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COMMISSION EUROPEENNE POUR LA DEMOCRATIE PAR LE DROIT
(COMMISSION DE VENISE)
RAPPORT ANNUEL D'ACTIVITES POUR L'ANNEE 2005
Déclaration de M. Ugo Mifsud Bonnici,
vice-président de la Commission de Venise, présentant le rapport annuel de 2005
au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. 7
I. ACTIONS EN FAVEUR
DE LA STABILITE DEMOCRATIQUE – VUE D'ENSEMBLE DES ACTIVITES DE LA COMMISSION DE
VENISE EN 2005. 13
1. la commission de venise – une introduction.. 13
2. la commission en 2005. 14
II. DEVELOPPEMENT DEMOCRATIQUE DES INSTITUTIONS PUBLIQUES ET
RESPECT DES DROITS DE L'HOMME. 17
1. activites par pays. 17
– Albanie. 17
– Arménie. 17
a. Réformes constitutionnelles. 17
b. Loi modifiant et complétant la loi
relative à la tenue de réunions, assemblées, rassemblements et manifestations
de la République d’Arménie. 18
– Bosnie-Herzégovine. 19
a. Avis sur la situation constitutionnelle en
Bosnie–Herzégovine et les pouvoirs du Haut Représentant 19
b. Décertification des agents de police en
Bosnie-Herzégovine. 20
– Géorgie. 21
a. Avis sur les projets d’amendements
constitutionnels relatifs à la réforme de l’ordre judiciaire géorgien 21
b. Statut d’Ossétie du Sud. 22
- Irak. 23
– Italie. 23
Avis sur la compatibilité des lois
italiennes “Gasparri” et “Frattini” avec les standards du Conseil de l’Europe
en matière de liberté d’expression et de pluralisme des médias. 23
- Kazakhstan. 24
- Kirghizstan. 25
Avis intérimaire sur la réforme
constitutionnelle en République Kirghize. 25
- Mexique. 26
Avis sur le projet de réforme constitutionnelle
concernant la disparition et l’assassinat de nombreuses femmes et filles au
Mexique (féminicides) 26
– Roumanie. 26
a) Avis sur le projet de loi sur le statut
des minorités nationales en Roumanie. 26
b) Avis sur le projet de loi concernant la
liberté de religion et le régime général des religions en Roumanie 27
– Fédération de Russie. 28
a) Avis sur la loi sur la prokurata (parquet)
de la Fédération de Russie. 28
b) Loi sur le Parlement de la République de
Tchétchénie. 28
– Serbie-Monténégro. 29
a) Avis sur les dispositions relatives au
pouvoir judiciaire du projet de constitution de la République de Serbie 29
b) Avis sur le projet de loi relatif au
médiateur de Serbie. 29
c) Projet de loi sur les organisations
religieuses en Serbie. 30
d) Suites à l’avis sur les droits de l’homme
au Kosovo : établissement éventuel de mécanismes de contrôle 30
- « L’ex-République yougoslave de Macédoine ». 30
Avis sur les projets d’amendements
constitutionnels relatifs à la réforme du système
judiciaire. 30
– Ukraine. 31
a. Avis sur la Loi relative aux amendements à
la Constitution d’Ukraine adoptée le 8 décembre 2004 31
b. Projet de stratégie nationale pour la
réforme du système d’organisation territoriale des autorités en Ukraine 32
- Informations sur les développements constitutionnels dans d'autres Etats. 32
2. etudes et seminaires de portee generale. 33
- Contrôle démocratique du secteur de la sécurité dans les Etats membres. 33
- Rédaction de lois relatives à la liberté de réunion. 34
- Rôle des deuxièmes Chambres dans les Etats membres du Conseil de l'Europe. 34
- Séminaire UniDem sur « le statut des traités internationaux en matière
de droits de l'homme » (Coimbra, 7 – 8 octobre 2005) 34
3. campus unidem pour la formation juridique des
fonctionnaires. 35
III. RENFORCEMENT DE LA JUSTICE CONSTITUTIONNELLE, GARANT DE
LA DEMOCRATIE, DES DROITS DE L'HOMME ET DE L'ETAT DE DROIT. 37
1. seminaires sur la justice constitutionnelle. 37
2. avis. 40
3. cooperation regionale. 41
- Conférence des cours constitutionnelles
européennes. 41
- Association des cours constitutionnelles
ayant en partage l'usage du français (ACCPUF) 42
- Commission des juges d’Afrique australe (SAJC) 42
- Cours asiatiques. 44
IV. LA DEMOCRATIE A TRAVERS DES ELECTIONS LIBRES ET
EQUITABLES. 45
1. activites relatives a un pays. 45
- Albanie. 45
Assistance juridique à une mission
d’observation des élections. 45
- Arménie. 45
Réforme électorale. 45
- Azerbaïdjan. 46
a. Réforme électorale. 46
b. Ateliers et séminaires de formation en vue des élections parlementaires. 46
c. Assistance juridique à une mission d’observation des élections. 47
- Croatie. 47
Réforme
électorale. 47
- Géorgie. 47
a. Code électoral 47
b. Assistance électorale. 48
- Moldova. 48
a. Droit électoral et administration des élections en Moldova. 48
b. Conférence sur le financement des partis politiques. 48
c. Assistance juridique à une mission d’observation des élections. 49
- Palestine. 49
Assistance
juridique à une mission d’observation des élections. 49
- Serbie-Monténégro. 49
Législation sur
le Référendum au Monténégro. 49
- Ukraine. 50
Législation
électorale. 50
2. activites transnationales. 50
- Etudes et séminaires de portée générale. 50
a. Règles électorales et actions positives en
faveur des minorités. 50
b. Questionnaires d’observations des
élections. 51
c. Restrictions au droit de vote. 51
d. Suivi des médias pendant les missions
d’observation électorale. 52
e. Observation internationale des élections. 52
f. Référendum.. 52
g. Stabilité du droit électoral 53
h. Séminaire Unidem sur « l’organisation
des élections par un organe impartial » (Belgrade, 24-25 juin 2005) 53
i. Conférence européenne des administrations
électorales. 54
- VOTA, la base de données électorale de la Commission de Venise. 54
- Activités dans le domaine des partis politiques. 54
Participation des partis politiques au
processus électoral 54
V. COOPERATION ENTRE LA COMMISSION ET LES ORGANES
STATUTAIRES DU CONSEIL DE L'EUROPE, L'UNION EUROPEENNE ET D'AUTRES
ORGANISATIONS INTERNATIONALES 55
1. conseil de l'europe. 55
- Troisième Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil de
l'Europe (Varsovie, 16-17 mai 2005) 55
- Comité des Ministres. 55
- Assemblée parlementaire. 56
- Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. 56
- Forum sur l’avenir de la démocratie. 57
2. union europeenne. 57
3. osce. 58
- Séminaires sur la dimension humaine de l’OSCE. 58
4. communauté des démocraties. 58
5. forum des fédérations. 58
6. assemblée des régions d’europe. 59
7. initiative parlementaire du sud-caucase. 59
A N N E X E I - LISTE DES PAYS MEMBRES. 60
A N N E X E II - LISTE DES MEMBRES DE LA COMMISSION DE
VENISE. 61
A N N E X E III - FONCTIONS ET COMPOSITION DES
SOUS-COMMISSIONS. 66
A N N E X E IV - REUNIONS DE LA COMMISSION DE VENISE EN
2005. 68
A N N E X E V – LISTE DES PUBLICATIONS DE LA COMMISSION
DE VENISE. 76
A N N E X E VI – LISTE DES DOCUMENTS ADOPTES EN 2005. 79
Monsieur le
Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir pour moi de présenter pour la première fois le rapport
annuel de la Commission de Venise à votre comité. Notre président, M. La
Pergola, ne peut hélas être parmi nous aujourd’hui à cause d’un autre
engagement important. En effet, la Cour européenne de justice a malheureusement
fixé à ce jour même la cérémonie solennelle d’adieu à M. La Pergola. J’aurai
donc le privilège de vous présenter le bilan annuel de nos activités. J’ai
accepté cette tâche avec grand plaisir, connaissant fort bien l’attitude
bienveillante de votre Comité à l’égard de notre Commission et étant
sincèrement convaincu que nos réalisations au cours de cette dernière année
méritent la constance de votre soutien.
I.
Monsieur le Président,
Vous préparez, je le sais, la prochaine session ministérielle qui
s’occupera surtout la mise en œuvre des textes adoptés au Sommet de Varsovie.
Celui-ci a demandé au Conseil de l’Europe d’axer ses activités sur ses valeurs
fondamentales, la démocratie, la prééminence du droit et les droits de l’homme,
et de le faire en coopération étroite avec d’autres organisations
internationales, en particulier l’Union européenne et l’OSCE. La coopération
avec l’Union européenne est, semble-t-il, particulièrement d’actualité en ce
moment, quelques semaines après que le Premier ministre Juncker a présenté son rapport sur ce sujet à l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe et alors que vous examinez un mémorandum
d’accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne. Je commencerai
donc par quelques mots sur notre coopération avec l’Union européenne et d’autres
organisations internationales. J’aborderai ensuite certaines des activités
importantes qui font avancer les valeurs fondamentales de notre Organisation.
Notre coopération avec l’Union européenne peut, à juste titre, être
qualifiée d’excellente. Ce n’est pas seulement notre avis mais aussi celui de
l’Union européenne. Le Président de la Commission Barroso, s’adressant à
l’Assemblée parlementaire le 11 avril a ainsi résumé le sentiment de l’Union
européenne :
L’actualité démontre tous les jours l’importance de l’apport du Conseil
de l’Europe et des institutions spécialisées. Je pourrais en donner nombre
d’exemples mais citons la Commission de Venise qui, grâce à son inestimable
savoir-faire en matière constitutionnelle, est appelée à jouer un grand rôle
dans la résolution des situations difficiles que nous allons devoir affronter
en 2006. Ce sera le cas au Kosovo, au Monténégro, vraisemblablement en
Ossétie du sud, en Abkhazie, en Transnistrie. Certains pays font également
appel à une expertise unique en son genre en matière constitutionnelle, par
exemple le Kazakhstan ou le Kirghizistan.
La Commission européenne nous
a d’ailleurs encouragés à jouer un rôle plus actif en Asie centrale et a financé notre assistance constitutionnelle au Kirghizstan, un de
nos Etats membres, l’année dernière. S’agissant des divers conflits évoqués par
le Président Barroso, nous sommes en contact avec les services compétents du
Conseil et de la Commission afin de veiller à ce que notre contribution
d’experts soit conforme aux orientations politiques de la communauté
internationale. Si notre rôle est technique, celui de l’UE est politique. Or,
ces deux rôles doivent être articulés et coordonnés.
Le
meilleur exemple de cette coordination est l’avis que nous avons rendu récemment
sur les normes applicables au référendum sur l’indépendance du Monténégro. La
Charte constitutionnelle de l’Union d’Etats de Serbie‑Monténégro, adoptée
en février 2003, avec une forte participation de l’UE et l’aide de la
Commission de Venise, prévoit la possibilité de tenir un référendum de ce genre
si les normes internationales sont respectées. La commission de suivi de
l’Assemblée parlementaire nous a demandé de l’éclairer sur le contenu des
normes internationales applicables. L’autorité de notre avis a été reconnu par
les deux camps et cet avis a servi de fondement aux efforts de médiation de
l’envoyé spécial de l’UE, l’ambassadeur Lajčak. Les normes internationales
que nous avons identifiées concernant la majorité nécessaire ne donnaient pas d’indications
précises sur le pourcentage requis. Nous avons noté que, selon l’usage
international, il faut une majorité nette sur les questions de ce genre et
l’ambassadeur Lajčak a réussi à obtenir un accord des deux camps pour
fixer à 55 % des suffrages exprimés la majorité requise aux fins de ce
référendum. En outre, s’agissant des aspects plus techniques du référendum,
nous l’avons aidé, en coopération avec l’OSCE, à rédiger des propositions pour
la loi spéciale applicable au référendum. Grâce à ces initiatives et à cette
coopération, nous pouvons maintenant espérer que l’issue du référendum sera
reconnue comme légitime par tous.
Il
s’agit certainement là d’un très bon exemple de coopération entre organisations
internationales, qui est venu confirmer, pour nous, le rôle important que nous
jouons pour épauler le processus de stabilisation et d’association et la
politique de voisinage de l’Union européenne. Fondamentalement, en ce qui
concerne la coopération avec l’UE, un seul de nos vœux ne s’est pas encore réalisé :
l’adhésion à part entière de la communauté européenne à notre accord élargi. Je
note avec plaisir que le Premier ministre Juncker a exprimé le même vœu dans
son rapport et dans son discours devant l’Assemblée parlementaire. Nous
espérons que son soutien permettra de surmonter les obstacles bureaucratiques
qui ont jusqu’ici bloqué cette adhésion.
Hormis
l’Union européenne, c’est l’OSCE, et en particulier le BIDDH, qui reste notre
principal partenaire. Nous avons mis en place, au fil des ans, une coopération
étroite en matière électorale et, plus récemment, travaillé aussi sur d’autres
questions. Notre assistance constitutionnelle au Kirghizstan l’année dernière
est un exemple de cette coopération resserrée entre plusieurs organisations
internationales : l’UE a apporté l’aide financière, le centre local de
l’OSCE le soutien logistique et, avec le BIDDH, notre contribution a pris la
forme de commentaires concertés sur la réforme constitutionnelle prévue.
II.
Monsieur
le Président,
La
Constitution d’un pays reflète ses valeurs fondamentales. Dans un Etat membre
du Conseil de l’Europe, elle doit donner une expression concrète aux valeurs
fondamentales de notre organisation : la démocratie, les droits de l’homme
et la prééminence du droit. Je me rappelle ce commentaire du philosophe
politique italien Norberto Bobbio :
« La démocratie est aussi une question de bonnes règles et de bonnes
procédures. » En substance, il n’est pas de bon gouvernement démocratique sans une bonne loi
constitutionnelle et de bonnes pratiques constitutionnelles. Lorsque nous
examinons les grandes réformes constitutionnelles d’un pays, nous estimons que
notre mission première est donc de veiller non seulement à ce que le texte
reflète formellement ces valeurs mais aussi à ce qu’il puisse contribuer à les
réaliser dans la pratique et qu’il permette une conduite efficace des affaires
publiques dans l’intérêt des citoyens.
Pour
l’année dernière et le début de cette année, deux exemples l’illustrent fort
bien : les réforme constitutionnelles menées en Arménie et en
Bosnie-Herzégovine.
S’agissant
de l’Arménie, il n’est pas nécessaire pour moi d’entrer dans le détail puisque
votre Comité a suivi de près les événement par le biais du groupe Ago. Vous
avez aussi apporté votre soutien explicite à cette réforme qui était vitale
pour permettre au pays de respecter ses engagements à l’égard du Conseil de
l’Europe. Nous sommes naturellement satisfaits de voir que le nouveau texte de
la Constitution reflète largement notre contribution et qu’une coopération
durable a fini par porter ses fruits. En effet, nous avons commencé à
travailler à cette réforme avec les autorités arméniennes en 2000. Cela montre
à quel point il nous faut participer sans relâche et avec persévérance aux
processus de réforme, même si une réforme de cette envergure ne peut avoir lieu
chaque année.
Un
autre exemple d’engagement à long terme de notre Commission est la Bosnie‑Herzégovine.
Nous nous sommes penchés dès le début sur l’interprétation de la Constitution
qui figure en annexe à l’Accord de Dayton et nous avons contribué au fil des
ans au renforcement du niveau de l’Etat et, dans la mesure du possible, au meilleur fonctionnement des institutions
dans le cadre du texte constitutionnel en vigueur. Toutefois, nous nous sommes
heurtés au fait que cette Constitution a été rédigée et adoptée pour mettre fin
à la violence et non pour assurer le meilleur fonctionnement possible d’un
système démocratique. En mars 2005, nous avons rendu, à la demande de
l’Assemblée parlementaire, un avis complet sur la situation constitutionnelle
présentant des recommandations de réforme concrètes et, à notre sens,
réalistes.
En
s’appuyant sur nos recommandations, un groupe de représentants des principaux
partis politiques a préparé, avec l’aide et l’encouragement des Etats-Unis, des
projets d’amendements constitutionnels. Ces projets d’amendements présentaient
un certain nombre de lacunes que nous avons signalées dans un avis récent, mais
ils auraient été un pas important dans la bonne direction. Nous sommes donc
déçus du fait que, la semaine dernière, lors du vote à la Chambre des
représentants, ils n’aient pas obtenu la majorité requise des deux tiers malgré
de nombreux appels de la communauté internationale en faveur de leur adoption.
Certains se sont opposés aux amendements non parce qu’ils allaient trop loin
mais parce qu’ils jugeaient au contraire qu’ils n’allaient pas assez loin. En
conséquence, la Bosnie‑Herzégovine devra donc continuer à vivre avec sa
Constitution imparfaite pendant quelque temps. Nous devons accepter bien sûr la
décision démocratique du parlement mais nous somme convaincus que ce pays ne
peut absolument pas se permettre de stagner. Nous espérons donc que le
processus de réforme reprendra avec une nouvelle vigueur après les élections et
nous ferons tout notre possible pour l’aider en cela.
Comme
dernier exemple de notre engagement à long terme dans la réforme
constitutionnelle, je souhaite mentionner l’Ukraine où nous avons participé à
la rédaction de la Constitution entre 1993 et 1996. Nous avons par la suite
souvent commenté les propositions de réforme constitutionnelle et, l’année
dernière, nous avons rendu un avis sur la réforme constitutionnelle décidée
dans le cadre de la proposition globale de compromis de décembre 2004. Cela ne
marquera certainement pas la fin de notre participation, mais nous sommes prêts
à apporter notre contribution dès que les autorités ukrainiennes décideront de
reprendre le processus de réforme.
III.
Monsieur
le Président,
Les
exemples de la Bosnie‑Herzégovine et, à un niveau différent, du
référendum du Monténégro, montrent que notre expertise juridique s’est montrée
souvent utile dans des situations de conflit.
Je
souhaite aussi évoquer, à cet égard, notre coopération avec les autorités géorgiennes
sur la rédaction d’une loi relative à la restitution des biens aux victimes du
conflit Géorgien-Ossète. L’adoption de cette loi n’est pas une panacée qui
permettra de régler le conflit mais elle n’en reste pas moins une mesure de
confiance importante. Il est encourageant pour nous que les autorités de facto d’Ossétie du Sud nous aient
invité à discuter avec elles le texte de cette loi ; nous devons
d’ailleurs nous rendre à Tskhinvali ce mois‑ci.
Concernant
d’autres conflits, nous dispensons, à sa demande, un conseil ad hoc au Bureau
de l’envoyé spécial des Nations Unies Ahtisaari sur les différents aspects
juridiques d’un règlement au Kosovo. Une fois que les pourparlers sur le statut
du Kosovo atteindront une phase plus décisive, nous pourrions y être associés
plus étroitement si M. Ahtisaari en
décide ainsi.
IV.
Monsieur
le Président, Eminents membres du Comité,
La
version écrite de notre rapport annuel abonde en renseignements sur un grand
nombre d'activités. Permettez-moi de vous donner quelques indications sur notre
contribution à la mise en œuvre des valeurs fondamentales de l'Organisation
hors du champ de la réforme constitutionnelle.
Passons au chapitre de la démocratie. Sans élections libres et équitables,
il n'est pas de démocratie. Nous examinons donc chaque année un grand nombre de
lois électorales, en coopération avec l'Assemblée parlementaire, le Congrès, le
BIDDH et d'autres. Les avis adoptés dans ce domaine sont si nombreux que nos
partenaires des organes politiques se plaignent généralement du nombre excessif
de documents produits pour le Conseil des élections démocratiques. Nous
intensifions en outre notre coopération avec les organes de l'administration
électorale dans les Etats membres. A titre d'exemple, je souhaite évoquer la
conférence intitulée « Développement et codification des standards
internationaux en matière électorale », que nous organisons avec la
Commission électorale centrale de la Fédération de Russie ce mois-ci à Moscou,
dans le cadre de la prochaine présidence russe de votre comité.
En février, dans le cadre de la présidence roumaine, un séminaire a été
tenu à Bucarest sur les conditions préalables aux élections démocratiques,
telles que le respect des droits fondamentaux, ainsi que l'accès aux médias et
le financement des campagnes électorales.
Mais la démocratie ne se limite pas aux élections. Nous préparons également
une étude sur le référendum et nous sommes heureux de travailler sur cette
question avec le Forum sur l'avenir de la démocratie. En tout état de cause, la
démocratie ne peut être considérée séparément ; elle est la base de la
protection des droits de l'homme. Cela est particulièrement évident pour
certaines de nos activités récentes. Je mentionnerai à cet égard notre avis sur
la liberté des médias en Italie et celui que nous avons rendu aussi récemment
sur la question des vols de la CIA, à la demande de l'Assemblée parlementaire.
Dans ce domaine, le Secrétaire Général a lancé une enquête importante, au titre
de l'article 52 de la Convention européenne des Droits de l'Homme, qui a
déjà donné de premiers résultats et qui se poursuit. Nous espérons que notre
avis servira aussi au Secrétaire Général lorsqu'il tirera les conclusions de
cette enquête. L'avis porte sur les droits de l'homme et le droit
international, mais, en filigrane, la question qui se pose est celle, vaste et
délicate, du contrôle démocratique des services de sécurité. Je crois
comprendre que notre commission pourrait recevoir de votre comité une demande
d'étude approfondie de cette question.
La démocratie par le droit est le leitmotiv de nos activités. C'est
pourquoi je me pencherai maintenant sur celles liées plus spécifiquement à la
prééminence du droit. Je mentionnerai tout d'abord nos avis sur les chapitres
du projet de Constitution de la Serbie et de la Constitution de
«l'ex-République yougoslave de Macédoine» consacrés au système judiciaire. Ces
avis sont importants, tout d’abord à cause de l’importance fondamentale de
l’indépendance du pouvoir judiciaire pour la démocratie, la prééminence du
droit et les droits de l'homme, et ensuite parce qu'il faut aussi les
considérer dans le contexte des efforts déployés par ces pays pour participer
pleinement à l'intégration européenne. Nous savons tous que les problèmes du
système judiciaire sont un obstacle majeur à l’adhésion de nombreux pays à
l'Union européenne. Il n'est donc pas étonnant que la Commission européenne ait
soutenu sans réserve notre avis dans le cas de «l'ex-République yougoslave de
Macédoine». Je suis aussi heureux de noter que le parlement a adopté les
amendements constitutionnels en tenant pleinement compte de notre avis.
Ce n’est toutefois pas avec les tribunaux ordinaires que notre coopération
est la plus étroite, mais avec les cours constitutionnelles avec lesquelles
elle est totale dans toute l'Europe. Nous sommes en effet convaincus que la
valeur de la meilleure constitution reste limitée sans une cour forte et
indépendante veillant à sa mise en œuvre. Les cours, qui sont souvent
confrontées aux mêmes problèmes, manifestent de ce fait un très grand intérêt
pour cette coopération. Cela est vrai non seulement en Europe, mais aussi au
niveau international, car les cours non européennes ont souvent besoin de
soutien pour conserver leur indépendance. Nous travaillons donc avec des cours
non européennes et notamment – grâce aux contributions financières de l'Irlande
et de l'Italie, avec la Commission des juges sud-africains et avec
l'Association des cours constitutionnelles francophones. Généralement, notre
approche hors d'Europe est de travailler avec des associations de cours plutôt
qu'avec des cours individuelles, car nous souhaitons focaliser notre attention
sur l'Europe et nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour une
coopération étendue avec d'autres continents.
Des interfaces sont toutefois utiles pour une telle coopération et ce rôle
est joué en Afrique par la Cour sud-africaine et en Amérique latine par la Cour
du Chili. Depuis l'année dernière, nous avons resserré des contacts avec des
cours asiatiques ; la Cour constitutionnelle de Corée pourrait d’ailleurs
servir d'interlocuteur dans cette région. Vous avez à votre ordre du jour la
demande d’adhésion de la République de Corée à la Commission de Venise en tant
que membre à part entière, ce qui faciliterait certainement nos contacts avec
les cours constitutionnelles asiatiques. La Cour constitutionnelle de Corée a
très envie de travailler avec nous, tout comme d'autres organes publics tels
que le ministère de la Justice. La situation de la péninsule coréenne contribue
certainement au vif intérêt que manifeste ce pays pour nos expériences en
Europe centrale et orientale. Notre commission considère donc cette demande
d'adhésion d’un œil très favorable. Mais c’est bien naturellement à vous
qu'incombe la décision.
Un des avantages de cette adhésion serait de disposer d'un contributeur
supplémentaire à notre budget. Nous savons à quel point la situation budgétaire
est difficile au sein du Conseil de l'Europe, et nous comprenons tout à fait
qu’il est nécessaire de répondre aux exigences budgétaires de la Cour
européenne des Droits de l'Homme. Cependant, comme nous l'avons expliqué
précédemment, nous considérons que nos activités sont étroitement liées à la
mise en œuvre des valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe. De plus, compte
tenu des résultats atteints l'année dernière et au fil des ans, nous estimons
que le rapport entre les résultats de la Commission et les fonds qui sont
investis dans ses activités est excellent. Membre relativement nouveau (2002),
je pense pouvoir commenter avec un certain détachement la manière dont la
commission fonctionne. Elle a un secrétariat de toute première qualité, un
président sage et prévoyant, des membres exceptionnels issus de la magistrature
et de l’université, et occasionnellement des ex-responsables politiques comme Mme
Suchocka de Pologne et moi-même. Les réunions trimestrielles sont menées en
utilisant le temps disponible avec une extrême parcimonie. Le Gouvernement
italien nous offre un cadre magnifique et une hospitalité généreuse que
viennent compléter les contributions de tous les Etats membres. C'est pourquoi
nous espérons vivement que vous aurez ces résultats à l'esprit lorsque vous
déciderez de notre budget pour l'année à venir.
Monsieur le Président,
Je conclus ainsi ma déclaration et je serai heureux de répondre aux
questions des membres de votre comité. Je vous remercie vivement de votre
attention.
1. la commission
de venise – une introduction[1]
La Commission européenne
pour la démocratie par le droit, plus connue sous le nom de Commission de
Venise, est un organe consultatif du Conseil de l'Europe composé d'experts
indépendants sur les questions constitutionnelles. Créée en 1990, elle joue
depuis cette date un rôle déterminant dans l'adoption de constitutions
conformes aux normes du patrimoine constitutionnel européen. Elle se réunit
quatre fois par an à Venise en sessions plénières et travaille dans trois
domaines : l'assistance constitutionnelle, la justice constitutionnelle et
les questions électorales.
– Assistance
constitutionnelle
La Commission a, en
premier lieu, une fonction d'assistance et de conseil auprès des pays en matière
constitutionnelle. Elle offre un « dépannage constitutionnel » à la
demande des Etats, des organes du Conseil de l'Europe ou d'autres organisations
internationales.
Les méthodes de travail
de la Commission, lorsqu'elle assure la fonction d'assistance constitutionnelle,
consistent à nommer un groupe de rapporteurs (principalement parmi ses membres)
qui, soit contribue à l'élaboration de textes constitutionnels, soit prépare un
avis sur la conformité de la proposition législative avec les normes européennes
dans un domaine donné et sur les possibilités d'amélioration des textes en se
fondant sur l'expérience européenne. Avant d'être transmis aux autorités de
l'Etat en question, le projet d'avis est soumis pour examen et adoption à
l'ensemble de la Commission réunie en session plénière.
Bien que ses avis soient
généralement reflétés dans la législation adoptée, la Commission ne cherche pas
à imposer des solutions, mais adopte une approche non directive fondée sur le
dialogue. C'est pourquoi le groupe de rapporteurs effectue, lorsque cela est
possible, des visites dans les pays et rencontre les différents acteurs
politiques impliqués afin d'avoir la vision la plus objective possible de la
situation. Un représentant du pays concerné peut être invité à s'adresser à la Commission
lors de la discussion du projet d'avis en session plénière.
– Justice
constitutionnelle
Un autre secteur
d'activité de la Commission porte sur la coopération avec les cours
constitutionnelles et les juridictions à compétence équivalente. Depuis sa
création, la Commission de Venise s'est rendue compte qu'il ne suffit pas
d'aider les Etats à adopter des constitutions démocratiques mais que ces textes
doivent être mis en œuvre dans la société. Les acteurs clés dans ce domaine
sont les cours constitutionnelles et les juridictions à compétence équivalente
qui exercent des compétences constitutionnelles. Dès 1991, la Commission a créé
un centre pour recueillir et diffuser la jurisprudence constitutionnelle et
organiser des séminaires avec les cours constitutionnelles. Elle stimule les
échanges mutuels entre les cours constitutionnelles et soutient les
juridictions qui ont besoin d'aide dans leur relation avec les autres pouvoirs
de l'Etat. Les activités du centre sont menées par le Conseil mixte sur la justice constitutionnelle qui est
composé de membres de la Commission de Venise et d'agents de liaison nommés par
les cours de plus de cinquante pays ainsi que de la Cour européenne des Droits
de l'Homme et de la Cour de justice des Communautés européennes.
– Questions
électorales
La Commission travaille
aussi dans le domaine du droit électoral et s'efforce de faire en sorte que la
législation électorale des Etats membres soit conforme aux normes européennes.
Pour toute société démocratique, des élections libres et équitables sont
capitales ; c'est pourquoi la Commission de Venise a défini les principes
applicables à des élections démocratiques dans le Code de bonne conduite en
matière électorale et dans un certain nombre d'autres textes normatifs. Elle
rédige aussi des projets d'avis et de recommandations sur la législation
électorale des pays membres et organise des séminaires de formation destinés à
tous les acteurs participant au processus électoral. Ces activités sont dans
une large mesure menées à bien par l'intermédiaire du Conseil des élections démocratiques, organe mixte créé en
coopération avec l'Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux du Conseil de l'Europe.
En ce qui concerne l’année 2005, il y a lieu de
mettre en évidence les activités ci-après.
– Assistance constitutionnelle
Réforme
constitutionnelle
Tout au long de l’année, la Commission, donnant
suite à ses activités antérieures, est restée impliquée dans la réforme
constitutionnelle en Arménie. Le projet de nouvelle Constitution élaboré par
les autorités a été considérablement modifié eu égard aux recommandations de la
Commission et le projet amendé approuvé par référendum le 27 novembre. En mars,
la Commission a adopté un avis global sur la situation constitutionnelle en
Bosnie–Herzégovine et les pouvoirs du Haut Représentant. Sur la base de cette
évaluation critique de la Commission, un groupe de travail a été établi dans le
pays pour préparer la première étape de la réforme constitutionnelle. Ce groupe
poursuivra ses activités en 2006.
La Commission a adopté également des avis sur la
réforme constitutionnelle décidée en Ukraine en décembre 2004 et sur une
proposition de réforme constitutionnelle d’ensemble au Kirghizistan. Enfin,
elle a adopté des avis sur les réformes constitutionnelles proposées dans le
domaine judiciaire en Géorgie, dans l' « ex-République yougoslave de
Macédoine » et en Serbie.
Organisation
territoriale et règlement des conflits
A la demande du Président Saakachvili, la
Commission a formulé un avis sur la manière d’améliorer encore le plan géorgien
pour un règlement du conflit en Ossétie du sud, et elle est demeurée en contact
avec les autorités géorgiennes à ce sujet tout au long de l’année. La Commission
a continué également à s’occuper de la Transnistrie. A la demande de
l’Assemblée parlementaire, elle a adopté en décembre un avis sur les normes
applicables à un référendum concernant l’indépendance au Monténégro.
Respect des droits de l'homme et de la primauté du droit
La Commission a adopté deux avis sur différentes
versions du projet de loi arménienne relative aux réunions publiques, ainsi que
des avis sur la décertification des agents de police en Bosnie‑Herzégovine,
la compatibilité de deux lois italiennes avec les normes du Conseil de l'Europe
ayant trait aux médias et aux conflits d’intérêts, le projet de statut des
minorités nationales et le projet de loi sur la liberté religieuse de la
Roumanie, la loi relative au procureur
général de la Russie et le projet de loi
concernant les organisations religieuses de la Serbie.
– Justice
constitutionnelle
Renforcement de la justice constitutionnelle
Le Conseil mixte de justice constitutionnelle de
la Commission a continué à soutenir les cours constitutionnelles et à coopérer
avec elles par le biais du bulletin de jurisprudence constitutionnelle et de la
base de données CODICES (www.CODICES.coe.int).
La Commission a adopté un avis sur les
propositions de règles relatives aux votes dans la cour constitutionnelle de
Bosnie–Herzégovine. L’une de ses réalisations importantes a été l’élaboration
de son premier avis amicus curiae pour la Cour européenne des Droits de
l'Homme.
En 2005, des conférences et séminaires sur des
questions de justice constitutionnelle ont eu lieu, notamment, en Arménie, en
Azerbaïdjan, dans la République tchèque, en Hongrie, en Moldova, en Lituanie,
en Slovénie et en Ukraine.
Ouvrir des perspectives
au-delà de l’Europe
Outre son étroite coopération avec la Conférence
des cours constitutionnelles européennes, la Commission a maintenu son approche
régionale en coopérant avec des associations de cours constitutionnelles et
suprêmes extérieures à l’Europe. En vertu de son accord avec l’Association des
cours constitutionnelles ayant en partage l’usage du français (ACCPUF), la
Commission a inclus la jurisprudence des cours appartenant à l’association dans
sa base de données CODICES. Grâce à une contribution de la Norvège, elle a pu
aider la Commission des juges de l’Afrique australe à organiser deux réunions
en Ouganda et en Namibie. Cette coopération a pour but de renforcer la capacité
d’action des cours intéressées et leur permettra de s’entraider en cas
d’interférences indues d’autres pouvoirs de l’Etat. Pour la première fois, la Commission
a été invitée également à participer à une réunion de cours constitutionnelles
d’Asie, en vue d’établir une coopération.
– Questions électorales
La Commission a adopté, dans la plupart des cas
conjointement avec le Bureau des institutions démocratiques et des droits de
l'homme de l’OSCE, des avis et recommandations sur des lois ou projets de loi
de l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, de la Moldova, de
l'« ex-République yougoslave de Macédoine » et de l’Ukraine.
D’autre part, la Commission a adopté un certain
nombre de documents définissant le patrimoine électoral européen, parmi
lesquels des études sur les référendums en Europe, sur les lois électorales et
sur une action positive en faveur de la participation des minorités nationales
au processus de décision dans les pays européens, ainsi que des lignes
directrices sur le suivi des médias au cours des missions d’observation des
élections.
La deuxième Conférence européenne des organes
d’administration électorale, un Séminaire Unidem sur « l’organisation des
élections par un organe impartial » et une table ronde sur « la
participation des étrangers aux élections » se sont également tenus sous
les auspices de la Commission de Venise.
En novembre
2005, une délégation du Secrétariat s’est rendu à Tirana à l’invitation du
Premier Ministre, M. Berisha, et de la présidente du Parlement, Mme Topalli.
Les autorités albanaises ont démontré un intérêt envers l’assistance de la Commission de Venise sur
trois thèmes en particulier, soit l’immunité parlementaire, la modification du
système électoral et celle du système du procureur général.
En 2005, la Commission de Venise a poursuivi son assistance aux autorités
arméniennes eu égard au processus de réforme de la Constitution lancé en
janvier 2004, à la suite d’une première tentative qui avait échoué en 2003 en
raison du nombre insuffisant d’électeurs lors du référendum pertinent. La
situation politique en Arménie était très difficile, notamment en raison du
refus par l’opposition de participer aux activités parlementaires. Il semblait
indispensable que l’opposition soit impliquée dans le processus de réforme. La
participation de la société civile semblait tout aussi essentielle.
Au printemps 2005, la Commission a été chargée d’étudier le texte de projet
d’amendements tel qu’adopté par le Parlement arménien en première lecture. Elle
a exprimé son profond désaccord et recommandé une révision et des améliorations
substantielles dans les trois domaines suivants :
- l'équilibre des pouvoirs
entre les organes de l'État (de trop vastes pouvoirs entre les mains du
Président au détriment de l’Assemblée nationale et du gouvernement) ;
- l’indépendance du pouvoir
judiciaire (garanties d’indépendance du Conseil de Justice et des juges nommés
par le Président insuffisantes) ;
- la manière de désigner le
maire de Erevan (contrairement aux normes européennes, il devait être nommé par le Président au lieu
d’être élu au suffrage direct ou indirect).
La Commission a demandé la possibilité de revoir le texte révisé avant son
adoption en deuxième lecture. Ces demandes, qui coïncidaient avec celles de
l’opposition (qui n’avait pas participé
à la première lecture des amendements), ont été réitérées et soutenues par
l’APCE dans sa Résolution 1458(2005) du 23 juin 2005.
A la suite d’une réunion de travail fructueuse entre des représentants des
autorités arméniennes et du groupe de travail de la Commission de Venise, les
amendements ont été révisés et soumis à la Commission pour examen. La
Commission a estimé que le nouveau texte respectait en substance ses propres
recommandations : pour ce qui est de la séparation des pouvoirs, en vertu
de la nouvelle Constitution, le Président de la République ne conserverait plus
les pouvoirs qu’il a actuellement de nommer, contrôler et démettre de ses
fonctions le gouvernement, pouvoirs qui
reviendraient à l’Assemblée nationale. Le maire de Erevan serait élu. La
possibilité d’une élection au suffrage indirect du maire était conforme aux
normes européennes en la matière. Pour ce qui est de l’indépendance du pouvoir
judiciaire, la composition du Conseil de Justice était tout à fait acceptable,
de même que la possibilité pour le Président de renvoyer une liste de candidats
au Conseil de Justice. La loi définissant la procédure exacte devait être
élaborée avec l’aide du Conseil de l'Europe.
Selon l’avis de la Commission (CDL-AD(2005)025), les amendements
constitutionnels représentaient un important progrès et une solution pleinement
acceptable et viable, même si leur entrée en vigueur a été, il faut l’admettre,
considérablement retardée par l’application des dispositions transitoires.
Ces amendements ont été adoptés en troisième lecture le 29 septembre 2005.
A la suite du référendum constitutionnel qui a eu lieu en novembre 2005, ils
ont été adoptés et sont entrés en vigueur en décembre 2005.
La Commission s’est déclarée satisfaite de l’accomplissement tant attendu
des réformes constitutionnelles en Arménie. Elle était naturellement consciente
du fait que le véritable défi allait être l’application adéquate des nouvelles
garanties constitutionnelles ; pour cette raison, elle a fait part de sa
disponibilité pour continuer à assister les autorités arméniennes dans cette
tâche capitale.
Lors de sa 64e session plénière, la
Commission a adopté l’avis conjoint de la Commission de Venise et de l’OSCE/BIDDH
sur la Loi modifiant et complétant la loi relative à la tenue de réunions,
assemblées, rassemblements et manifestations de la République d’Arménie
(CDL-AD(2005)035).
Les travaux de la Commission sur ce texte de loi ont commencé en
2004 ; les anciens avis de la Commission et de l’OSCE/BIDDH avaient mis
l’accent sur la nécessité de pouvoir étendre au maximum l’exercice du droit
fondamental de liberté de réunion.
La loi adoptée début octobre 2005 respectait la plupart des recommandations
faites auparavant. En particulier, les restrictions générales qu’elle contenait
ont été supprimées, bien qu’une certaine marge de manœuvre ait été introduite
même dans des affaires où il ne devrait pas y en avoir, comme dans les cas
d’incitation à la haine raciale ou d’éventuel renversement de l’ordre
constitutionnel. Les assemblées spontanées et les contre-manifestations
n’étaient pas autorisées. Certaines suggestions d’améliorations pourraient
encore être faites, bien que de manière générale, il convienne de rendre
hommage aux autorités arméniennes pour les efforts qu’elles ont déployés et les
résultats obtenus.
La Commission était consciente de la nécessité de surveiller l’application
en bonne et due forme de la loi et a insisté sur ce point.
La préparation de cet avis représentait un bon exemple de coopération
fructueuse, efficace et de haute qualité entre la Commission et l’OSCE/BIDDH,
en particulier l’Unité d’assistance législative. La Commission a fait part de
sa grande satisfaction à propos de cette coopération.
‑ L’avis
Dans sa Résolution 1384,
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe demandait à la Commission de
Venise d’examiner la compatibilité des pouvoirs du Haut Représentant avec les
principes démocratiques, ainsi que de la compatibilité de la Constitution de la
Bosnie‑Herzégovine avec la Convention européenne des Droits de l'Homme et
la Charte européenne de l’autonomie locale, et plus généralement l’efficacité
et la rationalité des dispositions constitutionnelles en vigueur dans le pays.
Dès 2004, la Commission
avait eu un échange de vues avec Lord Ashdown, Haut Représentant, au sujet de
cette demande, et une délégation de la Commission s’était rendue à Sarajevo et
à Banja Luka pour s’entretenir avec les commissions constitutionnelles des
parlements de l’Etat et des entités, les membres de la Cour constitutionnelle
et des représentants des principaux partis politiques, des ONG et de la
communauté internationale.
A la suite de cette
visite, un projet d’avis, élaboré par les rapporteurs (MM. Helgesen, Jowell,
Malinverni, Scholsem et Tuori), a été examiné et adopté par la Commission à sa
session de mars. L'avis (CDL-AD(2005)004) reprend nombre d'idées et arguments
avancés par la Commission tout au long des neuf dernières années et les
développe de manière plus générale et cohérente.
La première partie du
document, selon le libellé employé dans la Résolution 1384 de l’Assemblée
parlementaire, traite de l’efficacité et de la rationalité des dispositions
constitutionnelles en vigueur dans le pays. Elle constate que ces dispositions
ne sont ni rationnelles ni efficaces et formule des recommandations tendant à
les améliorer. Avec cette Constitution, aux termes de laquelle les pouvoirs
sont concentrés au niveau des entités, l’Etat de Bosnie–Herzégovine est trop faible
pour participer véritablement à l’intégration européenne. L’avis parvient à la
conclusion que la Constitution devrait instituer davantage de pouvoirs au
niveau de l’Etat et que de simples transferts de responsabilité ne seraient pas
suffisants. Il préconise également des processus de prise de décision plus
efficaces tant à l’échelon de l’Etat qu’à celui des entités. Le veto au nom
d’intérêts vitaux devrait être défini plus clairement et plus précisément, et
il faudrait envisager d’abolir des mécanismes inopérants tels que la présidence
collective au niveau de l’Etat et la Chambre des peuples de l’Etat et de la
Fédération. Au sein de la Bosnie–Herzégovine, s’il se révèle impossible de
supprimer les cantons, leurs attributions devraient être réduites à des fonctions
principalement exécutives.
L’avis juge le moment
venu de lancer un processus de réforme constitutionnelle et note qu’il est
urgent de chercher à remédier aux inefficacités et contradictions les plus
évidentes du dispositif constitutionnel présent. Toutefois, il reconnaît
également qu’il faudra procéder par étapes. L’objectif à long terme devrait
être d’adopter une Constitution entièrement nouvelle, fruit d’un processus
démocratique dans le pays, la Constitution présente ayant été pour l’essentiel
imposée pour mettre fin à un conflit meurtrier. Cette nouvelle Constitution
devrait prendre pour point de départ l’égalité des citoyens et non celle des
peuples.
La deuxième question
posée par l'Assemblée et examinée dans l'avis porte sur la compatibilité de la
constitution de l'Etat avec la Convention européenne des Droits de l'Homme.
L'avis relève que les dispositions relatives à la composition et à l'élection
de la présidence collective et de la Chambre des peuples sont discriminatoires
et semblent incompatibles avec la CEDH et son Protocole n° 12. Si ces
institutions ne sont pas abolies ainsi qu'il l'a été suggéré, il faudrait en
revoir la conception.
La troisième partie de
l'avis est consacrée, selon la demande de l'Assemblée parlementaire, à la compatibilité
des pouvoirs du Haut Représentant avec l'appartenance de la Bosnie‑Herzégovine
au Conseil de l'Europe. L'avis reconnaît la fonction importante et positive
remplie jusqu'ici par le Haut Représentant. Toutefois, il ne peut continuer
indéfiniment à jouer ce rôle et des changements graduels semblent nécessaires.
Le pouvoir d'imposer une législation, dont jouit le Haut Représentant, s'oppose
en effet au droit de la population d'élire librement l'organe législatif et
risque de créer une culture de dépendance. La faculté attribuée au Haut
Représentant de révoquer des fonctionnaires et des élus est particulièrement
problématique. A titre de mesure immédiate, l'avis recommande la création d'un
groupe de conseillers juridiques indépendants, qui devrait être consulté sur de
telles décisions.
‑ Suites données à l'avis
L'avis a suscité un
large débat, tant en Bosnie‑Herzégovine que sur le plan international. Il
a été transmis à la Commission des questions politiques de l'Assemblée
parlementaire, au groupe de rapporteurs sur la stabilité démocratique du Comité
des Ministres et à la Commission des affaires étrangères du Parlement européen.
Il a également été présenté et débattu à la conférence internationale
« Bosnie‑Herzégovine ‑ dix ans après Dayton : perspectives »,
tenue à Genève les 20 et 21 octobre 2005.
Le Bureau du Conseil de
l'Europe à Sarajevo a traduit l'avis dans la langue locale et en a assuré une
large diffusion. Il a été examiné à une conférence de l'académie des sciences
de la Republika Srpska en juin 2005 et avec des représentants des Croates
bosniaques à Mostar, en septembre. A l'initiative de l'ancien premier adjoint
du Haut Représentant, Donald Hays (Institut des Etats-Unis pour la paix), un
groupe d'experts désigné par les principaux partis politiques a commencé à
préparer une réforme constitutionnelle inspirée de l'avis de la Commission de
Venise. L'avis a été communiqué au groupe, qui l'a étudié en septembre.
Lors de sa 64e session plénière, la Commission de Venise a
adopté, à la demande du Premier Ministre de Bosnie-Herzégovine, un avis
« sur une solution possible au problème de la décertification des agents
de police en Bosnie-Herzégovine » (CDL-AD(2005)024). Cet avis
portait sur la question d’un éventuel réexamen de l’équité de la procédure de
vérification menée jusqu’à la fin de l’année 2002 par la Mission des Nations
Unies en Bosnie-Herzégovine et ayant conduit à la décertification de plusieurs
agents de police bosniaques.
Dans environ 150 cas, les agents de police décertifiés ont contesté ces
décisions devant les tribunaux bosniaques.
La procédure qui avait été suivie dans ces cas avait été évaluée par la
Commission des droits de l'homme de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine,
qui avait estimé qu’elle ne satisfaisait à l’exigence d’un procès équitable au
sens de l’Article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Toutefois, le fait que la procédure ait été menée par une organisation
internationale au nom des autorités nationales et avec seulement une
contribution formelle de celles-ci a eu pour conséquence de rendre les
tribunaux nationaux incompétents pour réexaminer ces procédures.
La Commission a réitéré qu’aucune autorité ni aucun tribunal national
n’était compétent pour réviser ces décisions. Elle a toutefois estimé que cette
situation n’était pas satisfaisante. En fait, si les Nations Unies ont
bénéficié de l’immunité de juridiction devant les tribunaux bosniaques en vertu
d’une règle bien reconnue du droit international public, en ce qui concerne la
décertification, l’ONU a rempli des fonctions étatiques qui étaient atypiques
pour une organisation internationale. Il fallait compenser l’immunité de
juridiction par une autre solution adéquate pour examiner les recours. La
Commission a donc estimé qu’il était approprié que les Nations Unies
réexaminent elles-mêmes les 150 décisions. La transparence et la responsabilité
de l’administration territoriale transitoire par des organisations internationales
sont des éléments extrêmement importants de leur crédibilité et de leur
pouvoir. La paix et la sécurité ne peuvent qu’être favorisées par des
procédures transparentes et équitables.
Tout en reconnaissant que le choix de l’organe le plus approprié pour
réviser les décisions de décertification relève du Conseil de sécurité des
Nations Unies, la Commission de Venise a proposé que cela soit fait par un
groupe de trois experts internationaux. Cet organe serait compétent pour
réviser les recommandations de décertification faites par les Nations Unies,
sur la base des informations que l’organisation avait au préalable rassemblées
et dans le cadre d’une procédure contradictoire au cours de laquelle l’ancien
policier concerné pourrait avoir accès à son dossier (à l’exception des
informations dûment classées) et fournir des informations complémentaires. Dans
le cas où l’organe de révision parvient à la conclusion que la recommandation
originale doive être infirmée, les autorités nationales compétentes seraient
chargées d’appliquer la nouvelle recommandation et d’annuler la décision de
décertification.
La Commission a fait savoir qu’elle était prête à aider les Nations Unies
dans la mise en place de ce comité.
En février 2005, le
Ministre de la Justice de Géorgie a demandé à la Commission de rendre un avis
sur le projet de Loi constitutionnelle sur les amendements à la constitution
géorgienne relatifs à la réforme de l’ordre judiciaire. Par ailleurs, une
version antérieure d’amendements avait déjà fait l’objet d’observations
informelles de la Commission qui ont été suivies lors de l’élaboration de la
version présentement sous étude. A sa session de mars, la Commission a adopté
l’avis sur le projet d’amendements constitutionnels relatifs à la réforme du
système judiciaire (CDL-AD(2005)005), rédigé sur la base des observations de
MM. Cardoso da Costa et Hamilton.
L’avis souligne d’abord
l’amélioration significative de l’actuel projet d’amendements constitutionnels
par rapport au précédent. L’introduction d’une requête constitutionnelle
directe des particuliers et la limitation des fonctions des juges de la Cour
constitutionnelle à un seul mandat sont des nouvelles mesures qui méritent
particulièrement d’être saluées. Quelques points demeurent toutefois
préoccupants. En vertu de ce projet, le Président détient un monopole pour la
proposition de tous les juges de la Cour constitutionnelle et de la Cour
suprême, ce qui ne garantirait pas une composition pluraliste à ces
institutions. Ainsi, il est recommandé de faire intervenir un conseil de la
magistrature dont l’indépendance serait garantie par la constitution. D’autre
part, l’immunité quasi-totale des juges face aux poursuites judiciaires ne se
justifie pas et le Parlement ne devrait pas détenir le pouvoir de lever cette
immunité. D’ailleurs, l’immunité des juges devrait se limiter à une immunité
fonctionnelle. De plus, le pouvoir de lever l’immunité des juges de la Cour
constitutionnelle et de la Cour suprême devrait revenir à ces deux instances
d’une manière réciproque. Finalement, le mandat des juges ordinaires, y compris
ceux de la Cour suprême, ne devrait pas être limité et ces juges devraient rester
en place jusqu’à leur retraite.
Le ministre adjoint de
la Justice de la Géorgie, présent lors de la session plénière de mars, a donné
des précisions sur certaines dispositions et procédures figurant au projet
d’amendements dans sa forme actuelle. Il a ensuite souligné que le projet est
appelé à être modifié suite à ces observations. A sa session de juin, la
Commission a été informée que le Parlement n’avait toujours pas adopté la
réforme constitutionnelle proposée par le Gouvernement.
En novembre 2004,
le ministère géorgien des Affaires étrangères a demandé à la Commission de
Venise d'aider les autorités du pays à élaborer un document pour le règlement
du conflit sur le statut de l'Ossétie du sud. Le Président géorgien, M. Saakachvili,
a fait connaître une première esquisse de plan de paix lorsqu'il a pris la
parole devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le
26 janvier 2005. Les 27 et 28 janvier 2005, une
délégation de la Commission de Venise, composée de MM. Bartole, Vogel et
Malinverni ainsi que de MM. Buquicchio et Markert (Secrétariat), a
participé à des entretiens en Géorgie sur le développement de ce plan dans les
domaines de compétence de la Commission.
La délégation a procédé
à de larges consultations à Tbilissi avec des représentants des autorités
géorgiennes, des ONG et de la communauté internationale. Elle a estimé que le
plan relatif à l'Ossétie du sud dont le Président Saakachvili avait fait
état lors de la session de l'Assemblée parlementaire, le
26 janvier 2005, était un point de départ utile et prometteur. Elle a
noté, cependant, qu'il était rédigé en termes encore très généraux et devrait
être complété et précisé. Ainsi qu'il en avait été convenu pendant la visite,
la Commission de Venise a transmis aux autorités géorgiennes, au début du mois
de février, des commentaires et suggestions informels en vue d'étoffer le plan.
Le
17 mars 2005, un représentant du Secrétariat de la Commission de
Venise a participé à un dialogue Géorgie Ossétie du sud, au niveau des experts,
organisé par l'Institut international d'études stratégiques avec l'aide de la
présidence slovène de l'OSCE et le soutien financier de la Commission
européenne. Il a indiqué les grandes lignes d'un statut autonome possible de la
région, au sein de la Géorgie. Toutefois, la partie sud ossète ne s'est pas
montrée disposée à envisager une quelconque solution dans le cadre de laquelle
la région continuerait à faire partie de la Géorgie.
Lors d'une conférence
tenue à Batumi les 9 et 10 juillet 2005, une nouvelle
initiative du Gouvernement géorgien pour le règlement du conflit a été
présentée. Tout en continuant à se référer à la coopération avec la Commission
de Venise sur la question du statut, cette initiative a mis davantage l'accent
sur des mesures de confiance dont la mise en œuvre pouvait être envisagée pour
un avenir relativement proche.
L'une de ces mesures
serait l'adoption d'une loi sur la restitution de leurs biens aux victimes du
conflit entre Géorgiens et Sud Ossètes. En décembre 2005, le ministère
géorgien de la Justice a demandé à la Commission de Venise de formuler un avis
sur le texte d'un projet de loi concernant la restitution de biens aux victimes
de ce conflit. La Commission communiquera son avis en 2006.
A l'invitation de la
fondation allemande Friedrich Naumann, la Commission de Venise à participé à
une série de séminaires avec des membres de la Commission constitutionnelle
irakienne. Ces séminaires ont été organisés à Amman et en Allemagne et ont
porté sur l'élaboration de constitutions en général, la justice
constitutionnelle, le fédéralisme, y compris des questions concernant la
répartition des ressources dans les Etats fédéraux, et les droits de l'homme.
MM. Mifsud Bonnici, Vogel, Closa Montero et Dimitrijevic, ainsi que
MM. Chablais et Dürr (Secrétariat) ont assisté à ces rencontres.
En octobre 2004, l’Assemblée parlementaire du
Conseil de l’Europe avait demandé à la Commission de Venise d’élaborer un avis
concernant deux lois italiennes, la loi « Gasparri » et la loi
« Frattini » qui portent sur le système de radiotélévision italien et
sur les conflits d’intérêt. Le groupe de travail devait se pencher sur la
compatibilité de ces lois avec les standards du Conseil de l’Europe en matière
de liberté d’expression et du pluralisme des médias, à la lumière notamment de
la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’homme. En janvier 2005,
la Commission a visité les autorités italiennes et a ainsi rencontré plusieurs
intervenants dans ce domaine afin de discuter avec ceux-ci de la question.
Lors de la première session plénière de 2005, le
groupe de travail a annoncé qu’une évaluation préliminaire de la situation
avait permis d’identifier certains points préoccupants, notamment au niveau
des critères d’identification d’une
position dominante, du concept de système intégré de communication, de la
politisation excessive de la RAI et du manque de prévision d’incompatibilité
entre une charge publique et la propriété dans le domaine des médias notamment.
A cet égard, la chef du Bureau législatif du ministère des Communications de
l’Italie, Mme Quadri, a souligné que la loi « Gasparri » prévoit
privatiser la RAI et la soumettre aux mêmes règles de régie que les entreprises
privées. De plus, certaines mesures de cette même loi visent à soutenir la
presse. D’autre part, Mme Bono, chef adjointe du Bureau législatif de la
Présidence du Comité des Ministres, a tenu à préciser qu’en ce qui a trait au
rapport entre la propriété privée et les conflits d’intérêts, la Loi
« Frattini » prévoit une sanction très sévère pour les responsables
politiques dans certains cas, soit la censure politique.
A la session de juin, la Commission a adopté son
avis sur la compatibilité des lois italiennes « Gasparri » et
« Frattini » de l’Italie avec les standards de du Conseil de l’Europe
en matière de liberté d’expression et de pluralisme des médias (CDL-AD(2005)017).
Les commentaires des autorités italiennes émis sur ces lois lors des sessions
d’octobre et de juin 2005 ont été distribués sous les cotesCDL(2005)050 et
CDL(2005)051.
Dans cet avis , la Commission souligne que
dans la Loi Gasparri, les deux seuils préconisés pour établir l’existence d’une
position dominante dans le domaine des médias ne semblent pas prévenir de
telles positions qui sont pourtant interdites en soi dans le domaine des
médias. La position selon laquelle le passage au numérique résoudra le problème
de concentration en Italie ne peut être soutenue selon le groupe de travail. La
Commission est d’avis que la Loi Gasparri réglemente l’accès au temps d’antenne
de façon démocratique même si certaines dispositions ont été formulées en des
termes trop vagues. En ce qui concerne la privatisation de la RAI, la
Commission a rappelé qu’il y a un risque qu’elle n’accentue la monopolisation,
puisqu’il pourrait en résulter que le gouvernement en place soit autorisé à contrôler la gestion des
médias. Enfin, la Commission a félicité une disposition de cette loi prévoyant
qu’une partie du budget public soit utilisé dans les quotidiens et périodiques.
En ce qui concerne la Loi Frattini et les conflits
d’intérêts, la Commission est d’avis qu’elle ne comporte pas suffisamment de
mesures de prévention pour résoudre les conflits d’intérêts potentiels, puisque
la loi ne prévoit qu’un mélange d’incompatibilités entre des fonctions
publiques et des activités privées ainsi que des examens d’actes du
gouvernement a posteriori. De plus, aucune incompatibilité n’est posée
entre la charge publique et la propriété, ce qui semble pourtant être le
principal aspect du conflit d’intérêts qui a rendu nécessaire l’adoption de
cette loi. Les sanctions qui y sont prévues ne semblent finalement pas adaptées
et la sanction politique risque d’avoir peu d’effets en pratique. La Commission
conclut que la Loi Frattini risque de ne pas avoir un impact significatif sur
la situation actuelle en Italie et souligne que les autorités italiennes
devraient poursuivre leur étude afin de trouver une solution adaptée.
A la session plénière de décembre, Mme Bychkova,
membre du Conseil constitutionnel du Kazakhstan, a informé la Commission que
cet Etat cherche à s’intégrer au cadre européen quant au respect de la
Constitution, en se basant sur les principes de la démocratie pluraliste, de la
suprématie des droits de l’homme et de l’Etat de droit. Un moratorium sur la peine
de mort a d’ailleurs déjà été instauré et des institutions démocratiques ont
été développées. Récemment, cet Etat a également ratifié le Protocole des
Nations Unies sur les droits civils et politiques. Le rôle du Conseil
constitutionnel est donc de garantir les valeurs constitutionnelles tout en
restant un organe judiciaire indépendant.
Dans ces démarches, le Kazakhstan souhaiterait
obtenir la coopération de la Commission en tant qu’acteur juridique clé. Suite
à la participation d’un représentant de la Commission au 10ième
anniversaire de la Constitution kazakhe en août 2005, la Commission serait
encore invitée à l’anniversaire du Conseil constitutionnel en mars 2006.
En juin 2005, le Président du Parlement de la
République kirghize a demandé à la Commission d’assister le Conseil
constitutionnel de la république dans sa révision de la Constitution. Ce
conseil a été institué suite à la « révolution des tulipes » afin de
préparer une réforme de la constitution en vigueur. Une délégation de la
Commission s’est rendue au Kirghizstan en juin pour discuter des orientations
de la réforme. La Commission européenne a d’ailleurs attribué à la Commission
une aide financière pour son assistance constitutionnelle. A sa session
d’octobre, la Commission a adopté le projet d’avis en tant qu’avis intérimaire
(CDL-AD(2005)022) puisque, tel que l’ont alors souligné les représentants du
Kirghizstan, le processus de la réforme constitutionnelle se poursuit toujours
dans cet Etat et un projet révisé sera élaboré suite aux recommandations
contenues à l’avis intérimaire.
Cet avis a été rédigé sur la base des observations
de MM. Lapinskas et Fogelklou qui soulignent que dans son ensemble, le projet
d’amendement est positif. Plusieurs dispositions visent à renforcer l’Etat de
droit, les garanties des droits de l’homme et les libertés fondamentales. Cette
réforme garantirait également un meilleur équilibre entre les pouvoirs de
l’Etat et améliorerait la situation constitutionnelle dans le pays. Toutefois,
certains points pourraient être améliorés. Ainsi, la Commission encourage les
autorités du Kirghizstan à envisager et, surtout, à apporter des modifications
à certains vestiges de l’ancien système communiste, en particulier au lien
établi entre les droits de l’homme et les devoirs du citoyen, à
l’interprétation des lois par le Parlement et à la Prokuratura. De plus,
les garanties de l’indépendance judiciaire devraient encore être améliorées, en
particulier en ce qui concerne la nomination et l’éventuelle révocation des
juges. Lors de cette session, M. Petit de l’OSCE/BIDDH a informé la Commission
que cette organisation partageait l’avis de MM. Lapinskas et Fogelklou.
Suite à cet avis intérimaire, un nouveau projet a
été élaboré par l’administration présidentielle. Même si ce dernier projet
confirme les avancées contenues dans le projet de juin par rapport à la
protection des droits de l’homme, il demeure globalement moins positif que le
précédent à l’égard de deux sujets. Tout d’abord en ce qui concerne la
séparation des pouvoirs, ce projet ne prévit aucun changement qui permettrait
une évolution vers un régime semi-présidentiel. Ensuite, ce projet propose de
mettre un terme à l’existence indépendante de la Cour constitutionnelle en
l’intégrant dans la structure de la Cour suprême. Lors de la Conférence sur la
réforme constitutionnelle tenue à Bishkek en novembre, qui était co-parrainée
par la Commission et à laquelle ont assisté MM. Lapinskas et Fogelklou ainsi
que M. Markert du secrétariat de la Commission, la plupart des participants ont
manifesté une préférence pour un retour vers le projet d’amendement initial de
juin. La veille de cette conférence, le Président du Kirghizstan, M. Bakiyev, avait
d’ailleurs déclaré que la proposition d’abolir la Cour constitutionnelle était
une erreur. Après cette conférence, M. Bakiyev a rencontré des représentants de
la Commission et de l’OSCE et leur a fait part de son intérêt d’obtenir un avis
de la Commission sur le projet final d’amendements.
Lors de la session de décembre toutefois, Mme Baekova
a informé la Commission que les autorités kirghizes avaient récemment déclaré
que la réforme constitutionnelle serait remise en 2009, ce qui suscite des
inquiétudes des membres de la Commission vu l’urgent besoin de réformes dans
certains domaines tel que les pouvoirs accordés au président, l’indépendance
judiciaire et la protection des droits de la personne.
En décembre 2004, la
présidente de la Commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les
hommes de l’assemblée parlementaire avait demandé à la Commission de formuler
un avis sur une réforme de la Constitution mexicaine liée à la répartition des
compétences entre l’Etat fédéral et les états fédérés. Lors de la session
plénière de mars, la Commission a adopté un avis sur ces réformes constitutionnelles
(CDL-AD(2005)006).
Cet avis a été élaboré
sur la base des commentaires de Mme Flanagan et M. Vogel. L’avis repose sur les
faits contenus à la note introductive de la rapporteuse de l’Assemblée. Ainsi,
depuis 1993, des centaines de jeunes femmes ont été enlevées et assassinées
dans l’Etat du Chihuahua, au nord du Mexique, conséquence apparente de la
situation sociale fort fragmentée, d’une inégalité traditionnelle entre les
sexes et du mépris envers les femmes et leurs droits dans cette région.
L’instruction de ces
crimes relève de la compétence de l’Etat du Chihuahua mais les enquêtes pénales
dans ces affaires sont tout à fait inefficaces. Un projet de décret
présidentiel modifiant la constitution mexicaine et un projet d’amendement
modifiant le Code fédéral de procédure pénale et le Code judiciaire de la
fédération prévoient un transfert de pouvoir des états fédérés au pouvoir
fédéral mexicain, afin que ce dernier puisse engager des procédures en cas
d’infractions ordinaires relatives à des violations des droits de l’homme
lorsque ces procédures vont au-delà des compétences des états fédérés. La
Commission devait examiner si la proposition visant à transférer l’autorité
d’instruction et d’accusation entraînerait une application rétroactive illicite
de la loi.
En tant que partie à la
Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard
des femmes, le Mexique a l’obligation de prendre des mesures concernant ces
crimes. La Commission est d’avis qu’en droit international, rien interdit le
transfert rétroactif du pouvoir d’instruire ces infractions à la Fédération.
Sur la base des informations disponibles, les modifications proposées à la
législation mexicaine ne compromettent ni ne retirent de droits, ne créent ni
n’aggravent de crime, n’alourdissent pas la sanction et finalement ne changent
par les règles de la preuve aux fins de condamnation, ce qui permet de conclure
que le changement d’autorité de poursuite semble être un changement de
procédure proportionné et donc admissible.
En juin 2005, les
autorités roumaines ont demandé à la Commission de formuler un avis d’experts
sur le projet de loi sur le statut des minorités nationales vivant en Roumanie.
Les rapporteurs MM. Bartole et van Dijk ont rédigé l’avis sur ce projet qui a
été adopté par la Commission à sa session d’octobre (CDL-AD(2005)026).
Cet avis a été élaboré
suite à une réunion de travail tenue à Bucarest en septembre 2005, à laquelle
ont participé M. Bartole et divers représentants des autorités roumaines. La
Commission est d’avis que ce projet de loi mérite une appréciation globalement
positive et constitue en principe un cadre satisfaisant pour la protection des
minorités en Roumanie. Toutefois, certains amendements devraient être apportés
afin de rendre le projet plus facilement opérationnel et d’en améliorer la
qualité. Le texte comporte de nombreuses références générales à d’autres textes
législatifs et la Commission croit qu’il serait opportun de préciser ces
références et de mieux refléter le principe selon lequel la norme particulière
l’emporte sur la norme générale. La Commission recommande par ailleurs de
chercher à supprimer le risque de chevauchement entre les institutions et la
duplication de leurs tâches qui découle d’un manque de coordination dans le
système d’autonomie culturelle envisagé. Les conditions d’enregistrement des
organisations des citoyens appartenant à des minorités nationales devraient
être assouplies afin d’améliorer la conformité du projet au principe de la
liberté d’association. La Commission suggère finalement aux autorités de
reconsidérer l’opportunité de conserver le critère général de la citoyenneté
dans la définition de minorité nationale, de même que de revoir le caractère
exhaustif de la liste des minorités qui accompagne cette définition.
Suite à la présentation
de cet avis à la session d’octobre, M. Marko, représentant roumain, a tenu à
souligner que l’inclusion de la condition de citoyenneté dans la définition des
minorités nationales est très courante en Europe et que les non citoyens
bénéficient d’une protection adéquate en vertu d’autres textes législatifs. M.
Marko a également tenu à assurer la Commission que cet avis sera diffusé et
pris en compte par le législateur roumain.
Finalement, la
conseillère juridique du Haut-Commissaire de l’OSCE pour les minorités
nationales a informé la Commission qu’une évaluation de ce projet de loi avait
également été effectuée par le Haut-Commissaire et que celle-ci correspondait
en substance à l’avis de la Commission.
En
juillet 2005, les autorités roumaines ont demandé l’avis de la Commission sur
le projet de loi relatif à la liberté de religion et au régime général des
religions en République de Roumanie. Lors de sa session d’octobre, la
Commission a adopté son avis sur ce projet de loi (CDL-AD(2005)037), rédigé sur
la base des commentaires de MM. Malinverni et Vogel. Monsieur Vogel avait par
ailleurs assisté à une conférence internationale sur la liberté de religion
dans les contextes roumain et européen, tenue à Bucarest en septembre 2005, où
le projet de loi en question avait été examiné.
Ce
projet a fait l’objet d’un processus de consultation louable selon la
Commission, puisqu’il a été établi en concertation avec des représentants de
dix-huit cultes et d’autres experts internationaux. De façon générale, la
Commission est d’avis qu’il constitue un cadre satisfaisant pour l’exercice de
la liberté de religion en Roumanie mais qui peut s’avérer quelque peu rigide
puisqu’il classe les communautés religieuses selon trois catégories juridiques.
La disposition qui prévoit un seuil numérique à partir duquel une association
peut être qualifiée de religieuse risque également d’être trop rigide. La
Commission estime en outre qu’il serait important de prévoir des amendements
afin de renforcer les dispositions relatives à la protection judiciaire en vue
de mieux garantir le droit d’accès au juge.
Lors
de cette même session, M. Lemeni, représentant roumain, a tenu à préciser que
les dix-huit cultes déjà reconnus regroupent apparemment 99% de la population
roumaine. En ce qui concerne les conflits portant sur les biens des cultes, il
a informé la Commission qu’un nouveau texte de loi autorise dorénavant
expressément un accès plus large aux tribunaux pour le règlement de ces
conflits.
En avril
2005, la Commission de suivi de l’Assemblée parlementaire avait demandé à la
Commission d’établir un avis pour juger de la conformité des fonctions et des
structures actuelles de la Prokuratura (parquet) de la Fédération de Russie
avec les normes du Conseil de l’Europe. A sa session de juin, la Commission a
adopté son avis sur la Loi fédérale sur la Prokuratura (parquet) de la
Fédération de Russie, sur la base des observations de M. Hamilton et de Mme
Suchocka (CDL-AD(2005)014).
S’il est
possible d’affirmer que des améliorations ont été apportées aux relations entre
le procureur et les tribunaux, la loi a toujours une conception du rôle du
procureur qui correspond largement à la prokuratura soviétique et non pas au
modèle européen. Quoiqu’il n’existe pas de norme globale ou de standards
européens précis régissant les pouvoirs et l’organisation du ministère public,
la Recommandation (2000) 19 du Comité des Ministres (du 6 octobre 2000) donne
des indications quant au rôle du ministère public dans le système de justice
pénale. Dans sa forme actuelle, la Prokuratura est une institution encore trop
importante, trop puissante et trop peu transparente. Ses nombreuses fonctions
risquent d’empiéter sur les compétences d’autres instances comme le pouvoir
exécutif et législatif. De fait, elle ne semble toujours pas conforme à la
recommandation du Comité des Ministres précitée et soulève de graves questions
quant à sa conformité aux principes démocratiques et à la prééminence du droit.
Ainsi, il est indispensable de poursuivre les réformes de cette institution en
mettant l’accent sur les poursuites pénales et à un rôle général de défense de
l’intérêt public à travers le système de justice pénale, telle que la
Recommandation 1604 (2003) de l’Assemblée parlementaire le souligne.
Dans sa
Résolution 1455(2005) l’Assemblée encourage fortement les autorités russes de
poursuivre la réforme de la Prokuratura conformément aux normes européennes
pertinentes et à l’avis de la Commission de Venise, notamment sur les pouvoirs
très étendus en matière de contrôle général de la légalité, et retirer la
réserve formulée au sujet de l’article 5 de la Convention européenne des Droits
de l’homme;
Dans le cadre
d’un projet d’expertise portant sur la législation de la République Tchétchène,
il a été demandé à la Commission de Venise d’examiner le projet de loi sur le
Parlement tchétchène. A sa session d’octobre, la Commission a entériné les
observations de M. Malinverni sur ce projet de loi (CDL-AD(2005)030).
Plusieurs
aspects du projet de loi ont donné lieu à de grandes réserves. Sur le plan de
la forme, le texte renvoie trop fréquemment à d’autres textes de loi au lieu de
réglementer lui-même certains points. D’ailleurs, le texte est silencieux sur
des questions importantes comme celle de l’immunité parlementaire ou du mode
d’élection des deux chambres. Au niveau du fond, certaines dispositions
soulèvent des problèmes quant au respect du principe de la séparation des
pouvoirs et d’autres principes démocratiques européens, notamment relativement
aux pouvoirs du parlement, de la Cour suprême, de la procédure de nomination
des membres de la Cour Constitutionnelle et des juges de paix. De plus, la
possibilité offerte aux autorités fédérales de dissoudre le Parlement
Tchétchène devrait être définie de manière limitative et exhaustive afin de
respecter les principes qui régissent la répartition des compétences fédérales
et fédérées. Finalement, dans la mesure où ce projet de loi a été rédigé sur la
base de la Constitution de la République de Tchétchénie, les réserves données
par la Commission dans son avis sur cette constitution (CDL-AD-2003-2) se doivent d’être réitérées. Le représentant de la Fédération de Russie, M. Baglay, a souligné lors de cette même session que ce projet instaure le premier Parlement de la République de Tchétchénie qui entreprendra un vrai travail législatif. Il a également souligné le fait que le projet doit respecter les répartitions fixées par la loi fédérale au niveau de la répartition des compétences et que sur le plan de la séparation des pouvoirs, il faudra observer comment les relations entre le Parlement, le Président et l’exécutif s’établiront. – Serbie-Monténégro[6] a) Avis sur les dispositions relatives au pouvoir judiciaire du projet de constitution de la République de Serbie En juin 2005, le ministre de la justice de la République de Serbie avait demandé à la Commission d’élaborer un avis sur un chapitre du projet de Constitution de la Serbie, lequel a été approuvé par le gouvernement de Serbie en juin 2004. A sa session d’octobre, la Commission a adopté l’avis sur les dispositions relatives au pouvoir judiciaire du projet de Constitution de la République de Serbie (CDL-AD(2005)023), rédigé sur la base
des observations de Mme Suchocka et de MM. Hamilton, Jowell et Nolte.
Les dispositions analysées visent à instaurer
l’indépendance du pouvoir judiciaire et à créer un ministère public indépendant
de sorte que de façon générale, l’évaluation du projet est positive. Toutefois,
l’implication systématique de l’Assemblée du Peuple dans la nomination et la
révocation des juges pose problème. La Commission est d’avis que l’intervention
du Parlement dans les décisions relatives à la révocation des juges ou leur
nomination à titre permanent après une période d’essai n’est pas conforme aux
normes européennes qui garantissent l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le
ministre de la justice de Serbie, M. Stojkovic, a informé la Commission qu’il
était d’accord dans une large mesure avec les conclusions de l’avis.
En décembre 2004, la Commission avait adopté
un avis, élaboré conjointement avec le Commissaire aux Droits de l’homme et la
Direction générale des Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, sur le projet
de loi relatif au médiateur de Serbie (CDL-AD(2004)041). A la session d’octobre
2005, M. Dürr, du Secrétariat, a informé la Commission qu’il a reçu la version
anglaise de la loi sur le médiateur dans laquelle ont été suivies plusieurs des
recommandations de l’avis. Toutefois, le fait que le médiateur ne puisse
intervenir qu’après l’épuisement de tous les recours demeure un problème majeur
de cette loi. Le ministre de la justice de la Serbie, présent lors de cette
session, a d’abord assuré à la Commission que l’institution du médiateur sera
intégrée dans la nouvelle Constitution et a ensuite souligné que le projet de
loi autorise le médiateur à intervenir avant l’épuisement de tous les recours
lorsqu’il appert qu’un tort irréparable pourrait être causé en l’absence d’une
telle intervention.
En janvier 2005, le ministre serbe des
religions avait demandé au Conseil de l’Europe d’évaluer le projet de loi sur
les organisations religieuses en Serbie. La Commission a accepté d’élaborer un
avis sur ce projet et a entériné les observations de MM. Jambrek et Christians
à cet égard lors de sa session de mars (CDL-AD(2005)010).
L’analyse de ce projet se base sur les
articles pertinents de la CEDH et d’autres documents issus de l’OSCE, ainsi que
sur la jurisprudence de la Cour Européenne des droits de l’homme. Le projet de
loi soulève des inquiétudes en ce qu’il oblige les groupes religieux à être
enregistrés afin de bénéficier de la pleine liberté de religion, ce qui est
contraire aux normes européennes et qui pourrait compromettre la liberté de
religion de quelques organisations religieuses ou même de certains
individus. De plus, conformément à la
Charte des droits de l’homme et des droits et des libertés publiques de la
Serbie-Monténégro, le projet de loi devrait prévoir la possibilité d’intenter
un recours devant la Cour d’Etat contre les décisions administratives qui
portent atteinte aux droits fondamentaux. Ces observations ne constituent
toutefois qu’une première analyse qui sera complétée ultérieurement sur la base
d’un nouveau projet de loi.
En octobre 2004, la Commission avait adopté
un son avis sur les droits de l’homme au Kosovo (CDL-AD(2004)033). La
Commission avait alors proposé deux solutions, l’une à court terme et l’autre à
moyen terme, afin de contrôler les activités des organisations internationales
administrant temporairement le Kosovo,
la MINUK et de la KFOR. En mai 2005, la MINUK a présenté à la Commission
pour commentaires les grandes lignes d’un projet visant à établir à même la
MINUK une commission d’experts indépendants ayant pour tâche de vérifier que
les actes des organes opérant au Kosovo sous mandat des Nations Unies soient
conformes aux droits de l’homme. A sa
session d’octobre, la Commission soulignait que la question de la désignation
des membres du panel et la manière d’y impliquer le président de la Cour
Européenne des Droits de l’homme étaient toujours sous étude mais le panel
devait être constitué prochainement.
En juillet 2005, la ministre de la justice de
« l’ex-république yougoslave de Macédoine » demandait à la Commission
d’élaborer un avis sur une série d’amendements à la Constitution destinés à
permettre une réforme du système judiciaire. En septembre 2005, le ministère de
la Justice a organisé une réunion d’experts sur les projets d’amendement, au
cours de laquelle M. Dürr, du secrétariat de la Commission, a présenté une version
préliminaire de l’avis. Finalement à sa session d’octobre, la Commission a
adopté l’avis sur les projets d’amendements constitutionnels relatifs à la
réforme du système judiciaire dans « l’ex-république yougoslave de Macédoine »
(CDL-AD(2005)038), élaboré sur la base des observations de MM. Hamilton et
Mazak, et de Mme Suchocka.
La Commission est d’avis que ces projets
d’amendements sont très positifs et susceptibles de renforcer l’indépendance du
système judiciaire puisqu’ils prévoient un transfert des pouvoirs de
réglementation au Conseil de la magistrature de l’Etat et au Conseil des
procureurs. Les amendements qui prévoient la levée de l’immunité pour le
président et les ministres, de même que la nomination des juges par le Conseil
de la magistrature de l’Etat, sont des éléments positifs du projet. Toutefois,
la Commission est d’avis que le texte pourrait être amélioré de plusieurs
façons. Notamment, la disposition relative au procès équitable doit suivre plus
étroitement le texte de l’article 6 CEDH. De même, il ne semble pas utile
d’établir un Conseil des procureurs calqué sur le modèle d’un conseil de la
magistrature. Dans les affaires disciplinaires des juges, le Conseil de la
magistrature ne doit pas être l’organe qui adopte les décisions finales et les
juges devraient pouvoir faire appel d’une décision de ce conseil auprès d’un
tribunal.
La ministre de la justice, présente lors de
la session d’octobre, a informé la Commission que le ministère avait repris la
plupart des recommandations figurant à la version préliminaire de cet avis
présenté par M. Dürr lors de la réunion d’experts. A titre d’exemple, la disposition prévoyant une période d’essai
pour les juges, faisant l’objet de critiques dans l’avis de la Commission, aurait déjà été supprimée.
En avril 2005, le ministre de la Justice de
l’Ukraine avait demandé à la Commission d’expertiser la Loi relative aux
amendements à la Constitution ukrainienne, adoptée le 8 décembre 2004. A sa
session de juin, la Commission a adopté son avis sur cette loi
(CDL-AD(2005)015), élaboré sur la base des observations de Mme Flanagan, MM.
Tuori et Bartole.
En 2003, la Commission avait déjà été associée au
processus de réforme constitutionnelle en Ukraine et avait alors adopté un avis
sur trois projets de lois relatifs aux amendements à la Constitution d’Ukraine
(CDL-AD(2003)019). La Commission y avait
critiqué de nombreux éléments et en octobre 2004, elle avait adopté un avis sur
la procédure de modification de la Constitution d’Ukraine (CDL-AD(2004)030) qui
déplorait le fait que plusieurs amendements avaient été soumis au vote de
manière précipitée et selon une procédure complexe. Le 8 décembre 2004, la Loi
relative aux amendements à la Constitution a été adoptée mais, bien que cette
loi tienne compte de nombreuses recommandations formulées par la Commission
dans l’avis de 2003, certaines critiques sont toujours pertinentes. De façon
générale, les changements apportés ne permettent toujours pas d’établir un
régime gouvernemental équilibré et opérationnel. En particulier, des lacunes
ont été identifiées notamment au niveau de l’indépendance des députés
nationaux, de la cohésion du Cabinet et du processus de nomination du personnel
et des juges à la Cour Constitutionnelle. L’amendement constitutionnel relatif
à la Prokuratura (parquet) constitue un pas en arrière vers le modèle
soviétique de la Prokuratura et est, de l’avis de la Commission,
incompatible avec les engagements de l’Ukraine vis-à-vis du Conseil de
l’Europe. De l’avis de la Commission, certaines modifications sont encore
nécessaires afin de renforcer la démocratie et la primauté du droit en Ukraine.
A l’automne 2004, le Congrès des pouvoirs locaux
et régionaux du Conseil de l’Europe avait demandé à la Commission d’élaborer un
avis sur le projet de stratégie nationale sur la réforme
du système de l’organisation territoriale en
Ukraine. A sa session de mars 2005, la Commission a entériné les observations
de MM. Lapinskas (CDL(2005)030 ), Bartole (CDL(2005)031 ) et Luchaire (CDL
(2005)032 ) sur cette réforme.
Ces observations étaient critiques à l’égard de la
stratégie envisagée par l’Ukraine. Le projet de réforme semble vague et
imprécis à certains niveaux et il est difficile d’identifier précisément les
buts et objectifs concrets de cette réforme. La portée de la stratégie est très
large et porte sur deux types de législation, soit la réforme de l’autonomie
locale et la réforme des politiques régionales. La stratégie nationale devrait
toutefois identifier clairement ces deux types de législation et prévoir des éléments de solutions propre à
chacun d’eux. Le projet devrait également fournir des précisions sur les
différentes étapes de la réforme et sur leur mise en oeuvre. Les observateurs
craignent que la décentralisation envisagée ne soit en fait largement contrôlée
par l’Etat. Toutefois, la stratégie apparaît comme un point de départ important
pour la réforme du système d’organisation territoriale des autorités en
Ukraine.
M. Lapinskas a présenté, le 5 décembre 2005 à
Kiev, l’avis de la Commission lors d’un séminaire « Décentralisation en
Ukraine, priorités pour 2006 » organisé par le Congrès des pouvoirs locaux
du Conseil de l’Europe dans le cadre de la Task force pour la régionalisation.
Un plan d’action pour 2006 visant à la décentralisation des pouvoirs publics et
au développement de la démocratie locale y a été élaboré.
M. Lapinskas a commenté les dispositions
constitutionnelles sur la structure territoriale de l’Ukraine et a recommandé
1. de revoir le critère territorial afin de trouver une formule optimale pour
les unités territoriales, 2. de définir le champ et les limites du contrôle de
l’autorité locale en prenant en considération les standards et pratiques
internationales, 3. de donner priorité aux institutions représentatives plutôt
que celles exécutives.
Des membres de la
Commission , des observateurs ou des invités ont informé la Commission à ses
sessions plénières des développements constitutionnels présentant un intérêt
particulier. En 2005, ont été concernés :
- L’Albanie : la
question de la constitutionnalité du projet de résolution visant à lever
l’immunité parlementaire de tout membre du Parlement en cas de corruption et
d’abus de pouvoir ;
- Le Bahreïn : la
création d’une cour constitutionnelle en 2002, opérant un contrôle de
constitutionnalité des lois a priori et a posteriori ;
- La Bulgarie :
l’inclusion dans la Constitution bulgare du principe de la primauté du droit
communautaire sur le droit national et la possibilité de déférer des citoyens
bulgares à des tribunaux pénaux internationaux, en vue de l’adhésion prochaine
de ce pays à l’Union Européenne ;
- Le Canada : les
activités du nouveau Conseil de la fédération, instrument politique
interprovinces de coopération et d’échanges permanents ;
- La Croatie :
l’éventualité de nombreuses modifications constitutionnelles et législatives en
vue de rendre le droit croate en conformité avec le droit communautaire de
l’Union Européenne ;
- L’Islande : le
projet de révision constitutionnelle, à être proposé à l’automne 2006, sur le
rapports entre le président et le parlement, le système judiciaire et les
pouvoirs locaux et régionaux ;
- L’Israël : le
pouvoirs de la Cour Suprême d’Israël et son rôle dans la protection des doits
de l’homme en Israël et dans les Territoires Occupés ;
- L’Italie : la
réforme constitutionnelle adoptée par le Parlement italien sur les relations
entre l’Etat et les régions, le rôle du Premier Ministre et la composition de
la Cour constitutionnelle ;
- La République de
Corée : la constitutionnalité de la loi posant le principe d’une nouvelle
capitale administrative et l’adhésion éventuelle de la Corée à la Commission de
Venise;
- La Principauté de
Monaco : la ratification de la Convention européenne des droits de l’homme
;
- Le Portugal :
la modification constitutionnelle afin de soumettre le Traité sur l’Union
Européenne à un référendum sur le traité constitutionnel lui-même ;
- La Slovénie :
le projet d’une nouvelle Constitution élaboré par un groupe d’experts
indépendants, à rendre public en mars ou avril 2006 ;
- Le Royaume-Uni
: les amendements à la l’institution du Lord Chancellor (Ministre de la
Justice) afin d’assurer l’indépendance judiciaire et la mise en place d’une
nouvelle législation anti-terroriste.
- L’Union Européenne
: l’avenir compromis d’une Constitution européenne suite aux référendums
négatifs français et hollandais à la ratification de ce traité ;
En juillet 2005, le
Comité des Ministres a invité la Commission à formuler des observations au
sujet de la Recommandation 1713 (2005) de l’Assemblée parlementaire sur le
contrôle démocratique du secteur de la sécurité dans les Etats membres. A sa
session d’octobre, la Commission a adopté un avis (CDL-AD(2005) 033), élaboré
sur la base des commentaires de M. Constas, qui analyse les principes relatifs
aux services de renseignements et à la défense. En ce qui a trait aux services
de renseignements, la Commission propose d’effectuer une nouvelle étude sur les
législations nationales en matière de sécurité, en mettant l’accent sur le rôle
des parlements, des systèmes judiciaires et des organes transnationaux. Dans le
secteur de la défense, la Commission souligne que la distinction traditionnelle
entre les forces de police et l’armée s’est estompée et que le contrôle
démocratique des forces nationales et
internationales est difficile et que la réflexion devrait se poursuivre à
ce sujet.
En janvier 2005,
l’OSCE/BIDDH avait demandé à la Commission d’élaborer un avis sur le projet de
lignes directrices pour la rédaction de lois relatives à la liberté de réunion,
préparé par l’Unité de support législatif de l’OSCE/BIDDH. A sa session
d’octobre, la Commission a adopté cet avis (CDL-AD(2005)040), élaboré sur la
base des observations de Mme Flanagan et de MM. Malinverni et Bradley. La
Commission conclut que les lignes directrices sont particulièrement utiles mais
qu’ elles ne devraient pas être interprétées comme un encouragement à une
réglementation trop poussée de la liberté d’association. Les pouvoirs publics
ne devraient pas intervenir plus que cela est justifié dans ce domaine. Bien
que ces lignes directrices soient très complètes, certains points, tels ceux
concernant les organismes chargés de faire respecter la loi, mériteraient
d’être approfondis.
A la demande du Congrès
des Pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, la Commission a décidé
de participer à une étude et une conférence communes sur le rôle des deuxièmes
Chambres dans les Etats membres du Conseil de l'Europe, notamment au sujet de
la représentation des intérêts territoriaux par le biais de tels organes. Des
contributions sur la situation dans quinze Etats membres qui ont une deuxième
Chambre d'une certaine importance ont été réunies en 2005. Une attention
particulière y était apportée à l'évaluation critique de la fonction des
deuxièmes Chambres quant à la protection des intérêts des régions ou entités
fédérées et au débat sur des réformes dans les pays concernés.
A partir de ces
contributions, il sera procédé à une étude comparative en 2006 et le Congrès
organisera une conférence à Vienne, en coopération avec les autorités
autrichiennes et la Commission de Venise, dans le cadre de la présidence
autrichienne de l'UE.
Au titre de son
programme UniDem, la Commission, en coopération avec l'université de Coimbra,
notamment sa faculté de droit, le centre Ius Gentieum Coimbrigae et
l'Association internationale de droit constitutionnel (AIDC) a organisé à
Coimbra, les 7 et 8 octobre 2005, un séminaire sur
« le statut des traités internationaux en matière de droits de
l'homme ». Cette activité a eu lieu dans le cadre de la présidence
portugaise du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe.
L'idée d'un séminaire
UniDem sur ce thème a eu pour origine l'examen, au cours de la 60e session
plénière de la Commission (Venise, 8‑9 octobre 2004), du
rapport sur la jurisprudence des pays qui ont reconnu la primauté des traités
relatifs aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales.
Le séminaire avait pour
objectif d'étudier la place des traités susmentionnés en droit international
ainsi que dans les systèmes juridiques internes et de déterminer s'il existe
des droits de l'homme « essentiels », qui imposeraient des
obligations à tous les Etats et devraient l'emporter sur des normes
contradictoires, d'où qu'elles viennent. La présentation de douze rapports, par
des experts de premier plan dans le domaine du droit international concernant
les droits de l'homme et le droit constitutionnel, a été suivie de débats
particulièrement fructueux. Les rapports portaient sur divers aspects du statut
des traités : les traités relatifs aux droits de l'homme et la succession
d'Etats ; la portée territoriale des obligations en matière de droits de
l'homme ; la suprématie constitutionnelle des traités pertinents ;
les droits sociaux en tant que droits « essentiels » en Europe ;
les dispositions ayant trait aux droits de l'homme et leurs effets sur la
justice pénale internationale, etc.
De l'avis des
participants, les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme, compte
tenu de leur fondement éthique et de la dignité de la personne, constituent une
catégorie particulière d'instruments internationaux et il convient, à ce titre,
d'en donner l'interprétation la plus favorable aux individus dans le cadre de
la Convention de Vienne sur le droit des traités. Les participants ont reconnu,
d'autre part, que s'il existe des droits de l'homme « essentiels »,
lesquels sont une condition sine qua non de la jouissance de tous les
autres, leur détermination exacte et leurs conséquences juridiques restent à
préciser.
Le projet de campus
UniDem a été mis en place en 2001 dans le but de renforcer l'efficacité de
l'administration et la bonne gouvernance ainsi que la démocratisation et les
droits de l'homme dans les pays du Pacte de stabilité. Moyennant cinq
séminaires par an, de quatre jours chacun, organisés sur la base d'exposés
présentant le sujet et de discussions d'exemples pratiques proposés par le
conférencier, le programme vise à dispenser une formation juridique aux
fonctionnaires sur des sujets tels que la protection des droits fondamentaux -
y compris les droits des minorités nationales -, les règles de la vie publique
et de la bonne administration, les bons principes d'élaboration du droit ainsi
que les questions soulevées par l'adhésion à l'UE. Les fonctionnaires qui
prennent part aux séminaires doivent partager les connaissances acquises au
campus avec leurs collègues dans leurs pays respectifs.
En 2005, la portée
géographique du projet a été encore étendue avec la participation de quatre
pays supplémentaires, ce qui porte désormais à quinze le nombre de pays pouvant
envoyer des participants aux séminaires, à savoir : l'Albanie, l'Arménie,
l'Azerbaïdjan, le Belarus, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la
Géorgie, la Moldova, la Roumanie, la Fédération de Russie, la Slovénie, la
Serbie‑Monténégro, « l'ex‑République yougoslave de
Macédoine » et l'Ukraine.
En 2005, les séminaires
ont porté sur les thèmes suivants :
·
Le rôle de la liberté et du pluralisme des médias dans le
renforcement de la démocratie (janvier)
·
La justice administrative et la communication interministérielle
au sein de l’administration publique (mars)
·
Gérer la diversité : politiques d’intégration pour
les minorités et les migrants (mai)
·
Le cadre juridique relatif aux indicateurs de performance
de l’administration publique (juin)
·
L’impact de l’élargissement de l’Union européenne sur les
nouveaux Etats membres et les perspectives d’élargissements futurs (octobre)
En 2005, une quarantaine
de conférenciers et quelque 120 fonctionnaires de quinze pays ont
participé aux séminaires UniDem Campus de Trieste.
Depuis sa création, la
Commission de Venise considère sa coopération avec les cours constitutionnelles
et les organes à compétence équivalente (conseils constitutionnels, cours
suprêmes dans les pays n’ayant pas de juridiction constitutionnelle
spécialisée) comme un facteur clé pour que les principes du patrimoine constitutionnel
ne restent pas seulement théoriques mais soient aussi appliqués dans la
réalité. La Commission cherche à renforcer l’indépendance et l’autorité de ces
organes afin de leur permettre de prendre des décisions qui déplaisent parfois
aux autres pouvoirs de l'Etat, à savoir l'exécutif, le législatif, voire le
judiciaire. Il est toutefois essentiel de pouvoir rendre des jugements aussi
difficiles si l'on veut défendre les principes fondamentaux du Conseil de
l'Europe, à savoir la démocratie, la protection des droits de l'homme et l'Etat
de droit, dans les Etats membres de l'Organisation.
La Commission a recours
à deux éléments principaux dans la poursuite de cet objectif : dans le cadre de
son Centre de justice constitutionnelle, elle favorise les échanges entre les
juridictions au travers de séminaires et conférences, en publiant la
jurisprudence importante des juridictions par l'intermédiaire de son Bulletin
de jurisprudence constitutionnelle et de la base de données CODICES ou en
permettant un échange électronique rapide grâce à son Forum de Venise
confidentiel. L’autre domaine de coopération important avec les juridictions
concerne les avis sur les amendements constitutionnels et la législation sur
les tribunaux, les amicus curiae pour les tribunaux et – le cas échéant – le
soutien direct aux juridictions qui sont sous pression injustifiée.
La Commission a continué d'avoir deux grands objectifs en
ce qui concerne l'organisation de séminaires en coopération avec les cours
constitutionnelles (CoCoSems) : faciliter
les débats sur des questions de fond, en rapport essentiellement avec les
droits de l'homme, et renforcer la capacité opérationnelle des cours en
permettant la mise en commun des expériences d'autres cours en matière
d'organisation judiciaire.
La Table ronde sur les relations entre la Cour de justice des Communautés
européennes et les Cours constitutionnelles, organisée en coopération avec
la Cour constitutionnelle de Hongrie (Budapest, 14-15 février 2005), portait
sur cette relation parfois délicate nécessitant de trouver un équilibre entre
l’harmonisation nécessaire et le respect des systèmes juridiques nationaux, sur
la base de discussions centrées sur la protection des données personnelles et
la liberté des services. La volonté d’instaurer un dialogue permanent et ouvert
a été identifiée comme étant une condition nécessaire pour maintenir cet
équilibre.
La Conférence internationale sur « la justice constitutionnelle : actualité et perspectives » (Chisinau,
23-24 février 2005), organisée en coopération avec la Cour constitutionnelle de
Moldova à l’occasion du 10e anniversaire de sa création, a permis de
discuter du rôle spécial des cours constitutionnelles dans les pays en
transition en faveur de la protection des droits de l’homme. L’accent a été mis
sur l’importance de la possibilité de recours individuel auprès de la Cour
constitutionnelle, en particulier à la lumière d’une proposition en vue de
l’introduire aussi en Moldova.
Une mini-conférence organisée en même temps que la
4e réunion du Conseil mixte sur la justice
constitutionnelle, qui s’est tenue à Bakou sur invitation de la Cour
constitutionnelle d’Azerbaïdjan (15-16 juin 2005), traitait du « Rôle de la recherche comparative dans la
justice constitutionnelle ». Les participants, les agents de liaison
et les membres de la Sous-commission sur la justice constitutionnelle ont
souligné que la recherche comparative était une condition préalable pour le
renforcement du patrimoine constitutionnel commun. Les outils proposés par la
Commission de Venise (Bulletin de jurisprudence constitutionnelle, base de
données CODICES, séminaires) permettent de se consacrer à une telle recherche,
qui fait de plus en plus partie des normes pour la préparation des jugements
des cours constitutionnelles. Même si les décisions rendues ne se réfèrent pas
explicitement à la jurisprudence d’autres cours constitutionnelles, les idées
reçues grâce aux méthodes comparatives servent souvent d’inspiration et
d’enrichissement mutuel entre les cours.
En coopération avec la Cour constitutionnelle de
Lituanie, la Commission de Venise a organisé une conférence intitulée « le droit et la pratique dans la
jurisprudence constitutionnelle » (Vilnius, 30 juin –1er
juillet 2005). Les participants ont fait dépendre la nécessité d’examiner les
faits du type de contrôle que mène la cour constitutionnelle ou un organe
équivalent. Les demandes de contrôle abstrait de normes par les autorités de
l’Etat, comme le Parlement ou le gouvernement, ont peu à voir avec les faits ou
de manière très limitée, tandis que les cas concernant l’impeachment,
l'interdiction des partis politiques ou les litiges électoraux concernent des
faits dans une plus large mesure. Selon le type de contrôle et les lois
nationales applicables, chaque cour suit sa propre procédure pour rassembler
les éléments de preuve. Plus encore que dans d’autres domaines d’activité,
certaines cours ont une influence directe sur ces questions grâce à l’adoption
de leurs propres règles de contrôle judiciaire.
En coopération avec la Cour constitutionnelle de Slovénie, la
Commission de Venise a organisé la troisième
Conférence des secrétaires généraux des Cours constitutionnelles et
juridictions de compétence équivalente (Bled, 29-30 septembre 2005),
qui a rassemblé 33 secrétaires généraux. Les rapports et discussions se sont
articulés autour de trois thèmes :
1. L’organisation du travail
des assistants juridiques au sein d’une cour et leur rôle. Tous les participants
sont convenus que les assistants juridiques apportent une aide précieuse et
indispensable dans la rédaction et prise d’une décision d’une cour. D’une cour
à l’autre, les tâches de ce personnel diffèrent peu sur le fond. Il existe
cependant des différences significatives dans l’organisation de leur travail
d’une cour à l’autre (par exemple, emploi permanent ou temporaire). Les
discussions ont porté sur les conditions
de recrutement des assistants juridiques, la gestion de leur carrière, le
recours à des experts, l’influence réelle ou supposée de ces intervenants dans
la prise de décision finale et les moyens mis en place pour assurer une
transparence maximale dans le rendu d’une décision ;
2. La
place de l’informatique dans le processus du rendu d’une décision a fait l’objet
de la seconde session de travail. Le besoin toujours croissant d’assistance
pour les technologies de l’information concernait les bases de données comme
CODICES mais aussi la gestion des affaires au sein des cours, un grand nombre
de cours disposant en effet de logiciels spécifiquement dédiés à la gestion des
affaires dès l’introduction du recours jusqu’au rendu de la décision. La possibilité d’introduire des recours en
ligne est même prévue ou en projet dans plusieurs cours. Certaines cours
envisagent également une gestion des recours entièrement informatisée avec
disparition du support papier pour tous les dossiers. Cette part grandissante
et incontournable de l’informatique dans la gestion d’une cour et de ses
affaires a des répercussions importantes sur le budget, une part toujours plus
grande devant être consacrée à ce poste de dépenses ;
3. Les
relations avec les médias demeurent un point central des préoccupations des
secrétaires généraux, qui doivent répondre à une pression toujours plus grande
des médias.
Faisant suite à une demande des secrétaires
généraux d’être plus étroitement associés aux travaux de la Commission de
Venise, celle-ci a mis en place sur son site un espace qui leur est
spécifiquement dédié ; ils pourront ainsi accéder, entre autres, au site
restreint de la Justice constitutionnelle, à un forum de discussion
confidentiel et être informés régulièrement des activités de la Commission dans
le domaine de la justice constitutionnelle.
La Conférence internationale sur l’influence de la
jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme sur la jurisprudence
constitutionnelle nationale (Kyiv, 14-15 octobre 2005) a permis de faire le
point sur la forte influence de la Cour de Strasbourg sur la jurisprudence des
cours constitutionnelles dans les anciens et nouveaux Etats membres du Conseil
de l'Europe. La question de savoir si les cours constitutionnelles étaient
tenues de suivre la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme
était naturellement au cœur des discussions. Certaines cours acceptent
clairement d’être directement liées, tandis que d’autres soulignent que le
critère central de leur activité reste la Constitution nationale. Toutefois,
les discussions ont montré que dans la pratique, ces approches différentes
mènent aux mêmes résultats, à savoir l’application des droits de l’homme par
les cours constitutionnelles en tenant compte de l’interprétation donnée par la
Cour de Strasbourg à certains droits spécifiques. Un dialogue ouvert entre les
cours constitue la clé pour surmonter les problèmes qui peuvent se poser en
raison des approches différentes.
A l’occasion du 10e anniversaire de la
Constitution de l’Azerbaïdjan, la Commission de Venise a organisé conjointement
avec la Cour constitutionnelle, l’OSCE et le GTZ une
conférence sur le « Rôle de la
Constitution dans la construction d’un Etat de droit » (Bakou, 11-12
novembre 2005). Les rapports et discussions se sont concentrés sur le rôle de
la Constitution dans un Etat démocratique, les principes
de base d’une Constitution démocratique et l’importance des mécanismes intégrés
pour la mise en œuvre de ces principes. Des discussions animées ont eu lieu sur
l’importance qu’il y a à combler l’écart existant entre le droit écrit et le
droit dans la pratique, ce pour quoi les cours constitutionnelles ont un rôle
central à jouer. Une juridiction constitutionnelle peut mettre en valeur les
lacunes qui existent dans l’application des lois et améliorer ainsi leur
efficacité. Par conséquent, et plus particulièrement dans les jeunes
démocraties, il est crucial d’avoir des cours constitutionnelles fortes pour
défendre l'Etat de droit.
En coopération avec la Cour constitutionnelle de
la République tchèque, la Commission de Venise a organisé un séminaire sur le
thème « Les limites du contrôle
constitutionnel des décisions des juridictions ordinaires dans les procédures
de recours constitutionnel » (Brno, 14-15 novembre 2005). Le réexamen
des jugements en dernier ressort des juridictions ordinaires dans les
procédures de recours constitutionnel crée parfois des problèmes entre les
cours constitutionnelles et les cours suprêmes. Il convient de délimiter
précisément les frontières du contrôle constitutionnel afin d’éviter que la
Cour ne devienne une autre instance de révision de décisions déjà rendues.
L’examen des éléments de preuve et
l’interprétation du droit ont été considérés comme des éléments devant
continuer de relever de la compétence des tribunaux ordinaires. Il est en effet
dangereux d’interpréter le droit constitutionnel à un procès équitable de façon
à ce qu’il conduise en réalité à un réexamen des preuves par la Cour
constitutionnelle. Des attentes trop élevées du public ont également contribué
à créer des problèmes liés à la charge de travail élevée due aux recours
individuels.
La Commission de Venise voit dans la qualité de la
législation relative aux cours constitutionnelles ou aux juridictions à
compétence équivalente une condition préalable indispensable à l'indépendance
et au fonctionnement efficace de ces organes et, par voie de conséquence, à
leur capacité de faire respecter les garanties et les principes
constitutionnels. Les règles qui entravent le bon fonctionnement de la justice
en cas d'appel peuvent, dans les cas extrêmes, entraîner un déni de justice et
pour reprendre un vieil adage : qui dit lenteur de justice dit déni de justice.
Si les recours d'organes de l'Etat posent très certainement un problème, une
violation grave des droits de l'homme peut être observée en cas de recours
individuel ou de contrôle concret d'une norme (demandes préliminaires émanant
de juridictions ordinaires).
Dans son Avis sur une
proposition de règle de vote pour la Cour constitutionnelle de Bosnie‑Herzégovine
(CDL-AD(2005)039), demandé par le Bureau du Haut Représentant, la Commission de
Venise a répondu à la question de savoir si des règles de vote spéciales -
proposées par l’une des communautés – exigeant que les décisions de la Cour
constitutionnelle de Bosnie‑Herzégovine ne soient valides qu'à condition
d'être soutenues par au moins un juge de chacun des peuples constitutifs de
l'Etat, pouvaient être compatibles avec les normes européennes. La Commission
de Venise a donné une réponse négative, insistant sur le fait que même la
situation spécifique de la Bosnie-Herzégovine ne saurait justifier une telle
solution, qui serait en contradiction avec plusieurs principes constitutionnels
et risquerait de causer de graves problèmes pratiques. En conséquence, la proposition d’introduire
une telle règle n’a pas été maintenue.
L’avis sur le projet
d’amendements constitutionnels relatifs à la réforme du système judiciaire en
Géorgie (CDL-AD(2005)005)
traitait entre autres d’une proposition de modification de la procédure de
nomination des juges à la Cour constitutionnelle, qui passerait d’un système
tripartite de nomination (1/3 des juges nommés chacun par le Président, le
Parlement et le pouvoir judiciaire) à un système unique de nominations par le
Président, avec approbation du Parlement. La Commission était d’avis que l’ancien
système garantissait un meilleur équilibre des pouvoirs. D’un autre côté, elle a salué la proposition
d’introduire, outre le recours individuel contre les actes normatifs, un
recours individuel contre les jugements en dernier ressort des tribunaux ordinaires. Aucune des deux propositions n’a été adoptée
par la Géorgie. (Voir aussi Partie II)
L’avis sur le projet
d’amendements constitutionnels relatifs à la réforme du système judiciaire dans
l’« ex-République yougoslave de Macédoine » (CDL-AD(2005)038) prévoyait que les
types de décisions de la Cour constitutionnelle, leur effet juridique et leur
exécution soient réglementés par la loi et que l’organisation interne de la Cour soit réglementée par la
Cour elle-même. Dans son avis, la Commission a souligné que le projet
d’amendements ne prenait pas en considération certains éléments importants de
l’activité de la Cour constitutionnelle, comme la procédure devant la Cour. Il
semblerait approprié de disposer d’une réglementation cohérente des activités de
la Cour constitutionnelle tenant compte de tous les aspects de sa compétence et de son
fonctionnement. Le projet d’amendements n’a pas été maintenu par les autorités.
(Voir aussi Partie II)
A
sa 63e session plénière, la Commission a adopté un avis amicus curiae sur la
nature des procédures devant la Chambre des droits de l’homme et devant la Cour
constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine (CDL-AD-(2005)020).
Cet
avis a été élaboré en tant que « tierce intervention » dans les
procédures devant la Cour européenne des droits de l'homme.
La
Cour a demandé à la Commission de Venise de donner son avis quant à savoir si
les annexes 4 (la Constitution) et 6 (Accord sur les droits de l’homme) des
Accords de paix de Dayton de 1995 étaient des engagements unilatéraux pris par
la Bosnie-Herzégovine ou des traités internationaux, et si les procédures tant
devant la Chambre des droits de l’homme que devant la Cour constitutionnelle
étaient de nature « interne » au sens de l’Article 35 § 1 de la
Convention ou équivalaient à une « autre procédure internationale »
au sens de l’Article 35 § 2 b) de la Convention.
La
Commission a estimé que les Annexes 4 et 6 étaient des traités internationaux.
Elle a cependant estimé que cette
conclusion n’impliquait pas automatiquement que les procédures devant la Chambre des droits de
l’homme et devant la Cour constitutionnelle, deux organes mis en place par ces
annexes, équivalaient à une procédure internationale. En effet, il existait des
éléments faisant état de ce caractère international (composition partiellement
internationale, position sui generis
au sein de l’ordre juridique interne), mais aussi des éléments – de surcroît
prépondérants - faisant état de la nature interne de ces deux organes. Dans ce
contexte, la Commission a attaché une importance particulière à leur compétence
exclusivement interne. La Commission a donc conclu que les Annexes 4 et 6 de
l'Accord de paix de Dayton de 1995 devaient être assimilées à des traités
internationaux mais que, cependant, tant la Chambre des droits de l’homme que
la Cour constitutionnelle étaient des instances de nature « interne »
au sens de l’article 35.1 de la Convention européenne des droits de l’homme.
Le
15 novembre 2005, la Cour a rendu son jugement dans l’affaire en question. Elle
a partagé pleinement l’avis de la Commission, qu’elle a cité dans son
intégralité.
Les activités de la Commission de Venise dans le
domaine de la justice constitutionnelle rencontrent un vif intérêt de la part
des cours constitutionnelles et des juridictions à compétence équivalente à
l’extérieur de l’Europe. En raison de son caractère d'accord élargi, la
Commission peut poursuivre une telle coopération avec des organes régionaux qui
rassemblent des juridictions. Outre la Conférence des cours constitutionnelles
européennes, les principaux partenaires non européens sont l’Association des
cours constitutionnelles ayant en partage l'usage du français (ACCPUF) et
la Commission des juges de l'Afrique australe (SAJC). Des liens ont également
été mis en place avec un groupe de cours constitutionnelles d’Asie.
La Conférence
est le partenaire clé de la Commission de Venise dans ses efforts en vue de
renforcer les cours constitutionnelles en Europe. Du 16 au 18 mai 2005, la
Commission a participé à la XIIIe Conférence à Nicosie (Chypre). A
la demande de la présidence chypriote, la Commission avait préparé un document
de travail sur le thème de la Conférence : les critères des restrictions
au respect des droits de l’homme. Le document – qui doit être publié en tant
que numéro spécial du Bulletin de jurisprudence constitutionnelle – a été salué
par la Conférence.
Lors de sa
session plénière de décembre, la Commission a adopté une déclaration commune
avec la présidence lithuanienne de la Conférence, demandant une nomination sans délai des juges de la
Cour constitutionnelle d’Ukraine, qui ne pouvait pas siéger car le nombre de
juges en poste était en dessous du quorum requis.
En raison de l'accord de coopération entre
l'ACCPUF et la Commission de Venise, cette dernière a participé à la Conférence
des chefs des associations de l’ACCPUF (Bucarest, 31 mai–1er juin
2005) et a proposé d’inclure davantage de jurisprudence de l’ACCPUF dans la
base de données CODICES.
Les 29 et 30 novembre 2005, la Commission a
participé à la réunion annuelle des
correspondants nationaux sur le thème des « méthodes de travail des
cours constitutionnelles et des juridictions à compétence équivalente ».
Le secrétariat de la Commission a fait une présentation de la base de données
CODICES et a expliqué la technique de préparation des contributions à CODICES.
- Commission des juges d’Afrique
australe (SAJC)
En coopération avec la cour suprême d’Ouganda et
la SAJC, la Commission de Venise a organisé la Conférence de la Commission des
juges d’Afrique australe sur le thème « Moderniser le pouvoir judiciaire » (Entebbe, Ouganda, 4-5
février 2005). Pendant la Conférence, le thème de la modernisation du pouvoir
judiciaire a été abordé sous deux angles principaux : les technologies de l’information et la formation
des juges et du personnel judiciaire. Les participants sont convenus que
l’efficacité du pouvoir judiciaire était une condition préalable à la mise en
œuvre de l’Etat de droit. Au sein du système judiciaire, les ordinateurs sont
nécessaires pour la rédaction des jugements mais peuvent être encore plus
importants comme outils de communication pour le pouvoir judiciaire et avec le
public. Etant donné le manque de ressources dans les pays de la région et les
coûts élevés de la publication des recueils judiciaires, l’utilisation de sites
Internet a été envisagée comme un moyen de publier la jurisprudence des cours.
Le manque d’équipement et parfois le manque de
formation à l’utilisation appropriée des équipements existants peuvent
entraîner un déni de justice si le pouvoir judiciaire est incapable
d’administrer la justice dans un délai raisonnable. La discussion de projets
spécifiques a montré que les projets de TI pour le pouvoir judiciaire risquent
d’échouer s’ils ne sont pas convenablement préparés, mis en œuvre et suivis.
Les principaux problèmes rencontrés étaient l’absence d’adaptation des
logiciels standard aux besoins spécifiques du pouvoir judiciaire, la résistance
des personnes concernées, un suivi inadapté en matière d’équipement et la
formation continue après la mise en œuvre.
En coopération avec la Cour suprême de Namibie et la SAJC, la Commission de
Venise a organisé la Conférence de la Commission des juges d’Afrique
australe sur le thème « Indépendance
et responsabilité du pouvoir judiciaire » (Windhoek, Namibie, 11-13
août 2005).
Les juges sont convenus que l’indépendance du pouvoir judiciaire
était un point de repère permettant de savoir dans quelle mesure une société
est libre et démocratique. Un cadre juridique approprié et un financement
adéquat sont fondamentaux et, par conséquent, les juges ont demandé aux gouvernements
de respecter leurs obligations à cet égard. En outre, les participants ont
estimé nécessaire, pour que le pouvoir judiciaire fonctionne de manière
efficace, de prendre des mesures en faveur de l’éducation élémentaire de
l’opinion publique, ainsi que des pouvoirs exécutif et législatif, au
fonctionnement du pouvoir judiciaire.
Parallèlement, les participants sont convenus que les juges étaient responsables de la
façon dont ils exerçaient leurs fonctions, à savoir de leur comportement.
Une sélection adéquate des membres du pouvoir judiciaire, un raisonnement clair
dans les décisions rendues, des procédures d’appel transparentes, l’accès du
public aux procédures judiciaires et un compte rendu précis par les médias sont
autant de facteurs qui contribuent au bon fonctionnement du pouvoir judiciaire.
Afin de garantir la précision des informations rapportées par les médias, les
autorités judiciaires ont été encouragées à développer des politiques de
communication, notamment des rencontres informelles avec des représentants des
médias et la transmission de résumés clairs des jugements. En outre, des codes
de conduite et des organes chargés de garantir que les membres du pouvoir
judiciaire agissent conformément aux normes éthiques de haut niveau correspondant
à leur fonction doivent être mis en place ou, lorsqu’ils existent déjà, doivent
être conformes aux textes internationaux pertinents, comme les Directives de la
Latimer House et les principes de Bangalore. Les participants ont également
pris note d’un certain nombre de documents existants du Conseil de l'Europe
dans ce domaine,
qui ont été mis à leur disposition. Le premier jour de la réunion s’est
conclu par l’adoption d’une déclaration de la SAJC énonçant sa position sur les questions
susmentionnées.
Le deuxième jour de la réunion a été consacré aux affaires courantes de
la SAJC. L’Assemblée générale a
également adopté une résolution formalisant l’adhésion du Kenya à la SAJC.
Le Secrétaire de la Commission de Venise a informé la SAJC de la contribution
volontaire récemment versée par le gouvernement irlandais pour soutenir un
nouveau programme d’activités de la SAJC qui avait été élaboré sur la base des
propositions individuelles des autorités judiciaires participant à la SAJC.
Hormis les conférences annuelles et les activités de formation, le nouveau
programme vise à encourager l’échange de jurisprudence à travers la base de
données CODICES de la Commission de
Venise et son site provisoire pour la SAJC : www.venice.coe.int/sajc. Les
tribunaux devraient transmettre leurs affaires constitutionnelles importantes,
mais les principales affaires civiles et pénales pourraient également y être
incluses.
La question de la situation actuelle au Zimbabwe a été posée et les
participants ont conclu que la SAJC, tout en gardant à l’esprit l’importance
extrême de l’atmosphère de confiance entre pairs pour la survie de la
Commission, devrait néanmoins faire part de ses préoccupations eu égard à des
situations similaires dans la région. Toutefois, il convient de bien réfléchir
à la manière dont une telle action devrait avoir lieu. Par conséquent, des
règles appropriées doivent être rédigées. Il est demandé à la Commission de
Venise de partager son savoir sur ces questions avec la SAJC.
La Commission a pu aider la SACJ grâce à une
cotisation volontaire de la Norvège.
A l’invitation de la Fondation allemande Konrad
Adenauer, qui organise des séminaires annuels
de cours constitutionnelles et suprêmes asiatiques, le Secrétariat a
participé au 3e Séminaire pour les juges à la Cour constitutionnelle
de pays asiatiques, du 6 au 8 septembre 2005 à Oulan Bator, en Mongolie.
Conformément aux discussions ayant eu lieu lors de la 4e réunion du
Conseil mixte sur la justice constitutionnelle (Bakou, 16-17 juin 2005), le
Secrétariat a invité les cours asiatiques à contribuer à la base de données
CODICES.
Conformément à l’accord
entre l’Assemblée Parlementaire et la Commission de Venise, la Commission a
assisté la mission d’observation des élections de l’Assemblée lors des
élections législatives du 3 juillet 2005. Le rôle de la Commission consistait à
informer la mission d’observation des aspects juridiques du processus électoral
et à identifier, sur la base de l’observation, les lacunes de la législation et
des pratiques électorales de l’Albanie.
A sa session de mars
2005, la Commission a adopté l’avis préliminaire conjoint de l’OSCE/BIDDH et de
la Commission de Venise sur le projet révisé d’amendements au Code électoral
d’Arménie (CDL-AD(2005)008). Cet avis préliminaire avait été rédigé à la suite
d’une visite de représentants de la
Commission et de l’OSCE/BIDDH à Erevan afin de discuter des amendements les
plus récents au Code électoral. Bien qu’on dénote un certain progrès dans le
projet d’amendements, cet avis fait état de problèmes sérieux portant notamment
sur l’administration des élections, les listes électorales et les procédures de
recours en matière électorale. La nouvelle disposition exigeant que les partis
politiques soient enregistrés au moins un an avant une élection est
particulièrement préoccupante.
A sa session de juin, la
Commission a ensuite entériné l’avis intérimaire conjoint de l’OSCE/BIDDH et de
la Commission de Venise sur un projet révisé d’amendements au Code électoral de
l’Arménie (CDL-AD(2005)019). C’est
finalement à sa session d’octobre que la Commission a adopté l’avis conjoint
final sur les amendements au Code électoral de la République d’Arménie tel
qu’ils avaient été adoptés en mai 2005 par l’Assemblée nationale d’Arménie
(CDL-AD(2005)027). Ces amendements ont pris en compte plusieurs des
recommandations contenues aux avis antérieurs conjoints de la Commission et de
l’OSCE/BIDDH (réf. CDL-AD(2003)021 ; CDL-AD(2004)049) et constituent une nette
amélioration du cadre juridique des élections. Toutefois, le code électoral
pourrait encore être amélioré, notamment au niveau de l’administration des
élections. Une autre source de préoccupation majeure provient du fait que le
code ne semble pas créer le cadre juridique nécessaire au règlement des recours
et à la protection des droits liés au suffrage. L’avis conjoint rappelle
finalement que l’application de bonne foi des principes contenus au code reste
cruciale pour la conduite d’élections démocratiques.
En mars 2005, une délégation de l’Azerbaïdjan a rencontré des
représentants de la Commission et de l’OSCE/BIDDH à Strasbourg afin de discuter
de la révision du code électoral qui devait être appliqué lors des élections
législatives de l’automne 2005. La Commission a ensuite entériné un avis
intérimaire conjoint de la Commission et de l’OSCE/BIDDH sur le projet
d’amendements au code électoral de l’Azerbaïdjan (CDL-AD(2005)018) lors de sa
session plénière de juin. Ce projet d’amendements faisait suite à deux autres
avis conjoints adoptés antérieurement par la Commission (réf. CDL-AD(2003)054 ; CDL-AD(2004)016rev) mais la plupart des
recommandations essentielles qui s’y trouvaient n’ont pas été suivies dans le
projet sous étude.
Une autre rencontre entre les autorités de l’Azerbaïdjan et des
représentants de la Commission et de l’OSCE/BIDDH s’est tenue à Strasbourg en
mai 2005, à la suite de laquelle un projet révisé d’amendements au code
électoral a été soumis au Parlement et adopté par celui-ci en juin. Le texte
final de ces amendements, tel qu’adopté, a fait l’objet de l’avis conjoint
final de la Commission et de l’OSCE/BIDDH sur les amendements au code électoral
de l’Azerbaïdjan (CDL-AD(2005)029), adopté lors de sa session plénière
d’octobre. L’avis final, rédigé sur la base des observations de MM. Nolte,
Paczolay et Maleev, souligne qu’une série de dispositions problématiques
identifiées dans les avis de 2003, 2004 et 2005 n’ont toujours pas été
modifiées par les amendements ou l’ont été dans une mesure très restreinte
seulement. Ces dispositions portent notamment sur la composition des
commissions électorales, sur le droit de faire campagne et sur les recours. De
plus, un amendement supprime une disposition antérieure sur la transparence de l’établissement
des listes d’électeurs. La Commission et l’OSCE/BIDDH concluent que le code
électoral tel que rédigé satisfait de manière uniquement partielle aux
engagements pris par l’Azerbaïdjan envers l’OSCE et aux normes du Conseil de
l’Europe en matière d’élections démocratiques. Lors de la session plénière
d’octobre, le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe a d’ailleurs fait part
de ses inquiétudes aux membres de la Commission quant aux listes électorales,
aux inégalités entre les candidats et aux mesures contre la fraude et le vote
multiple qui attirent par ailleurs des critiques de la part d’organisations
internationales et d’observateurs nationaux.
Les activités suivantes ont été organisées dans le cadre du Plan
d’action pour les élections parlementaires en Azerbaïdjan, adopté par le Comité
des Ministres du Conseil de l’Europe :
- Du 11 au 13 juillet
2005, la Commission de Venise a organisé, en coopération avec la Division des
médias de la Direction générale des droits de l’homme, une table ronde sur le
dialogue entre les médias et les autorités de l’Azerbaïdjan, ainsi qu’un
séminaire sur les médias et les élections. L’objectif principal de ces
activités était de faciliter le dialogue entre les autorités et les médias et
d’adopter un code de conduite des médias pendant la campagne électorale.
- Les 7 et 8 septembre
2005, la Commission a tenu un atelier de formation électorale à Bakou, en
coopération avec la Commission électorale centrale de l’Azerbaïdjan, dans le
but de préparer les responsables de la formation des membres des commissions
des circonscriptions électorales avant les élections du 6 novembre 2005. Une
trentaine de formateurs a assisté à cet atelier.
- Les 29 et 30 septembre
2005, la Commission a organisé un séminaire sur le rôle des juges dans le
règlement des contentieux électoraux auquel ont participé 25 juges des
tribunaux de première et deuxième instance. La tenue de ce séminaire visait à
avoir un échange de vues avec ces juges sur les procédures d’introduction des
recours en matière électorale, modifiées suite à de récents amendements au Code
électoral de l’Azerbaïdjan. Les perspectives et l’expérience internationale
dans cette matière ont également été discutées, de même que les moyens de
traiter plus efficacement les litiges en matière électorale.
Conformément à l’accord entre l’Assemblée Parlementaire et la
Commission de Venise, la Commission a assisté la mission d’observation des
élections de l’Assemblée lors des élections législatives du 6 novembre 2005. Le
rôle de la Commission consistait à informer la mission d’observation des
aspects juridiques du processus électoral et à évaluer la mise en oeuvre du
Code électoral de l’Azerbaïdjan, qui avait fait auparavant l’objet d’un avis de
la Commission (CDL-AD(2005)029).
A sa session de décembre, la Commission a été informée que la Croatie
était engagée dans un processus de réforme électorale, en vue de la rédaction
d’un code électoral global. La rédaction de ce code pourrait toutefois être
reportée au-delà des élections de 2007. Par contre, le projet de loi sur la
Commission électorale d’Etat (CDL-EL(2005)053) a déjà été soumis à l’expertise
conjointe de la Commission de Venise et de l’OSCE/BIDDH, en vue de la
transmission d’un projet d’avis aux autorités croates avant la session de mars
2006.
En octobre 2005, le Parlement géorgien a sollicité l’avis de la
Commission sur différents projets de lois organiques portant amendement au Code
électoral de la Géorgie.
A sa session de décembre, la Commission a adopté un avis sur le projet
de loi relatif à l’élection du Conseil municipal de Tbilissi (CDL-AD(2005)042),
sur la base des observations de Mme Lazarova Trajkovska et de M. Owen, qui
tiennent compte des avis précédents de la Commission sur le code électoral de
Géorgie (réf. CDL-AD(2002)009 ;
CDL-EL(2003)005 ; CDL-AD(2004)005). La Commission reconnaît que les
amendements prévus par le projet de loi sont foncièrement positifs et
clarifient certaines questions en matière d’élections locales mais qu’il y a
encore place à amélioration à certains égards. Le nouveau mode de scrutin mixte
proposé pour l’élection du conseil local (Sakrebulo)
de la capitale de la Géorgie (Tbilissi) devrait être défini plus clairement. Il
faudrait de plus écarter les restrictions visant les candidats n’ayant pas
résidé à Tbilissi pendant cinq ans. Finalement, les dispositions relatives au
délai d’annonce des résultats définitifs et au système de recours efficaces
devraient être rédigées avec plus de précision dans les projets d’amendements
proposés, de même que la procédure de recours et les pouvoirs et responsabilités
des différentes instances afin d’éviter les conflits de compétences.
Un avis portant sur les autres amendements au code électoral sera
soumis à la Commission pour adoption en 2006.
A la demande de la nouvelle Commission électorale centrale (CEC), une
mission d’assistance a eu lieu en septembre-octobre 2005. Un expert dans le
domaine électoral, M. Bernard Owen, a été mis à la disposition de la CEC afin
d’offrir une aide sur les plans technique et juridique et de présenter les
principes du droit électoral. La CEC a par ailleurs demandé une mission
d’assistance pour les élections locales de juin 2006.
A sa session de décembre, la Commission a adopté un avis conjoint avec
l’OSCE/BIDDH sur les amendements au Code électoral de la Moldova
(CDL-AD(2006)001). Cet avis a été élaboré sur la base des commentaires de MM.
Polizzi et Vollan et comporte des recommandations relatives au code électoral
de la Moldova tel qu’amendé en juillet et novembre 2005.
La Commission souligne d’abord que la plus récente version du code
électoral moldave tient compte uniquement de certaines de ses recommandations
antérieures (réf. CDL-AD(2003)001 ;
CDL-AD(2004)027), par exemple au niveau des dispositions prévoyant la réduction
des seuils requis pour participer à la répartition des sièges au Parlement ou
de celles portant sur la composition de la CEC. Plusieurs des recommandations
figurant dans les avis antérieurs n’ont pas été suivies et certaines
dispositions du code électoral posent toujours problème. Par exemple, la
disposition qui prévoit l’annulation définitive du droit de vote des personnes
condamnées à une peine d’emprisonnement, quelle que soit la gravité de l’infraction
commise, n’est pas acceptable. De plus, la Commission rappelle que les
restrictions au droit à la liberté de parole et d’expression doivent être
spécifiques et respecter le principe de proportionnalité et qu’ainsi, les
limitations au droit de faire campagne prévues par le code électoral moldave
devraient être alignées sur les instruments internationaux et le droit
constitutionnel national. Le code électoral devrait également garantir
l’exercice effectif du droit de vote aux catégories spéciales d’électeurs à
toutes les élections, de même qu’assurer le secret du vote pour tous.
Les 29 et 30 novembre 2005, la Commission de Venise a tenu un
conférence sur « les standards du Conseil de l’Europe dans le domaine
électoral et le financement des partis politiques » à Chisinau, en
coopération avec le PACO (programme contre la corruption et le crime organisé
en Europe du sud-est), le Ministère de la Justice, la Commission électorale
centrale de la Moldova et le Centre pour le combat contre les crimes
économiques et la corruption. Des rapports traitant de la nouvelle législation
en matière de financement des partis politiques et des litiges électoraux en
période pré-électorale y ont été présentés.
Conformément à l’accord entre l’Assemblée Parlementaire et la
Commission de Venise, la Commission a assisté la mission d’observation des
élections de l’Assemblée parlementaire lors des élections parlementaires du 6
mars 2005. Le rôle de la Commission consistait à informer la mission
d’observation des aspects juridiques du processus électoral et à identifier,
sur la base de l’observation, les lacunes de la législation et des pratiques
électorales de la Moldova.
Du 7 au 10 janvier 2005, la Commission de Venise a participé à la
mission d’observation des élections présidentielles de l’autorité
palestinienne. Dans le cadre de cette mission, la Commission a rencontré la
Commission électorale centrale palestinienne et le Conseil législatif
palestinien. La Commission devait assister l’Assemblée parlementaire dans
l’évaluation de la législation électorale et de la légitimité du processus
électoral dans son ensemble.
En mai 2005, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe avait
demandé à la Commission un avis sur la compatibilité de la législation actuelle
du Monténégro concernant l’organisation des référendums avec les standards
internationaux applicables. L’avis devait examiner plus particulièrement les
dispositions régissant le quorum, la majorité requise et le droit de vote. A sa
session de décembre, la Commission a adopté l’avisCDL-AD(2005)041, rédigé sur
la base des commentaires de MM. Tuori, Closa Montero et Bradley.
Dans cet avis, la Commission rappelle tout d’abord qu’en 2001, elle
avait adopté un Rapport intérimaire sur la situation constitutionnelle de la
République Fédérale de Yougoslavie (CDL-INF(2001)023) qui contenait une
évaluation juridique d’un référendum éventuel sur le statut du Monténégro. La
Commission précise que certaines des questions constitutionnelles qui y ont été
étudiées sont toujours pertinentes. Quant aux questions soulevées en 2005 par
l’Assemblée parlementaire, la Commission conclut que la législation du
Monténégro concernant l’organisation des référendums n’est pas contraire aux
standards internationaux prévus notamment par le Code de bonne conduite en
matière électorale (CDL-AD(2002)023rev) et par les Lignes directrices sur le
référendum constitutionnel à l’échelle nationale (CDL-INF(2001)010). Selon cette législation, le résultat d’un
référendum est valable si la majorité des électeurs inscrits a participé au
vote, sans qu’un quorum d’approbation ne soit fixé. La Commission croit tout de
même qu’il serait souhaitable d’introduire un quorum d’approbation d’un certain
pourcentage du corps électoral, compte tenu de l’enjeu de la question, et
recommande donc aux autorités monténégrines et à l’opposition de se mettre
d’accord sur un tel quorum. La situation actuelle de la législation en matière
de droit de vote est également admissible au regard des standards
internationaux, seule l’exigence d’une durée de résidence de deux ans apparaît
excessive, même si elle est légale. La Commission termine en soulignant qu’une
observation internationale du déroulement du référendum contribuerait
certainement à assurer le respect des standards internationaux en la matière.
A sa session de décembre, la Commission a adopté l’avis conjoint avec
l’OSCE/BIDDH sur la loi du 7 juillet 2005 sur la modification de la loi de
l’Ukraine sur l’élection des députés de l’Ukraine (CDL-AD(2006)002). Cet avis a
été élaboré sur la base des observations de MM. Pilgrim et Middleton, experts
au BIDDH, ainsi que des observations de MM. Sanchez Navarro et Annus de la
Commission.
Des élections au parlement national de l’Ukraine, la Verkhovna Rada,
sont prévues pour le 26 mars 2006. Ces élections seront gouvernées par la Loi
de l’Ukraine sur les élections des députés de l’Ukraine qui avait été adoptée
en 2004 et modifiée substantiellement le 7 juillet 2005. L’avis conjoint porte
sur cette dernière version de la Loi et reconnaît qu’à certains égards,
celle-ci tient compte des recommandations contenues aux avis précédents de la
Commission et de l’OSCE/BIDDH (réf. CDL-AD(2004)001 ;
CDL-AD(2004)002). La loi apporte des améliorations notamment au niveau de la
composition des commissions électorales, de l’organisation des bureaux de vote
et de la campagne électorale. Toutefois, certaines dispositions demeurent
inadéquates, par exemple celles qui portent sur l’interdiction aux médias
étrangers de participer à la campagne électorale et celles afférentes à la
protection des droits des candidats, à l’élaboration de la liste électorale et
aux sanctions en cas de violation de la loi. L’avis invite finalement le
législateur ukrainien à envisager la possibilité de réunir l’ensemble des lois
à caractère électoral dans un seul code, ce qui pourrait alléger la procédure
électorale et éviter une duplication de règles. Le représentant du Président de
l’Ukraine, présent lors de cette session, a par ailleurs avisé la Commission
que des amendements avaient déjà été apportés dans le domaine des médias afin
de tenir compte de recommandations antérieures de la Commission.
D’autre part, en avril 2005, le ministre de la Justice d’Ukraine avait
demandé un avis sur le projet de loi sur le registre des électeurs de
l’Ukraine. A sa session de décembre, la Commission a adopté un avis conjoint
avec l’OSCE/BIDDH sur ce projet de loi (CDL-AD(2006)003), rédigé sur la base
des observations de MM. Sanchez Navarro, de la Commission, et Middleton, de
l’OSCE/BIDDH. L’objectif de la loi sous
étude est de créer un registre national d’électeurs unique et un système
entièrement nouveau où les données des électeurs seraient enregistrées dans un
registre permanent. Ce modèle semble être acceptable techniquement et apparaît
comme un bon point de départ pour résoudre un des problèmes majeurs de toute
législation électorale qui provient de l’élaboration du registre d’électeurs.
Toutefois, on dénote une tendance à légiférer dans cette loi de façon trop
détaillée. L’avis rappelle finalement la suggestion de l’avis précédent quant à
l’adoption d’un code électoral global par l’Ukraine.
En
juin 2004, une proposition de résolution sur les « règles électorales et
l’action positive en faveur de la participation des minorités nationales aux
processus de décision dans les pays européens » avait été présentée à
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Une demande avait ensuite été
formulée à la Commission afin qu’elle procède à une analyse approfondie de la
question. En se fondant sur les pratiques des Etats membres du Conseil de
l’Europe, la Commission décida d’effectuer d’abord une étude comparative des
règles électorales relevant de l’action positive. Les conclusions de cette
étude figurent dans un rapport de la Commission (CDL-AD(2005)009), adopté lors
de la session plénière de mars 2005 et élaboré sur la base des observations de
Mme Lazarova Trajkovska.
Le
rapport démontre qu’il existe dans un certain nombre d’Etats des règles
électorales intéressantes ayant des objectifs d’action positive et que, dans la
majorité de ceux-ci, ces règles sont établies de manière isolée. De plus, les
règles électorales qui favorisent l’action positive ont généralement une portée
limitée, notamment par le nombre précis de bénéficiaires déterminé par la
Constitution ou la législation. Il semble que ces règles soient
particulièrement efficaces lorsqu’elles sont appliquées aux élections locales.
Malgré le caractère controversé de l’action positive, il existe donc un bon
nombre de mécanismes d’action positive en matière électorale conformes au
patrimoine électoral européen.
Par le biais de la
résolution 1320 (2003), l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avait
demandé à la Commission de Venise d’élaborer un questionnaire reprenant de
façon pratique les principes généraux du Code de bonne conduite en matière
électorale, afin de permettre aux délégations d’observateurs d’avoir une
meilleure appréciation d’ensemble de l’élection. A sa session de juin 2005, la
Commission a adopté le formulaire d’observation des élections
(CDL-AD(2005)013), élaboré conjointement avec l’OSCE/BIDDH, et a aussi pris
note de sa version plus détaillée (CDL-EL(2005)009) où figurent des questions
supplémentaires qu’il serait souhaitable d’intégrer éventuellement dans les
questionnaires d’observation. La Commission a ensuite transmis ces documents à
l’Assemblée parlementaire et au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du
Conseil de l’Europe, qui les ont appliqués à plusieurs observations
d’élections.
En décembre 2004, la Commission de Venise avait
adopté deux rapports sur l’abolition des restrictions au droit de vote, à la
demande de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (CDL-AD(2004)011 et
012). En juin 2005, l’Assemblée parlementaire a adopté la Recommandation 1714
(2005) relative à l’abolition des restrictions au droit de vote, dans laquelle
elle a notamment demandé à la Commission de Venise de développer des activités
d’amélioration des conditions permettant l’exercice effectif des droits électoraux
des groupes rencontrant des difficultés particulières. Le Comité des Ministres
a demandé l’avis de la Commission de Venise sur cette recommandation, et la
Commission a adopté à sa session plénière d’octobre 2005 l’avis sur la
recommandation 1714 (2005) de l’Assemblée parlementaire relative à l’abolition
des restrictions au droit de vote (CDL-AD(2005)031), rédigé sur la base des
observations de Mme Lazarova Trajkovska (CDL-AD(2005)011) et de M. Matscher
(CDL-AD(2005)012).
La Commission rappelle dans cet avis que le droit
de vote est un des droits politiques fondamentaux et que les principes
d’universalité, d’égalité, de liberté et de secret du suffrage étant les
piliers du patrimoine électoral européen, l’abolition des restrictions au droit
de vote devrait intéresser particulièrement les Etats. Elle se félicite de
l’appel aux Etats membres et observateurs à signer et ratifier la Convention de
1992 du Conseil de l’Europe sur la participation des étrangers à la vie
publique au niveau local visant à accorder des droits électoraux actifs et
passifs aux étrangers résidents. En outre, la Commission approuve l’appel aux
Etats à réexaminer les restrictions existantes aux droits électoraux des
détenus et des membres des forces armées afin d’abolir toutes celles qui ne
sont plus nécessaires ni proportionnées.
A sa session d’octobre 2005, la Commission a
adopté les « Lignes directrices sur le suivi des médias pendant les
missions d’observation des élections » (CDL-AD(2005)032), élaborées en
coopération avec l’OSCE/BIDDH, la Commission européenne et la Direction
générale des Droits de l’homme du Conseil de l’Europe. L’objectif de ces lignes
directrices est de présenter les normes de ces différentes organisations
s’appliquant aux médias lors d’une campagne électorale.
Les médias peuvent aider les électeurs à faire un
choix éclairé quant aux partis ou candidats politiques et jouent un rôle de
premier plan en tant que source primaire d’informations lors d’une campagne
électorale. Au sein de véritables démocraties, l’indépendance des médias est
essentielle. Les lignes directrices présentent donc le cadre juridique
applicable aux médias en période de campagne électorale, les relations entre
les systèmes politiques et d’information, de même que les moyens utilisés pour
suivre la couverture médiatique. On y présente également les normes
internationales concernant la liberté d’expression et les méthodes d’analyse
des médias lors des missions d’observation des élections.
En septembre 2004, à l’invitation de la Commission
européenne, la Commission de Venise avait participé à une réunion sur
l’assistance électorale à Bruxelles, qui avait comme objectif de définir une
stratégie commune dans le domaine des missions d’observation d’élections. A sa
session d’octobre 2005, la Commission a entériné la « Déclaration de
principe pour l’observation internationale d’élections »
(CDL-AD(2005)036), préparée par la Division électorale d’aide des Nations Unies
(UNEAD), l’Institut démocratique national pour les affaires internationales
(NDI) et le Centre Carter (TCC).
Cette déclaration propose des principes que
devraient respecter les diverses organisations intergouvernementales et non
gouvernementales internationales qui souscrivent à cette déclaration
lorsqu’elles participent à des missions d’observation d’élections. Ces
principes concernent notamment la tenue des missions comme telle, les
évaluations effectuées par ces organisations, leurs sources de financement, la
composition de leur personnel, les déclarations qu’elles publient et les
conditions nécessaires au respect de la souveraineté du pays où se tiennent les
élections. La Déclaration est complétée par un code de conduite des
observateurs électoraux internationaux et un serment qui devrait être signé par
ceux-ci. Ces textes ont été solennellement adoptés lors d’une conférence
internationale qui s’est tenue à New York le 27 octobre 2005.
En avril 2005, l’Assemblée parlementaire du
Conseil de l’Europe a adopté la Recommandation 1704(2005)
« Référendums : vers de bonnes pratiques en Europe » et l’a
communiquée à la Commission de Venise pour information et commentaires. A sa
session d’octobre 2005, la Commission a adopté son avis sur cette
recommandation (CDL-AD(2005)028), rédigé à la demande du Comité des Ministres
sur la base des observations de MM. Luchaire, Van Dijk et Malinverni. Cet avis
fournit une analyse détaillée du contenu de la recommandation de l’Assemblée et
réitère l’engagement de la Commission envers les instances statutaires du
Conseil de l’Europe dans leurs activités sur la question des référendums.
La Commission a décidé d’élaborer une étude
générale sur le référendum et, sur cette base, des lignes directrices
détaillées sur le référendum. Toujours à la session d’octobre, M. Luchaire a
présenté le rapport et les tableaux synoptiques de l’étude comparative sur le
référendum en Europe, qui détaillent la pratique des différents Etats et ont
été adoptés par la Commission (CDL-AD(2005)028). La Commission a également
chargé les rapporteurs, MM. Van Dijk, Luchaire et Malinverni de préparer des
lignes directrices sur le référendum, en coopération avec le secrétariat de la
Commission.
A sa session de décembre, la Commission a adopté
la Déclaration interprétative sur la stabilité du droit électoral
(CDL-AD(2005)043). Ce texte donne une interprétation du point II.2.b du code de
bonne conduite en matière électorale (CDL-AD(2002)023rev) qui stipule que les
éléments fondamentaux du droit électoral ne devraient pas pouvoir être modifiés
moins d’un an avant une élection.
La Commission considère que ce principe ne prime
pas les autres principes du code de bonne conduite et qu’il ne saurait être
invoqué pour maintenir une situation contraire aux standards électoraux
européens. La Commission rappelle également que ce principe ne concerne que les
règles fondamentales du droit électoral lorsqu’elles figurent dans la loi
ordinaire et que parmi les règles fondamentales, on retrouve notamment les
règles du système électoral proprement dit, celles relatives à la
composition des commissions électorales et au découpage des circonscriptions.
Finalement, la Commission souligne que toute réforme de la législation
électorale destinée à être appliquée à une élection doit intervenir
suffisamment tôt pour qu’elle lui soit réellement applicable.
Dans le cadre du programme Unidem (Universités pour la démocratie), la
Commission a organisé à Belgrade, les 24 et 25 juin 2005, en coopération avec
la commission électorale de Serbie et le Bureau du Conseil de l’Europe à
Belgrade, un séminaire sur « l’Organisation des élections par un organe
impartial ».
Les thèmes essentiels suivants y ont été discutés : la composition
et le fonctionnement de l’administration électorale, les activités et les
compétences de l’administration électorale, de même que la transparence et
l’impartialité de l’administration électorale le jour de l’élection et après
l’élection. Une trentaine de participants ont assisté au séminaire,
essentiellement des présidents et membres de commissions électorales centrales
d’Europe centrale et orientale.
Ce séminaire a permis la diffusion des principes du patrimoine électoral
européen. En particulier, les organes chargés de l’organisation des élections
ont pu échanger des informations et leur expérience en la matière. Le Code de
bonne conduite en matière électorale de la Commission de Venise
(CDL-AD(2002)023rev) a notamment servi de base pour les discussions sur le
patrimoine électoral européen.
La Commission de Venise
a organisé la Deuxième conférence européenne des administrations électorales, à
Strasbourg, les 10 et 11 février 2005. Cette conférence réunissait des
représentants des autorités nationales et de différentes organisations
internationales spécialisées en matière électorale.
Le but principal de
cette conférence était de discuter du problème de la participation des
électeurs aux élections et de l’impact des nouvelles technologies sur la
participation des citoyens dans le processus électoral, ainsi que d’explorer
les différentes modalités de vote et les expériences des administrations et
organismes électoraux nationaux. Lors de cette conférence, les participants ont
convenu que la Commission de Venise devait organiser des réunions annuelles des
administrations électorales avec les pays participants et mettre en place un
forum de discussion par internet destiné aux représentants des administrations
électorales et des organisations intergouvernementales. Les participants ont également convenu de
contribuer à la mise à jour régulière de la législation pour la base de données
« VOTA » de la Commission de Venise.
La base de données VOTA a été créée
dans le cadre du programme conjoint de la Commission de Venise et de la
Commission européenne « La démocratie par des élections libres et
équitables ». Elle comprend la législation électorale des Etats membres de
la Commission de Venise et d’autres Etats qui participent aux travaux de la
Commission. Plus de 100 extraits des constitutions, lois et autres actes
portant sur les élections provenant d’une trentaine d’Etats sont déjà
disponibles dans cette base de données, en anglais et/ou en français.
A la suite des recommandations issues de
la Conférence européenne des administrations locales tenue à Strasbourg en
février 2005 (supra), le forum « vota » a été créé et est
disponible en ligne (http://www.team10.coe.int/cdlel/Lists/Newsgroup/AllItems.aspx). Ce forum, ouvert aux membres du Conseil des élections démocratiques et aux administrations électorales européennes, permet dorénavant d’échanger des réflexions sur les questions qui se posent et sur les activités à déployer dans le domaine électoral. - Activités dans le domaine des partis politiques Participation des partis politiques au processus électoral En décembre 2004, le Conseil des élections démocratiques avait décidé de mener une étude sur la participation des partis politiques au processus électoral. MM. Sanchez Navarro et Vogel avaient été désignés comme rapporteurs. A la session de juin 2005, un projet de rapport traitant des questions qui se posent avant, pendant et après l’élection a été présenté à la Commission (CDL-EL(2005)018 ; voir aussi CDL-EL(2005)057). Les travaux se
poursuivent et donneront lieu à un avis de la Commission de Venise en 2006.
A l’invitation de la présidence polonaise du
Comité des Ministre, le Président de la Commission, M. La Pergola, a participé
au Sommet. Dans le Plan d’action qui y a été adopté, les chefs d’Etat et de
gouvernement demandent « à tous les Etats membres de faire usage des avis
et de l’assistance de la Commission pour la démocratie par le droit (“ Commission
de Venise ”) pour perfectionner les normes européennes, en particulier
dans le domaine du fonctionnement des institutions démocratiques et du droit
électoral. Pour assurer l’application des normes européennes au niveau
national, elle devrait intensifier sa coopération avec les cours
constitutionnelles et les juridictions de compétences équivalentes qui jouent
un rôle fondamental à cet égard ».
Des représentants du
Comité des Ministres ont participé à toutes les sessions plénières de la
Commission en 2005. Les ambassadeurs suivants ont assisté à ces sessions au
cours de l’année :
M. Roland Wegener,
représentant permanent de l’Allemagne, M. Per Sjögren, représentant permanent
de la Suède, Mme Anne-Marie Nyroos, représentante permanente
de la Finlande, M. Daniel Bučan, représentant permanent de la Croatie,
M. Joaquim Duarte, représentant permanent du Portugal,
M. Constantin Yerocostopoulos, représentant permanent de la Grèce,
M. Gheorghe Magheru, représentant permanent de la Roumanie, M. Roland
Mayer, représentant permanent du Luxembourg et M. Marios Lyssiotis,
représentant permanent de Chypre.
Différents sujets ont
été abordés par les représentants du Comité des Ministres, notamment le Sommet
des chefs d’Etat et de gouvernement tenu à Varsovie en mai et les suites à y
donner, le Forum sur l’avenir de la démocratie, les programmes des présidences
portugaise et roumaine du Comité des Ministres, le respect des engagements pris
par l’Arménie et l’Azerbaïdjan, le rôle de la Commission dans la valorisation
du patrimoine démocratique de l’Europe, son aide aux pays désireux d’adhérer à
l’Union européenne, l’adoption du Protocole n° 14 à la Convention
européenne des Droits de l'Homme, la coopération avec l’OSCE, la coopération avec
l’UE, s’agissant en particulier du rapport Juncker en cours d’élaboration, et
l’exécution des arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme.
A la demande du Comité
des Ministres, la Commission a adopté des avis sur le suivi possible de la
Recommandation 1713(2005) de l’Assemblée parlementaire relative au
« contrôle démocratique du secteur de la sécurité dans les Etats
membres » (CDL-AD(2005)033) et sur la Recommandation 1704(2005) de
l’Assemblée « Référendums : vers de bonnes pratiques en Europe »
(CDL-AD(2005)28).
M. Jurgens a assisté aux
sessions de la Commission en mars, juin et octobre, M. Schieder en juin,
octobre et décembre et M. Bindig en décembre.
La Commission a été
régulièrement informée des activités de l’Assemblée, notamment sur la nécessité
de respecter les droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme, la mise
en œuvre des arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme, la proposition
tendant à créer une agence des droits de l'homme au sein de l’Union européenne,
le rôle possible de la Commission de Venise dans le cadre de la politique
européenne de voisinage, le fonctionnement de l’accord de coopération entre la
Commission et l’Assemblée et l’intention de cette dernière de demander à la
Commission un avis juridique sur l’obligation des Etats membres en ce qui
concerne les vols dits de la CIA.
Un certain nombre d’avis
ont été formulés à la demande de l’Assemblée parlementaire, en particulier sur
la situation constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine et les pouvoirs du Haut
Représentant, les réformes constitutionnelles relatives aux disparitions et
meurtres d’un grand nombre de femmes et jeunes filles au Mexique, le rapport
sur les règles électorales et l’action positive en faveur de la participation
des minorités nationales au processus de décision dans les pays européens, le
rapport concernant l’abolition des restrictions au droit de vote lors des
élections générales, la loi fédérale sur la prokuratura (ministère
public) de la Fédération de Russie, la compatibilité des lois italiennes
Gasparri et Frattini avec les normes du Conseil de l'Europe dans le domaine de
la liberté d’expression et du pluralisme des médias, et la compatibilité de la
législation du Monténégro relative à l’organisation de référendums avec les
normes internationales applicables.
L’Assemblée
parlementaire a continué à participer activement aux travaux du Conseil des
élections démocratiques, organe tripartite de la Commission de Venise, de
l’Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du
Conseil de l'Europe, créé en 2002 (voir partie IV ci-dessus). Le Conseil
des élections démocratiques a été présidé par un membre de l’Assemblée
parlementaire, M. Jurgens, et cette dernière a été à l’origine d’un certain nombre
d’activités du conseil. En application de l’accord de coopération conclu entre
la Commission de Venise et l’Assemblée parlementaire, des représentants de la
Commission ont participé à un certain nombre de missions d’observation des
élections de l’Assemblée.
Le Congrès a été
représenté aux sessions plénières de juin et octobre de la Commission par M.
Ian Micallef et à la session de décembre par M. J. Mans. Le Congrès a continué
à participer activement aux travaux du Conseil des élections démocratiques
susmentionné (voir partie IV ci-dessus).
Le Congrès a demandé à
la Commission de Venise de procéder à une étude sur le rôle des deuxièmes
chambres dans les parlements nationaux. Elle devrait être présentée au cours
d’une conférence commune qui aura lieu à Vienne, en septembre 2006. Les
activités concernant la réforme de l’administration territoriale en Ukraine ont
été entreprises à la demande du Congrès.
Ce
forum ouvert, qui coopère étroitement avec la Commission de Venise, a été
établi lors du Sommet de Varsovie. L’un des vice-présidents de la Commission,
M. Mifsud Bonnici, a assisté à la réunion de lancement du forum, les 3 et
4 novembre 2005 à Varsovie.
La Commission européenne a accepté
de mettre en œuvre, dans le cadre de l’initiative européenne pour la démocratie
et les droits de l'homme (IEDDH), un programme commun avec la Commission de
Venise intitulé « La démocratie par des élections libres et
équitables », lancé en décembre 2003 (voir partie IV ci-dessus).
La plupart des avis de la Commission de Venise en matière électorale, le
séminaire UniDem sur « l’organisation des élections par un organe
impartial », tenu à Belgrade les 24 et 25 juin 2005, une table
ronde sur la participation des étrangers aux élections, l’assistance aux
commissions électorales centrales et aux missions d’observation des élections,
ainsi que d’autres séminaires et ateliers de formation et le développement de
la base de données Vota, ont été financés par le biais du programme commun en
2005.
A plusieurs reprises, la
Commission européenne a instamment prié les autorités nationales de suivre les
recommandations formulées par la Commission de Venise sur la réforme
constitutionnelle et de mettre à profit ses conseils pour la solution de
conflits ethno-politiques (Arménie, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Kirghizistan,
Moldova, « ex-République yougoslave de Macédoine », etc.). En
particulier, la Commission européenne a demandé que la Commission de Venise
apporte une assistance aux autorités kirghizes dans le cadre des réformes
constitutionnelles entreprises en juin 2005. La Commission européenne
finance l’action pertinente de la Commission de Venise au Kirghizistan (voir
partie II ci-dessus).
M. Armando Toledano
Laredo a représenté la Commission européenne aux sessions plénières de la
Commission.
Le Conseil de l’Union européenne a prié les autorités du Monténégro de
se conformer pleinement aux recommandations de la Commission de Venise lors de
l’organisation d’un référendum sur l’indépendance. A la suite de l’adoption de
l’avis de la Commission de Venise (voir partie IV ci-dessus), le Haut
Représentant, M. Solana, a désigné un envoyé spécial pour faciliter – comme
l’avait suggéré la Commission de Venise – les négociations entre la majorité et
l’opposition sur les conditions du référendum. La Commission est restée en
contact étroit avec l’UE et l’OSCE sur un certain nombre de questions, en
particulier les conflits relatifs à la Transnistrie et à l’Ossétie du sud et la
décentralisation au Kosovo.
A la suite de l’adoption
en juin 2005 de l’avis de la Commission de Venise sur la compatibilité de la
législation italienne sur les médias et sur les conflits d’intérêts avec les
normes du Conseil de l'Europe dans le domaine de la liberté d’expression et du
pluralisme des médias (voir partie II ci-dessus), le Parlement européen (Commission de la culture et de l’éducation) a
invité un représentant du Secrétariat de la Commission de Venise à intervenir
au cours de l’audition publique : « Pas de liberté sans
pluralisme : révision de la directive “télévision sans frontières” »,
le 13 septembre 2005, à Bruxelles.
En outre, la commission
des Affaires étrangères du Parlement européen a invité un représentant de la
Commission de Venise à présenter l’avis sur la situation constitutionnelle en
Bosnie-Herzégovine et les pouvoirs du Haut Représentant au cours d’une audition
tenue à Bruxelles, le 10 octobre 2005, sur le thème « l’Accord de Dayton –
10 ans après ».
Le 3 février 2005, M.
van Dijk, Vice-Président de la Commission, a présenté les activités de cette
dernière aux représentants permanents auprès du Conseil de l'Europe des Etats
membres de l’UE et échangé des vues avec eux sur les évolutions présentes et
les perspectives.
Au cours de l’année
2005, la Commission de Venise a continué à coopérer étroitement avec le
BIDDH/OSCE sur les questions électorales, notamment en rédigeant des avis sur
la législation électorale de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie, de la
Moldova, de l’« ex‑République yougoslave de Macédoine » et
de l’Ukraine et en élaborant des lignes directrices sur le suivi des médias
pendant les missions d’observation des élections. Des précisions sur cette
coopération figurent à la partie IV ci-dessus.
A la demande du BIDDH,
la Commission de Venise a formulé des commentaires sur les lignes directrices
du BIDDH/OSCE pour la rédaction de lois concernant la liberté de réunion (voir
partie II ci-dessus).
La Commission de Venise
a coopéré avec le Centre de l’OSCE de Bishkek pour l’assistance
constitutionnelle au Kirghizistan (voir partie II ci-dessus).
La Commission de Venise
a participé à une réunion supplémentaire de l’OSCE sur la dimension humaine
concernant « Les défis lancés par les technologies et procédures
électorales » (Vienne, 21-22 avril 2005). La conférence a eu pour
thèmes : les nouvelles technologies électorales, telles que le vote
électronique ; la comparaison des principaux systèmes en usage ; les
enjeux présents relatifs à la mise en œuvre des engagements existants de l’OSCE
sur des élections démocratiques ; l’observation des élections :
difficultés à surmonter pour renforcer l’intégrité électorale.
Le Secrétariat de la Commission, M. Buquicchio, a
participé à la 3e Conférence ministérielle de la Communauté des
démocraties, tenue à Santiago du Chili du 28 au 30 avril 2005. Il y a
présenté la contribution du Conseil de l'Europe, et en particulier de la
Commission de Venise, à la consolidation de la démocratie et de la primauté du
droit, l’accent étant mis sur le droit électoral.
M. Scholsem et M. Buquicchio, Secrétaire de la
Commission, ont participé à la troisième Conférence internationale sur le
fédéralisme, organisée par les autorités belges en coopération avec le Forum
des fédérations. La conférence a eu lieu à Bruxelles du 3
au 5 mars 2005. Les représentants de la Commission de Venise y
ont contribué en exerçant les fonctions de président et de vice-président du
groupe de travail sur le fédéralisme et le règlement des conflits.
Le secrétaire adjoint de la Commission, M.
Markert, et un expert de la Commission, M. Pinelli, ont participé à une
conférence organisée par l’Assemblée des régions d’Europe à Novi Sad, les 1er
et 2 mars 2005, sur le thème « Créer les conditions d’une
démocratie régionale effective ». Ils ont pris la parole sur des questions
particulières d’organisation territoriale, dans le cadre de la rédaction d’une
nouvelle constitution de la République de Serbie.
La Commission de Venise
a organisé, en coopération avec l’Assemblée nationale arménienne, une
Conférence intitulée « Notre choix – l’intégration européenne », à
Ljubljana, le 19 janvier 2005. La conférence a eu lieu pendant la 3e Assemblée
plénière de l’ « Initiative parlementaire du Sud-Caucase ». Elle
a été suivie principalement par des parlementaires arméniens, azerbaïdjanais et
géorgiens, ainsi que par des représentants du Conseil de l'Europe, de la
Commission européenne et de l’OSCE.
Les exposés et les
débats ont été axés sur les différents aspects de l’intégration européenne et
l’observation des conditions définies dans la procédure de suivi de l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe. Il a été souligné que le Caucase du Sud
faisait partie de l’Europe historiquement, économiquement et culturellement et
qu’il s’efforçait de s’intégrer davantage aux structures européennes. Sans
préjudice des mandats spécifiques d’autres organisations intergouvernementales
actives en Europe, le respect pour les valeurs du Conseil de l'Europe par
l’observation des obligations et engagements acceptés lors de l’adhésion à
l’Organisation est une condition préalable essentielle à une intégration accrue
des pays du Caucase du Sud dans l’Europe, et un moyen d’y parvenir. Le suivi de
l’APCE n’est pas une simple procédure de supervision mais un dialogue qui tend
à réaliser les objectifs fixés en accord avec les Etats lors de leur adhésion.
Les participants ont fait valoir qu’il était dans l’intérêt des populations des
Etats membres d’honorer leurs obligations et engagements. Les résolutions
pertinentes de l’APCE doivent être considérées comme une feuille de route pour
progresser davantage et non comme un exercice qui consisterait à montrer du
doigt tel ou tel pays.
Le procès-verbal de la
conférence sera publié par l’Assemblée nationale arménienne.
Membres
Albanie (14.10.1996)
Andorre (1.02.2000)
Arménie (27.03.2001)
Autriche (10.05.1990)
Azerbaïdjan (1.03.2001)
Belgique (10.05.1990)
Bosnie-Herzégovine (24.04.2002)
Bulgarie (29.05.1992)
Chile (1.10.2005)
Croatie (1.01.1997)
Chypre (10.05.1990)
République tchèque (1.11.1994)
Danemark (10.05.1990)
Estonie (3.04.1995)
Finlande (10.05.1990)
France (10.05.1990)
Géorgie (1.10.1999)
Allemagne (3.07.1990)
Grèce (10.05.1990)
Hongrie (28.11.1990)
Islande (5.07.1993)
Irlande (10.05.1990)
Italie (10.05.1990)
Kirghizstan (01.01.2004)
Lettonie (11.09.1995)
Liechtenstein (26.08.1991)
Lituanie (27.04.1994)
Luxembourg (10.05.1990)
Malte (10.05.1990)
Moldova (25.06.1996)
Monaco (05.10.2004)
Pays-Bas (1.08.1992)
Norvège (10.05.1990)
Pologne (30.04.1992)
Portugal (10.05.1990)
Roumanie (26.05.1994)
Fédération de Russie (1.01.2002)
Saint-Marin (10.05.1990)
Serbie-Monténégro (3.04.2003).
Slovaquie (8.07.1993)
Slovénie (2.03.1994)
Espagne (10.05.1990)
Suède (10.05.1990)
Suisse (10.05.1990)
“l’ex République yougoslave de
Macédoine” (19.02.1996)
Turquie (10.05.1990)
Ukraine (3.02.1997)
Royaume-Uni (1.06.1999)
Membre associé
Belarus (24.11.1994)
Observateurs
Argentine (20.04.1995)
Canada (23.05.1991)
Saint-Siège (13.01.1992)
Israël (15.03.2000)
Japon (18.06.1993)
Kazakhstan (30.04.1998)
Mexico (12.12.2001)
République de Corée (6.10.1999)
Etats Unis (10.10.1991)
Uruguay (19.10.1995)
Participants
Commission européenne
OSCE/ODIHR
Statut de coopération
spéciale
Afrique du Sud
M. Antonio LA PERGOLA (Italie), Président, Juge à la Cour de Justice
des Communautés européennes
(Suppléant: M. Sergio BARTOLE, Professeur à l'Université de Trieste)
* * *
M. Olivier
DUTHEILLET DE LAMOTHE (France), Conseiller d’Etat, Membre du Conseil
constitutionnel
(Suppléant : M. Alain LANCELOT, ancien membre du
Conseil constitutionnel)
M. Aivars ENDZINS (Lettonie), Président de la Cour
constitutionnelle
Mme Finola FLANAGAN
(Irlande), Directeur Général, Conseiller juridique principal, Chef du Bureau du
Procureur Général
(Suppléant : M. James HAMILTON, Directeur du Ministère public)
M. Ugo MIFSUD BONNICI (Malte), Président Eméritus
* * *
M. Giorgio MALINVERNI (Suisse), Professeur à
l'Université de Genève
(Suppléant : M. Heinrich KOLLER, Professeur Université de
Bâle)
M. Franz MATSCHER (Autriche), Professeur à
l'Université de Salzburg, ancien juge à la cour européenne des droits de
l’homme
(Suppléant: M.
Christoph GRABENWARTER, Juge, Cour constitutionnelle)
M. Ergun ÖZBUDUN (Turquie), Professeur à
l'Université de Bilkent, Vice-Président de la Fondation turque pour la
Démocratie
(Suppléant : M.
Erdal ONAR, Professeur, Université d’Ankara)
M. Jean-Claude SCHOLSEM (Belgique), Professeur,
Faculté de droit, Université de Liège
M. Gerard BATLINER (Liechtenstein), Membre du
Conseil Scientifique du Liechtenstein Institut
(Suppléant : M.
Wilfried HOOP, Avocat, Aspen)
M. Helmut STEINBERGER (Allemagne), Directeur de
l'Institut Max-Planck, Professeur à l'Université de Heidelberg
(Suppléant : M. Georg NOLTE, Professeur de
droit public, Université Ludwig-Maximilians, Munich)
M. Jan HELGESEN (Norvège), Professeur à
l'Université d'Oslo
Mme Hanna SUCHOCKA (Pologne), Ambassadeur de
Pologne au Saint-Siège
M. Peter JAMBREK
(Slovénie), Professeur, Doyen, Ecole du gouvernement et des affaires
européennes, ancien Ministre de l’Intérieur, ancien Président de la Cour
constitutionnelle, ancien juge à la Cour Européenne des Droits de l'Homme
(Suppléant: Mr Miha POGACNIK)
M. Kestutis LAPINSKAS (Lituanie), Juge à la Cour
constitutionnelle
(Suppléant : Mme Zivile LIEKYTE, Directeur, Département de la législation et
du droit public, Ministère de la Justice)
M. Cyril SVOBODA
(République tchèque), Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires
étrangères
(Suppléant : Mme
Eliska WAGNEROVA, Vice Président de la Cour constitutionnelle)
M. Stanko NICK (Croatie), Ambassadeur de la
Croatie en Hongrie
(Suppléant: Ms Jasna OMEJEC, Vice-Président, Cour
constitutionnelle)
M. Kaarlo TUORI (Finlande), Vice-Président, Professeur de droit administratif,
Université Helsinki
(Suppléant : M. Matti NIEMIVUO, Directeur au
Département de législation, Ministère de la Justice)
M. Luan OMARI (Albanie), Vice-Président, Vice-Président, Académie
des Sciences de l’Albanie
M. Hjörtur TORFASON
(Islande), ancien Juge, Cour suprême de l’Islande
(Suppléant :
Mme Herdis THORGEIRSDOTTIR, Professeur, Faculté de droit,
M. Pieter VAN DIJK (Pays-Bas), Vice-Président, Conseiller d’Etat, ancien Juge à la
Cour européenne des Droits de l'Homme
(Suppléant : Mr Erik
LUKACS, ancien Conseiller Juridique, Ministère de la Justice)
M. François LUCHAIRE
(Andorre), Vice-Président, Président honoraire de l’Université de Paris
I, ancien membre du Conseil constitutionnel français, ancien Président du
Tribunal constitutionnel d’Andorre
M. Jeffrey JOWELL
(Royaume-Uni), Vice-Président, Professeur de droit public, University
College London
(Suppléant : M. Anthony
BRADLEY, Professeur)
M. Gaguik HARUTUNIAN (Arménie), Président de la
Cour constitutionnelle
(Suppléant : M. Armen HARUTUNIAN, Conseiller à la Cour
constitutionnelle, Recteur, Académie d’Administration de l’Etat)
M. Henrik ZAHLE (Danemark), Professeur, Institut
des sciences juridiques, Université de Copenhague
(Suppléant: M. John LUNDUM, Juge à la «High
Court»)
M. Cazim SADIKOVIC (Bosnie-Herzégovine), Doyen de
la Faculté de droit à l'Université de Sarajevo
M. Dimitri CONSTAS
(Grèce), Professeur et Directeur de
l’Institut de relations internationales, Université de Panteio, Athènes, ancien Ministre de la presse et des
médias, ancien Ambassadeur de Grèce auprès du Conseil de l’Europe
(Suppléant: Mme Fani DASKALOPOULOU-LIVADA,
Conseiller juridique adjointe, Ministère des Affaires Etrangères)
Mme Lydie ERR (Luxembourg), Député
M. Panayotis KALLIS (Chypre), ancien Juge à la
cour suprême
(Suppléant : M. Myron NICOLATOS, Juge à la cour
suprême)
Mme Rodica Mihaela
STANOIU (Roumanie), Sénateur
(Suppléant:
M. Alexandru FARCAS, Ministre de l’intégration
européenne)
(Suppléant: M. Bogdan AURESCU, Directeur Général,
Ministère des Affaires étrangères)
M. Vojin DIMITRIJEVIC (République fédérale de Yougoslavie), Directeur,
Centre des droits de l’homme de Belgrade
(Suppléant : M. Srdja DARMANOVIC, Directeur,
Centre pour la démocratie et les droits de l’homme)
M. José CARDOSO da COSTA
(Portugal), Ancien Président de la Cour constitutionnelle, Professeur,
Université de Coimbra
(Suppléante : Mme
Assuncao ESTEVES, Membre du parlement européen)
M. Piero GUALTIERI
(Saint-Marin), Professeur
(Suppléante : Mme
Barbara REFFI, Avocat de l’Etat)
M. John KHETSURIANI
(Géorgie), Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant : M. Levan
BODZASHVILI, Directeur, Ministère des affaires étrangères)
M. Lätif HÜSEYNOV (Azerbaïdjan), Professeur
de droit international public
Mme Cholpon BAEKOVA (Kirghizstan),
Présidente de la Cour constitutionnelle
M. Anton STANKOV (Bulgarie), Juge, Cour de Sofia
(Suppléant: M. Todor TODOROV, Avocat, Expert
consultant du Président de l'Assemblée nationale)
Mme Marijana LAZAROVA TRAKOVSKA,
("L'ex-République yougoslave de Macédoine"), Juge à la Cour
constitutionnelle
(Suppléant: M. Borce DAVITKOVSKI, Professeur,
Faculté de droit, Université St Cyril et Methodius)
M. Ján MAZAK (Slovaquie), Président de la Cour
constitutionnelle
(Suppléant: M. Peter KRESAK, Professeur, Membre du
Conseil national de la République slovaque)
M. Carlos CLOSA MONTERO
(Espagne), Professeur, Sous-Directeur pour les études et l’investigation,
Centro de Estudios Constitucionales
(Suppléant: M. Angel J. SANCHEZ NAVARRO, Sous Directeur, Centro de Estudios
Politicos y Constitucionales)
M. Serihy HOLOVATY (Ukraine), Ministre de la
Justice, Président de la « Ukrainian Legal Foundation »
M. Dominique CHAGNOLLAUD (Monaco), Membre de la
cour suprême, Professeur à l’Université de Droit, d’Economie et de Sciences
Sociales Paris II
M. Nicolae ESANU (Moldova), Vice Ministre de la Justice
M. Peter PACZOLAY (Hongrie), Chef, Cabinet du Président de la République de
Hongrie
(Suppléant: M. Laszlo TROCSANY, Professeur de droit
constitutionnel, Université de Szeged)
M. Oliver KASK
(Estonie), Chef de la division de droit public, Département de la politique
législative, Ministère de la Justice
(Suppléante : Mme Liina LUST, Conseillère, division de droit public,
Département de la méthodologie législative, Ministère de la Justice)
M. Luis CEA EGANA
(Chile), Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant : M. Juan
COLOMBO CAMPBELL, Juge, Cour constitutionnelle)
M. Hans Heinrich VOGEL (Suède), Professeur de droit public, Université de
Lund
(Suppléant :
Professeur, Université de Uppsala)
M. Valeriy ZORKIN
(Fédération de Russie), Président, Cour constitutionnelle
(Suppléant : M.
Valeriy MUSIN, Chef de Division, Faculté de droit, Université de l’Etat de
Saint Petersburg)
MEMBRES ASSOCIES
M. Anton
MATOUCEWITCH (Belarus), Vice-Recteur, Université commercial de gestion
du Belarus
OBSERVATEURS
M. Hector MASNATTA (Argentine), Ambassadeur,
Vice-Président du Centre d'Etudes constitutionnelles et sociales
M. Yves de MONTIGNY (Canada), Juge, Cour fédérale
du Canada
(Suppléant: M. Gérald BEAUDOIN, Professeur à
l'Université d'Ottawa, Sénateur)
M. Vincenzo BUONOMO (Saint-Siège), Professeur de Droit
international à l'Université Pontificale du Latran
M. Dan
MERIDOR (Israël), Président, “The Jerusalem
Foundation”, Senior Partner, Haim Zadok et Co
M. Yasushi FUKE (Japon), Consul, Consulat Général
du Japon, Strasbourg
M. Oljas SOULEIMENOV (Kazakhstan),
Ambassadeur du Kazakhstan à Rome
M. OH, Haeng-kyeom (République de Corée), Ambassadeur de la
République de Corée au Luxembourg, à la Belgique et à l’Union européenne
Mme Maria AMPARO CASAR (Mexique)
M. Jed RUBENFELD (Etats-Unis d'Amérique),
Professeur, Yale Law School
M. Jorge TALICE
(Uruguay), Ambassadeur de l'Uruguay à Paris
SECRETARIAT
M. Gianni
BUQUICCHIO
M. Thomas
MARKERT
Mme Simona
GRANATA-MENGHINI
M. Pierre GARRONE
M. Rudolf DÜRR
M. Sergueï KOUZNETSOV
Mme Caroline MARTIN
Mme Dubravka
BOJIC-BULTRINI
M. Alain CHABLAIS
Mme Helen MONKS
Mme Tatiana MYCHELOVA
M. Gaël MARTIN-MICALLEF
Mme Sandra MATRUNDOLA
Mme Brigitte AUBRY
Mme Marian JORDAN
Mme Emmy KEFALLONITOU
Mme Brigitte RALL
Mme Ana GOREY
Mme Marie-Louise WIGISHOFF
Mme Caroline GODARD
Mme Rosella ETIENNE
- Président : M. La Pergola
- Vice-Présidents : M.
Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, Mme Flanagan, M. Mifsud Bonnici
- Bureau : M. Zorkin, M. Paczolay, M. Zahle
- Présidents
des Sous-Commissions : M. Constas, M. van Dijk, M. Helgesen, M. Jambrek, M.
Jowell, M. Luchaire, M. Malinverni, M. Matscher, M. Omari, M. Scholsem, Mme
Suchocka, M. Torfason, M. Tuori
- Justice
constitutionnelle : : Président: M. Torfason - membres: M. Bartole, M. Cardoso
da Costa, M. Chagnollaud, M. Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, M. Hamilton, M.
Harutunian, M. La Pergola, M. Lapinskas, M. Malinverni, M. Scholsem, M.
Steinberger, Mme Suchocka, M. Vogel, M. Zahle - observateurs: Canada, Israël
- Etat
fédéral et régional : Président: M. Malinverni - membres: M. Aurescu, M.
Bartole, M. Jowell, M. La Pergola, M. Matscher, M. Sadikovic M. Scholsem, M.
Steinberger, M. Tuori – observateurs: Canada, USA
-
Droit international: Président: M. Constas
- membres: M. Aurescu, M. Cardoso da Costa, M. Chagnollaud, M. Farcas, M.
Helgesen, M. Huseynov, M. La Pergola, M. Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni, M.
Matscher, M. Nick, M. Steinberger, M. Torfason
-
Protection des Minorités : Président: M. Matscher - membres: M. Aurescu,
M. Bartole, M. Constas, M. van Dijk, M. Farcas, M. Hamilton, M. Helgesen, M.
Huseynov, M. Malinverni, M. Nick, M. Özbudun, M. Scholsem, M. Torfason, M.
Tuori – observateurs: Canada
- Réforme
constitutionnelle : Président: M.
Jowell - Membres: M. Bartole, M. Cardoso da Costa, M. Chagnollaud, M.
Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, M. Farcas, M. La Pergola, M. Lapinskas, M.
Luchaire, M. Lukacs, M. Malinverni, M. Nolte, M. Omari, M. Özbudun, M.
Scholsem, M. Steinberger, Mme Suchocka, M. Torfason, M. Tuori – observateurs: Israël
- Institutions démocratiques
: Président: M. Scholsem - membres: M.
Cardoso da Costa, M. Chagnollaud, M. Dutheillet de Lamothe, M. Endzins, Mme
Err, M. Farcas, M. Hamilton, M. Harutunian, M. Jambrek, M. Jowell, M.
Lapinskas, M. Luchaire, M. Malinverni, M. Omari, M. Özbudun, M. Svoboda, M.
Torfason, M. Tuori, M. Vogel
- Comité
de Direction d’UniDem : Président: M. Luchaire - membres: M. Cardoso da
Costa, M. Constas, M. van Dijk, M. Helgesen, M. Jambrek, M. Jowell, M. La
Pergola, M. Özbudun, Mme Suchocka, M. Svoboda, M. Vogel – observateurs: Saint
Siège, BIDDH
- Afrique
australe : Président: M. van Dijk - membres: M. Cardoso da Costa, Mme Flanagan, M.
Hamilton, M. Helgesen, M. Jambrek, M. Jowell, M. La Pergola, M. Torfason, M.
Tuori, M. Vogel - - observateurs: Canada, USA
- Basin
Méditerranéen : Président: M. Omari - membres: M. Chagnollaud, M. Constas,
M. Dutheillet de Lamothe, M. La Pergola, M. Mifsud Bonnici M. Nick, M. Özbudun –
observateurs: Israël
- Questions
administratives et budgétaires : Président: M. Tuori - membres: M. van Dijk, M. Malinverni, M.
Matscher
- Europe
du Sud-est : Président: M. Jambrek – membres:, M. Constas, M. Farcas, M.
Luchaire, M. Lukacs, M. Nick, M. Omari, M. Sadikovic, M. Torfason
- Amérique
latine : Président: M. Helgesen
- Comité d’éthique
: Président: Mme Suchocka – membres: M. van Dijk, M. Helgesen, M. Jowell, M.
Scholsem,
1. sessions
plenieres
62e
Session 11-12 mars
63e Session 10-11 juin
64e Session 21-22 octobre
65e Session 16-17 décembre
Bureau
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 10
mars
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 9
juin
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 20
octobre
Réunion élargie aux Présidents des Sous-commissions
- 15
décembre
2. sous-commissions
Réforme constitutionnelle 10 mars (Réunion
conjointe avec la Sous-Commission sur le droit international)
Droit international 10 mars (Réunion
conjointe avec la Sous-Commission sur la réforme constitutionnelle)
Protection des minorités 9 juin
Comité de Direction d’Unidem 15 décembre
3. developpement
democratique des institutions publiques et respect des droits de l’homme
Réunions des Groupes de
Travail et Rapporteurs
Arménie
Loi sur les manifestations
17-18
mars (Erevan)
3
juin (Erevan)
Réformes constitutionnelles
2 juin
(Erevan)
23-24 juin
(Strasbourg)
15 octobre
(Erevan)
Table ronde sur les « checks and
balances »
4 novembre (Erevan)
Bosnie-Herzégovine
Avis sur la décertification
des agents de police en Bosnie-Herzégovine
25 février
(Paris)
Géorgie
Statut de l’Ossétie du Sud
27-28
janvier (Tbilissi)
17
mars (Ljubljana)
9-11
juillet (Batumi)
Italie
Les lois italiennes sur les médias
12-14
janvier (Rome)
19
mai (Paris)
Kirghizstan
Réforme constitutionnelle
16-17
juin (Bishkek)
24-25
novembre (Bishkek)
Roumanie
Projet de loi sur le statut des minorités en
Roumanie
7-8
septembre (Bucarest)
Serbie-Monténégro
Loi sur l’organisation des religions
17
mars (Belgrade)
“L’ex
République yougoslave de Macédoine”
Projet de modifications à la Constitution
22
septembre (Skopje)
Autres séminaires et
conférences organisés par la Commission ou dans lesquels la Commission a été
impliqués
Conférence
“”
19
janvier (Ljubljana)
Réunion avec l’UE relative à la coopération en
Europe du Sud-Est
15
février (Bruxelles)
Le conflit gelé en Transnistrie: conséquences sur
la politique européenne de voisinage
18
février (Bruxelles)
Séminaire pour la création des conditions pour une
démocratie régional effective organisé par l’Assemblée des régions et le
province de Vojvodina
1-2
mars (Novi Sad)
Conférence international sur le fédéralisme
3-4
mars (Bruxelles)
4e Comité directeur, réunion sur le programme
commun de coopération CE/CdE avec l’Ukraine
18
mars (Kyiv)
Atelier scientifique “Republika Srpska” – 10ans
des Accords de Paix Dayton
12-13
mai (Banja Luka)
Réunion du
Comité des affaires politiques de l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe sur la situation constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine
31 mai
(Paris)
Conférence sur les constitutions: les approches,
le contenu et la mise en oeuvre
1-3
juin (Amman, Jordan)
La nouvelle politique de voisinage
6
juillet (Bruxelles)
Séminaire sur "la formation d'une
Constitution pour l'Irak"
10-12
juillet (Gummersbach)
Règlement constitutionnel irakien: passé, présent
et futur
7-10
octobre (Amman, Jordan)
Symposium sur “la liberté de religion dans le
contexte roumain et européen”, organisé par le Ministère de la Culture de la
Roumanie
12-13
septembre (Bucarest)
Audition au Parlement européen Pas de liberté sans
pluralisme – révision de l’ordre « télévision sans frontières »
13
septembre (Bruxelles)
Séminaire UniDem sur le statut des traités
internationaux en matière des droits de l’homme »
7-8
octobre (Coimbra)
Audition public sur les accords de Dayton 10 ans
après
11
octobre (Bruxelles)
Conférence sur “ La subsidiarité et les formes d'auto-gouvernement
au sein de l'Union Européenne - Régions habitées par des minorités dans l'Union
européenne élargie ”
7-8
novembre (Bucarest)
Conférence sur
la mise à jour de la Constitution de Dayton
11-14
novembre (Brussels)
Réunion de la Task Force sur le régionalisme en
Ukraine, organisée par la Chambre des Régions du Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux du Conseil de l’Europe
5-6
décembre (Kyiv)
4. renforcement
de la justice constitutionnelle, garant de la democratie, des droits de l’homme
et de l’etat de droit
Réunion du Groupe de travail sur le thésaurus systématique
15
juin (Baku)
Conseil mixte sur la justice constitutionnelle
16
juin (Baku)
(Réunion
avec les agents de liaison des cours constitutionnelles)
5e Séminaire des correspondants nationaux de l’
ACCPUF
31
mai-1 juin (Bucarest)
Séminaires
sur la justice constitutionnelle
Moderniser le pouvoir judiciaire
4-5 février (Entebbe,
Ouganda)
Table ronde sur les relations entre la Cour de justice des Communautés
européennes et les Cours constitutionnelles
14-15
février (Budapest)
Conférence internationale sur « la justice constitutionnelle : actualité et
perspectives » à l’occasion du 10e anniversaire de la Cour
constitutionnelle de Moldova
23-24
février (Chisinau)
Rôle de la recherche comparative dans la justice constitutionnelle
15-16
juin (Baku)
Le droit et la pratique dans la jurisprudence constitutionnelle
30 juin-1 juillet (Vilnius)
Indépendance et responsabilité du pouvoir
judiciaire
11-13 août (Windhoek, Namibie)
Troisième Conférence des secrétaires généraux des
Cours constitutionnelles et juridictions de compétence équivalente
29-30
septembre (Bled)
Conférence internationale sur l’influence de la jurisprudence de la Cour
européenne des droits de l'homme sur la jurisprudence constitutionnelle
nationale
14-15
octobre (Kyiv)
Le rôle de la Constitution dans la construction d’un Etat de droit
11-12
novembre (Baku)
Les limites du contrôle constitutionnel des décisions des juridictions
ordinaires dans les procédures de recours constitutionnel
14-15
novembre (Brno)
Autres séminaires et
conférences auxquels la Commission a participés
Conférence juridique internationale des pays arabes
29-31
mai (Le Caire)
Inauguration de la cour constitutionnelle du
Bahrain
17-19
avril (Al Manama, Bahrain)
3e réunion nationale sur la justice
constitutionnelle
20-22
avril (Bogota)
XXe Conférence des cours constitutionnelles européennes
15-19
Mai (Nicosie)
Conférence sur l’accès à la justice dans des pays
en transition en Asie et en Europe
27-29
juin (Bogor, Indonésie)
Constitution: individu, société et Etat
30-31
août (Astana, Kazakhstan)
3e Séminaire pour les juges à la Cour
constitutionnelle de pays asiatiques
6-8
septembre (Ulan Batar, Mongolie)
10e Conférence Erevan « les
principes de droit et la réalité politique dans la pratique du contrôle
constitutionnel »
29
septembre-1 octobre (Erevan)
8e Forum international sur la justice
constitutionnelle sur la mise en œuvre des décisions de la Cour européenne des
Droits de l’homme dans la pratique des cours constitutionnelles
9-10
décembre (Moscou)
5. la
democratie a travers des elections libres et equitables
Conseil des élections démocratiques
10
mars
9
juin
20
octobre
15
décembre
Réunions des Groupes
de Travail et Rapporteurs
Albanie
Réforme du
système électoral
18
novembre (Tirana)
Arménie
Table ronde sur la réforme électorale
3-4
mars (Erevan)
Azerbaïdjan
Réunion sur le code
électoral de l’Azerbaïdjan
31 mai (Baku)
4-5 octobre (Baku)
Bosnie-Herzégovine
Révision du code électoral de la
Bosnie-Herzégovine
21-23
février (Sarajevo)
Croatie
Projet de loi sur la
commission électorale de l’Etat de la Croatie
13 décembre (Zagreb)
Monténégro
Référendum
13 octobre (Frankfort)
26 octobre (Londres)
22 décembre (Vienne)
Ateliers
de formation sur le droit électoral
7-9
septembre (Baku)
Assistance
électoral et observation des élections
Observation des élections au Palestine
7-10
janvier (Ramallah)
Observation des élections en Moldova
3-8
mars (Chisinau)
Observation des élections en Albanie
30
juin-4 juillet (Tirana)
Assistance à la Commission eléctorale centrale et
observation des élections en Géorgie
19
septembre-19 octobre (Tbilissi)
Observation des élections en Azerbaïdjan
4-7 novembre (Baku)
Autres séminaires et
conférences organisés par la Commission ou dans lesquels la Commission a été
impliqués
2e Conférence
européenne des administrations électorales
10-11
février (Strasbourg)
Réunion dimension humaine «
21-22
avril (Vienne)
Table ronde sur la participation des étrangers aux
élections
27-28
mai (Moscou)
Séminaire UniDem “l’organisation des élections par un
organe impartial”
24-25 juin
(Belgrade)
Séminaire sur les médias et les élections
12-13
juillet (Baku)
3e Conférence des organisations électorales et
l’Assemblée générale de l'association des administrateurs d’élections d'Europe
centrale et orientale (ACEEEO) « Le contentieux électoral et les standards
du vote électronique ».
15-17
septembre (Siofok, Hongrie)
Symposium sur les référendums et l’accès du public
au processus de décision politique
16
septembre (Reykjavik)
Séminaire sur le professionnalisme des médias et
la couverture du référendum constitutionnel
28
octobre (Erevan)
Séminaire sur « le processus électoral :
permanences et innovations »
22 novembre (Paris)
Conférence sur « Le financement des partis
politiques, en particulier pendant les périodes électorales" et "Le
contentieux électoral, relatif à la période pré-électorale »
29
novembre-1 décembre (Chisinau)
6. campus
unidem pour la formation juridique des fonctionnaires
Le rôle de la liberté et du pluralisme des médias
dans le renforcement de la démocratie
24-28
janvier (Trieste)
La justice administrative et la communication
inter-ministérielle au sein de l'administration publique
14-18
mars (Trieste)
Gérer la diversité: les politiques d'intégration
des minorités et des migrants
16-20
mai (Trieste)
Le cadre juridique relatif aux indicateurs de
performance de l’administration publique
27
juin - 1 juillet (Trieste)
L’impact de l’élargissement de l’Union européenne
sur les nouveaux Etats membres et les perspectives d’élargissements futurs
24-28
octobre (Trieste)
Réunions des coordonnateurs nationaux
28
novembre (Paris)
7. autres séminaires et conférences de portée générale organisés par la
commission ou dans lesquels la commission a été impliqués
Entretiens de
Strasbourg
11 février
(Strasbourg)
Forum Crans
Montana Forum
13-14 avril
(Zagreb)
3e
Conférence ministérielle de la Communauté des démocraties
28-30
avril (Santiago di Chile)
3e
Sommet du Conseil de l’Europe
16-17 mai
(Varsovie)
Masters
l’Intégration européenne et le régionalisme
17 juin
(Bolzano)
Forum l’avenir de
la démocratie
3-4 novembre
(Varsovie)
IACL Réunion du Comité directeur
4-5
novembre (Berlin)
Conférence internationale “Paris place du droit: convergence du droit et la
construction européenne
16 novembre
(Paris)
Séminaire sur les
systèmes de sécurité et la stabilité internationale; le Conseil de l’Europe
après le Sommet de Varsovie
25-26 novembre
(Rome)
Séminaire international
sur la coopération, la paix, les droits de l’homme et le développement en
Italie
2 décembre
(Perugia)
- series – science et
technique de la democratie
N° 1 Rencontre
avec les présidents des cours constitutionnelles et instances équivalentes
(1993)
N° 2 Modèles
de juridiction constitutionnelle*
par
Helmut Steinberger (1993)
N° 3 Le
processus constitutionnel, instrument pour la transition démocratique
(1993)
N° 4 La
transition vers un nouveau type d'économie et ses reflets constitutionnels
(1993)
N° 5 Les
rapports entre le droit international et le droit interne (1993)
N° 6 Les
rapports entre le droit international et le droit interne*3
par
Constantin Economides (1993)
N° 7 Etat
de droit et transition vers une économie de marché (1994)
N° 8 Les
aspects constitutionnels de la transition vers une économie de marché
(1994)
N° 9 La
Protection des minorités (1994)
N° 10 Le
rôle de la cour constitutionnelle dans la consolidation de l'Etat de droit
(1994)
N° 11 Le
concept contemporain de confédération (1995)
N° 12 Les
pouvoirs d'exception du gouvernement*
par
Ergun Özbudun et Mehmet Turhan (1995)
N° 13 L'application
des dispositions constitutionnelles relatives aux media dans une démocratie
pluraliste (1995)
N° 14 Justice
constitutionnelle et démocratie référendaire (1996)
N° 15 La
protection des droits fondamentaux par la Cour constitutionnelle* (1996)
N° 16 Autonomies
locales, intégrité territoriale et protection des minorités (1997)
N° 17 Droits
de l’homme et fonctionnement des institutions démocratiques dans des situations
d’urgence (1997)
N° 18 Le
patrimoine constitutionnel européen (1997)
N° 19 L'Etat
fédéral et régional* (1997)
N° 20 La
composition des cours constitutionnelles (1997)
N° 21 Nationalité
et succession d’Etats (1998)
N° 22 Les
mutations de l’Etat-nation en Europe à l’aube du XXIe siècle (1998)
N° 23 Incidences
de la succession d’Etat sur la nationalité (1998)
N° 24 Droit
et politique étrangère (1998)
N° 25 Les
nouvelles tendances du droit électoral dans la grande Europe (1999)
N° 26 Le
principe du respect de la dignité de la personne humaine (1999)
N° 27 L’Etat
fédéral et régional dans la perspective de l’intégration européenne (1999)
N° 28 Le
droit à un procès équitable (2000)
N° 29 Sociétés
en conflit : la contribution du droit et de la démocratie au règlement des
conflits2 (2000)
N°. 30 Intégration
européenne et droit constitutionnel (2001)
N° 31 Les
implications constitutionnelles de l’adhésion à l’Union européenne2
(2002)
N° 32 La
protection des minorités nationales par leur Etat-parent2 (2002)
N° 33 Démocratie,
Etat de droit et politique étrangère2 (2003)
N° 35 La
résolution des conflits entre Etat central et entités dotées d’un pouvoir
législatif par la Cour constitutionnelle2 (2003)
N° 36 Cours constitutionnelles et intégration
européenne
(2004)
N° 37 Le constitutionnalisme européen et américain4 (2005)
N° 38 La consolidation de l’Etat et l’identité
nationale4 (2005)
N° 39 Les standards européens du droit électoral
dans le constitutionnalisme européen1 (2005)
N° 40 Bilan de quinze ans d’expérience
constitutionnelle en Europe centrale et orientale* (2005)
·
autres publications
|
Bulletin de
jurisprudence
Constitutionnelle
|
1993 – 2004
(trois publications par an)
|
|
Bulletins
spéciaux -
|
·
Description des Cours (1999)*
·
Textes de base – extraits des constitutions et lois sur
les cours constitutionnelles – N°s 1 - 2 (1996), N°s 3 -4 (1997), N° 5
(1998), N° 6 (2001)
·
Grands arrêts de la Cour européenne des droits de
l’homme (1998)*
·
Liberté confessionnelle (1999)
·
Edition spécial Grands arrêts 1 – République tchèque,
Danemark, Japon, Norvège, Pologne, Slovénie, Suisse, Ukraine (2002)
·
Relations inter-cours
|
|
Rapports annuels
|
1993 – 2005
|
|
Brochures
|
·
10ème anniversaire de la
Commission de Venise (2001)
·
Statut révisé de la
Commission européenne pour la Démocratie par le Droit (2002)
·
La Commission de Venise
(2002)
·
Campus UniDem – Formation
juridique de la fonction publique
|
CDL-AD(2005)004 Avis sur la situation constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine et les pouvoirs
du haut représentant, adopté par la Commission lors de sa 62e session plénière (11-12
mars 2005);
CDL-AD(2005)005 Avis sur les projet d’amendements
constitutionnels relatifs à la réforme de l’ordre judiciaire géorgien, adopté
par la Commission lors de sa 62e session plénière (11-12 mars 2005);
CDL-AD(2005)006 Avis sur les réformes constitutionnelles
concernant la disparition et l’assassinat de nombreuses femmes et filles au
Mexique, adopté par la Commission lors de sa 62e session plénière (11-12 mars
2005);
CDL-AD(2005)007 Avis sur le projet de loi modifiant et
complétant la loi relative à la tenue de réunions, assemblées, rassemblements
et manifestations de la République d’Arménie, adopté par la Commission lors de
sa 62e session plénière (11-12 mars 2005);
CDL-AD(2005)008 Avis préliminaire conjoint sur le projet
révisé d’amendements au code électoral de l’Arménie par la Commission de Venise
et l’OSCE/BIDDH, adopté par la Commission lors de sa 62e session plénière
(11-12 mars 2005);
CDL-AD(2005)009 Rapport sur les règles électorales et les
actions positives en faveur de la participation des minorités nationales aux
processus de décision dans les pays européens, adopté par la Commission lors de
sa 62e session plénière (11-12 mars 2005);
CDL-AD(2005)010 Observations individuelles sur le projet de
loi sur les organisations religieuses en Serbie, adoptées par la Commission
lors de sa 62e session plénière (11-12 mars 2005);
CDL-AD(2005)013 Formulaire d’observation des élections par
la Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH, adopté par la Commission lors de sa
62e session plénière (11-12 mars 2005);
CDL-AD(2005)014 Avis sur la loi fédérale sur la Prokuratura
(parquet) de la Fédération de Russie, adopté par la Commission lors de sa
63e session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)015 Avis sur la loi relative aux amendements à
la Constitution d’Ukraine adoptée le 8 décembre 2004, adopté par la Commission
lors de sa 63e session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)016 Deuxième avis intérimaire sur la réforme
constitutionnelle en République d’Arménie, adopté par la Commission lors de sa
63e session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)017 Avis sur la compatibilité des lois
italiennes « Gasparri » et « Frattini » avec les standards du
Conseil de l’Europe en matière de liberté d’expression et de pluralisme des
médias, adopté par la Commission lors de sa 63e session plénière (10-11 juin
2005);
CDL-AD(2005)018 Avis intérimaire sur les propositions
d’amendements au code électoral de la République d’Azerbaïdjan, adopté par la
Commission lors de sa 63e session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)019 Avis conjoint intérimaire sur le projet
d’amendements au code électoral de l’Arménie (version du 19 avril 2005) par la
Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH, adopté par la Commission lors de sa 63e
session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)020 Avis Amicus Curiae (Procédure en
instance devant la Cour européenne des droits de l’homme) sur la nature des
procédures devant la chambres des droits de l’homme et devant la Cour
constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine, adopté par la Commission lors de sa
63e session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)021 Avis intérimaire conjoint de la Commission
de Venise et de l’OSCE/BIDDH sur les amendements proposés à la loi arménienne
sur la procédure de la tenue de réunions, assemblées, rassemblements et
manifestations et les dispositions relatives du code criminel de la République
d’Arménie (suite aux discussions à Erevan le 17 mars 2005), entériné par la
Commission lors de sa 63e session plénière (10-11 juin 2005);
CDL-AD(2005)022 Avis intérimaire sur la réforme
constitutionnelle en République kirghize, adopté par la Commission lors de sa
64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)023 Avis sur les dispositions relatives au
pouvoir judiciaire du projet de Constitution de la République de Serbie, adopté
par la Commission lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)024 Avis sur une solution possible au problème
de la décertification des agents de police en Bosnie-Herzégovine, adopté par la
Commission lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)025 Avis final sur la réforme constitutionnelle
en République d’Arménie, adopté par la Commission lors de sa 64e session
plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)026 Avis sur le projet de loi sur le statut des
minorités nationales vivant en Roumanie, adopté par la Commission lors de sa
64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)027 Avis final sur les amendements au code
électoral de la République d’Arménie par la Commission de Venise et
l’OSCE/BIDDH, adopté par la Commission lors de sa 64e session plénière (21-22
octobre 2005);
CDL-AD(2005)028 Avis sur la Recommandation 1704(2005) de
l’Assemblée parlementaire relative aux référendums : vers de bonnes
pratiques en Europe, adopté par la Commission lors de sa 64e session plénière
(21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)029 Avis final sur les amendements au code
électoral de la République d’Azerbaïdjan par la Commission de Venise et
l’OSCE/BIDDH, adopté par la Commission
lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)030 Observations sur le projet de loi sur le
parlement de la République de Tchétchénie (Fédération de Russie) entérinées par
la Commission lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)031 Avis sur la Recommandation 1714(2005)
relative à l’abolition des restrictions au droit de vote, adopté par la
Commission lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)032 Les lignes directrices
sur le suivi des médias pendant les missions d’observation électorale préparées
par la Commission de Venise, l’OSCE/BIDDH, la Direction générale des droits de l’homme
du Conseil de l’Europe et la Commission européenne, adoptées par la Commission lors de sa 64e
session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)033 Avis sur la Recommandation 1713(2005) de
l’Assemblée parlementaire relative au contrôle démocratique du secteur de la
sécurité dans les Etats membres, adopté par la Commission lors de sa 64e
session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)034 Rapport sur le référendum en Europe –
analyse des règles juridiques des Etats européens, adopté par la Commission
lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)035 Avis sur la loi modifiant et complétant la
loi relative à la tenue de réunions, assemblées, rassemblements et
manifestations de la République d’Arménie, adopté par la Commission lors de sa
64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)036 Déclaration de principe pour l’observation
internationale d’élections et code de conduite des observateurs électoraux
internationaux, adoptée par la Commission lors de sa 64e session plénière
(21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)037 Avis sur le projet de loi concernant la
liberté de religion et le régime général des religions en Roumanie, adopté par
la Commission lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)038 Avis sur les projets d’amendements
constitutionnels relatifs à la réforme du système judiciaire dans « l’ex
République yougoslave de Macédoine », adopté par la Commission lors de sa
64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)039 Avis sur une proposition de règles de vote
de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine, adopté par la Commission
lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)040 Avis sur les lignes directrices de
l’OSCE/BIDDH pour la rédaction de lois relatives à la liberté de réunion, adopté
par la Commission lors de sa 64e session plénière (21-22 octobre 2005);
CDL-AD(2005)041 Avis sur la
compatibilité de la législation actuelle du Monténégro concernant
l’organisation des référendums avec les standards internationaux applicables adopté par la Commission lors de sa 65e
session plénière (16-17 décembre 2005);
CDL-AD(2005)042 Avis sur le projet de loi organique portant
« adoption d’amendements d’articles additionnels à la loi organique – code
électoral de la Géorgie », adopté par la Commission lors de sa 65e session
plénière (16-17 décembre 2005);
CDL-AD(2005)043 Déclaration interprétative sur la stabilité
du droit électoral, adoptée par la Commission lors de sa 65e session plénière
(16-17 décembre 2005);
CDL-AD(2006)001 Avis conjoint sur le code électoral de
Moldova tel qu’amendé le 22 juillet et les 4 et 17 novembre 2005 par la
Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH, adopté par la Commission lors de sa 65e
session plénière (16-17 décembre 2005);
CDL-AD(2006)002 Avis relatif à la loi sur l’élection des
députés du peuple d’Ukraine par la Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH, adopté
par la Commission lors de sa 65e session plénière (16-17 décembre 2005);
CDL-AD(2006)003 Avis conjoint par la Commission de Venise
et l’OSCE/BIDDH sur la proposition de loi relative au registre électoral d’Etat
de l’Ukraine, soumise par MM. O. Zadorozhny et Yu. Klyuchkovsky, députés du
peuple de l’Ukraine, adopté par la Commission lors de sa 65e session plénière
(16-17 décembre 2005).
Pour
plus d'informations, veuillez vous reporter au site de la Commission de Venise
à l'adresse suivante : www.venice.coe.int
Pour les avis sur une proposition de règle de vote pour
la Cour constitutionnelle de Bosnie‑Herzégovine et l’avis amicus curiae
sur la nature des procédures devant la Chambre des droits de l’homme et devant
la Cour constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine, voir chapitre III
ci-dessous.
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