant permanent de l'Italie, M. Alan
Streimann, représentant permanent de l'Estonie et M. Daryal Batibay, représentant
permanent de la Turquie.
Différents
points ont été soulevés par les représentants du Comité des Ministres, dont le
rôle de la Commission dans le développement du patrimoine démocratique de
l'Europe, l'adoption du Protocole n° 14 à la Convention européenne des Droits
de l'Homme, le troisième Sommet du Conseil de l'Europe en mai 2005 et la
contribution de la Commission au règlement pacifique des conflits, comme ceux
d'Ossétie du Sud ou de Transnistrie.
A la demande
du Comité des Ministres, la Commission a adopté un avis relatif aux
possibilités de suivi de la Recommandation 1629(2003) de l'Assemblée
parlementaire sur « L'avenir de la démocratie : renforcer les institutions
démocratiques » (CDL-AD (2004)015) et formulé des observations sur la Recommandation
1615 (2003) sur l'institution du médiateur et sur la Recommandation 1676 (2004)
sur la participation des femmes aux élections.
M. Schieder,
Président, a pris part à la session de mars de la Commission ainsi que M.
Jurgens, qui a aussi participé aux sessions d'octobre et de décembre. M.
Holovaty était présent à la session de juin.
La
Commission a été régulièrement informée des activités de l'Assemblée qui
l'intéressent, dont le dialogue avec le Liechtenstein à la suite de la révision
constitutionnelle, la question de la réintégration du Bélarus dans le Conseil
de l'Europe en tant qu'invité spécial, le dialogue postsuivi en Lettonie au
sujet de la minorité russe notamment, les élections en Albanie, les
protestations des partis de l'opposition en Arménie, la mise en œuvre par la
Turquie des décisions de la Cour européenne des Droits de l'Homme, la situation
des droits de l'homme au Kosovo et en Tchétchénie, le concept de nation, la
suppression des restrictions au droit de vote aux élections législatives et les
différences entre les notions de « rule of law » et d'Etat de droit.
Le 13 mars
2004, le Bureau élargi de la Commission a rencontré le Comité présidentiel de l'Assemblée parlementaire pour discuter de
la coopération future. L'accord de coopération élaboré à l'issue de cette
réunion, a été signé par la Commission et l'Assemblée parlementaire le 4
octobre 2004. Cet accord renforce la coopération entre la Commission et
l'Assemblée parlementaire et l'officialise. Certaines formes nouvelles de
coopération sont aussi prévues, comme la possibilité pour les membres de la
Commission de participer, en qualité de conseillers juridiques, à des missions
d'observation des élections de l'Assemblée parlementaire.
Des membres
de la Commission ont pris part aux réunions de la commission des questions
juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire sur les droits
de l'homme au Kosovo, le 16 mars 2004, sur le concept de nation, le 8 juin 2004
et sur la légalité des détentions à Guantanamo Bay par les Etats-Unis, le 17
décembre 2004.
Un certain
nombre d'avis ont été formulés à la demande de l'Assemblée parlementaire, dont
l'avis sur le projet de loi constitutionnelle concernant le statut de
l'Adjarie, l'avis sur la protection des droits de l'homme au Kosovo, l'avis
donné en urgence sur le référendum au Bélarus et l'avis sur la procédure de
révision de la Constitution ukrainienne.
En ce qui
concerne les avis en cours, il est rappelé que dans sa Résolution 1384,
l'Assemblée parlementaire a demandé à la Commission d'examiner les pouvoirs du
Haut‑Représentant, la compatibilité de la Constitution avec la Convention
européenne des Droits de l'Homme et l'efficacité et la rationalité des
dispositions constitutionnelles en vigueur en Bosnie‑Herzégovine. Elle
lui a également demandé d'élaborer un avis sur la compatibilité de deux lois
italiennes, la loi « Gasparri » relative aux médias et la loi
« Frattini » relative aux conflits d'intérêts.
L'Assemblée
parlementaire a continué de participer activement au Conseil des élections
démocratiques, créé en 2002, en tant qu'organe tripartite de la Commission de
Venise, de l'Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux du Conseil de l'Europe (voir la partie IV ci‑dessus). Le
Conseil des élections démocratiques est présidé par un membre de l'Assemblée
parlementaire, M. Jurgens, et plusieurs de ses activités sont lancées à
l'initiative de représentants de l'Assemblée parlementaire.
Le Congrès
était représenté aux sessions plénières de la Commission par M. Giovanni di
Stasi, président de la Chambre des régions du Congrès, en mars, par M.
Gianfranco Martini en juin, et par M. Alain Delcamp en décembre. Ceux‑ci
ont informé la Commission des activités du Congrès présentant un intérêt pour
elle, comme le renforcement des droits civiques par les médiateurs régionaux,
le suivi de l'état d'avancement de la démocratie locale en Arménie, en Géorgie,
en Russie et en Europe du Sud‑Est, le nouveau projet de charte européenne
de l'autonomie régionale et les réalités locales et régionales dont l'Union
européenne tiendra compte à l'article 5 du traité « établissant une
constitution pour l'Europe ». Les deux dernières évolutions se reflètent également
dans le rapprochement du Comité des régions de l'Union et du Congrès des
pouvoirs locaux qui ont adopté des résolutions conjointes pouvant augurer de
formes nouvelles de coopération avec la Commission, comme l'organisation d'une
conférence sur la représentation des collectivités locales et régionales au
niveau des parlements, à laquelle la Commission est déjà associée, ou encore
dans le cadre du projet de rédaction d'un document unique sur les différents
mécanismes de garantie des droits des collectivités locales et régionales.
Le Congrès a
continué de participer activement au Conseil des élections démocratiques créé
en 2002 en tant qu'organe tripartite de la Commission de Venise, de l'Assemblée
parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de
l'Europe (voir la partie IV ci‑dessus).
M. Alomar,
gouverneur de la Banque de développement du Conseil de l'Europe (CEB), a pris
part à la session de juin de la Commission. Il a rappelé que la banque était la
seule institution financière internationale d'Europe à vocation exclusivement
sociale. Il a informé la Commission qu'en 2003 la banque avait poursuivi ses
efforts en faveur des pays en transition où les besoins dans le domaine social
demeuraient considérables et a cité des projets comme celui sur les personnes
déplacées en Lituanie, celui en faveur des orphelinats en Roumanie et celui
pour la population rom. La nécessité de renforcer la coopération avec d'autres
organisations internationales ayant des objectifs complémentaires a, en
particulier, été mentionnée. L'importance des travaux de la Commission, en vue
de renforcer le cadre constitutionnel et institutionnel démocratique, a été
soulignée pour la réussite des projets de la banque. La Commission a fait part
de son engagement de poursuivre la coopération avec la banque.
La
Commission européenne a accepté, dans le cadre de l'Initiative européenne pour
la démocratie et les droits de l'homme, un programme conjoint avec la
Commission de Venise intitulé « La démocratie à travers des élections
libres et équitables» qui a débuté en décembre 2003 (voir la partie IV ci‑dessus).
La plupart des avis de la Commission de Venise dans le domaine électoral ainsi
que le séminaire UniDem sur « Les normes européennes en matière de droit
électoral dans le constitutionalisme contemporain », organisé à Sofia les
28 et 29 mai 2004, et la base de données Vota sont financés par l'intermédiaire
du programme conjoint.
La
Commission a entretenu des liens étroits avec l'Union européenne et l'OSCE sur
un certain nombre de questions, en particulier les conflits concernant la
Transnistrie et l'Ossétie du Sud et la décentralisation au Kosovo.
M. Armando
Toledano Laredo représentait la Commission européenne aux sessions plénières de
la Commission.
En 2004, la
Commission de Venise a continué de coopérer avec succès avec l’OSCE/BIDDH en
matière électorale, en particulier pour la rédaction de l'avis sur le code
électoral de l'Arménie et les recommandations sur le droit électoral et
l'administration des élections en Albanie, en Azerbaïdjan et en Moldova, ainsi
que la révision du code électoral de l'Albanie et l'élaboration de lignes
directrices sur le contrôle des médias pendant les missions d'observation des
élections. Un complément d'information à ce sujet est donné dans la partie IV
ci‑dessus.
Le but de
ces séminaires, organisés par l’OSCE/BIDDH à Varsovie, était de passer en revue
la mise en œuvre des engagements de l'OSCE en matière de dimension humaine et
les procédures et mécanismes de suivi et de renforcement du respect de ces
engagements. M. Mifsud Bonnici a prononcé une allocution introductive lors du
séminaire dimension humaine sur « Les institutions démocratiques et la
gouvernance démocratique », tenu du 12 au 14 mai 2004. Mme Flanagan
est intervenue lors du séminaire dimension humaine sur « La liberté de réunion
et d'association », le 13 octobre 2004.
A
l'invitation du président de ce groupe, le secrétaire de la Commission, M.
Buquicchio, a participé à une réunion le 14 mai 2004. Lors de l'échange de
vues, M. Buquicchio a indiqué que s'il restait beaucoup à faire en Europe
centrale et orientale, les possibilités de s’occuper des problèmes dans
d'autres régions s'étaient accrues. Les voisins immédiats de l'Europe dans la
Méditerranée étaient une priorité pour la Commission, en plus des contacts
existants avec les pays d'Asie centrale et orientale.
Le BIDDH
avait demandé à la Commission de participer à une série de séminaires en Asie
centrale concernant l'extrémisme politique, et en en particulier de contribuer
à l'échange de vues sur l'interdiction des partis politiques et les mesures
analogues (voir les Lignes directrices de la Commission sur l'interdiction et
la dissolution des partis politiques et les mesures analogues
(CDL-INF(2000)001). Le séminaire, qui a eu lieu à Almaty les 1er et
2 juillet 2004, a été la première table ronde organisée dans la région. Les
participants étaient issus non seulement d'agences gouvernementales mais aussi
d'une vaste gamme de partis politiques et d'ONG du Kazakhstan. Le séminaire a
permis de discuter avec des représentants des autorités kazakhes du nouveau
projet de loi sur l'extrémisme.
A la demande
de la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK), un agent de la Commission de
Venise a participé à la rédaction du document-cadre pour la réforme de
l'autonomie locale au Kosovo. L'avis sur la protection des droits de l'homme au
Kosovo a été adopté à la suite de contacts avec la Minuk. Un complément
d'information figure dans la partie II. 1 ci‑dessus.
A sa session
de mars, la Commission a procédé à un échange de vues avec Mme Cheryl Saunders,
présidente de l'Association internationale de droit constitutionnel (IACL).
Celle-ci a informé la Commission que l'IACL était une association de
constitutionnalistes, fondée en 1991 pour faciliter les échanges de vues sur
des problèmes constitutionnels et promouvoir le constitutionalisme parmi ses
membres, notamment à travers des réunions régionales et une réunion
internationale tous les quatre ans, dont la dernière en janvier 2004 à Santiago
du Chili avait été un succès. Plus largement, l'association visait à développer
un dialogue entre les différents constitutionnalistes du monde.
Mme Saunders a proposé une forme de
coopération entre la Commission de Venise et l'IACL compte tenu de la
complémentarité des travaux des deux organes. Des échanges d'informations, un
partage de l'expertise, des réseaux et des contacts sont autant de domaines où
la coopération pourrait être utile aux deux organes. A la suite de cette
proposition, un accord de coopération a de fait été conclu en octobre. Il
prévoit une représentation mutuelle de l'IACL et de la Commission à leurs
réunions respectives avec la possibilité d'organiser des séminaires et des
conférences conjointement aux niveaux régional et international. L'accord
servira à faire connaître le patrimoine constitutionnel dans d'autres régions
du monde. Il a été décidé que l'une des premières activités conjointes
consisterait à organiser un séminaire UniDem sur le statut des traités
internationaux relatifs aux droits de l'homme.
Membres
Albanie (14.10.1996)
Andorre (1.02.2000)
Arménie (27.03.2001)
Autriche (10.05.1990)
Azerbaïdjan (1.03.2001)
Belgique (10.05.1990)
Bosnie-Herzégovine
(24.04.2002)
Bulgarie (29.05.1992)
Croatie (1.01.1997)
Chypre (10.05.1990)
République tchèque
(1.11.1994)
Danemark (10.05.1990)
Estonie (3.04.1995)
Finlande (10.05.1990)
France (10.05.1990)
Géorgie (1.10.1999)
Allemagne (3.07.1990)
Grèce (10.05.1990)
Hongrie (28.11.1990)
Islande (5.07.1993)
Irlande (10.05.1990)
Italie (10.05.1990)
Lettonie (11.09.1995)
Liechtenstein
(26.08.1991)
Lituanie (27.04.1994)
Luxembourg (10.05.1990)
Malte (10.05.1990)
Moldova (25.06.1996)
Monaco (05.10.2004)
Pays-Bas (1.08.1992)
Norvège (10.05.1990)
Pologne (30.04.1992)
Portugal (10.05.1990)
Roumanie (26.05.1994)
Fédération de Russie
(1.01.2002)
Saint-Marin (10.05.1990)
Serbia-Monténégro
(3.04.2003).
Slovaquie (8.07.1993)
Slovénie (2.03.1994)
Espagne (10.05.1990)
Suède (10.05.1990)
Suisse (10.05.1990)
“l’ex République
yougoslave de
Macédoine” (19.02.1996)
Turquie (10.05.1990)
Ukraine (3.02.1997)
Royaume-Uni (1.06.1999)
Membre associé
Belarus (24.11.1994)
Observateurs
Argentine (20.04.1995)
Canada (23.05.1991)
Saint-Siège (13.01.1992)
Israël (15.03.2000)
Japon (18.06.1993)
Kazakhstan (30.04.1998)
Kirghizstan (20.01.1993)
Mexico (12.12.2001)
République de Corée
(6.10.1999)
Etats Unis (10.10.1991)
Uruguay (19.10.1995)
Participants
Commission européenne
OSCE/BIDDH
Statut de coopération spéciale
Afrique du Sud
M. Antonio LA PERGOLA (Italie), Président, Juge à
la Cour de Justice des Communautés européennes
(Suppléant: M. Sergio BARTOLE, Professeur à l'Université
de Trieste)
* *
*
M. Olivier DUTHEILLET DE LAMOTHE (France), Vice-Président,
Conseiller d’Etat, Membre du Conseil constitutionnel
(Suppléant : M. Alain
LANCELOT, ancien membre du Conseil constitutionnel)
M.
Aivars ENDZINS (Lettonie), Vice-Président2, Président
de la Cour constitutionnelle
Mme
Finola FLANAGAN (Irlande), Vice-Président2, Directeur Général, Conseiller juridique principal,
Chef du Bureau du Procureur Général
(Suppléant
: M. James HAMILTON, Directeur
du Ministère public)
M.
Ugo MIFSUD BONNICI (Malte), Vice-Président2, Président
Emeritus
* *
*
M. Giorgio MALINVERNI
(Suisse), Professeur à l'Université de Genève
(Suppléant :
M. Heinrich KOLLER, Professeur
Université de Bâle)
M. Franz MATSCHER (Autriche),
Professeur à l'Université de Salzburg, ancien juge à la cour européenne des
droits de l’homme
(Suppléant: M. Christoph
GRABENWARTER, Professeur de droit public, Université de Graz)
M. Ergun ÖZBUDUN (Turquie),
Professeur à l'Université de Bilkent, Vice-Président de la Fondation turque
pour la Démocratie
(Suppléant
: M. Erdal ONAR, Professeur,
Université d’Ankara)
M. Jean-Claude SCHOLSEM (Belgique),
Professeur, Faculté de droit, Université de Liège
M. Helmut STEINBERGER
(Allemagne), Directeur de l'Institut Max-Planck, Professeur à l'Université de
Heidelberg
(Suppléant : M. Georg
NOLTE, Professeur de droit public, Université Ludwig-Maximilians, Munich)
M. Jan HELGESEN (Norvège), Professeur
à l'Université d'Oslo
M. Gerard BATLINER
(Liechtenstein), Membre du Conseil Scientifique du Liechtenstein Institut
(Suppléant : M. Wilfried HOOP,
Avocat, Aspen)
M.
Peter JAMBREK (Slovénie), Professeur, Doyen, Ecole du gouvernement et des
affaires européennes, ancien Ministre de l’Intérieur, ancien Président de la
Cour constitutionnelle, ancien juge à la Cour Européenne des Droits de l'Homme
(Suppléant: M. Anton PERENIC,
Professeur de droit, ancien Juge à la Cour constitutionnelle)
M. Kestutis LAPINSKAS
(Lituanie), Juge à la Cour constitutionnelle
(Suppléant : Mme Zivile
LIEKYTE, Directeur, Département de la
législation et du droit public, Ministère de la Justice)
M.
Cyril SVOBODA (République tchèque), Vice-Premier Ministre,
Ministre des Affaires étrangères
(Suppléant
: Mme Eliska WAGNEROVA, Vice Président de la Cour constitutionnelle)
Mme Hanna SUCHOCKA (Pologne),
Ambassadeur de Pologne au Saint-Siège
M. Rune LAVIN
(Suède), Juge à la cour suprême administrative
(Suppléant : M. Hans Heinrich
VOGEL, Professeur de droit public, Université de Lund)
M. Stanko NICK (Croatie),
Ambassadeur de la Croatie en Hongrie
(Suppléant: Ms Jasna OMEJEC,
Vice-Président, Cour constitutionnelle)
M. Luan
OMARI (Albanie), Vice-Président, Académie des Sciences de l’Albanie
M. Kaarlo TUORI (Finlande), Professeur de droit
administratif, Université Helsinki
(Suppléant : M. Matti
NIEMIVUO, Directeur au Département de législation, Ministère de la Justice)
M. Hjörtur TORFASON
(Islande), ancien Juge, Cour suprême de l’Islande
(Suppléant : Mme Herdis
THORGEIRSDOTTIR, Professeur, Faculté de droit,
M. László SÓLYOM (Hongrie),
ancien Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant : M. Peter
PACZOLAY, Chef adjoint, Cabinet du Président de la République de Hongrie)
M.
Pieter VAN DIJK (Pays-Bas), Conseiller
d’Etat, ancien Juge à la Cour européenne des Droits de l'Homme
(Suppléant :
Mr Erik LUKACS, ancien Conseiller Juridique, Ministère de la Justice)
M. François LUCHAIRE
(Andorre), Président honoraire de l’Université de Paris I, ancien membre du
Conseil constitutionnel français, ancien Président du Tribunal constitutionnel
d’Andorre
M. Jeffrey
JOWELL (Royaume-Uni), Professeur de droit public, University College London
(Suppléant :
M. Anthony BRADLEY, Professeur)
M. Gaguik HARUTUNIAN
(Arménie), Président de la Cour constitutionnelle
(Suppléant :
M. Armen HARUTUNIAN, Conseiller à la
Cour constitutionnelle, Recteur, Académie d’Administration de l’Etat)
M. Henrik ZAHLE (Danemark),
Professeur, Institut des sciences juridiques, Université de Copenhague
(Suppléant: M. John LUNDUM,
Juge à la «High Court»)
Mme Maria POSTOICO
(Moldova), Président de la Commission des Questions juridiques pour les
nominations et immunités, Parlement de Moldova
(Suppléant : M. Vasile
RUSU, Vice-Président de la Commission des Questions juridiques pour les
nominations et immunités, Parlement de Moldova)
M. Marat V. BAGLAY (Russie),
ancien Président de la Cour constitutionnelle
(Suppléant : M. Vladimir
TOUMANOV, ancien Président de la Cour constitutionnelle)
M. Cazim SADIKOVIC
(Bosnie-Herzégovine), Doyen de la Faculté de droit à l'Université de Sarajevo
M. Dimitri
CONSTAS (Grèce), Professeur
et Directeur de l’Institut de relations internationales, Université de Panteio, Athènes, ancien Ministre de
la presse et des médias, ancien Ambassadeur de Grèce auprès du Conseil de
l’Europe
(Suppléant: Mme Fani
DASKALOPOULOU-LIVADA, Conseiller juridique adjointe, Ministère des Affaires
Etrangères)
Mme Lydie ERR (Luxembourg),
Député
M. Panayotis KALLIS (Chypre),
ancien Juge à la cour suprême
(Suppléant : M. Petros
CLERIDES, Procureur Général adjoint)
Mme
Rodica Mihaela STANOIU (Roumanie),
Conseiller présidentiel pour la défense et la sûreté nationale
(Suppléant:
M. Alexandru FARCAS, Ministre de l’intégration européenne)
(Suppléant: M. Bogdan
AURESCU, Directeur Général, Ministère des Affaires étrangères)
M. José
CARDOSO da COSTA (Portugal), Ancien Président de la Cour constitutionnelle
(Suppléante
: Mme Assuncao ESTEVES, Ancien membre de la Cour constitutionnelle)
M. Vojin
DIMITRIJEVIC (République fédérale de Yougoslavie), Directeur, Centre des droits
de l’homme de Belgrade
(Suppléant : M. Srdja
DARMANOVIC,
Directeur, Centre pour la démocratie et les droits de l’homme)
M. Piero
GUALTIERI (Saint-Marin), Professeur
(Suppléante
: Mme Barbara REFFI, Avocat de l’Etat)
M. John
KHETSURIANI (Géorgie), Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant :
M. Levan BODZASHVILI, Assistant juridique national, EUJUST THEMIS, Mission de
l’UE pour l’état de droit en Géorgie)
M. Lätif HÜSEYNOV (Azerbaijan), Professor of Public International Law
Mme Cholpon BAEKOVA (Kirghizstan), Présidente de la Cour constitutionnelle
Mme Marijana LAZAROVA
TRAKOVSKA, ("L'ex-République yougoslave de Macédoine"), Juge à la
Cour constitutionnelle
(Suppléant: M. Borce
DAVITKOVSKI, Professeur, Faculté de droit, Université St Ciril et Methodius)
M. Taavi ANNUS, (Estonie),
Professeur associé de droit constitutionnel, Faculté de droit, Université de
Tartu
(Suppléant : M. Oliver
KASK, Chef de la division de droit public, Département de la politique
législative, Ministère de la Justice)
M. Ján MAZAK (Slovaquie),
Président de la Cour constitutionnelle
(Suppléant: M. Peter KRESAK,
Professeur, Membre du Conseil national de la République slovaque)
M. Anton STANKOV (Bulgarie),
Ministre de la Justice
(Suppléant: M. Todor TODOROV,
Avocat, Expert consultant du Président de l'Assemblée nationale)
M. Dominique
CHAGNOLLAUD (Monaco), Membre de la cour suprême,
Professeur à l’Université de Droit, d’Economie et de Sciences Sociales Paris II
M.
Serhiy HOLOVATY
(Ukraine), Membre du parlement, Président de la « Ukrainian Legal
Foundation »
M.
Carlos CLOSA MONTERO
(Espagne), Professeur, Sous-Directeur pour les études et l’investigation,
Centro de Estudios Constitucionales
(Suppléant: M. Angel J. SANCHEZ NAVARRO, Sous Directeur,
Centro de Estudios Politicos y Constitucionales)
MEMBRES ASSOCIES
M.
Anton MATOUCEWITCH (Belarus), Vice-Recteur,
Université commercial de gestion du Bélarus
OBSERVATEURS
M. Hector MASNATTA (Argentine),
Ambassadeur, Vice-Président du Centre d'Etudes constitutionnelles et sociales
M. Yves de MONTIGNY (Canada),
Juge, Cour fédérale du Canada
(Suppléant: M. Gérald
BEAUDOIN, Professeur à l'Université d'Ottawa, ancien Sénateur)
M.
Vincenzo BUONOMO (Saint-Siège), Professeur de Droit international à
l'Université Pontificale du Latran
M.
Amnon RUBINSTEIN (Israel), Doyen, Centre interdisciplinaire, Herzliyya
M. Naoyuki IWAI (Japon),
Consul, Consulat Général du Japon, Strasbourg
M. Oljas SOULEIMENOV (Kazakhstan), Ambassadeur du
Kazakhstan à Rome
M. OH,
Haeng-kyeom (République de Corée), Ambassadeur de la République de Corée
au Luxembourg, à la Belgique et à l’Union européenne
M. Porfirio MUÑOZ LEDO
(Mexique), Président, Centro Latinoamericano de la globalidad
M. Jed RUBENFELD (Etats-Unis
d'Amérique), Professeur, Yale Law School
M.
Jorge TALICE (Uruguay), Ambassadeur de l'Uruguay à Paris
SECRETARIAT
M. Gianni
BUQUICCHIO
M. Thomas
MARKERT
Mme Simona
GRANATA-MENGHINI
M. Pierre
GARRONE
M. Rudolf
DÜRR
M. Sergueï
KOUZNETSOV
Mme Caroline
MARTIN
Mme Helen
ZYMAN
Mme Dubravka
BOJIC-BULTRINI
Mme Helen
MONKS
Mme Tatiana
MYCHELOVA
M. Gaël
MARTIN-MICALLEF
Mme Sandra
MATRUNDOLA
Mme Brigitte
AUBRY
Mme Marian
JORDAN
Mme Emmy
KEFALLONITOU
Mme Brigitte
RALL
Mme Ana GOREY
Mme
Marie-Louise WIGISHOFF
Mme Caroline
GODARD
Mme Linda
McINTOSH
- Président : M. La Pergola
- Vice-Présidents : MM Dutheillet de Lamothe, Endzins, Mme Flanagan, M.
Mifsud Bonnici
- Bureau : MM.
Baglay, Solyom, Zahle,
- Présidents des
Sous-Commissions : M. Constas, M. van Dijk, M. Helgesen, M. Jambrek, M.
Jowell, M. Luchaire, M. Malinverni, M. Matscher, M. Omari, M. Scholsem, Mme Suchocka, M. Torfason, M.
Tuori
- Justice constitutionnelle
: : Président: M. Torfason - membres: M. Bartole, M. Cardoso da Costa, M.
Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, M. Hamilton, M. Harutunian, M. La Pergola,
M. Lapinskas, M. Malinverni, M. Scholsem, M. Solyom, M. Steinberger, Mme
Suchocka, M. Vogel, M. Zahle - observateurs: Canada, Israël
- Etat fédéral et régional :
Président: M. Malinverni - members: M. Aurescu, M. Bartole, M. Jowell, M. La
Pergola, M. Matscher, M. Sadikovic M. Scholsem, M. Steinberger, M. Tuori – observateurs:
Canada, USA
-
Droit international:
Président: M. Constas - members: M. Aurescu, M. Cardoso da Costa, M. Farcas, M.
Helgesen, M. Huseynov, M. La Pergola, M. Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni, M.
Matscher, M. Nick, M. Steinberger, M. Torfason
-
Protection des Minorités
: Président: M. Matscher - membres: M.
Aurescu, M. Bartole, M. Constas, M. van Dijk, M. Farcas, M. Hamilton, M.
Helgesen, M. Huseynov, M. Malinverni, M. Nick, M. Özbudun, M. Scholsem, M.
Sólyom, M. Torfason, M. Tuori,– observateurs: Canada
- Réforme constitutionnelle
: Président : M. Jowell - membres: M. Bartole, M. Cardoso da Costa, M.
Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, M. Farcas, M. La Pergola, M. Lapinskas, M.
Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni, M. Nolte, M. Omari, M. Özbudun, M.
Scholsem, M. Steinberger, Mme Suchocka, M. Torfason, M. Tuori – observateurs:
Israel
- Institutions démocratiques
: Président: M. Scholsem - membres: M.
Cardoso da Costa, M. Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, Mme Err, M. Farcas, M.
Hamilton, M. Harutunian, M. Jambrek, M. Jowell, M. Lapinskas, M. Luchaire, M.
Malinverni, M. Omari, M. Özbudun, M. Svoboda, M. Torfason, M. Tuori, M. Vogel
- Comité de Direction d’UniDem
: Président: M. Luchaire - membres: M. Cardoso da Costa, M. Constas, M. van
Dijk M. Helgesen, M. Jambrek, M. Jowell, M. La Pergola, M. Özbudun, Mme
Suchocka, M. Svoboda, M. van Dijk, M. Vogel – observateurs: Holy See, ODIHR
- Afrique australe :
Président: M. van Dijk - membres: M. Cardoso da Costa, Mme Flanagan, M.
Hamilton, M. Helgesen, M. Jambrek, M. Jowell, M. La Pergola, M. Torfason, M.
Tuori, M. Vogel - observateurs: Canada, USA
- Basin Méditerranéen :
Président: M. Omari - membres: M. Constas, M. Dutheillet de Lamothe, M. La
Pergola, M. Mifsud Bonnici, M. Nick, M. Özbudun – observateurs: Israël
- Questions administratives et
budgétaires : Président: M. Tuori - membres:
M. van Dijk, M. Malinverni, M. Matscher
- Europe du Sud-est :
Président: M. Jambrek – membres : M. Constas, M. Farcas, M. Luchaire, M.
Lukacs, M. Nick, M. Omari, M. Sadikovic, M. Torafason
- Amérique latine :
Président: M. Helgesen
- Comité
d’éthique : Président: Mme Suchocka – membres: M. van Dijk, M. Helgesen, M.
Jowell, M. Scholsem
1. Sessions plenieres
58e Session 12-13
mars
59e Session 18-19
juin
60e Session 8-9
octobre
51e Session 3-4
décembre
Bureau
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 11
mars
Réunion du
Bureau élargi avec le Bureau présidentiel de l’Assemblée parlementaire du
Conseil de l’Europe
- 13
mars
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 17
juin
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 7
octobre
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 2
décembre
2. Sous-commissions
Réforme constitutionnelle 2 décembre
Institutions
démocratiques 11 mars
Comité d’éthique 7
octobre
Droit
international 17 juin
7 octobre
Protection des minorités 17
juin
Comité de Direction
d’UniDem 2
décembre
3. Développement democratique des
institutions publiques et respect des droits de l’homme
Réunions
des Groupes de Travail et Rapporteurs
Bosnie-Herzégovine
Réunion sur la
restructuration des Institutions de médiateur en Bosnie-Herzégovine
19
avril (Strasbourg)
Echange de vues
avec les institutions de Bosnie-Herzégovine sur les questions soulevées par la
Résolution 1384 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
25-26
octobre (Sarajevo/Banja Luka)
Moldova
Echange de vues avec l’OSCE/UE sur la
Transnistrie
8
mars (Chisinau)
Roumanie
Réunion sur le projet de loi sur la liberté
de la réligion en Roumanie
29-30
octobre (Bucarest)
Serbie-Monténégro
Réunion sur la situation des droits de
l’homme au Kosovo, organisée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe
16
mars (Paris)
Réunion sur la projet de loi sur l’exercice
des droits et libertés des minorités nationales ethniques au Monténégro
16
mars (Podgorica)
Réunions sur la décentralisation au Kosovo
22-24
juin (Pristina)
7-22
juillet (Pristina)
Réunions sur les droits de l’homme au Kosovo
1-3
septembre (Pristina)
20
septembre (Paris)
Echanges de vues avec les représentants des
Institutions de Monténégro sur le rapport préliminaire sur des alternatives de
réforme constitutionnelle en Monténégro
25-26
novembre (Podgorica)
Ukraine
Réunion sur les minorités nationales en
Ukraine
12
janvier (Strasbourg)
Autres séminaires et
conférences organisés par la Commission ou dans lesquels la Commission a été
impliqués
6e Congrès mondial de
l’Association internationale de droit constitutionnel
9-16
janvier (Santiago di Chile)
Conférence sur la perspective européenne de
la République de Moldova
20-21
janvier (Munich)
Conférence sur « le rôle de la
Constitution dans la transition démocratique espagnole » à l’occasion du
25e anniversaire de la Constitution d’Espagne
23-24
janvier (Madrid)
Réunions
du Groupe de haut niveau sur l’avenir de la démocratie en Europe
11-12
février (Strasbourg)
18-19
mars (Strasbourg)
Conférence sur la
participation de l’Etat parent dans la protection des minorités
12
février (Bucarest)
Débat sur “l’indépendance judicaire: droit et
pratique des nominations à la cour européenne des droits de l’homme”, organisé
par Interights (ONG)
19
février (Strasbourg)
Séminaire sur l’indépendance judiciaire dans
la nouvelle constitution de la Serbie
16-17
avril (Belgrade)
OSCE Séminaire sur la dimension humaine
12-14
mai (Varsovie)
13
octobre (Varsovie)
Réunion du groupe de contact de l’OSCE et les
partenaires méditerranéens pour la coopération
14
mai (Vienne)
Séminaire sur “la réforme démocratique et le
développement constitutionnel en Géorgie” en coopération avec la Cour
constitutionnelle de Géorgie
18-19
mai (Tbilissi)
Réflexion sur la définition de minorité :
le critère de la citoyenneté
28
mai (Strasbourg)
Réunion de la Commission des Affaires
juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe sur le concept de la nation
8
juin (Berlin)
13e Séminaire estival annuel “l’Europe de
l’Est et les Balkans, 15 ans après”
1-2
juillet (Hydra)
Table ronde sur la lutte contre l’extrémisme
1-2
juillet (Alma-Aty)
1e Table ronde des médiateurs
régionaux de l’Europe sur les droits de l’homme
2-3
juillet (Barcelone)
Conférence à l’occasion du 10e anniversaire
de l’entrée en vigueur de la Convention européenne des droits de l’homme en
Roumanie
8-9
juillet (Bucarest)
Séminaire de haut niveau sur la réforme des
systèmes européens des droits de l’homme
18
octobre (Oslo)
Participation à une réunion de groupe de
travail des régions avec le pouvoir législatif du Congrès
20
octobre (Paris)
Séminaire UniDem sur “l’évaluation de quinze
années de pratique constitutionnelle en Europe centrale et orientale” en coopération
avec la fondation Ius Lex
19-20
novembre (Varsovie)
OSCE Séminaire sur le projet de loi sur
l’Ombudsman de Serbie
22
novembre (Belgrade)
Conférence sur le contrôle d’armes et la
lutte contre le terrorisme ONU et UE
6
décembre (Venise)
Audition sur la légalité des détentions par
les Etats-Unis en Guantanamo Bay organisée par la Commission des affaires
juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe
17
décembre (Paris)
4. Renforcement de la justice
constitutionnelle, garant de la democratie, des droits de l’homme et de l’etat
de droit
Réunion du Groupe de travail sur le thésaurus
systématique
9
mars (Venise)
Conseil mixte sur la justice
constitutionnelle
10
mars (Venise)
(Réunion
avec les agents de liaison)
4e Séminaire des correspondants
nationaux de l’ ACCPUF
1-2 décembre (Paris)
Réunions des Groupes
de Travail et Rapporteurs
Conférence sur les réformes
constitutionnelles en Arménie
20-21
janvier (Erevan)
Séminaires
sur la justice constitutionnelle
Atelier de formation juridique sur « la
gestion efficace des affaires inscrits – rédaction efficace des décisions –
comprendre la Cour européenne des droits de l’homme » en coopération avec
la Cour constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine
5-6
février (Sarajevo
12-13
février (Sarajevo)
Atelier de formation juridique sur
“l’amélioration des méthodes d’examen des requêtes individuelles – la gestion
efficace des affaires – la rédaction efficace des décisions » en
coopération avec la Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan
26-27
février (Bakou)
Conférence sur “le rôle de la cour
constitutionnelle dans le maintien de la stabilité et le développement de la
Constitution” en coopération avec la Cour constitutionnelle de la Fédération de
Russie
27-28
février (Moscou)
Symposium sur “la structure des cours
constitutionnelles” organisé à l’occasion du 43e anniversaire de la Cour
constitutionnelle de Turquie
26-27
avril (Ankara)
Conférence sur “la protection
constitutionnelle: bilan et perspectives” à l’occasion du 40e anniversaire de
la Cour constitutionnelle de l’”ex République yougoslave de Macédoine”
2-5
juin (Skopje)
Conférence des juges Présidents sur les
droits de l’homme
5-7
juillet (Kazani, Botswana)
Conférence sur « le rôle des précédents
pour la pratique des cours constitutionnelles » en coopération avec la
Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan
3-4
septembre (Bakou)
Conférence sur “le
contrôle constitutionnel et le développement de l’Etat social régi par le
droit” en coopération avec la Cour constitutionnelle du Bélarus
9-10
septembre (Minsk)
Conférence à
l’occasion du 25e anniversaire de la Cour constitutionnelle de Tanzanie
15-17
septembre (Dar-es-Salaam)
XXe Table ronde
internationale sur “Justice constitutionnelle, justice ordinaire, justice
supranationale : à qui revient la protection des droits fondamentaux ?” en
coopération avec le Groupe d’études et de recherche sur la justice
constitutionnelle (GERJC)
17-18
septembre (Aix-en-Provence)
Séminaire sur “le
rôle des cours constitutionnelles et l’appartenance à l’Union européenne”
30
septembre-1 octobre (Bled)
Conférence sur “le budget de la cour
constitutionnelle : un facteur déterminant de son indépendance”
14-15
octobre (Sarajevo)
IXe Conférence
internationale de Erevan sur “le principe d’Etat de droit dans la pratique de
la justice constitutionnelle” en coopération avec la Cour constitutionnelle de
l’Arménie
15-16
octobre (Erevan
Autres séminaires et
conférences auxquels la Commission a participés
L’inauguration de la Cour constitutionnelle
de l’Afrique du Sud et la réunion du Conseil exécutif de la Commission des
juges de l’Afrique australe
21-21
mars (Johannesburg)
Conférence judiciaire internationale des pays
arabes
29-31
mai (Le Caire)
5. La democratie a travers des
elections libres et equitables
Conseil des élections
démocratiques
11
mars
17
juin
9
octobre
2
décembre
Réunions des Groupes
de Travail et Rapporteurs
Albanie
Réunion avec les autorités albanaises sur la
révision du code électoral et les listes électorales
4-6
mai (Tirana)
Réunion sur les amendements au code électoral
de l’Albanie – le financement des campagnes électoraux des parties politiques
23-24
septembre (Tirana)
Arménie
Réunion
sur les recommandations sur Recommandations sur le droit
électoral et l’administration des élections en Arménie
23
janvier (Erevan)
25-28
février (Erevan)
Réunion sur la
révision du code électoral de l’Arménie
29
septembre-1 octobre (Erevan)
Ateliers
de formation sur le droit électoral
8-10
juillet (Bakou)
13-14
septembre (Donezk, Ukraine)
16-17
septembre (Kherson, Ukraine)
10-11
décembre(Chisinau)
Assistance
électorale et observation des élections
Assistance à la Commission centrale
électorale de la Géorgie dans le cadre des élections législatives
1-10
janvier (Tbilissi)
1-19
mars (Tbilissi)
6-22
juin (Tbilissi)
Observation des élections présidentielles en
Ukraine (organisée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe)
29
octobre – 1 novembre (Kiev)
Autres séminaires et
conférences organisés par la Commission ou dans lesquels la Commission a été
impliqués
Atelier sur les lignes directrices sur le
suivi des médias pendant les missions d’observation des élections de
l’OSCE/BODDH
27-28
janvier (Varsovie)
Séminaire e-démocratie
12-13
février (Bruxelles)
1er atelier de formation de
l’école politique « quelle est l’impact des systèmes électoraux en Europe
du Sud-Est sur les chances des électeurs de promouvoir un changement de
politique »
27
mars (Sofia)
Séminaire UniDem sur « Les
standards européens du droit électoral dans le constitutionnalisme
européen »
28-29
mai (Sofia)
Réunion
du groupe ad-hoc sur les standards juridiques (IP1-S-EE)
5-6
juillet (Strasbourg)
Réunion de l’OSCE sur les standards
électoraux
15-16
juillet (Vienne)
Réunion
sur l’ « E-Governance »
9-10
septembre (Strasbourg)
Table ronde internationale sur les questions
électorales
12-13
novembre (Genève)
6. Campus unidem pour la formation
juridique des fonctionnaires
Réunions des coordinateurs nationaux
9
février (Paris)
4
octobre (Trieste)
Le guide du Conseil de l'Europe et la Commission européenne à l'attention
des fonctionnaires
16-18 février
(Strasbourg)
L'autonomie
locale et régionale et la coopération transfrontalière
5-9
avril (Trieste)
L'harmonisation
de la législation nationale avec l'acquis communautaire et les principes de
bonne rédaction juridique
24-28
mai (Trieste)
La sécurité
de l'Etat, la criminalité transnationale organisée et l'immigration illégale
5-9
juillet (Trieste)
L'accès aux
données et la protection de ces dernières à l'ère du gouvernement électronique
4-8
octobre (Trieste)
La fonction
publique : la fonction au service du public ou le public au service de la
fonction 22-26 novembre
(Trieste)
- Séries
– science et technique de la democratie
N° 1 Rencontre
avec les présidents des cours constitutionnelles et instances équivalentes
(1993)
N° 2 Modèles
de juridiction constitutionnelle*
par Helmut Steinberger
(1993)
N° 3 Le
processus constitutionnel, instrument pour la transition démocratique
(1993)
N° 4 La
transition vers un nouveau type d'économie et ses reflets constitutionnels
(1993)
N° 5 Les
rapports entre le droit international et le droit interne (1993)
N° 6 Les
rapports entre le droit international et le droit interne*3
par Constantin Economides
(1993)
N° 7 Etat
de droit et transition vers une économie de marché (1994)
N° 8 Les
aspects constitutionnels de la transition vers une économie de marché
(1994)
N° 9 La
Protection des minorités (1994)
N° 10 Le
rôle de la cour constitutionnelle dans la consolidation de l'Etat de droit
(1994)
N° 11 Le
concept contemporain de confédération (1995)
N° 12 Les
pouvoirs d'exception du gouvernement*
par Ergun Özbudun et
Mehmet Turhan (1995)
N° 13 L'application
des dispositions constitutionnelles relatives aux media dans une démocratie
pluraliste (1995)
N° 14 Justice
constitutionnelle et démocratie référendaire (1996)
N° 15 La
protection des droits fondamentaux par la Cour constitutionnelle* (1996)
N° 16 Autonomies
locales, intégrité territoriale et protection des minorités (1997)
N° 17 Droits
de l’homme et fonctionnement des institutions démocratiques dans des situations
d’urgence (1997)
N° 18 Le
patrimoine constitutionnel européen (1997)
N° 19 L'Etat
fédéral et régional* (1997)
N° 20 La
composition des cours constitutionnelles (1997)
N°
21 Nationalité et succession
d’Etats (1998)
N°
22 Les mutations de
l’Etat-nation en Europe à l’aube du XXIe siècle (1998)
N°
23 Incidences de la succession
d’Etat sur la nationalité (1998)
N°
24 Droit et politique étrangère
(1998)
N°
25 Les nouvelles tendances du
droit électoral dans la grande Europe (1999)
N°
26 Le principe du respect de la
dignité de la personne humaine (1999)
N°
27 L’Etat fédéral et régional
dans la perspective de l’intégration européenne (1999)
N°
28 Le droit à un procès
équitable (2000)
N°
29 Sociétés en conflit :
la contribution du droit et de la démocratie au règlement des conflits2
(2000)
N°.
30 Intégration européenne et
droit constitutionnel (2001)
N°
31 Les implications
constitutionnelles de l’adhésion à l’Union européenne2 (2002)
N° 32 La protection des minorités
nationales par leur Etat-parent2 (2002)
N°
33 Démocratie, Etat de droit et
politique étrangère2 (2003)
N°
35 La résolution des conflits
entre Etat central et entités dotées d’un pouvoir législatif par la Cour
constitutionnelle2 (2003)
N°
36 Cours constitutionnelles et
intégration européenne
(2004)
N°
37 Le constitutionnalisme
européen et américain4 (2005)
N°
38 La consolidation de l’Etat
et l’identité nationale4 (2005)
·
autres
publications
|
Bulletin
de jurisprudence
Constitutionnelle
|
1993
– 2004 (trois publications par an)
|
|
Bulletins spéciaux -
|
·
Description des Cours (1999)*
·
Textes de base – extraits des
constitutions et lois sur les cours constitutionnelles – N°s 1 - 2 (1996),
N°s 3 -4 (1997), N° 5 (1998), N° 6 (2001)
·
Grands arrêts de la Cour
européenne des droits de l’homme (1998)*
·
Liberté confessionnelle (1999)
·
Edition spécial Grands arrêts 1 –
République tchèque, Danemark, Japon, Norvège, Pologne, Slovénie, Suisse,
Ukraine (2002)
·
Les
relations entre les cours constitutionnelles et les autres juridictions nationales, y compris
l’interférence en cette matière de l’action des juridictions européennes
(2003)
|
|
Rapports
annuels
|
1993 – 2004
|
|
Brochures
|
·
10ème
anniversaire de la Commission de Venise (2001)
·
Statut
révisé de la Commission européenne pour la Démocratie par le Droit (2002)
·
La
Commission de Venise (2002)
·
Campus
UniDem – Formation juridique de la fonction publique
|
A N N E X E VI - liste des documents adoptes en 2004
CDL-AD(2004)006 Avis
sur le statut et le rang du médiateur (Ombudsman) pour les droits de l’homme de
la Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors de sa 58e session plénière
(12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)007 lignes directrices et rapport explicatif sur
la législation relative aux partis politiques questions spécifiques sur
la base des contributions de MM. Tuori et Vogel adopté par la Commission lors
de sa 58e session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)008 Avis
sur le projet d’amendement de la Constitution de la Géorgie adopté par la
Commission lors de sa 58e session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)009 Avis
sur le projet de loi de l'Albanie sur l'identification, la restitution et la
compensation de la propriété de l’Albanie adopté par la Commission lors de sa
58e session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)010 Avis
sur le projet de Convention de l’ACEEEO sur les standards, les droits et les
libertés en matière électorale adopté par la Commission lors de sa 58e
session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)011 Avis amicus curiae sur le
rapport entre liberté d’expression et diffamation en cas d’imputations
diffamatoires de faits non avères, demandé par le Tribunal constitutionnel géorgien
adopté par la Commission lors de sa 58e session plénière (12-13 mars
2004) ;
CDL-AD(2004)012 Rapport
sur la compatibilité du vote à distance et du vote électronique avec les
standards du Conseil de l’Europe adopté par la Commission lors de sa 58e
session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)013 Avis
sur les deux projets de loi modifiant la loi sur les minorités nationales en
Ukraine adopté par la Commission lors de sa 58e session plénière
(12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)014 Avis
sur le projet d’amendements à la Constitution de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors de sa 58e session
plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)015 Avis
sur les possibilités de suivi de la Recommandation 1629(2003) de l’Assemblée
parlementaire sur “l’avenir de la démocratie: renforcer les institutions
démocratiques” adopté par la Commission lors de sa 58e session
plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)016 Recommandations conjointes sur
le droit électoral et l’administration des élections en Azerbaïdjan par la
Commission de Venise et le BIDDH adoptées par la Commission lors de sa 58e
session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)017 Recommandations
conjointes sur le droit électoral et l’administration des élections en Albanie
par la Commission de Venise et le BIDDH adoptées par la Commission lors de sa
58e session plénière (12-13 mars 2004) ;
CDL-AD(2004)018 Avis
sur le projet de loi constitutionnelle de la Géorgie sur le statut de la
République autonome d’Adjarie adopté par la Commission lors de sa 59e
session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)019 Concernant
la relation entre le projet de
loi sur les critères et conditions à
établir pour la réorganisation du
découpage territorial administratif de
la République d’Albanie et la loi
de la République d’Albanie relative
à l’organisation et au
fonctionnement des collectivités locales adopté par la Commission lors de sa 59e
session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)020 Avis
sur le projet de loi relatif à l’aide aux roumains vivant à l’étranger adopté
par la Commission lors de sa 59e session plénière (18-19 juin 2004)
;
CDL-AD(2004)021 Avis
sur le projet de loi concernant le concept de politique ethnique nationale de
l’Ukraine adopté par la Commission lors de sa 59e session plénière (18-19
juin 2004) ;
CDL-AD(2004)022 Avis
sur la dernière version du projet de loi modifiant la loi relative aux
minorités nationales en Ukraine adopté par la Commission lors de sa 59e
session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)023 Avis
sur le règlement de la Cour constitutionnelle de l’Azerbaïdjan adopté par la
Commission lors de sa 59e session plénière (18-19 juin 2004);
CDL-AD(2004)024 Avis
sur le projet d’amendements constitutionnels relatifs à la Cour
constitutionnelle de la Turquie adopté par la Commission lors de sa 59e
session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)025 Avis
sur la loi des partis politiques de la République d’Azerbaïdjan adopté par la
Commission lors de sa 59e session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)026 Avis
sur le projet de loi révisé sur l’exercice des droits et libertés des minorités
ethniques en Monténégro adopté par la Commission lors de sa 59e
session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)027 Recommandations conjointes sur
le droit électoral et l’administration des élections en Albanie par la
Commission de Venise et le BIDDH adoptées par la Commission lors de sa 59e
session plénière (18-19 juin 2004) ;
CDL-AD(2004)028 Lignes
directrices sur l’examen de la législation affectant la religion ou les croyances
adoptées par la Commission lors de sa 59e session plénière (18-19
juin 2004) ;
CDL-AD(2004)029 Avis
sur le référendum du 17 octobre 2004 au Bélarus adopté par la Commission lors
de sa 60e session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)030 Avis
sur la procédure d’amendement de la Constitution de l’Ukraine adopté par la
Commission lors de sa 60e session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)031 Avis
sur le projet de loi portant modification de la loi sur le médiateur des droits
de l’homme en Bosnie-Herzégovine adopté par la Commission lors de sa 60e
session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)032 Avis
sur le nouveau projet d’amendements à la Constitution de la Fédération de
Bosnie-Herzégovine en matière de pouvoirs locaux adopté par la Commission lors
de sa 60e session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)033 Avis
sur les droits de l’homme au Kosovo : établissement éventuel de mécanismes de
contrôle adopté par la Commission lors de sa 60e session plénière
(8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)034 Avis
amicus curiae sur l’interprétation des articles 125 et 136 de la
Constitution de l’Albanie adopté par la Commission lors de sa 60e
session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)035 Avis sur le projet de la loi constitutionnelle fédérale sur les modifications et les compléments à apporter à la
«loi constitutionnelle fédérale sur la Cour constitutionnelle de la Fédération
de Russie» adopté par la
Commission lors de sa 60e session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)036 Avis
sur le projet de loi sur le statut des peuples autochtones d’Ukraine adopté par
la Commission lors de sa 60e session plénière (8-9 octobre
2004) ;
CDL-AD(2004)037 Avis
sur le projet de loi de la République de Géorgie sur la restitution des
logements et de la propriété aux victimes du conflit géorgien-ossète adopté par
la Commission lors de sa 60e session plénière (8-9 octobre
2004) ;
CDL-AD(2004)038 Avis
concernant le projet de loi amendement la loi de la République d’Ukraine sur le
Ministère public adopté par la Commission lors de sa 60e session
plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)039 Avis
sur la loi relative aux modalités de tenue des rassemblements, réunions,
manifestations et démonstrations de la République d’Arménie adopté par la
Commission lors de sa 60e session plénière (8-9 octobre 2004) ;
CDL-AD(2004)040 Avis
sur la loi sur l’élection des autorités de l’administration publique locale de
la Roumanie adopté par la Commission lors de sa 61e session plénière
(3-4 décembre 2004) ;
CDL-AD(2004)041 Avis
conjoint sur le projet de loi relatif au médiateur de Serbie par la Commission
de Venise, le Commissaire aux droits de l’homme et la Direction générale des
Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe adopté par la Commission lors de sa 61e
session plénière (3-4 décembre 2004) ;
CDL-AD(2004)042 Avis relatif au projet de loi fédérale sur les
modifications à apporter à la loi fédérale « sur les grands principes d'organisation des organes
législatifs (représentatifs) et exécutifs des sujets de la Fédération de
Russie » et à la loi fédérale « sur les garanties essentielles des
droits électoraux et du droit de participation au référendum des citoyens de la Fédération de Russie »
adopté par la Commission lors de sa 61e session plénière (3-4
décembre 2004) ;
CDL-AD(2004)043 Avis
sur la proposition d’amendement de la Constitution de la Moldova (introduction
de requêtes individuelles auprès de la Cour constitutionnelle) adopté par la
Commission lors de sa 61e session plénière (3-4 décembre
2004) ;
CDL-AD(2004)044 Avis
intérimaire sur la réforme constitutionnelle en Arménie adopté par la
Commission lors de sa 61e session plénière (3-4 décembre
2004) ;
CDL-AD(2004)047 Rapport
sur le suivi des médias pendant les missions d’observation des élections adopté
par la Commission lors de sa 61e session plénière (3-4 décembre
2004) ;
CDL-AD(2004)049 Avis
conjoint sur le projet d’amendements au code électoral de l’Arménie par la
Commission de Venise et le BIDDH adopté par la Commission lors de sa 61e
session plénière (3-4 décembre 2004) ;
CDL-AD(2004)050 Règlement
intérieur révisé adopté par la Commission lors de sa 61e session
plénière (3-4 décembre 2004) ;
CDL-AD(2005)002 Rapport
sur la Recommandation 1676(2004) de l’Assemblée parlementaire relative à la
participation des femmes aux élections adopté par la Commission lors de sa 61e
session plénière (3-4 décembre 2004) ;
CDL-AD(2005)011 Rapport
sur l’abolition des restrictions au droit de vote aux élections législatives
par Mme Marijana Lazarova Trajkovska adopté par la Commission lors de sa 61e
session plénière (3-4 décembre 2004) ;
CDL-AD(2005)012 Rapport
sur l’abolition des restrictions au droit de vote aux élections législatives
par M. Franz Matscher adopté par la Commission lors de sa 61e
session plénière (3-4 décembre 2004).
Pour
plus d'informations, veuillez vous reporter au site de la Commission de Venise
à l'adresse suivante : www.venice.coe.int
[2] Version présentée à la
Douma par le Président le 28 septembre 2004.
CDL-AD(2004)017, recommandations conjointes sur le
droit électoral et l’administration des élections en Albanie par la Commission
de Venise et le OSCE/BIDDH, sur la base des observations de M. Jessie Pilgrim
(expert, OSCE/BIDDH, Etats-Unis) et de M. Adriaan Stoop (expert, OSCE/BIDDH,
Pays-Bas), adoptées par la Commission à sa 60e session plénière (8-9
octobre 2004). Ancien documentCDL-EL(2004)002rev.
CDL-AD(2004)016rev, recommandations conjointes sur le
droit électoral et l’administration des élections en Azerbaïdjan par la
Commission de Venise et le BIDDH, sur la base des observations de m. Richard Barrett (expert de la
Commission de Venise, Irlande), adoptées par la Commission à sa 58e
session plénière (12-13 mars 2004). Cf.CDL(2003)047.
CDL-AD(2005)001, Rapport
sur la suppression des restrictions au droit de vote lors d’élections
générales, adopté par la Commission à sa 61e session plénière (3-4
décembre 2004).
CDL-AD(2005)002, rapport
sur la Recommandation 1676(2004) de l’Assemblée parlementaire relative à la
participation des femmes aux élections adopté par la Commission lors de sa 61e
session plénière (3-4 décembre 2004).
CDL-AD(2004)012, rapport
sur la compatibilité du vote à distance et du vote électronique avec les normes
du Conseil de l’Europe, sur la base de la contribution de M. Christoph
Grabenwarter (membre suppléant, Autriche), adopté par la Commission lors de sa
58e session plénière (12-13 mars 2004).
La participation active de la Commission de Venise dans ce domaine s’est également
traduite par sa participation à la réunion du groupe de spécialistes sur les
normes juridiques et opérationnelles relatives au vote électronique (EE-S-LOS ;
un sous-groupe de IP1-S-EE) du 21 au 23 janvier. Dans le même domaine, la
Commission de Venise a pris part au séminaire sur la démocratie électronique
organisé par la Commission européenne, les 12 et 13 février (Bruxelles).
Premier stage de
formation de l’école d’études politiques sur le thème : « dans quelle
mesure les systèmes électoraux en Europe du Sud-Est permettent-ils aux
électeurs de promouvoir un changement politique ? », 27 mars 2004
(Sofia).
rev.
CDL-AD(2004)010,
avis sur le projet de convention de l’ACEEEO sur les normes, les droits et les
libertés en matière électorale, sur la base des commentaires de M.
Christoph Grabenwarter (membre suppléant, Autriche) et de M. Ángel Sanchez
Navarro (membre suppléant, Espagne)
adopté par la Commission à sa 58e session plénière (12-13 mars
2004). Projet de convention de l’ACEEEO sur les normes, les droits et les
libertés en matière électorale :CDL(2003)057.
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